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Paris : évacuation des sans-abri qui campaient devant l’Hôtel-de-Ville

Les 250 personnes qui occupaient le parvis devant la mairie depuis sept jours ont été évacuées par les autorités sur ordre du préfet de police. Soixante-six personnes ont accepté d’être convoyées vers des centres régionaux d’accueil temporaire situés à Toulouse, Strasbourg, Marseille, Besançon, Rennes ou Bourges. La mairie de Paris s’est occupée de 34 autres, des femmes seules enceintes ou avec des enfants de moins de 3 ans. Mais une centaine d’enfants, de mineurs non accompagnés et de mères isolées sont retournés à la rue. Cette action, pour attirer l’attention sur le manque d’hébergements d’urgence, a donné lieu à un flot de haine raciste, anti-migrants et anti-pauvres sur les réseaux sociaux relayés par des médias tels CNews et le Journal du Dimanche ainsi que le Rassemblement National et ses alliés. Comme l’a constaté amer Nathan Lequeux, coordinateur de l’antenne parisienne de l’ONG Utopia 56, organisatrice de cette action : « Le 115 (le n° d’appel du logement d’urgence) ne répond plus. Les familles qui étaient avec nous l’appelaient tous les jours, elles tombaient directement sur une messagerie. La mairie de Paris ne nous a jamais aidés. À défaut de mettre à l’abri, elle pourrait au moins opposer un vrai rapport de force politique au préfet. Mais nous n’avons eu aucune réponse, que du mépris. La mairie n’a fait que communiquer sur Paris Plages. Pendant sept jours, nous étions derrière des terrains de volley de Paris Plages et la vie continuait. Le contraste était saisissant ». Comme quoi une municipalité de gauche peut afficher le même mépris à l’égard des plus défavorisés qu’une municipalité de droite.