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Brèves

L’actualité en bref

Le tribunal judiciaire de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, examine l’affaire qui oppose Timothée Esprit à son patron Toray-CFE, premier producteur mondial de la fibre carbone. Ce dernier tente, depuis des mois, de licencier Esprit, un dirigeant local de la CGT qui travaillait sur un des sites de l’entreprise situé à Abidos près de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. En mars dernier la cour d’appel avait annulé un premier licenciement du syndicaliste coupable, aux yeux de son patron, d’avoir posté sur son compte personnel Facebook, une photo du Front populaire de libération de la Palestine. Cette fois la direction lui reproche d’avoir rendu visite à plusieurs reprises au militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah alors qu’il était incarcéré à la prison de Lannemezan. L’inspection du travail a refusé ce nouveau licenciement. Toray-CFE a donc saisi le ministère du Travail pour obtenir gain de cause en accusant Esprit de s’acoquiner avec des « terroristes ». Plusieurs manifestations et débrayages de solidarité ont été organisés ces dernières semaines, notamment par la CGT et des collectifs de soutien à la Palestine.

C’est Le Canard enchaîné qui a levé le lièvre. L’université d’été du Medef, rebaptisée
« Rencontre des entrepreneurs de France 2025 », qui s’est tenue fin août au stade Roland-Garros à Paris, a été financée pour plus de 250 000 euros par de l’argent public. Une quinzaine de ministères, d’établissements publics et de régions ont sorti leurs carnets de chèques pour sponsoriser l’évènement. Ils sont désignés sur les plaquettes publicitaires du Medef comme « partenaires ». Parmi ces derniers le ministère du Travail, la Caisse des dépôts, l’Association pour l’emploi des cadres, la Banque publique d’investissement, France Travail, l’Urssaf, etc. Entre le grand patronat et la haute fonction publique tout baigne…

Selon une enquête du syndicat d’enseignants Snes-FSU, près de trois quarts des collèges et des lycées (73 %) ont une équipe incomplète. Les manques touchent surtout les enseignants, mais aussi d’autres postes indispensables. Concrètement, il y a un déficit d’au moins un enseignant dans 55 % des établissements, ce qui « représente en moyenne un professeur manquant dans chaque collège et lycée publics », indique l’étude. Mais les absences sont aussi ailleurs : il manque au moins un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) dans 12 % des établissements, un psychologue de l’Éducation nationale dans 13,2 %, un conseiller principal d’éducation dans 8,8 % et un assistant d’éducation dans 11,1 %. « Ce chiffre est révélateur de la pénurie de personnels, quel que soit leur métier. À l’heure où la jeunesse va mal, qu’elle grandit dans un monde où la complexité croissante, où elle a besoin de plus d’adultes, le manque de personnels d’enseignement, AESH, d’éducation ou d’orientation est désastreux », conclut le syndicat. Ces chiffres balaient les affirmations optimistes de la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, qui affirmait que des professeurs étaient présents dans pratiquement toutes les classes du premier et second degrés. Un gros mensonge de plus…

Jeudi 4 septembre, une intersyndicale et les travailleurs réunis en assemblée générale appelaient à une marche citoyenne rassemblant ouvriers de l’usine placée en redressement judiciaire le 11 août dernier, leurs familles, des soutiens d’organisations politiques et syndicales jusqu’à des syndicats luxembourgeois, ainsi qu’une poignée d’élus dépêchés sur place. Les pancartes dessinées par les ouvriers parlaient d’elles-mêmes : critique de l’État qui abandonne cette usine et ses 450 employés, de Greybull, le repreneur vite carapaté, la dénonciation des licenciements, des fonds vautours… Tous étaient rassemblés autour d’une même revendication : la reprise de l’usine et la garantie de l’emploi. Nous leur adressons tout notre soutien en luttant pour l’interdiction des licenciements, à NovAsco comme dans toutes les boîtes menacées de PSE !

À quelques jours du vote de confiance qu’il va demander à l’Assemblée, Bayrou continue de faire les yeux doux au Rassemblement national et à la droite. Il vient en effet de proposer de réduire la liste des soins pris en charge par l’aide médicale d’État (AME) destinée aux personnes étrangères en situation irrégulière et à revenus très faibles. Une vieille revendication de Marine Le Pen et de ses amis qui accusent les étrangers de ruiner la Sécu. Ce qui est une contre-vérité flagrante puisque, l’an dernier, l’AME n’a représenté qu’environ 0,5 % des dépenses de santé globales. Il s’agit avant tout d’alimenter la xénophobie ambiante en tentant de détourner la colère populaire contre les migrants et leurs familles.

C’est le Comité des droits des personnes handicapées, un organisme dépendant de l’ONU, qui l’écrit dans un rapport qu’il vient de rendre public. Depuis le début des bombardements sur le territoire palestinien le 7 octobre 2023, 21 000 enfants ont été gravement handicapés, soit plus de la moitié des enfants blessés par les troupes israéliennes. En effet quelque 40 500 enfants ont souffert de « blessures provoquées par la guerre ». Au total, au moins 157 114 personnes ont été blessées, dont plus de 25 % risquent de souffrir d’incapacités à vie, et au moins 75 000 tuées. Le génocide continue.

Plus de 500 enseignants, éditeurs et écrivains ont signé un tribune libre dans Le Monde en défense des manuels scolaires. La raison de leur colère : une déclaration de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, annonçant qu’elle supprimerait progressivement la distribution de manuels scolaires dans les lycées de la région. À la place, elle mettra à la disposition des lycéens un portail unique, Pearltrees, proposant une cinquantaine de manuels scolaires dématérialisés, fonctionnant avec l’intelligence artificielle. Les auteurs de la tribune regrettent que « ce basculement n’ait fait l’objet d’aucun débat public ». Ils poursuivent : « Il s’est imposé en silence, sans demander l’avis des enseignants, sans écouter les parents et sans tenir compte des élèves », avant d’affirmer qu’« en matière d’éducation, le numérique doit servir l’apprentissage, pas le désorganiser ». Et de poursuivre : « Plus de fil conducteur, plus de vision d’ensemble, plus de repères : c’est l’école sans boussole, réduite à du scroll. Ce n’est plus un chemin d’apprentissage, mais un puzzle éclaté où chaque élève est livré à lui-même. » Encore un effort et Pécresse proposera bientôt de supprimer les enseignants et de les remplacer par des programmes informatiques. Au nom du progrès, bien sûr…

La cour administrative d’appel de Paris veut obliger l’État à réexaminer les autorisations récentes de mise sur le marché de pesticides délivrés sans tenir compte de la conservation de la biodiversité et de leurs effets néfastes pour la santé humaine. Les services de l’État se voient reprocher d’avoir méconnu les exigences du règlement européen qui encadre la commercialisation des pesticides, édicté en 2009. Ce texte oblige les pesticides à ne pas avoir « d’effet nocif immédiat ou différé sur la santé humaine ou animale » ni « d’effets inacceptables sur les végétaux ou sur l’environnement ». Quant à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, chargée d’évaluer et d’autoriser la mise sur le marché des pesticides, elle a « commis une faute en ne procédant pas à l’évaluation des produits phytopharmaceutiques au vu du dernier état des connaissances scientifiques ». Reste à savoir si le gouvernement tiendra compte de ce jugement. C’est peu probable. Il utilisera sans doute toutes les ficelles pour contourner l’obstacle et continuer à permettre à l’agrobusiness de nous empoisonner au nom de la productivité agricole.

La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a calculé que la rentrée universitaire coûte en moyenne 3 227 euros à chaque étudiant, soit une hausse de plus de 2 % en un an. Le logement reste le premier poste de dépense pour une moyenne de 581 euros chaque mois contre 520 euros en 2024. Pour les étudiants ultramarins, ces dépenses sont encore plus conséquentes et estimées à 4503 euros, soit 108,25 euros de plus que l’an dernier à la même période. Au total, les dépenses courantes d’un étudiant (se loger, s’alimenter, se déplacer, se soigner) représentent une charge mensuelle moyenne de 1 241 euros (1 149 euros en province et 1 510 euros en Île-de-France). Outre les dépenses courantes, les étudiants doivent aussi s’acquitter de frais dits spécifiques, comme ceux d’inscription, ou la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) mais aussi les frais pédagogiques complémentaires, comme l’achat de livres, de matériel ou de logiciels spécialisés. Ces frais spécifiques sont eux aussi en forte hausse (+ 3,5 % en un an) et estimés à 1985,55 euros pour la rentrée 2025. Quant aux complémentaires santé, elles coûtent en moyenne 352,99 euros, soit une augmentation de 3,45 %. Pas étonnant dans ces conditions que pour s’en sortir des étudiants, en nombre grandissant, soient obligés de cumuler un emploi au détriment de leurs études, voire de sauter régulièrement des repas.