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Brèves

L’actualité en bref

Les défenseurs de l’environnement s’insurgent contre la décision du bien mal nommé ministère de la Transition écologique et de la bio-diversité d’autoriser à nouveau la chasse à la tourterelle des bois alors que cette espèce est à l’agonie. En 2020 déjà une décision du Conseil d’État avait conduit à une première suspension de cette chasse, le juge des référés ayant fait valoir à l’époque que l’espèce avait « diminué de près de 80 % en 15 ans », et que les experts recommandaient « l’interdiction de la chasse de cet oiseau sauvage ». Depuis lors la situation n’a guère changé. Si l’on a noté une légère amélioration de la survie de l’espèce elle est due quasi exclusivement au fait que sa chasse ait été interdite. Mais c’est en prenant prétexte de cette amélioration que les autorités l’autorisent à nouveau. Derrière tout cela, il y a sans doute la main de Macron, qui n’hésite jamais à s’afficher avec Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, qui lui apporte son plein soutien et auquel il n’a rien à refuser. Pas même le droit de massacrer plus de 10 000 tourterelles cette année.

La « Global Sumud Flotilla » est un convoi d’une dizaine de navires, parti dimanche de plusieurs ports européens à destination de Gaza. Accompagné de nombreuses personnalités, il transporte de l’aide humanitaire, essentiellement de la nourriture et des médicaments. Israël avait déjà arraisonné en toute illégalité un précédent voyage humanitaire au mois de juin. Netanyahou osera-t-il réitérer son geste de piraterie ? En tout cas il faut saluer l’initiative : pour faire cesser le génocide, tous les moyens et toutes les protestations sont bonnes.

En clôture des journées de l’université du Parti socialiste à Blois (Loiret), le premier secrétaire, Olivier Faure, s’est porté officiellement candidat à la succession de François Bayrou si ce dernier chute le 8 septembre. Après avoir répété qu’il ne voterait pas la confiance au Premier ministre, il a affirmé : « Nous sommes volontaires pour être les suivants », mettant sur la table « une autre manière de gouverner » avec « l’engagement de ne pas utiliser le 49-3, ce qui mécaniquement nous obligera à trouver des compromis texte par texte. » Compromis avec qui ? Les macronistes et la droite bien sûr. Une politique que défend ouvertement de son côté l’ancien Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, qui a lancé un appel à un « compromis » budgétaire, qui irait du PS à la droite, en passant par le bloc central. C’est ce que Faure appelle sans doute « donner un débouché politique » au mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre. Une tambouille qui ne trompe plus grand monde.

Dans cette ville cossue de l’ouest de la banlieue parisienne, un homme armé d’un couteau a menacé trois personnes, dont l’une portait une kippa, alors qu’elles s’apprêtaient à entrer dans une synagogue. L’homme a invectivé le groupe, a proféré à son encontre des propos antisémites et a poursuivi une personne en la menaçant de son arme. Il a été rapidement interpellé et aurait déclaré aux policiers lors de ses premiers interrogatoires être venu « pour tuer un Juif ». Heureusement personne n’a été blessé. Les six premiers mois de cette année, 646 actes antisémites ont été recensés contre cette communauté. À bas le racisme et l’antisémitisme !

Washington a annoncé que l’administration Trump avait refusé ou révoqué des visas à quelque 80 responsables palestiniens, membres de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne dont son président, Mahmoud Abbas. But de l’opération : empêcher la venue d’une délégation palestinienne à l’Assemblée générale de l’ONU du mois prochain à New-York. C’est au cours de cette session que la France et plusieurs autres États s’apprêtent à reconnaître l’État de Palestine. Cette interdiction n’aura que peu d’influence sur le résultat, mais c’est une façon pour Trump de réaffirmer son soutien total à Israël. Ce dont Netanyahou s’est immédiatement félicité.

Microsoft vient de licencier quatre de ses salariés qui avaient participé, il y a quelques jours, à l’occupation du siège de la société, à Redmond, dans l’État de Washington, pour dénoncer les liens de l’entreprise avec l’armée israélienne. Microsoft a en effet signé plusieurs contrats avec les forces armées de Netanyahou en les faisant profiter de sa technologie pour stocker des données concernant des civils palestiniens qui servent ensuite de cibles. Azure, la plateforme de cloud de Microsoft, héberge des fichiers audio contenant des millions d’appels téléphoniques passés par des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Ces renseignements sont ensuite utilisés pour planifier des attaques aériennes meurtrières et mener des opérations militaires. Anna Hattle, une des salariées licenciées, a déclaré : « Nous sommes ici parce que Microsoft continue de fournir à l’État hébreu les outils dont il a besoin pour commettre un génocide tout en manipulant et en détournant ses propres travailleurs sur cette réalité. » Elle et ses camarades font partie d’un groupe « No Azure for Apartheid » (Pas d’Azure pour l’apartheid) qui dénonce depuis des semaines les liens entre l’armée sioniste et la multinationale américaine.

François Bayrou ne cesse de lancer des appels à faire des économies et à s’en tenir à une rigueur budgétaire stricte. Mais il ne semble pas être entendu par Bayrou François, le maire de Pau dans les Pyrénées Atlantiques. Ce dernier a en effet décidé de faire rénover de façon luxueuse son bureau à la mairie pour une somme de… 40 000 euros. Les travaux sont intégralement payés sur fonds publics et ont été autorisés par un arrêté municipal datant du 28 juillet et signé bien sûr par le maire. Objectif, comme le répète son entourage, faire du lieu « le plus beau bureau de la République ». Pas moins. Une décision qui fait tousser et pas seulement ses administrés palois. Et certains de rappeler que depuis l’élection de Bayrou à la tête de la capitale béarnaise fin 2014 la dette de la ville est passée de 60 millions d’euros à près de 111 millions d’euros aujourd’hui. C’est-à-dire qu’elle a quasiment doublé. Pour le locataire de Matignon la rigueur c’est toujours pour les autres, et surtout pour les plus pauvres.

Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, a demandé la fermeture immédiate de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Marseille-La Valentine en raison de conditions de détention indignes. Dans son avis elle déplore que les adolescents détenus soient privés d’hygiène, de scolarité et parfois de nourriture suffisante. La prison dispose de 59 places pour des garçons âgés de 13 à 18 ans. Elle a été inspectée en juillet par la contrôleuse et cinq autres inspecteurs qui ont constaté « de nombreux dysfonctionnements entraînant des atteintes graves aux droits des adolescents détenus ». Dominique Simonnot s’est encore indignée du fait que ces « enfants sont laissés à l’abandon, enfermés vingt-trois heures sur vingt-quatre. Il n’y a plus de profs, il n’y a plus de surveillants, il n’y a plus rien ». En réponse le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué qu’il avait diligenté « une enquête ». Ce qui ne mange pas de pain. Alors que toutes les prisons connaissent une surpopulation jamais atteinte jusqu’à présent, celles pour les mineurs sont sans doute les pires de toutes car ces derniers n’ont guère moyen de se défendre et de se faire entendre.

Mediapart a publié de nouvelles images de saluts nazis effectués par des militants de l’Union nationale inter-universitaire (UNI) à Toulouse, Bordeaux et Reims. L’UNI, qui se présente comme un syndicat étudiant, est en fait une organisation d’extrême droite. Interrogé sur ces saluts fascistes, Bruno Retailleau n’y a rien trouvé à redire. Il faut dire qu’il n’y a pas si longtemps il exhortait l’UNI à « tenir bon » au nom de la « pensée libre » face à la gauche. De même, ces derniers mois, il a apporté son entier soutien au « combat » du collectif xénophobe et pseudo-féministe Némésis qui se donne pour but de « promouvoir la civilisation européenne comme le berceau de l’épanouissement des femmes » et qui prône « le communautarisme et la remigration », c’est-à-dire l’expulsion des étrangers du territoire. Le très chrétien Retailleau, tendance traditionaliste, n’hésite jamais à s’acoquiner avec les groupuscules racistes.