Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Nouveau déboire judiciaire pour Marine Le Pen. Le Conseil d’État a rejeté sa demande de faire examiner par le Conseil constitutionnel l’exécution provisoire de sa peine d’inéligibilité. Elle avait été condamnée en mars dernier à quatre ans de prison, dont deux ferme, et une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire de cinq ans pour détournement de fonds publics et emplois fictifs dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Son prochain rendez-vous avec la justice est fixé en janvier prochain devant la cour d’appel. À ce rythme elle va passer plus de temps sur les bancs des tribunaux que sur ceux de l’Assemblée nationale. Pour un parti qui affirme se situer au dessus « des magouilles », ce n’est pas gagné !

C’est Le Canard enchaîné qui l’affirme. Rachida Dati, ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement de Paris, a envoyé des courriers de recommandation à des maires LR d’arrondissement afin de favoriser l’attribution d’un logement social à sa sœur. Et finalement, Jeanne d’Hauteserre, l’élue du 16e arrondissement, lui a donné satisfaction. Dans la capitale, 277 000 ménages sont inscrits comme demandeurs de logement social, avec un délai d’attente de 16,2 ans. Eux n’ont pas la chance d’être apparentés à Dati. Elle avait d’ailleurs résidé pendant quatre ans dans un somptueux appartement de 225 m² rue Cassette, au cœur du 6e arrondissement de Paris. Un appartement dont le loyer était de 12 500 euros par mois… qu’elle n’a jamais payé. En effet c’est un de ses amis, Henri Proglio, ancien PDG d’EDF et Veolia, qui a réglé la note à sa place. Ce qui s’ajoute aux 900 000 euros reçus par une filiale de Renault et aux 420 000 euros de bijoux qu’elle a omis de déclarer auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Avec un tel palmarès, elle est vraiment digne de devenir maire de Paris l’an prochain.

Les travailleurs et travailleuses de Grèce ont massivement suivi une journée de grève générale mardi 14 octobre pour protester contre une réforme du gouvernement conservateur visant à instaurer la possibilité d’une journée de travail de 13 heures. Il y a deux semaines, une première grève massive avait déjà été observée sur le même sujet. Le projet de loi prévoit notamment que, moyennant rémunération supplémentaire, un salarié puisse travailler jusqu’à 13 heures par jour pour un seul employeur et ce « jusqu’à 37 jours par an » et sur la base du volontariat. Cette disposition existait déjà, mais uniquement lorsqu’un salarié travaillait pour deux employeurs ou plus. La Confédération des travailleurs grecs a assuré que beaucoup de salariés n’auront guère la possibilité de refuser de travailler 13 heures, « compte tenu du rapport de force déséquilibré entre employeur et salarié, renforcé par la précarité qui prévaut sur le marché du travail ». Les manifestants ont scandé des slogans comme « Le temps de travail n’est pas une marchandise, ce sont nos vies ! », « Non aux 13 heures ! » et ont estimé que le projet était « digne du Moyen Âge ».

Le Parlement européen va discuter d’une disposition visant à alléger le « devoir de vigilance » des entreprises au nom de la « simplification ». Actuellement la législation, pas très intrusive et facilement contournable, demande aux patrons de vérifier si les droits des travailleurs, de l’environnement et les dispositions sociales sont respectés par eux-mêmes et leurs sous-traitants, à toutes les étapes du processus de production. La nouvelle mouture – soutenue par la droite, l’extrême droite et quelques députés centristes et socialistes – si elle est adoptée, ne s’appliquerait qu’aux entreprises de plus de 5 000 employés avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, ce qui concernerait seulement 997 entreprises européennes sur… 23 millions. En outre, « le devoir de vigilance » serait limité au premier sous-traitant de la chaîne, réduisant considérablement son étendue. Les grands patrons peuvent dormir tranquilles, Bruxelles ne viendra pas leur chercher des poux dans la tête pour la surexploitation de travailleurs sans droit par leurs sous-traitants.

L’accord franco-britannique sur les migrations, entré en vigueur le 5 août 2025, est contesté par seize ONG – dont Utopia 56, Médecins du monde, le Secours catholique, le Gisti, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France. Elles ont déposé des recours devant le Conseil d’État, car elles estiment que cet accord viole les droits des migrants et est entaché d’illégalité. Elles demandent donc sa suspension et son annulation. Le texte contesté prévoit que chaque migrant arrivé clandestinement au Royaume-Uni sur de petites embarcations traversant la Manche soit renvoyé en France. En échange, un migrant en situation régulière serait accueilli par les Britanniques. Les ONG soulignent que « les traversées de la Manche non autorisées et dangereuses n’ont pas diminué » alors que l’accord, supposé lutter contre l’immigration clandestine et les réseaux passeurs, a surtout servi à accroître les pressions sur les migrants et à leur rendre la vie encore plus difficile.

Une rumeur devient réalité. Le projet de budget du gouvernement prévoit la liquidation, d’ici à mars 2026, de l’Institut national de la consommation (INC), éditeur depuis 1970 du magazine 60 millions de consommateurs. Créé en 1966, l’INC avait « pour mission d’apporter un appui technique aux organisations de consommateurs » et « de produire et diffuser des informations, études, enquêtes et essais comparatifs auprès du grand public et des professionnels ». La liquidation de cet établissement public s’accompagnera de la vente du magazine à un acteur du privé. Une façon comme une autre de confirmer que le gouvernement se soucie comme d’une guigne de l’intérêt des consommateurs.

Dans son projet de budget, Lecornu prévoit d’instaurer une taxe sur les holdings patrimoniales qui devrait rapporter entre 1 et 1,5 milliard d’euros, une misère. Mais la taxe ne s’appliquera pas aux titres de participations. C’est-à-dire que les actions que détiennent les holdings seront exonérées d’impôts, tout comme les investissements dans des fonds de capital risque, voire les liquidités résultant par exemple de la vente d’actions. Les ultrariches et les grandes entreprises sont donc largement épargnés. Par contre, les prestations sociales et les pensions de retraite seront bloquées en 2026 et n’augmenteront donc pas au rythme de l’inflation. Enfin, en plein débat budgétaire, Attac a publié une note montrant qu’en six ans, de 2018 à 2023, les seules exonérations fiscales dont ont bénéficié les grandes entreprises se sont élevées à 207 milliards d’euros. Et avec Lecornu ça va encore s’aggraver…

À Madagascar, la population, depuis quelques semaines, manifeste contre le pouvoir et revendique une vie meilleure et moins de corruption. En première ligne de ces manifestations, des centaines d’étudiants et d’internes en médecine de l’hôpital Andranavalona. Ils revendiquent une augmentation des salaires et de meilleures conditions d’exercice. Les étudiants en médecine touchent seulement 25 centimes d’euros par jour ! Ils protestent contre les équipements vétustes, des infrastructures dégradées, et la surcharge de patients.

Didier Raoult, l’infectiologue marseillais ridiculisé pour son pseudo-traitement du Covid-19 par l’hydroxychloroquine, ne se décourage pas. Dans un texte publié sur X (ex-Twitter), il met en garde contre le vaccin anti-Covid qui augmenterait… le risque de cancer. Si Raoult a perdu toute crédibilité dans les milieux médicaux et scientifiques, par contre, avec d’autres, il alimente les campagnes anti-vax qui font des ravages à l’heure où 19 millions de personnes à risque sont appelées à se faire vacciner contre la grippe et le Covid. Conséquence : un nombre grandissant de personnes refusent les vaccins. L’an dernier seulement 53,7 % des plus de 65 ans et 25,3 % des moins de 65 ans à risque étaient vaccinés. Santé publique France comptabilisait 17 600 décès dus à la grippe (contre 10 000 d’ordinaire) et 29 000 hospitalisations. L’ignorance peut aussi tuer.