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Brèves

L’actualité en bref

À l’initiative de Reporters sans frontières (RSF) 250 médias dans 72 pays, dont une quarantaine en France, participent à une campagne internationale pour dénoncer le sort des journalistes palestiniens systématiquement ciblés et assassinés par l’occupant israélien. « Ensemble, nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces meurtres et ces assassinats par l’armée israélienne dans la bande de Gaza », peut-on lire dans le communiqué de plusieurs médias français. RSF a décompté plus de 210 journalistes tués depuis le début des opérations militaires israéliennes. Le but de cette campagne, a expliqué Thibaut Bruttin, directeur général de l’ONG, est aussi de mettre fin « à la campagne de dénigrement opéré par les forces armées israéliennes contre les journalistes palestiniens, accusés de terrorisme avec des preuves invérifiables ». Enfin les médias français signataires du texte demandent au gouvernement « de faire pression sur le gouvernement israélien afin de faire cesser les crimes de l’armée israélienne contre les journalistes palestiniens ». On peut toujours rêver. Car depuis le début du conflit, Paris s’est toujours refusé à prendre une quelconque mesure concrète contre le génocidaire Netanyahou, se contentant de protestations platoniques. Et il n’y a pas de raison que cela change.

Après une semaine de grève contre des projets de réorganisation interne, les syndicats de Radio France (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa) ont annoncé la fin du mouvement après avoir obtenu satisfaction sur plusieurs points, notamment l’engagement de la direction de ne pas réduire les moyens des chaînes en cours de saison, plus de temps attribué aux enquêtes, le reclassement en CDI des salariés de la radio Mouv’ qui passe en tout numérique, l’ouverture de discussions sur la réorganisation du réseau d’Ici (ex-France Bleu). Ce mouvement a contraint la PDG de Radio France, Sibyle Veil, à ouvrir des négociations, ce qu’elle se refusait à faire jusqu’à présent. Un premier pas, mais les questions essentielles (salaires, conditions de travail, avenir des stations, statut du personnel, etc.) demeurent.

Les défenseurs de l’environnement s’insurgent contre la décision du bien mal nommé ministère de la Transition écologique et de la bio-diversité d’autoriser à nouveau la chasse à la tourterelle des bois alors que cette espèce est à l’agonie. En 2020 déjà une décision du Conseil d’État avait conduit à une première suspension de cette chasse, le juge des référés ayant fait valoir à l’époque que l’espèce avait « diminué de près de 80 % en 15 ans », et que les experts recommandaient « l’interdiction de la chasse de cet oiseau sauvage ». Depuis lors la situation n’a guère changé. Si l’on a noté une légère amélioration de la survie de l’espèce elle est due quasi exclusivement au fait que sa chasse ait été interdite. Mais c’est en prenant prétexte de cette amélioration que les autorités l’autorisent à nouveau. Derrière tout cela, il y a sans doute la main de Macron, qui n’hésite jamais à s’afficher avec Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, qui lui apporte son plein soutien et auquel il n’a rien à refuser. Pas même le droit de massacrer plus de 10 000 tourterelles cette année.

La « Global Sumud Flotilla » est un convoi d’une dizaine de navires, parti dimanche de plusieurs ports européens à destination de Gaza. Accompagné de nombreuses personnalités, il transporte de l’aide humanitaire, essentiellement de la nourriture et des médicaments. Israël avait déjà arraisonné en toute illégalité un précédent voyage humanitaire au mois de juin. Netanyahou osera-t-il réitérer son geste de piraterie ? En tout cas il faut saluer l’initiative : pour faire cesser le génocide, tous les moyens et toutes les protestations sont bonnes.

En clôture des journées de l’université du Parti socialiste à Blois (Loiret), le premier secrétaire, Olivier Faure, s’est porté officiellement candidat à la succession de François Bayrou si ce dernier chute le 8 septembre. Après avoir répété qu’il ne voterait pas la confiance au Premier ministre, il a affirmé : « Nous sommes volontaires pour être les suivants », mettant sur la table « une autre manière de gouverner » avec « l’engagement de ne pas utiliser le 49-3, ce qui mécaniquement nous obligera à trouver des compromis texte par texte. » Compromis avec qui ? Les macronistes et la droite bien sûr. Une politique que défend ouvertement de son côté l’ancien Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, qui a lancé un appel à un « compromis » budgétaire, qui irait du PS à la droite, en passant par le bloc central. C’est ce que Faure appelle sans doute « donner un débouché politique » au mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre. Une tambouille qui ne trompe plus grand monde.

Dans cette ville cossue de l’ouest de la banlieue parisienne, un homme armé d’un couteau a menacé trois personnes, dont l’une portait une kippa, alors qu’elles s’apprêtaient à entrer dans une synagogue. L’homme a invectivé le groupe, a proféré à son encontre des propos antisémites et a poursuivi une personne en la menaçant de son arme. Il a été rapidement interpellé et aurait déclaré aux policiers lors de ses premiers interrogatoires être venu « pour tuer un Juif ». Heureusement personne n’a été blessé. Les six premiers mois de cette année, 646 actes antisémites ont été recensés contre cette communauté. À bas le racisme et l’antisémitisme !

Washington a annoncé que l’administration Trump avait refusé ou révoqué des visas à quelque 80 responsables palestiniens, membres de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne dont son président, Mahmoud Abbas. But de l’opération : empêcher la venue d’une délégation palestinienne à l’Assemblée générale de l’ONU du mois prochain à New-York. C’est au cours de cette session que la France et plusieurs autres États s’apprêtent à reconnaître l’État de Palestine. Cette interdiction n’aura que peu d’influence sur le résultat, mais c’est une façon pour Trump de réaffirmer son soutien total à Israël. Ce dont Netanyahou s’est immédiatement félicité.

Microsoft vient de licencier quatre de ses salariés qui avaient participé, il y a quelques jours, à l’occupation du siège de la société, à Redmond, dans l’État de Washington, pour dénoncer les liens de l’entreprise avec l’armée israélienne. Microsoft a en effet signé plusieurs contrats avec les forces armées de Netanyahou en les faisant profiter de sa technologie pour stocker des données concernant des civils palestiniens qui servent ensuite de cibles. Azure, la plateforme de cloud de Microsoft, héberge des fichiers audio contenant des millions d’appels téléphoniques passés par des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Ces renseignements sont ensuite utilisés pour planifier des attaques aériennes meurtrières et mener des opérations militaires. Anna Hattle, une des salariées licenciées, a déclaré : « Nous sommes ici parce que Microsoft continue de fournir à l’État hébreu les outils dont il a besoin pour commettre un génocide tout en manipulant et en détournant ses propres travailleurs sur cette réalité. » Elle et ses camarades font partie d’un groupe « No Azure for Apartheid » (Pas d’Azure pour l’apartheid) qui dénonce depuis des semaines les liens entre l’armée sioniste et la multinationale américaine.

François Bayrou ne cesse de lancer des appels à faire des économies et à s’en tenir à une rigueur budgétaire stricte. Mais il ne semble pas être entendu par Bayrou François, le maire de Pau dans les Pyrénées Atlantiques. Ce dernier a en effet décidé de faire rénover de façon luxueuse son bureau à la mairie pour une somme de… 40 000 euros. Les travaux sont intégralement payés sur fonds publics et ont été autorisés par un arrêté municipal datant du 28 juillet et signé bien sûr par le maire. Objectif, comme le répète son entourage, faire du lieu « le plus beau bureau de la République ». Pas moins. Une décision qui fait tousser et pas seulement ses administrés palois. Et certains de rappeler que depuis l’élection de Bayrou à la tête de la capitale béarnaise fin 2014 la dette de la ville est passée de 60 millions d’euros à près de 111 millions d’euros aujourd’hui. C’est-à-dire qu’elle a quasiment doublé. Pour le locataire de Matignon la rigueur c’est toujours pour les autres, et surtout pour les plus pauvres.