Le système de combat aérien du futur (Scaf) est un projet visant à développer un ensemble de systèmes d’armes aériens interconnectés. Il comprend un avion de chasse de nouvelle génération, des drones de combat de différentes tailles et un cloud pour interconnecter tous les éléments du système. Il est censé remplacer le Rafale en France et l’Eurofighter en Allemagne et en Espagne. Il devait entrer l’an prochain dans une phase concrète de réalisation. Mais rien ne va plus entre les industriels censés collaborer à sa réalisation. C’est Dassault qui a ouvert le feu en exigeant de l’avionneur européen Airbus, au sein duquel sont représentés les industriels allemand et espagnol, à être le seul aux manettes pour continuer le projet. Ce que ses partenaires refusent. Cerise sur le gâteau, un projet rival sur le même créneau, le programme global de combat aérien, est mis en avant par le britannique BAE Systems, l’italien Leonardo et le japonais Mitsubishi Heavy Industries. Bref Paris, Berlin, Madrid, Londres et Rome sont tous d’accord pour défendre et renforcer « l’autonomie stratégique du continent européen » mais leurs industriels respectifs exigent que ce soient eux, et eux seuls, qui en profitent aux dépens des autres. Chacun pour soi et la perspective de la guerre pour tous.