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Brèves

L’actualité en bref

Le 4 juillet – jour de fête nationale américaine – le magazine USA Today a repéré une fresque achevée la semaine précédente à Roubaix (Nord) représentant la statue de la Liberté qui se cache le visage avec ses mains. L’œuvre de l’artiste néerlandaise Judith Van Leeuw, intitulée La protestation silencieuse de la statue de la Liberté, a été réalisée dans le cadre du festival URBX, dédié aux cultures urbaines. Après l’article du journal américain, la fresque a été vue plus de 3 millions de fois sur les réseaux sociaux et reprise par la chaîne de télévision CBS News. Et l’artiste d’expliquer au quotidien La Voix du Nord : « La statue se couvre les yeux, comme si la situation actuelle était trop difficile à regarder ». Autant de raisons de la combattre.

Trump s’est félicité de l’adoption par le congrès de sa « grande et belle loi » des finances. Elle va permettre de financer les allégements d’impôts pour les plus riches par des coupes drastiques dans les services sociaux et l’aide médicale. C’est ainsi que 2026 les 1 % les plus riches économiseront en moyenne 25 500 dollars (21 220 euros) sur l’année tandis que plus de 80 % des contribuables américains perdront entre 1 410 et 2 270 dollars (1 200 et 2 030 euros). C’est ce qu’on appelle faire du Robin des Bois à l’envers : prendre dans la poche des pauvres pour donner aux riches. Mais ce que Trump fait ouvertement et avec cynisme n’est finalement pas très éloigné de l’action plus hypocrite mais tout aussi injuste des Bayrou et Macron dans ce domaine.

Alors même que nombre de pays d’Europe étouffent sous des chaleurs caniculaires, la Commission européenne est plus divisée que jamais sur la manière de lutter contre le réchauffement climatique. Si elle a proposé de maintenir son objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990 et à 100 % en 2050 elle a aussitôt ajouté qu’elle serait « flexible » dans ses modes de calcul et « pragmatique » dans son application. Une façon de dire qu’il y aura des trous dans la raquette dans lesquels s’engouffreront les pays qui ne respecteront pas les normes. Mais, en matière de législation écologiste, c’est devenu une habitude. Et cela continuera tant qu’on n’attaquera pas le problème à la racine, c’est à dire la remise en question d’un mode de production capitaliste qui épuise les richesses de la planète et en rend l’air de plus en plus irrespirable.

Lors d’un déplacement en Aveyron Emmanuel Macron a déclaré qu’il fallait empêcher l’implantation du loup dans les zones où il y a du pastoralisme et il a insisté sur la nécessité d’autoriser leur abattage pour limiter leur développement dans ces régions. Des propos applaudis par la FNSEA mais dénoncés par les défenseurs de la biodiversité, tels que France Nature Environnement, qui les qualifient de «  populistes » soulignant que le loup est une espèce protégée et que ses attaques ont diminué ces dernières années. Il faut rappeler qu’il existe aujourd’hui dans l’Hexagone un millier de loups qui font beaucoup moins de dégâts aux troupeaux que les 10 000 chiens errants, souvent abandonnés, qui s’attaquent aux ovins et aux caprins. Mais pour co-exister avec le loup il faudrait faire des efforts, aider les éleveurs à installer des barrières électrifiés, à se doter de chiens de grande taille genre Patou (berger des Pyrénées) pour protéger les troupeaux, voire recruter des volontaires pour aider les bergers. Mais comme cela à un coût Macron préfère avoir recours à la gâchette. Un vrai écolo, on vous dit.

Pendant l’été plus d’un million et demi de travailleurs saisonniers sont employés dans tout le pays dans des secteurs comme l’hôtellerie-restauration, l’agriculture, le bâtiment et travaux publics, etc. Dans un rapport qu’elle vient de publier, la Cour des comptes estime que 400 000 d’entre eux ne sont pas logés dans des conditions décentes, voire livrés à eux-mêmes. Avec 250 000 saisonniers la Nouvelle Aquitaine est la région qui en emploie le plus. Or il manque au moins 50 000 places pour les loger dont entre 672 et 1 000 dans l’île de Ré en Charente Maritime, 1 400 dans la Communauté d’agglomération du Pays Basque dans les Pyrénées Atlantiques, entre 2 400 et 3 250 sur le littoral des Landes. En Gironde, les propriétaires des grands domaines les embauchent via des intermédiaires peu scrupuleux qui les logent parfois dans des squats ou des bidonvilles, comme à Libourne et Bordeaux. Mais de cela les patrons s’en lavent les mains.

Le Premier ministre travailliste, Keir Starmer, s’est félicité d’un « durcissement » dans les pratiques des forces de l’ordre françaises pour intercepter les migrants embarquant sur des bateaux dans le Nord-Pas-de-Calais pour rejoindre l’Angleterre. Des images diffusées vendredi sur la BBC, tournées sur une plage, montrent des policiers bien de chez nous entrant dans l’eau peu profonde pour atteindre un bateau pneumatique chargé de migrants, parmi lesquels des enfants. Et les flics crèvent l’embarcation à coups de couteaux. Un exploit qui méritait bien les félicitations de Starmer qui a fait de la lutte anti-migrants un des buts prioritaires de son gouvernement.

L’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes, créée en 1946) forme 100 000 travailleurs par an dans ses 150 centres dans toute la France. Mais cette utilité doit être rentable et le gâteau de la formation professionnelle livré au privé (dans les Hauts-de-France par exemple, c’est toute la filière « transports » qui a été démantelée et reprise par le privé). Les gouvernements successifs ont réduit les subventions publiques et mis en place des appels d’offres. En 20 ans, le nombre de salariés est passé de 12000 à 6000… La petite musique de suppression supplémentaire de 210 millions de financement, voire de l’Afpa elle-même, courait donc depuis quelques semaines. La mobilisation a été à la hauteur : entre 55 et 70 % de grévistes au niveau national et un rassemblement (avec la présence de Sophie Binet) puis un départ en manifestation de 700 grévistes à Paris en direction du ministère du Travail. Une délégation a été reçue : de nouvelles suppressions d’effectifs (1500 d’ici 2028) et des fermetures de centre annoncées. La mobilisation devra continuer à la rentrée !

Les sénateurs ont adopté jeudi une proposition de loi visant à autoriser certains établissements – comme les boulangeries, les fleuristes ou les boucheries – à faire travailler leurs salariés le 1er mai – jour chômé et férié – à condition qu’ils soient volontaires et payés le double d’une journée ordinaire. Un texte soutenu par la droite, l’extrême droite et la macronie mais vivement combattu par la gauche et l’intersyndicale au complet (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) qui dénoncent une régression sociale inacceptable et une brèche dans le droit du travail. Le texte va être ensuite examiné par l’Assemblée nationale avec une seule lecture, car le gouvernement l’a fait bénéficier d’une procédure accélérée pour le rendre applicable dès l’an prochain. Reste à savoir ce que vont faire les directions syndicales pour mobiliser les travailleurs afin de le rendre inopérant.

Après l’affaire des assistants parlementaires européens, le Rassemblement national et plusieurs de ses alliés au Parlement européen sont cette fois-ci soupçonnés de diverses irrégularités financières pour un total de plus de 4,3 millions d’euros sur la période 2019-2024. La plus grande partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen, à savoir son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighild Blanc. Le RN et ses alliés sont par ailleurs incriminés pour de multiples dons à des associations n’ayant « aucun lien » avec leurs activités politiques à Bruxelles. « Le Parlement européen me cherche des noises matin, midi et soir », a dénoncé Le Pen qui, encore une fois, se pose en innocente victime. Pas sûr que cela soit suffisant pour amadouer les juges.