Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Tôt mercredi matin, un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage a ramené au port de Boulogne-sur-Mer (Nord) un groupe de 44 migrants, dont trois personnes inanimées, déclarées décédées peu après. Selon les autorités, ces trois victimes ont « vraisemblablement été écrasées au fond » de leur embarcation partie de Sangatte. Lors d’un autre incident, trois personnes ont disparu en mer lors du départ chaotique d’une embarcation partie de la même zone. Un bilan macabre qui s’alourdit chaque jour du fait de la politique migratoire répressive pratiquée à la fois par la Grande-Bretagne et l’Union européenne.

Des têtes de cochons ont été découvertes devant les portes de neuf mosquées de Paris, de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine. Une fois n’est pas coutume, le ministre de l’Intérieur sur le départ, Bruno Retailleau, a condamné « des provocations insupportables ». Mais ces actes islamophobes se produisent dans un situation où les campagnes anti-migrants et islamophobes, d’une partie de la droite, de l’extrême droite, voire de certains ministres, entretiennent un climat raciste qui encourage des crétins ou des gens manipulés à passer à l’acte.

Une jeune femme de 25 ans est morte après avoir reçu plusieurs blessures par arme blanche dans le quartier du Pont-Neuf. La victime avait croisé son ex quelques minutes avant qu’il ne l’attaque. Le couple s’était séparé au printemps dernier après deux ans de relation. La victime avait porté plainte à six reprises contre son conjoint. Elle avait été alors équipée d’un téléphone grave danger, un dispositif de protection pour les victimes de violences conjugales. Ce qui n’a pas empêché le meurtrier de passer à l’acte. Pratiquement chaque semaine, au moins un féminicide est commis dans le pays par un conjoint ou ex. Le produit meurtrier d’un sexisme et d’un machisme qui imprègnent l’ensemble de la société.

D’usines en supermarchés, le patronat européen licencie dans le monde entier. Les constructeurs automobiles Bosch, Stellantis et Volvo ont annoncé depuis le mois d’avril 21 400 licenciements à venir. Dont 7 000 emplois déjà supprimés chez Volkswagen depuis fin 2023. Un grand panel de secteurs sont touchés : de la banque (8 200) et des médias (750) aux biens de consommation et leur distribution (5 600), en passant par les télécommunications (100), l’énergie (2 400), les microprocesseurs (5 000), la chimie (200) et les fabricants pharmaceutiques (9 000). Les coupes concernent 5 % des effectifs de l’énergéticien de l’État allemand Uniper, et le même chiffre est atteint dans la seule usine de Volvo Cars en Caroline du Sud (États-Unis). Et jusqu’à 11 %, au sein de Novo Nordisk, le fabricant qui représente 54 % des parts du marché des traitements contre le diabète et l’obésité et affiche 100 milliards de dollars de résultat net pour l’année dernière. Auchan ferme 25 magasins en Espagne en supprimant 710 postes. C’est pour en ouvrir d’autres plus tard, avec plus de pression sur moins de travailleurs, et des aides publiques pour « créer de l’emploi ». Contre cette offensive patronale coordonnée, à nous de coordonner nos luttes.

Un reporter du Monde raconte le quotidien intenable d’un couple ayant acquis leur camion pour échapper aux baisses de salaire. Car la concurrence entre les travailleurs se déchaîne, avec 60 % d’entre eux qui ont acheté leur camion. Elle est orchestrée par des plateformes de type Uber pour leur faire payer le maintien des profits des grands transporteurs dans un contexte de ralentissement des affaires. Le salaire moyen, pour beaucoup bien inférieur, est de 1 260 euros pour ces contrats auto-entrepreneurs. Quant aux distributeurs, ils peuvent interdire à l’épouse du chauffeur d’entrer dans leurs entrepôts par pur sexisme et font souvent patienter une journée les camionneurs pour les faire servir de stocks gratuits. Enfin, la surcharge systématique et les tarifs en berne engendrent des accidents mortels qui ne peuvent être imputés qu’au système qui les rend possibles.

Madrid a décidé de ne plus autoriser les navires et les avions à destination de l’État sioniste et transportant des armes d’accoster dans ses ports ou de pénétrer dans son espace aérien. De plus le pays interdit désormais l’entrée de son territoire à toute personne ayant participé directement au génocide à Gaza et impose un embargo sur les biens produits dans les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. L’ambassadrice espagnole à Tel Aviv a été rappelée pour consultation et le gouvernement va augmenter son aide à l’Autorité palestinienne et à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA). Si ces mesures ne suffiront évidemment pas à arrêter le massacre en cours, elles contrastent avec la complicité affichée par l’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël, qui n’a toujours pas dénoncé l’accord d’association qui le lie à l’État sioniste, accord qui prévoit explicitement le respect des droits d’humains.

Le maire de la ville, le socialiste Benoît Payan, a dénoncé les multiples menaces de mort et insultes reçues après sa participation à une manifestation culinaire baptisée le Kouss Kouss Festival qui mettait à l’honneur le plat nord-africain et, plus généralement, la cuisine méditerranéenne. Ce festival existe depuis 2018 et est organisé en partenariat avec l’office du tourisme. Aussitôt Payan a été la cible de la fachosphère sur les réseaux sociaux, traité notamment « d’idiot utile des Frères musulmans », assorti d’une photo d’une exécution par pendaison, menacé d’être « rasé et pendu haut et court à la libération » ou bien d’être « le premier à déporter ». Si l’édile municipal a reçu l’appui de nombre d’élus de gauche, pour l’instant le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’a toujours pas réagi. Toujours lent à la détente pour dénoncer l’extrême droite, ses clones et les islamophobes.

C’est le rapport annuel du ministère des Armées qui l’affirme. Les exportations d’armes ont atteint l’an dernier « leur deuxième performance historique » en s’établissement à 21,6 milliards d’euros. Ce qui réjouit le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu. On dit merci qui ? À la guerre en Ukraine et à l’explosion des dépenses militaires dans nombre de pays du monde. Conclusion : au cours des semaines, mois et années qui viennent un grand nombre d’enfants, de femmes et d’hommes tomberont sous les coups des armes tricolores alors qu’ici une part grandissante de la population se serrera la ceinture pour faire progresser l’industrie d’armement. Vraiment pas de quoi pousser des cocoricos !

Depuis l’affaire Fillon, accusé de détournement de fonds publics pour avoir salarié son épouse sur un emploi fictif, une loi promulguée en 2017 par le Parlement interdit aux députés d’embaucher des membres de leur famille dans leurs équipes en les rémunérant. Mais deux députés du Rassemblement national, Jocelyn Designs (Aisne) et Yaël Menacé (Somme), ont trouvé le moyen de contourner la loi : embaucher la fille de l’autre pour un job. Selon Mediapart, ils soutiennent que les deux embauches ne sont « absolument pas » liées. On n’a plus qu’à les croire. Mais après le scandale des assistants parlementaires RN au Parlement européen, pour lequel Marine Le Pen comparaîtra de nouveau en justice en janvier, cela commence à faire beaucoup.