Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Lundi 30 juin à Besançon, un ouvrier, salarié d’une entreprise de travaux publics de 36 ans, a succombé aux fortes chaleurs. Selon les pompiers, « il se plaignait de la chaleur depuis le matin ». Pourtant, il a été retrouvé inconscient aux alentours de 16 heures. Durant ce laps de temps, rien n’a été mis en place pour le soulager, ni les autres travailleurs du chantier : l’exploitation patronale passe avant tout, quelles qu’en soient les conséquences. Entre 2018 et 2023, ce ne sont pas moins de 48 travailleurs qui sont morts dans des accidents liés aux fortes chaleurs, avec une forte représentation des travailleurs du bâtiment, selon les données publiées par Santé publique France. Des morts dont le réchauffement climatique n’est pas le seul responsable.

Depuis le 1er janvier 2025, près de 20 000 migrants ont traversé la Manche, ce qui constitue un record pour la première moitié de l’année. Selon les chiffres du gouvernement britannique, 19 982 migrants ont réussi cette traversée en six mois soit une augmentation de 48 % par rapport à 2024 (13 489 traversées) et de 75 % par rapport à 2023 (11 433 traversées). C’est la première fois depuis le début de l’enregistrement en 2018 que ce seuil est atteint si tôt dans l’année, et il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, puisque 2022 avait également connu un record avec plus de 45 700 arrivées sur l’année. Ces traversées, effectuées principalement par des migrants originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée et d’Iran, ont été marquées par des tragédies, avec au moins 17 décès depuis le début de l’année et des centaines de migrants récupérés en mer dans des situations difficiles. Mais Paris et Londres font tout pour rendre encore plus difficiles ces traversées en mettant en péril ces personnes. Ouverture des frontières pour tous et toutes !

Plusieurs ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits de l’homme (LDH) et l’Association France Palestine Solidarité ont annoncé avoir déposé plainte avec constitution de partie civile contre deux soldats franco-israéliens, qu’elles accusent d’ « exécutions sommaires » de civils dans la bande de Gaza. Ils appartiennent à un groupe d’élite de snipers, dénommé « Unité fantôme », que l’on voit sur des vidéos tirer sur des civils gazaouis non armés aux abords de deux hôpitaux, al-Nasser et al-Quds à Khan Younès. Les faits dénoncés se sont déroulés entre novembre 2023 et mars 2024. Ces crimes sont susceptibles de revêtir non seulement la qualification de crimes de guerre, mais aussi de génocide et autres crimes contre l’humanité. Les ONG précisent que leur plainte ne concerne pas seulement ces deux soldats mais toute la chaîne de commandement.

Tranquillement installée dans son bureau climatisé du ministère de l’Éducation nationale de la rue de Grenelle, à Paris, Élisabeth Borne s’en est pris au maire écolo de Tours (Indre-et-Loire), Emmanuel Denis, qui avait décidé, du fait de la canicule, de fermer les écoles de la ville lundi après-midi 30 juin et mardi 1er juillet. La ministre s’est étonnée d’une décision « unilatérale » suggérant qu’il s’agissait en fait d’« un message politique du maire de Tours sur le dérèglement climatique ». La réponse ne s’est pas fait attendre. Rappelant que « 90 % des écoles vont dépasser les 30 °C, et que ce serait prendre un risque pour la santé des personnels et des enfants » que de maintenir les cours, Denis a invité la ministre, ainsi que le Premier ministre François Bayrou, à venir mercredi « faire le Conseil des ministres dans une école de Tours » afin de « se rendre compte des conditions d’accueil dans nos écoles » et de « l’état des bâtiments ». La majorité des 45 000 écoles que compte le pays sont des passoires thermiques, ce qui n’a nullement empêché le gouvernement de réduire de moitié cette année les crédits destinés à leur rénovation.

C’est Libération qui nous l’apprend. Le policier qui fin juin 2023 avait abattu Nahel Merzouk à Nanterre, lors d’un contrôle routier, a vu son salaire maintenu, sur décision du ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, pendant toute la durée de l’enquête pour homicide volontaire. Après cinq mois de préventive il avait été libéré sous contrôle judiciaire le 19 novembre 2023. Malgré son renvoi en cours d’assises pour y être jugé, il a fait l’objet d’un arrêté de réintégration à la préfecture de Paris « dans l’intérêt du service » et conservé son statut de fonctionnaire. Le brigadier a aussi pu compter sur l’octroi de la protection fonctionnelle c’est-à-dire que tous ses frais de justice sont réglés par l’État, y compris la caution de 15 000 euros qu’il a dû payer lors de sa sortie de détention provisoire. Il a ensuite demandé, et obtenu, d’être muté au pays Basque. Bref Darmanin, Retailleau et autres sont aux petits soins avec ce flic meurtrier.

Les parlementaires macronistes ont finalement décidé de se joindre à la droite et à l’extrême droite pour faire adopter en commission mixte paritaire, formée de sept députés et de sept sénateurs, le projet de loi Duplomb qui réintroduit un insecticide tueur d’abeilles (interdit en France depuis 2018 comme favorisant les cancers), laisse libre cours aux industriels de la viande en allégeant les procédures d’autorisation pour la construction de bâtiments d’élevage et en relevant les seuils d’autorisation environnementale pour les élevages intensifs. De plus il fait une fleur aux gros agriculteurs en facilitant la construction des méga-bassines. Au final l’agrobusiness obtient satisfaction sur toute la ligne et piétine allègrement les quelques mesures environnementales qui constituaient l’essentiel du (maigre) bilan écolo de Macron.

Une employée des services municipaux de Barcelone de 51 ans est morte au travail d’un arrêt cardiaque en raison de la canicule. Son chef avait exigé qu’elle continue à travailler dans la rue par 46 degrés, alors qu’elle lui avait expliqué qu’elle ne se sentait pas bien. Ce chef, par inconscience ou désir servile de satisfaire sa direction, porte une lourde responsabilité. Mais la principale responsabilité de ce drame incombe à un système social, le capitalisme, où la performance et le profit passent systématiquement avant la santé et la sécurité des travailleurs.

Le 23 juin, l’aviation israélienne a bombardé la prison d’Evin, dans la banlieue de Téhéran, où sont enfermés, non seulement des droits communs, mais plusieurs dizaines de prisonnières et prisonniers politiques, dont deux Français accusés d’espionnage. En choisissant cette cible, l’état-major de Netanyahou a peut-être pensé que ce raid serait bien accueilli par les médias internationaux, voire par la population, dans la mesure où il frappait un symbole du caractère répressif du régime des ayatollahs. Sauf que, parmi les 71 morts et les centaines de blessés, on compte aussi bien des prisonniers que des gardiens, des soldats qui effectuent leur service militaire et se comportent correctement selon les détenus, et même des voisins. De plus, les rescapés ont été transférés dans une autre prison où les conditions de détention sont bien pires, en raison du manque de place. Un crime de guerre de plus perpétré par l’armée sioniste.

Le Fonds de dotation pour la jeunesse (Youth Endowment Fund), dont les membres sont des travailleurs sociaux qui s’occupent des jeunes délinquants ou déscolarisés des quartiers populaires d’Angleterre et du Pays de Galles, vient de publier un rapport accablant sur le racisme des hommes de la police du Grand Londres (Metropolitan police) à l’égard des jeunes Noirs. Pour ce faire il a examiné quelque 265 000 procès verbaux concernant des jeunes de 10 à 17 ans interpellés dans le périmètre de la capitale. Il ressort que les Noirs sont plus systématiquement arrêtés que leurs camarades blancs, qu’ils se voient moins souvent proposer par la police et les tribunaux des peines alternatives (tutorat, centres éducatifs) à une condamnation criminelle et que pour les mêmes délits (genre possession de cannabis), ils sont plus sévèrement condamnés.