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Brèves

L’actualité en bref

Un ancien soldat britannique, jugé pour deux meurtres et cinq tentatives de meurtres lors du « Bloody Sunday » (dimanche sanglant) du 30 janvier 1972, épisode sanglant du conflit nord-irlandais, a été acquitté par un tribunal à Belfast. Il lui était reproché d’avoir, avec son unité, ouvert le feu sur des manifestants pacifiques catholiques qui protestaient contre les discriminations dont était l’objet leur communauté, faisant 13 morts et 15 blessés. Certains avaient été atteints dans le dos ou même à terre, agitant un mouchoir blanc. Le tribunal a acquitté l’ancien parachutiste pour insuffisance de preuves. Aucun soldat britannique n’a jamais été inquiété pour ce massacre alors que les juges ont eu la main lourde avec les militants Républicains, arrêtés, torturés, condamnés à de longues années de prison où certains mourront, comme Bobby Sands. Une justice coloniale dans toute sa splendeur.

Quarante migrants originaires d’Afrique subsaharienne, dont des bébés, ont péri en mer au large des côtes tunisiennes alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement l’Europe. Trente autres ont été secourus. Ce drame met de nouveau en lumière les dangers extrêmes de la traversée de la Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 32 803 personnes y sont mortes ou ont disparu depuis 2014. La Tunisie, proche des côtes italiennes, est un point de départ fréquent pour les migrants. Pour tenter de les en empêcher, l’Union européenne verse chaque année des millions d’euros aux autorités tunisiennes qui les utilisent notamment pour rendre intolérable la vie des migrants, notamment en détruisant leurs campements. Des humanistes à l’œuvre des deux côtés de la Méditerranée.

Au moins 1 000 manifestants ont pris pour cible un hôtel pour demandeurs d’asile situé à Saggart, au sud-ouest de Dublin, la capitale. Après des affrontements avec les forces de police, six d’entre eux ont été arrêtés. À l’origine de ce déchaînement violent, l’instrumentalisation d’une possible affaire d’agression sexuelle sur une fillette de 10 ans qui aurait été commise par un migrant aux alentours de l’hôtel. Les manifestants ont parcouru les rues en scandant « Foutez-les dehors ! » et en brandissant des drapeaux irlandais. Ce n’est pas la première fois que de tels incidents se produisent. En juin dernier, des hôtels avaient déjà été pris pour cible et des dizaines de policiers blessés lors de troubles anti-immigrés en Irlande du Nord, après l’arrestation de deux adolescents accusés d’avoir tenté de violer une jeune fille. À chaque fois les charognards d’extrême droite se saisissent de ces faits divers sordides pour déverser leur haine anti-migrants.

Les autorités viennent de détruire au bulldozer le camp de Tsoundzou 2, un bidonville abritant 650 personnes (principalement des demandeurs d’asile) situé à six kilomètres de Mamoudzou, le chef-lieu de l’île. La plupart se trouvent à la rue sans possibilité d’aller ailleurs. Pour justifier cet acte crapuleux, le préfet s’appuie sur la loi dite « pour la refondation de Mayotte » adoptée en juin dernier et qui permet les expulsions dans les 24 heures des habitants, sans aucune contrainte de relogement. Pour lutter vraiment contre les bidonvilles, il faudrait une politique ambitieuse de construction d’habitations salubres qui pourraient accueillir des dizaines de milliers de familles qui vivent dans des huttes faites de bric et de broc. Mais cela coûterait cher. L’État préfère utiliser la manière forte en visant, en priorité, les « étrangers », c’est à dire celles et ceux originaires des îles voisines ou de la côte africaine. Une démagogie xénophobe visant à détourner la colère des Mahorais vers leurs frères immigrés.

C’est Paris Match et Mediapart qui ont révélé l’affaire. À Brienne-le-Château, une commune située à côté de Troyes, neuf parachutistes amateurs ont organisé une soirée déguisée ayant pour thème… le Ku Klux Klan, cette organisation raciste américaine tristement célèbre par le nombre d’exécutions d’Afro-Américains dont elle s’est rendue coupable. La soirée a été filmée et a donné lieu à une vidéo de deux minutes sur WhatsApp où l’on peut voir un bûcher dans la nuit, des individus revêtus de toges et capuches blanches mais aussi des hommes le visage peint en noir censés représenter « les nègres ». Elle a été vue par les 246 membres d’un club affilié à la Fédération française de parachutisme. Cette dernière a décidé de porter plainte contre les crétins racistes qui apparaissent sur la vidéo. Un minimum…

Régulièrement, la droite et l’extrême droite, dans leur propagande sécuritaire, dénoncent les prisons « quatre étoiles » dans lesquelles se prélasseraient les prisonniers aux frais de la société. Cette posture démagogique n’a rien à voir avec la réalité sordide de prisons surchargées, où les conditions d’hygiène sont déplorables, où nombre de détenus sont obligés de dormir sur un matelas à même le sol, etc. Pourtant aucune voix du camp réactionnaire ne s’élève contre les conditions ultra-privilégiées dont bénéficie Sarkozy à la Santé : cellule individuelle, téléphone fixe à disposition, parloir trois fois par semaine, sans oublier… deux officiers de police qui occupent dans la cellule voisine pour assurer sa sécurité. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a beau affirmer, sans rire, que Sarkozy est « évidemment un citoyen comme les autres », on ne connait pas beaucoup de délinquants qui avant d’être incarcérés ont été reçus par le président de la République et ont reçu des messages de soutien du ministre de la Justice et de tous les ténors de la majorité. Et pas un seul ne dénonce le statut privilégié dont il jouit toujours dans sa geôle quatre étoiles. Solidarité de classe.

Le Parti socialiste s’était saisi de la promesse de suspendre la réforme des retraites pour sauver Lecornu et son gouvernement en refusant de s’associer aux motions de censure. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, avait appelé à « se focaliser sur la victoire importante qu’est la suspension de la réforme des retraites », se réjouissant que « la réforme Borne soit, de fait, enterrée ». Pour ne pas être en reste, les organisations syndicales avaient fait de même, la CFDT, la CGT, FO, FSU, Solidaires et l’Unsa saluant dans un communiqué « la suspension de la réforme des retraites », « première avancée » selon eux « après de longs mois de mobilisations dans l’unité ». Mais Macron vient de doucher ce bel enthousiasme. Dans une déclaration faite de Slovénie, où il est en déplacement, il a affirmé qu’il n’y aurait « ni abrogation, ni suspension » de la réforme des retraites mais un simple « décalage ». Alors le PS s’est-il fait rouler dans la farine ? Pas vraiment. Les dirigeants socialistes ne pouvaient ignorer que Macron maintiendrait la réforme coûte que coûte. Mais ils devaient faire accepter à leurs supporters leur ralliement à Lecornu. D’où la fameuse suspension. Ils ont tenu à démontrer une fois de plus aux yeux de la classe politique qu’ils représentaient un parti « responsable »… à l’égard de la bourgeoisie.

Les ministres de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et de la Culture, Rachida Dati, ont demandé aux préfets de renforcer, si nécessaire, les dispositifs de sécurité autour des établissements culturels et de dresser un inventaire des biens patrimoniaux « précieux », après le vol spectaculaire des bijoux dans la galerie d’Apollon du musée du Louvre. Dati, de son côté a lancé une enquête administrative. Mais tout cela est du cinéma. Cela fait des années que le personnel et les syndicats du musée du Louvre (mais aussi d’autres établissements) réclament des moyens humains et financiers supplémentaires pour faire face à la dégradation des bâtiments, au manque de personnel, à la sécurité défaillante, etc. Le16 juin dernier, le personnel du Louvre était d’ailleurs en grève avec ces revendications mais s’était heurté à une fin de non recevoir de la part de Dati et de la direction du musée. Alors faire semblant de se mobiliser aujourd’hui sans débloquer des moyens supplémentaires est un écran de fumée.

Ali Shamkhani, milliardaire et haut-conseiller du guide suprême iranien, Ali Khamenei, est dans la tourmente. En cause la fuite d’une vidéo du mariage de sa fille, célébré l’année dernière où la mariée apparait sans voile et vêtue d’une robe décolletée, dans un pays où la tenue vestimentaire des femmes est soumise à des règles strictes et où le port du voile avait provoqué en 2022 une vague de contestation qui s’était traduite par des dizaines de morts et des centaines de condamnations. Amir Hossein Mosalla, un journaliste, a souligné sur les réseaux sociaux que la vidéo montrait que « les responsables du régime eux-mêmes ne croient pas aux lois qu’ils soutiennent. Ils veulent seulement rendre la vie des gens misérable ». De son côté l’opposante en exil Masih Alinejad a rappelé qu’alors que la fille de Shamkhani a droit à un « mariage somptueux dans une robe sans bretelles », les femmes en Iran sont « battues pour montrer leurs cheveux, tandis que les jeunes n’ont pas les moyens de se marier ». Pour sa défense, Shamkhani, qui a reçu l’appui du régime, a estimé que ce sont les services secrets israéliens qui auraient mis en ligne la vidéo pour lui nuire. C’est bien possible. Mais il n’empêche que les dignitaires iraniens imposent par la force brutale à la population des pratiques moyenâgeuses qu’eux-mêmes ne suivent pas.