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Brèves

L’actualité en bref

Le procureur du roi a annoncé l’ouverture d’une enquête et le placement en garde à vue de la militante féministe Ibtissame Lachgar à la suite de la diffusion d’une photo la représentant  contenant « des expressions offensantes envers Dieu » et d’un « texte comportant une offense à la religion islamique ». Sur la photo en question la jeune femme portait un t-shirt affirmant en anglais « Dieu est gay » accompagné d’un texte qualifiant l’islam « comme toute idéologie religieuse » de « fasciste, phallocrate et misogyne ». Elle était victime depuis lors de cyber-harcèlement et avait reçu « des milliers de menaces de viol, de mort, d’appels au lynchage et à la lapidation ». Elle risque plusieurs années de prison. 

Dans une lettre envoyée aux partenaires sociaux, et publiée par le quotidien économique Les Échos, Bayrou a tenu à préciser que pendant les deux jours de congés travaillés qu’il propose, « les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail », cela pour le cas où un patron aurait eu l’idée saugrenue de verser une modeste prime pour adoucir la pilule. De cela pas question. Par contre le choix des deux jours concernés peut encore être « discuté ». Les salariés pourront donc éventuellement décider s’ils veulent être mangés tout cru où à la broche. À moins qu’ils ne décident de s’en prendre au cuisinier.

Le ministre des outre-mers, Manuel Valls, va se rendre en Nouvelle-Calédonie et tenter de sauver l’accord de Bougival, signé en juillet dernier entre indépendantistes kanaks et caldoches loyalistes, partisans de la Métropole. Un accord qui bat sérieusement de l’aile alors que le Front de libération nationale Kanak socialiste (FLNKS), qui s’est réuni ce week-end en congrès, doit officialiser aujourd’hui son refus. Son président, Christian Tein, a appelé à un rejet « clair et sans ambiguïté » du texte. Et Valls a beau parler d’un « accord historique » le texte en question, fortement cosmétique, ne reconnait ni l’existence du peuple kanak, ni son droit plein et entier à l’autodétermination. Pas étonnant qu’il soit rejeté par la majorité des Kanak.

Médiapart a rendu publics certains éléments d’un rapport remis à la justice en janvier par les enquêteurs de l’Office français de la bio-diversité et des gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement. D’où il ressort de ces investigations que Nestlé Waters non seulement traite illégalement les eaux minérales en bouteille de ses marques Hépar et Contrex, qui n’ont de minérales que le nom et contiennent des micro-plastiques en pagaille, mais de plus est responsable d’une grave pollution des sols et des eaux dans les Vosges. La multinationale est poursuivie depuis 2021 pour avoir maintenu en l’état quatre sites de décharge sauvage de déchets sur les communes vosgiennes de Contrexéville, Crainvilliers, Saint-Ouen-les-Pareys et They-sous-Montfort. L’ensemble représente un volume de près de 474 000 m³, l’équivalent de 126 piscines olympiques. On y trouve essentiellement des bouteilles en plastique ou en verre, mais aussi d’autres types de déchets dangereux comme des plaques d’amiante. Des décharges qui existent… depuis les années 1960 et que Nestlé n’a jamais cherché à faire disparaître. Comme quoi une multinationale peut à peu près tout se permettre.

Encore une sortie bien réactionnaire d’un membre de l’administration Trump. Pete Hegseth, le secrétaire d’État à la Défense, a partagé sur les réseaux sociaux une interview du pasteur ultra-conservateur Doug Wilson. Ce dernier a co-fondé la Communion des Églises évangéliques réformées, un mouvement qui prône la supériorité des hommes sur les femmes et appelle à la soumission de ces dernières. Il a déclaré : « « Je suis partisan de la suppression du 19e amendement de la Constitution [qui donne le droit de vote aux femmes], car je pense que le système actuel n’est pas bon pour les humains ». Pour tout commentaire officiel le porte-parole du Pentagone, Sean Parnelle, a déclaré que Pete Hegseth « est un fier membre d’une église évangélique réformée …. et apprécie beaucoup de nombreux écrits et enseignements de Monsieur Wilson ». Connard, rétrograde et fier de l’être…

Nouvel épisode de la lutte du locataire de la Maison Blanche contre les plus pauvres. Il a exhorté les sans-abris à partir de la capitale fédérale où certains campent sur les pelouses et dans les parcs faute de logements. Il a mobilisé pour ce faire la Garde nationale. Au dernier recensement la ville comptait plus de 5 600 personnes à la rue. « Les sans-abri doivent partir, IMMEDIATEMENT. Nous vous donnerons des endroits où dormir, mais LOIN de la capitale », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, avant de s’adresser aux « criminels », sans préciser s’il incluait dans ce terme ceux qui refuseraient de s’en aller. « Vous, vous n’avez pas besoin de partir. Nous allons vous mettre en prison, là où vous devriez vous trouver », a-t-il lancé. But de l’opération : « rendre la ville plus sûre et plus belle ». En chassant les nécessiteux ou en les enfermant.

Avant le sommet en Alaska entre Trump et Poutine, prévu le 15 août, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre toute « décision qui serait prise sans l’Ukraine », réaffirmant que les Ukrainiens « n’abandonneront pas leur terre aux occupants » et déclarant comme nul et non advenu tout accord pris sans lui. Mais il prêche dans le désert. En effet Trump, avant même de rencontrer son homologue russe, a d’ores déjà déclaré que le règlement de la guerre doit comprendre des concessions territoriales. Si les mots ont en un sens la Russie conservera non seulement la Crimée, qu’elle occupe depuis plus de dix ans, mais également les 20 % du territoire ukrainien conquis depuis le début de la guerre. En résumé les tractations entre les brigands de Moscou et Washington se feront au détriment de l’Ukraine et de son peuple. Comme d’habitude…

Plus de cinquante militants et sympathisants de l’organisation Palestine Action ont été arrêtés lors d’une manifestation de soutien à Londres à ce réseau pro-palestinien, interdit depuis début juillet et classé comme « organisation terroriste » par les autorités. Des centaines de personnes se sont réunies à Parliament Square, devant le Parlement britannique, pour protester contre cette interdiction certains munis de pancartes affirmant « Je soutiens Palestine Action » ou « Agir contre le génocide n’est pas un crime ». Les personnes arrêtées n’ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un « V » de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d’autres manifestants. À ce jour, plus de 200 personnes ont été interpellées et trois personnes ont été inculpées pour avoir exprimé leur soutien à l’organisation, une infraction passible jusqu’à six mois de prison. Alors qu’une action en justice a été lancée pour contester cette interdiction, plus de 200 intellectuels juifs britanniques ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre, Keir Starmer, et à la ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper; affirmant leur solidarité avec les Palestiniens et qualifiant d’ «illégitime » et « contraire à l’éthique » l’interdiction de Palestine Action.

Plusieurs dizaines de médecins étrangers, dits « Praticiens à diplôme hors Union européenne » (Padhue), souvent d’origine marocaine et algérienne, ont été recrutés ces dernières années par le Grand Hôpital de l’Est-Francilien, qui regroupe quatre structures hospitalières de Meaux, Marne-la-Vallée, Coulommiers et Jouarre. Pour attirer ces praticiens, souvent contractuels et touchant des salaires très bas (1 900 euros), l’ancienne direction leur versait des primes qui figuraient noir sur blanc dans leurs contrats. Mais ces primes ont été jugées non conformes aux règlements par la nouvelle direction qui leur demande de les rembourser sur les deux dernières années, ce qui peut représenter pour chacun d’eux des sommes comprises entre 4 000 et 65 000 euros, selon leur avocate. Cette situation a entraîné une forte détresse chez les médecins concernés, certains étant en arrêt-maladie ou en dépression. Mais elle a aussi suscité la mobilisation de syndicats et des recours devant le tribunal administratif. Comme l’a expliqué Catherine Dos Santos, secrétaire adjoint CGT de l’établissement : « Si les 80 Padhue partent tous, on n’a plus qu’à fermer un hôpital ». Quant à la direction elle explique cyniquement qu’elle espère ainsi récupérer entre 2;5 millions et 3 millions d’euros sur leur dos.