Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Deux agences sanitaires, Santé publique France et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, montrent que les personnes vivant près des vignes « sont plus exposés aux produits phytopharmaceutiques » que les autres. Sont notamment concernées les familles de six régions viticoles (Grand Ouest, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine), au total plusieurs millions de personnes. La présence de 56 substances toxiques dans l’urine et les cheveux des personnes concernées ont été révélées, ainsi que dans l’air extérieur, les poussières, l’air des habitations, plus quelques potagers. La majorité de ces substances sont spécifiques à la culture viticole, connue pour sa forte consommation de ces produits et sa proximité des habitations. Quant à la puissance publique elle se garde d’intervenir et de risquer de se braquer le très puissant lobby vinicole.

Dans un rapport qui vient d’être rendu public, la Cour des comptes s’en prend aux dérives des chambres d’agriculture, censées représenter l’ensemble du monde agricole mais qui, de fait, sont contrôlées par les tenants de l’agrobusiness. Qu’on en juge. Sur 100 chambres que compte le pays, 83 sont dominées par la FNSEA-Jeunes agriculteurs, proches de la droite, 14 par la Coordination rurale, qui flirte avec l’extrême droite, et 3 seulement par la Confédération paysanne qui se veut la porte-parole des paysans travailleurs. La Cour des comptes dénonce chez certaines d’entre elles des atteintes à la probité, de la corruption et des subventions illégales accordées à des structures amies (organisations syndicales, coopératives, etc.) sous forme de cadeaux, le tout avec l’argent public. Des pratiques douteuses sur lesquelles leur tutelle, en l’occurrence le ministère de l’Agriculture, et les préfectures dont elles dépendent, ferment obligeamment les yeux.

Les juges d’instruction chargés de leur dossier ont autorisé Christian Tein et d’autres dirigeants indépendantistes à regagner la Nouvelle-Calédonie. Christian Tein avait été interpellé en juin 2024 alors qu’il était porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain, qui avait organisé de grandes manifestations pour le respect des droits du peuple kanak violemment réprimées par les forces de l’ordre faisant 14 morts. Il avait été placé en détention provisoire et transféré immédiatement dans l’Hexagone avec six autres militants. Il avait passé un an au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach avant d’être libéré sous contrôle judiciaire et assigné en résidence en juin dernier. Mais il ne pourra pas rentrer chez lui immédiatement. Il devra attendre l’expiration d’un délai d’appel de la décision des juges par le parquet de Paris qui représente l’État. Rien n’est donc certain.

Depuis le 30 septembre, les agents sont appelés à la grève illimitée. En cause, l’impossibilité de faire face à l’explosion des inscriptions suite à la mise en place de la loi « Plein emploi » qui entraine l’inscription automatique des allocataires du RSA. Faire toujours plus avec moins, c’est la logique de fond avec la volonté de la direction de supprimer encore 515 postes. Surtout se cache derrière tout ça l’objectif de transformer les agents en contrôleurs de chômeurs et de livrer massivement le service public au privé. Soutien aux agents de Mayotte et abrogation de la loi « Plein emploi » !

France Travail a décidé d’écarter de nombreux collègues, syndicalistes ou non, qui remettent en cause la politique de la direction. À l’heure du plan « d’efficience » visant à faire de nouvelles économies à hauteur de 3 700 postes, tous les moyens sont bons : dossiers montés de toutes pièces, témoignages de salariés en contrat précaire… La liste est longue et récemment une conseillère de la région Centre a été convoquée à un entretien disciplinaire sur la seule base d’un déclaratif. L’action collective a permis de faire reculer la direction : aucune sanction n’a été prise. Il est grand temps de réagir collectivement à cette politique !

C’est le New York Times qui l’a révélé. L’administration Trump a renvoyé par charter vers leur pays 120 Iraniens qui avaient trouvé refuge aux États-Unis pour fuir le régime des ayatollahs. Certains l’avaient fait pour des raisons politiques, d’autres par peur des persécutions religieuses. C’est le cas notamment des musulmans convertis au christianisme qui, au nom de la charia, la loi religieuse islamique, risquent la peine de mort. Mais le locataire de la Maison-Blanche s’en moque. Comme l’écrit le quotidien new-yorkais : « Cette expulsion constitue la tentative la plus flagrante à ce jour par l’administration Trump d’expulser des migrants sans tenir compte des conditions en matière de droits humains auxquelles ils pourraient être confrontés. » En résumé il envoie des personnes à la mort et s’en lave les mains.

Touchante unanimité. Des pays arabes à l’Union européenne en passant par l’ONU… et Netanyahou, tout le monde a tenu à saluer « le plan de paix pour Gaza » présenté par Donald Trump. Pas un mot sur la situation de colonisation que subissent, depuis 77 ans, non seulement les Gazaouis mais aussi les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est, le blocus imposé par Israël sur le territoire depuis 2017, et bien entendu le génocide en cours depuis deux ans. Netanyahou a d’ores et déjà annoncé que, quelle que soit la réponse du Hamas, l’armée israélienne resterait dans la plus grande partie de la bande de Gaza. Quant à la solution politique avancée elle se résume à un « comité technocratique et apolitique » qui comprendra des « Palestiniens qualifiés » et des « experts internationaux » sous la supervision d’un « comité de la paix » présidé et dirigé par Donald Trump et d’autres membres et chefs d’État y siégeront, dont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Bref l’impérialisme sera aux manettes et les Palestiniens compteront pour du beurre.

Quelques jours après la condamnation de Nicolas Sarkozy, le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), a décidé de rebaptiser un bâtiment public de la ville en l’honneur de l’ancien président de la République. Il explique : « J’ai décidé de donner le nom de Nicolas Sarkozy au futur parvis de notre Hôtel des polices municipales et nationales pour son action déterminante d’abord comme ministre de l’Intérieur puis comme président de la République, en faisant de la sécurité une priorité nationale. » Certains soulignent la proximité de longue date entre les deux hommes pour expliquer ce geste. D’autres pointent un point commun entre eux : leurs ennuis judiciaires. En effet, Estrosi et son épouse sont poursuivis dans plusieurs affaires pour notamment détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et faux en écriture publique. Deux copains et deux coquins.

Selon une étude réalisée par l’institut de sondage et de recherche CSA, pour le compte de l’association caritative catholique Les Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes âgées ne rencontrent jamais personne, ou quasiment jamais personne, et sont dans une situation de « mort sociale ». Le nombre de ces personnes – qui représentent 4 % des 18 millions des plus de 60 ans – a augmenté de 150 % en huit ans. De plus, deux millions de seniors, sans être dans une situation aussi dramatique, se sentent isolés des cercles familiaux et amicaux, un nombre qui a plus que doublé (+ 120 %) depuis 2017, selon l’étude. Le vieillissement de la population explique cette explosion, ainsi que la rupture des liens sociaux pendant la crise du Covid : les plus fragiles n’ont jamais retrouvé leurs habitudes d’avant. Mais cette situation est aussi symptomatique d’une société où l’égoïsme règne et qui n’a que dédain pour les plus pauvres… et les plus âgés.