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Brèves

L’actualité en bref

L’État grec vient de procéder à un remboursement par anticipation de sa dette envers la France pour la somme de 1,1 milliard d’euros. Cette coquette somme permettrait de mettre le budget français à l’équilibre. Ironie du sort, la Grèce se retrouve donc mieux notée que la France pour ses emprunts, alors que cette dernière avait participé au plan d’aide européen et du FMI pour sauver l’État grec de la banqueroute, en échange de mesures d’austérité drastiques imposées à sa population. Ne crions donc pas victoire : nos dirigeants pourraient bientôt s’inspirer du modèle grec !

Alors que le parti xénophobe Reform UK caracole dans les sondages, et que l’extrême droite défile par centaines de milliers dans Londres, le gouvernement a annoncé vouloir diminuer la durée des autorisations de séjour de cinq ans à trente mois. Le délai nécessaire pour devenir résident permanent va passer de cinq à vingt ans. Par ailleurs, les demandeurs d’asile n’auront plus automatiquement droit aux aides sociales. Les travaillistes montrent une fois de plus que pour garder le pouvoir, ils sont prêts à appliquer le programme xénophobe de ceux qu’ils prétendent combattre.

Le Sénat a renforcé l’arsenal de lutte contre la fraude aux allocations chômage en donnant à France Travail des outils pour vérifier le lieu de résidence des allocataires. L’opérateur public pourra ainsi consulter les relevés téléphoniques, ou encore interroger le fichier des compagnies aériennes. Cela ouvrirait alors la voie à une suspension conservatoire de toutes les allocations lorsque « plusieurs indices sérieux de manœuvres frauduleuses » sont observés. Dans les faits, cela revient à introduire une forme de surveillance généralisée des demandeurs d’emploi assimilés à des fraudeurs potentiels, et plus particulièrement celles et ceux issus de l’immigration. Petit rappel : ce qu’on appelle la fraude sociale, c’est-à-dire la fraude aux cotisations sociales, aux prestations sociales et aux remboursements maladie, représente entre 9,6 et 11,7 milliards d’euros par an. En comparaison, la fraude fiscale, celle qui concerne les plus riches et les grandes entreprises, se monte à entre 80 et 100 milliards d’euros, soit environ dix fois plus. Ce qui n’empêche pas le Sénat, largement dominé par la droite, de s’en prendre avec véhémence à la première, qui concerne les plus précaires, mais de tout faire pour ignorer la seconde et épargner les grandes fortunes.

Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, un dirigeant religieux, a réclamé à son institution davantage de fermeté contre les « anomalies sociales » qui perturberaient selon lui la vie publique. Dans son viseur : le fait que l’obligation du port du voile soit de moins en moins respectée. En vertu des règles imposées par le régime des mollahs à partir de 1979, toutes les femmes doivent se couvrir les cheveux avec un voile en public et porter des vêtements sombres et amples. Mais dans les grandes villes, notamment à Téhéran, la capitale, nombre de femmes sortent désormais ouvertement sans voile, et portent jeans et baskets. Certaines choisissent même des décolletés ou des vêtements légers laissant apparaître leur nombril, des tenues inimaginables il y a encore quelques mois. Ce phénomène a pris de l’ampleur depuis les manifestations qui avaient suivi la mort en détention de Mahsa Amini, en septembre 2022. La jeune femme avait été arrêtée et tuée par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire. Le mois dernier, la porte-parole elle-même du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, a déclaré : « Nous ne pouvons certainement pas imposer aux femmes le port du hijab. » Les femmes iraniennes sont en passe de gagner une bataille dans la guerre que leur livrent les ayatollahs.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a porté plainte contre Radio Nova et l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré pour « des propos inqualifiables » tenus à l’antenne. Dans l’émission « La Dernière », Barré avait qualifié la police et la gendarmerie d’« institutions structurellement brutales, racistes et déresponsabilisantes » en comparant ces deux institutions « à Daech avec la sécurité de l’emploi ». Suite à cette plainte du ministre la station de radio lui a répondu : « Préserver la liberté de ceux qui font rire, c’est protéger la santé de notre démocratie. Radio Nova y est plus que tout attaché et n’acceptera aucune menace de quelque nature que ce soit sur ses humoristes et collaborateurs. » À bon entendeur…

Au dernier jour de son déplacement dans l’archipel du Pacifique sud, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé la tenue d’une « consultation citoyenne anticipée » en Kanaky visant à approuver le projet d’accord de Bougival, un mois après son adoption par des partis politiques représentant essentiellement la population caldoche, d’origine européenne et farouchement opposée à l’indépendance, et ses alliés locaux. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), la principale composante du mouvement indépendantiste, a réaffirmé dans un communiqué que le « projet dit “de Bougival” ne saurait constituer une base de travail, car il est contraire au processus de décolonisation » et d’ajouter : « Toute tentative de passage en force sans le FLNKS risque d’entraîner le pays dans une situation d’instabilité durable. » Mais Paris est prêt à prendre le risque pour maintenir, coûte que coûte, la Kanaky dans le giron du colonialisme tricolore.

Le mandat de Benoît Vallet, directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui arrive à échéance le 15 novembre prochain, n’a pas été renouvelé. Vallet, médecin, chercheur et professeur des universités, fait pourtant autorité dans son domaine et nul ne conteste ses compétences. Mais le gouvernement ne lui a pas pardonné son opposition, l’été dernier, à la loi Duplomb, soutenue par la droite et le gouvernement, et qui, outre la réintroduction de certains pesticides, prévoyait également la mise sous tutelle de l’Anses accusée de faire du tort aux industriels par son application trop stricte de la règlementation, notamment en matière d’alimentation et de protection de l’environnement. Finalement le Premier ministre a eu sa tête… à la grande satisfaction de l’agrobusiness.

Selon le rapport annuel du Global Carbon Project, les émissions de CO2 issues des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz fossile) seront supérieures en 2025 de 1,1 % à celles de l’année précédente, pour atteindre 38,1 milliards de tonnes. « C’est plus que la moyenne de progression annuelle de ces dix dernières années, qui était de 0,8 % », note l’étude, indiquant que ces émissions sont maintenant 10 % plus élevées qu’elles ne l’étaient en 2015, année de l’accord de Paris, qui ambitionnait de limiter le réchauffement à 2 °C, voire 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle. Autant dire que cet objectif ne sera pas atteint et que la situation ne cessera d’empirer. Ce qui n’empêche pas les parlottes de continuer à Belém, dans le cadre de la COP30, parlottes qui ne se traduiront, comme d’habitude, par aucun objectif concret. Les pollueurs peuvent dormir tranquilles.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé à deux membres du gouvernement, les ministres de l’Énergie et de la Justice, et à un de ses proches de démissionner, après qu’un gigantesque système de corruption a été épinglé par la justice. Timour Minditch, un ami de longue date et conseilleur du président, est accusé par la justice ukrainienne d’avoir orchestré un vaste système de corruption, portant sur pas moins de 100 millions de dollars (96 millions d’euros). « M. Minditch exerçait un contrôle sur l’accumulation, la distribution et la légalisation de fonds d’origine criminelle dans le secteur énergétique ukrainien », a déclaré un procureur du parquet spécialisé anti-corruption. Quant aux deux ministres mis en cause, ils couvraient ces agissements et en profitaient au passage. En Ukraine la population subit la guerre et les spéculateurs, affairistes et capitalistes en profitent.