Des militantes féministes et une dizaine de personnalités souhaitent ériger un monument dédié aux dizaines de milliers de femmes décédées, souvent dans des conditions atroces, des suites d’un avortement clandestin avant la légalisation, en 1975, de l’IVG par la la loi Veil. Baptisé « Aux avortées inconnues », ce projet, que ses initiatrices souhaitent voir implanté à Paris, sera officiellement présenté dimanche 28 septembre à la Maison de la Poésie à l’occasion de Journée internationale du droit à l’avortement. « Il s’agit de rendre hommage à toutes ces femmes qui se battaient pour leur liberté et pour vivre leur vie », a expliqué la cinéaste Mariana Otero, fille de la peintre Clotilde Vautier morte en 1968 à la suite d’un avortement clandestin. Au-delà de l’hommage en lui-même, le projet, qui sera associé à un site internet, se veut également la porte d’entrée à une collecte d’informations sur le profil des victimes et plus largement sur ce « trou noir de l’Histoire ». Combien de femmes sont décédées entre le vote de la loi de 1920 – qui interdisait l’avortement et le considérait comme un crime – et son abolition cinquante-cinq ans plus tard ? Nul ne le sait, car les décès liés à l’avortement étaient déclarés sous d’autres noms, par exemple péritonite ou complications gynécologiques, mais on les estime à plusieurs milliers par an. Il est plus que temps de rendre hommage à ces victimes du machisme, de la bigoterie et de la bêtise.