Nos vies valent plus que leurs profits

Quand un gouvernement de gauche instituait… la rigueur

François Bayrou, veut, parait-il, expurger les finances publiques en instaurant, l’an prochain, un régime de rigueur, c’est à dire un plan destiné à imposer aux plus pauvres de se serrer un peu plus la ceinture. Mais dans ce domaine il n’invente rien. Il peut prendre comme exemple le plan de rigueur de 1983 appliqué par la gauche. Le Premier ministre était alors François Mauroy et le Président de la République François Mitterrand, élu au poste suprême deux ans auparavant. Dans un premier temps ils mirent en œuvre quelques unes de leurs promesses électorales (réduction du temps de travail, revalorisation de certaines prestations sociales, impôt sur les grandes fortunes..) mais sans toucher aux fondamentaux du régime capitaliste. Mais, deux ans plus tard, ce fut la douche froide. Sous prétexte de lutte contre l’inflation, la hausse du chômage et le déficit extérieur, le gouvernement « de gauche » changeait de cap : réduction drastique des dépenses de santé, hausse généralisée des taxes sur le tabac, l’alcool, l’électricité et des cotisations sociales, blocage des prix et des salaires, ainsi que des restrictions sur la consommation et le crédit. Cette politique fut soutenue par l’ensemble de la gauche (Parti socialiste, Parti communiste, radicaux de gauche, etc) mais aussi ouvertement par la CFDT. Pas étonnant qu’aujourd’hui les mêmes tardent à mobiliser contre Bayrou et son budget anti-ouvrier.