Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’association de consommateurs UFC-Que choisir vient de pointer du doigt les principales enseignes de restauration rapide (McDonald’s, Burger King, KFC et Quick) pour leur manque de transparence en ce qui concerne la composition de leurs produits et notamment les additifs alimentaires dont elles les saupoudrent. Cerise sur le gâteau : seules deux d’entre elles affichent un Nutri-Score. Et UFC-Que choisir de constater : « S’agissant de la composition précise de leurs produits, les quatre enseignes font preuve d’une regrettable opacité avec de vagues compositions très génériques sans intérêt pour le consommateur ». L’association ajoute que dans les pays hors Union européenne, où la législation contraint ces enseignes à lister précisément leurs ingrédients, comme en Suisse, on apprend que le hamburger de McDonald’s contient 44 ingrédients et additifs quand, en France, ne sont listés que 6 ingrédients principaux. Et ce n’est pas un détail. Car parmi les additifs listés à l’étranger certains « sont suspectés d’augmenter selon le cas les risques de problème digestif, d’inflammation de l’intestin, de diabète ou de cancer du côlon ». Bon appétit quand même !

La Banque de France et le ministre de l’Économie Éric Lombard viennent d’annoncer qu’au 1er août le nouveau taux de rémunération du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire passerait de 2,4% à 1,7 %. Ce repli, inédit par son ampleur depuis 2009, est le deuxième de l’année après une première diminution de 3 % à 2,4 % le 1er février dernier. Les possesseurs de ces livrets – plafonnés à 22 950 euros et 12 000 euros – sont principalement des épargnants des classes populaires qui trouvent là une épargne garantie, disponible et défiscalisée. Conséquence : leur épargne leur rapportera moins car les banques verseront des intérêts plus faibles aux épargnants en fin d’année. Autant de gagné pour elles…

On vient de commémorer la loi de juillet 1965 qui a permis aux femmes mariées d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari. Cette réforme législative mettait fin en partie à leur dépendance financière à l’égard de leur époux inscrit dans le Code civil napoléonien en vigueur depuis… 1804. Il aura donc fallu attendre plus d’un siècle et demi pour que l’on reconnaisse aux femmes le droit d’avoir leur propre patrimoine, de travailler et de gérer leur argent en toute autonomie. Cependant, même sur le papier, l’égalité des époux était loin d’être complète. Le mari gérait encore seul les biens communs du couple et demeurant le chef de famille. Et il faudra par la suite d’autres combats pour que les femmes desserrent ce carcan. Mais la lutte pour l’égalité des sexes est encore loin d’être gagné.

En juillet 1995 le Président Chirac reconnaissait officiellement, 53 ans après les faits, la responsabilité de l’État français dans la Rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, lorsque la police française, sur ordre des autorités allemandes, arrêta plus de 13 000 Juifs, principalement à Paris, avant de les déporter vers Auschwitz. Il s’agissait de la plus grande arrestation massive de Juifs en France de la Seconde Guerre mondiale. Jusqu’à là prévalait la thèse avancée par De Gaulle et reprise par ses successeurs (dont Mitterrand) selon laquelle la population de l’Hexagone était quasi-unanimement toute résistante à l’exception d’une poignée de collabos autour de Pétain. La réalité était un peu différente. Dès le début de l’Occupation une grande partie des membres de l’appareil d’État (policiers, gendarmes, hauts fonctionnaires, anciens parlementaires…) mais aussi l’ensemble du monde économique collaborèrent étroitement avec l’occupant sans état d’âme. C’est dans ce cadre que Pétain participa à la déportation de plus de 80 000 Juifs, Tziganes et homosexuels vers les camps de la mort et envoya plusieurs centaines de milliers de jeunes travailler en Allemagne nazie dans le cadre du Service du travail obligatoire. Et à la Libération, à l’exception de quelques dizaines de responsables trop zélés qui furent condamnés, tout ce beau monde fut absous. Redevenues comme par enchantement « républicaines », la police, la gendarmerie et l’armée participèrent alors activement aux guerres coloniales qui se déclenchèrent bientôt en Indochine, en Algérie ou ailleurs. Sous son étiquette « pétainiste » ou « gaulliste », l’État bourgeois était resté égal à lui-même.

Des cours pour lutter contre la misogynie seront obligatoires dans les collèges et lycées britanniques dès septembre 2026, conformément aux nouvelles directives pédagogiques publiées par le ministère de l’Éducation. Il s’agit notamment de sensibiliser les garçons face à la propagation croissante de contenus sexistes en ligne portés par des influenceurs masculinistes. En plus de cours pour contrer la haine diffusée par exemple par la mouvance « incel » (des hommes célibataires qui reprochent aux femmes d’être responsables de leur situation), les établissements devront sensibiliser leurs élèves aux risques liés à l’intelligence artificielle et aux « deepfakes », ainsi qu’aux liens entre pornographie et misogynie. Plus tôt cette année, le Premier ministre, Keir Starmer, avait annoncé que la série Netflix Adolescence, qui traite des ravages des contenus masculinistes des réseaux sociaux sur les plus jeunes, sera diffusée dans les écoles. En outre le Parti travailliste avait promis, lors de sa campagne électorale victorieuse de 2024, de réduire de moitié les violences faites aux femmes et aux filles en dix ans. Autant d’excellentes choses. Sauf qu’aucun crédit n’est prévu pour ce genre d’activités alors que le système éducatif est en crise et que la pauvreté progresse à grands pas. Des mesures qui risquent donc fort de passer à l’as.

C’est Le Canard Enchaîné qui a soulevé le lièvre. Alors qu’en mars dernier Macron avait fièrement annoncé une augmentation de 2 milliards d’euros de l’aide militaire à Kiev, dans le même temps l’argent public destiné à aider les civils ukrainiens, notamment les réfugiés, fondait comme neige au soleil. Les aides versées par l’Agence française de développement ont déjà baissé de 700 millions d’euros l’an dernier et cela va continuer. Et les 80 000 Ukrainiens réfugiés dans notre pays ont du mouron à se faire. D’ici à décembre les mesures de protection temporaires, qui leur permettaient d’obtenir une autorisation provisoire de séjour et le droit de travailler, seront supprimées. Le nombre de logements financés pour les héberger passera de 13 000 à 4 000 et le nombre d’abrités, actuellement d’environ 30 000, chutera des deux tiers. De plus les subventions versées aux communes pour leur trouver des abris seront supprimées. Et tout ça au nom de la rigueur budgétaire. Là encore on dépense un pognon dingue pour l’armement, mais beaucoup moins pour les gens ordinaires.

Une femme de 37 ans a été retrouvée morte dans son appartement d’Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques. C’est son compagnon qui avait appelé les secours. Mais lorsqu’ils sont arrivés la malheureuse était déjà décédée. Entendu d’abord comme témoin l’homme de 39 ans a été placé en garde-à vue après avoir admis avoir « donné une gifle » à la victime. Mais on a découvert qu’en mars 2023 il avait écopé de six mois de prison avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans pour violences conjugales à l’encontre de la même femme. Rappelons que depuis le début de l’année près de 50 femmes sont mortes aux mains de leur compagnon ou ex-compagnon.

Bayrou a dévoilé les grands axes de son budget et ses « solutions » pour faire près de 44 milliards d’euros d’économies. Mesures phares : suppression de deux jours fériés (lundi de Pâques et 8 mai), non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite, non revalorisation des retraites et des minima sociaux malgré l’inflation. Cerise sur le gâteau, la non-prise en compte de l’inflation fera que les contribuables verront mécaniquement leurs impôts sur le revenu et leur CSG augmenter. En résumé on travaillera plus pour gagner autant, on sera moins remboursé quand on sera malade et on verra l’inflation grignoter, lentement mais surement, les pensions de retraites et les prestations sociales. Enfin on paiera plus d’impôts. Mais attention : l’austérité ne sera pas pour tout le monde. Le budget militaire continuera d’augmenter et les millionnaires, milliardaires et autres ne seront pas appelés à écorner leur patrimoine pour participer à un pseudo « effort collectif ». Un budget ? Non, une déclaration de guerre !

La maison de mode de luxe Loro Piana, propriété du géant français LVMH de Bernard Arnault, a été placée sous « administration judiciaire » par les juges d’un tribunal milanais pour avoir « facilité par négligence » la sur-exploitation par ses sous-traitants d’ouvriers chinois immigrés. Ces derniers étaient logés dans des conditions épouvantables et travaillaient dans des ateliers insalubres. De plus leurs patrons ne respectaient pas la législation sur les salaires, les horaires de travail, les pauses, la santé et les vacances. Le scandale a éclaté lorsqu’un de ces ouvriers a porté plainte contre son employeur qui l’avait frappé alors qu’il réclamait des arriérés de salaire. Loro Piana, dirigée par deux fils de Bernard Arnault, Antoine et Frédéric, affirme ne pas avoir été pas été au courant de ces pratiques. On n’a plus qu’à croire sur parole ces esclavagistes modernes.