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Brèves

L’actualité en bref

Les chiffres que vient de communiquer le ministère de l’Intérieur indique une hausse aussi importante qu’inquiétante des actes antimusulmans enregistrés ente janvier et mai 2025. Sur les cinq premiers mois de l’année, 145 actes ont été recensés, contre 83 en 2024 sur la même période. Les atteintes aux personnes ont augmenté de 209 % à 99 au total, contre 32 faits recensés sur la même période de 2024 et elles représentent plus des deux tiers des actes anti-musulmans. Du côte des actes antisémites, on en a dénombré 504 depuis le début de l’année contre 662 pendant la même période de 2024 soit une baisse de 24 %. Ils restent toutefois en augmentation de 134 % par rapport à janvier-mai 2023 et sont majoritairement (64 %) des atteintes aux personnes. L’ensemble de ces chiffres est bien sûr sous-évalué nombre de personnes victimes d’actes racistes ne portant pas plainte, surtout dans les milieux modestes. Mais, malgré tout, ils reflètent l’ambiance délétère qui existe dans le pays, alimentée par les saillies anti-musulmanes d’une bonne partie de la classe politique et la poursuite des massacres à Gaza.

Dans une tribune parue dans Le Figaro, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a proposé de stopper les « subventions publiques » pour l’éolien et le photovoltaïque et de tout concentrer sur le nucléaire. Au passage il s’est en pris aux idées « des Tartuffe de l’écologie politique ». Il s’est attiré aussitôt les foudres de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, qui a dénoncé sur des propos complètement « irresponsables ». Même son de cloche chez son collègue de l’Industrie, Marc Ferracci, mais aussi chez Macron qui n’a pas du tout apprécié la sortie de Retailleau. Mais ce dernier savait très bien que cette prise de position allait faire le buzz Et c’est bien pour ça qu’il l’a faite. Car cette histoire renforce un peu plus son image de représentant d’une droite dure, décomplexée et réactionnaire qui lutte aussi bien contre les migrants, les jeunes des banlieues et les féministes que contre les idées écologistes. C’est sa façon de préparer la prochaine présidentielle.

Mieux vaut tard… Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé saisir le comité de déontologie de la Chambre haute, alors que la justice a ordonné la comparution prochaine du sénateur centriste Joël Guerriau devant un tribunal. Il est accusé d’avoir drogué chez lui la députée Sandrine Josso afin de commettre une agression sexuelle. Mis en examen depuis novembre 2023, Joël Guerriau a été suspendu par son parti, Horizons, et par son groupe parlementaire, Les Indépendants. Mais interpellé notamment par la victime et son avocat, Larcher avait refusé de prendre parti en renvoyant la balle… au Conseil constitutionnel. Finalement, après plus d’un an et demi de tergiversations il s’est décidé à agir… lentement. Dans un communiqué il explique qu’« il reviendra au prochain Bureau, sur le fondement d’éléments objectifs transmis par la justice et dont il ne disposait pas à ce stade, de se prononcer sur une sanction disciplinaire à l’encontre du sénateur ». Ce n’est pas une malheureuse tentative de viol qui va troubler le train de sénateur du président Larcher, un habitué de l’omerta.

Le groupe des Sept (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, France, Italie et Canada)
avait décidé il y a plusieurs mois la mise en application d’un impôt minimum mondial (IMM) de 15 % qui s’appliquerait aux multi-nationales qui pratiquent « l’optimisation fiscale ». Le principe de cet impôt avait été adopté par 140 pays en 2021. Cet IMM visait en priorité les géants du numérique (Google, Apple, Amazon, etc.) et leurs ramifications internationales. Mais Trump a tapé du poing sur la table en menaçant d’une « taxe vengeresse » les pays qui l’appliqueraient. Finalement ces derniers ont capitulé. L’IMM est maintenu sauf qu’il ne s’appliquera pas… aux entreprises américaines. Encore une fois les négociateurs se sont couchés devant le patron.

200 ONG ont appelé à la fin du programme de distribution d’aide soutenu par les États-Unis et Israël et géré par la mal nommée Fondation humanitaire de Gaza (GHF). Elles affirment qu’il a causé la mort de 500 personnes et fait près de 4 000 blessés parmi les celles et ceux venus se procurer de la nourriture, en à peine quatre semaines. Avant le blocus total, imposé de début mars au 20 mai 2025 par Israël, environ 400 points de distribution d’aide humanitaire étaient accessibles, gérés principalement par l’ONU ainsi que diverses ONG. Mais depuis la levée partielle du blocus et l’arrivée de la GHF, il n’en existe plus que quatre pour les deux millions de personnes de l’enclave palestinienne : trois dans le sud, un dans le centre de la bande de Gaza et plus aucun dans le nord, partie pourtant la plus durement touchée par les bombardements israéliens. L’armée israélienne, présente autour de ces quatre centres de distribution, n’hésite pas à ouvrir le feu sur les civils désarmés qui s’y rendent. Des crimes de plus à mettre sur le compte de l’occupant.

Un certain nombre de collectifs écologistes, dont les Soulèvements de la Terre, ont prévu d’organiser le week-end prochain un grand rassemblement festif pour s’opposer à la poursuite des travaux de l’autoroute A 69 qui soit relier Castres à Toulouse. Baptisé la « Turboteuf », la manifestation vient d’être interdite par le préfet sous prétexte de possibles violences. Le 27 février dernier, le tribunal administratif de Toulouse jugeait l’autorisation environnementale de l’A69 illégale. Il estimait les dommages irréversibles que cette autoroute allait entraîner beaucoup trop importants au vu des bénéfices très limités qu’aurait ce projet pour ce territoire et ses habitants. Le gouvernement, la droite et l’extrême droite ont volé au secours des bétonneurs en proposant un projet de loi visant à valider rétroactivement les autorisations environnementales du chantier. Mais face à cela les opposants ne désarment pas. Ils ont raison de se battre.

Le rapport final de la Commission d’enquête sur Bétharram, et plus généralement les violences sexuelles et autres au sein de l’enseignement privé catholique, souligne d’abord le laxisme de l’Éducation nationale vis-à-vis de ces établissements. Chiffre parlant : entre 2017 à 2023, il n’y a eu que 12 contrôles dans les 7 000 établissements privés scolarisant deux millions d’enfants et largement financés par l’argent public. Outre Bétharram, des scandales du même type ont touché d’autres établissements et Bayrou, ministre de l’Éducation nationale à l’époque, a laissé faire bien qu’alerté à plusieurs reprises. Si le rapport propose 50 mesures pour renforcer les contrôles et mieux protéger les enfants, l’avenir dira s’il sera suivi d’effets. Car les réseaux de l’Église catholique sont actifs parmi les députés, les sénateurs, les hauts fonctionnaires et jusqu’au gouvernement, et bloquent toute mesure défavorable aux bons pères. Un exemple parmi d’autres : le Secrétariat général à l’enseignement catholique « s’est imposé comme un intermédiaire central entre l’État, le ministère de l’Éducation nationale et les établissements » et s’est plusieurs fois opposé à des contrôles. Et l’administration a suivi sans broncher. Rien ne dit que la même chose ne se reproduira pas à l’avenir.

Un jeune homme, muni de deux couteaux, a été interpellé dans la région de Saint-Étienne (Loire), mis en examen et écroué à Paris. Il n’avait pas caché son intention de s’en prendre à des femmes. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête le concernant pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes. En effet cette personne, âgée de 18 ans, se revendique ouvertement de la mouvance masculiniste « Incel » (pour Involuntary Celibate ou célibataire involontaire) dont les membres estiment que les femmes – jugées avides, opportunistes et manipulatrices – sont responsables de leur échec sexuel. Une forme de machisme poussé à l’extrême. À cette occasion, la députée insoumise Mathilde Panot a rappelé : « C’est la sixième attaque contre les femmes commise ou déjouée depuis 13 mois. La sixième ! La haine des femmes tue. » En 2014, un masculiniste avait tué six femmes en Californie, un autre avait fait dix morts avec une voiture bélier à Toronto en 2018 et un troisième assassiné cinq personnes en Angleterre avant de se donner la mort en 2021. Partout le sexisme tue.

La société Proxima a annoncé le 1er juillet le nom de son futur train à grande vitesse prévu pour 2028 : Velvet (velours en français). Cofondée par Rachel Picard, dirigeante d’entreprises, entre autres… directrice générale de Voyages SNCF de 2014 à 2020, Velvet prévoit d’occuper le marché des TGV sur l’axe sud-ouest, mettant en avant que les TGV de la SNCF sont pleins et que cela leur laisse une belle part de marché. Un constat implacable, Rachel Picard ayant été elle-même une des responsables de la réduction du parc de TGV par l’envoi à la casse de 180 rames. Directement du producteur de pénurie (public) au profiteur (privé), organisé par la même personne : le circuit court du profit !