Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le 26 septembre 1985 deux individus ouvraient le feu sur les consommateurs installés au bar de l’hôtel Monbar, à Bayonne. Quatre personnes perdirent la vie, toutes membres de l’organisation nationaliste basque ETA, qui luttait les armes à la main contre le régime franquiste, réfugiés en France. Les deux tueurs, liés au milieu du grand banditisme marseillais, faisaient partie des Groupes anti-terroristes de libération (GAL) et avaient été recrutés par la police espagnole pour commettre leur forfait. Ils furent arrêtés et condamnés. Mais les véritables commanditaires du GAL au sein de l’appareil d’État espagnol ne furent jamais identifiés et quelques lampistes payèrent les pots cassés. De même il n’y eut aucune enquête sur les éventuelles complicités dont le GAL avait pu bénéficier au sein de la police française pour repérer et localiser ses cibles. On préféra jeter un voile pudique sur l’affaire. Quarante ans plus tard les familles des victimes attendent toujours de savoir la vérité.

Une (nouvelle) claque pour le gouvernement. Saisi au sujet de la chasse à l’alouette des champs aux filets, le Conseil d’État a désavoué une fois de plus l’exécutif. Ce dernier tentait de nouveau d’autoriser ce type de chasse, considérant qu’elle relevait du patrimoine « culturel ». Depuis 2021, le Conseil d’État a dû se prononcer plusieurs fois sur des méthodes traditionnelles de chasses d’oiseaux que les associations de défense des animaux estiment illicites et qui déciment les espèces. Mais, chaque fois, le gouvernement est passé outre sous un prétexte ou un autre pour faire plaisir aux associations de chasseurs, soutiens traditionnels de la droite en général et de Macron en particulier. Et le fait que les effectifs de l’alouette des champs ont diminué de près de 25 % en vingt ans ne semble pas émouvoir ceux qui nous gouvernent.

Lecornu a reçu mardi dernier les auteurs d’un rapport sur l’aide médicale d’État (AME). Après l’abandon des mesures de restriction concernant cette aide avec la chute du gouvernement Bayrou, le nouveau Premier ministre fait à son tour les yeux doux au Rassemblement national et à la droite. Il s’agirait en effet de proposer de réduire la liste des soins pris en charge par l’AME destinée aux personnes étrangères en situation irrégulière et à revenus très faibles. Une vieille revendication de Marine Le Pen et de ses amis qui accusent les étrangers de ruiner la Sécu. Ce qui est un mensonge flagrant puisque, l’an dernier, l’AME n’a représenté qu’environ 0,5 % des dépenses de santé globales. Il s’agit avant tout d’alimenter la xénophobie ambiante en tentant de détourner la colère populaire contre les migrants et leurs familles.

Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison par le tribunal judiciaire de Paris pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Aussitôt la droite et l’extrême droite, qui en général n’ont pas de mots assez durs pour critiquer « le laxisme de la justice » lorsque cette dernière condamne des jeunes de banlieue ou des manifestants, a volé au secours de l’ancien président de la République pour dénoncer « une justice politique », voire « trop sévère ». De Marine Le Pen à Éric Ciotti en passant par les Républicains Bellamy et Le Rudelier, le président Renaissance de la région Paca, Renaud Muselier, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le président du Sénat, Gérard Larcher, chacun y est allé de son indignation ou de sa larme à l’œil. Dans cette cacophonie, silence remarqué de Gérald Darmanin qui est supposé être garant de l’indépendance de la justice en sa qualité de garde des sceaux. Il n’a pas eu un mot pour défendre les juges dans cette affaire. Il faut dire qu’il appartient au même camp que Sarkozy et de ses défenseurs. Une solidarité de classe, en quelque sorte…

La rédaction du quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France a voté la grève pour « exprimer son opposition » à un éventuel projet de vente du Parisien au groupe Bolloré et « exiger » 17 embauches en CDI. La grève a été votée par 258 salariés, soit 72,5 % des participants à une assemblée générale. Le Parisien est propriété de Bernard Arnault, multi-milliardaire et propriétaire du groupe de luxe LVMH. La vente du titre à un autre milliardaire, mais celui-ci d’extrême droite, Vincent Bolloré, inquiète avec quelque raison le personnel, et plus particulièrement les journalistes, qui redoutent une mise au pas accompagnée (et cela a déjà commencé) d’une réduction des effectifs. Mais cela illustre une nouvelle fois la très relative liberté de la presse en régime capitaliste, la plupart des médias étant aux mains des super-riches.

60 millions de consommateurs, le magazine édité par l’Institut national de la consommation, a testé vingt produits appartenant à cinq catégories de parfums d’intérieur : quatre encens à brûler, quatre bougies parfumées, quatre diffuseurs statiques, quatre diffuseurs électriques et quatre sprays désodorisants à base d’huiles essentielles. Les encens sont les plus néfastes, car ils diffusent des produits cancérigènes en concentration bien supérieure au seuil défini par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Les bougies et les diffuseurs sont moins nocifs mais malgré tout pas très bons pour la santé. L’utilisation régulière et prolongée des parfums d’intérieur est donc à bannir, surtout pour les enfants, les femmes enceintes et les asthmatiques. Ce qui n’empêche nullement les industriels et les labos de continuer à les produire et à accumuler les profits. Tout cela ne sent pas très bon.

La haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, s’était insurgée cet l’été contre les « espaces no kids », des endroits où les enfants ne sont pas les bienvenus. Nouveau coup de colère de la même, cette fois-ci contre la fermeture, sur décision du tribunal de Versailles, d’une cour de récréation d’une école Montessori. En effet les voisins d’un hôtel particulier mitoyen de l’établissement scolaires se sont plaints « des nuisances sonores et visuelles » provoquées par les enfants lorsqu’ils jouent dehors. Pour de nombreux parents et plusieurs associations, cette situation est le symptôme d’une « tolérance sociale de plus en plus faible vis-à-vis des enfants ». Il est vrai qu’un monde sans enfant serait nettement plus calme et moins bruyant. Le genre d’atmosphère apaisée que l’on retrouve dans les cimetières.

Selon l’Institut de recherche sur le climat, le niveau d’acidité des océans, qui a augmenté de 30 à 40 % depuis le début de l’ère industrielle, a dépassé la limite compatible avec la survie des écosystèmes aquatiques stables et durables. Selon l’Institut, qui étudie cette question depuis 2009, cette acidité menace en particulier les organismes à coque ou à squelette en carbonate de calcium, mettant en danger toute la chaîne alimentaire. Et la pollution continue de plus belle !

Mercredi 24, les conducteurs de trains de la gare de Lyon-Perrache se sont mis en grève pour réclamer des effectifs supplémentaires et une amélioration de leurs journées de service. Une majorité d’agents sur les 40 % s’étant déclarés grévistes se sont réunis en assemblée générale pour discuter de leurs revendications et décider de la suite du mouvement. Bien que la grève n’ait pas été reconduite au lendemain, les grévistes ont appelé à une nouvelle journée de grève et à une AG le 2 octobre. Cette date coïncide avec la prochaine journée interprofessionnelle appelée par l’intersyndicale, l’occasion de lier leur lutte à celles de l’ensemble des travailleurs : effectifs, conditions de travail, salaires, pour imposer nos revendications, c’est tous et toutes ensemble qu’il faudra se battre !