Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les 6 et 9 août 1945 l’aviation américaine larguait deux bombes atomiques sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki. Les destructions furent considérables et le nombre de personnes tuées par les explosions, la chaleur et la tempête de feu qui s’ensuivit se chiffra, selon les estimations, entre 103 000 et 220 000 morts. Quant aux survivants, ils souffrirent leur vie durant de complications de santé et de cancers dus notamment aux radiations. Officiellement, il s’agissait de contraindre le Japon à capituler. Ce qu’il fit, ou plus exactement ce qu’il avait déjà proposé de faire ! En utilisant l’arme atomique pour la première fois dans l’histoire, l’impérialisme américain voulait montrer à ses ennemis, mais aussi à ses alliés, dont l’URSS à l’époque, mais surtout aux travailleurs et peuples du monde qu’il voulait terroriser (ce qu’il avait déjà fait en rasant pratiquement toutes les villes allemandes comme à Dresde par exemple). Travailleurs et peuples de la planète avaient mesuré la barbarie des impérialismes en guerre et pouvaient avoir la tentation de se révolter, voire d’entrer en révolution comme à la fin de la Première Guerre mondiale. Les deux villes martyres japonaises devinrent le symbole de la barbarie capitaliste et les survivants des explosions, les hibakusha, les porte-paroles d’une lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde. Ce drame nous rappelle de quoi est capable le capitalisme si on ne l’élimine pas, d’autant plus vivement que les Trump et les Poutine (sans oublier les Macron et autres) ne se privent pas aujourd’hui de brandir la menace de leurs bombes nucléaires. Socialisme ou barbarie !

Plusieurs milliers de personnes ont défilé sur le port de Beyrouth pour demander justice, cinq ans après la terrible explosion qui avait fait plus de 220 morts et 6 500 blessés. Le drame était dû à un incendie qui s’était déclenché dans un entrepôt où étaient stockés sans précaution des matériaux dangereux. Mais, depuis lors, aucun responsable n’a été traduit en justice. Mieux, une partie de la classe politique n’a cessé de mettre des bâtons dans les roues des enquêteurs et du juge d’instruction chargé de l’affaire. Une affaire devenue le symbole de la culture de l’impunité et de corruption qui gangrène la classe dirigeante libanaise.

Le constructeur de véhicules électriques Tesla vient d’accorder à son patron Elon Musk, déjà l’homme le plus riche du monde, un chèque de 29 milliards de dollars (environ 25 milliards d’euros) pour le convaincre de rester à la tête de l’entreprise qui, cette année, a connu des résultats désastreux. Un cadeau que Musk a accepté avec sa modestie habituelle. Mais il n’est pas certain qu’il touche ce pactole. En effet, en 2018 déjà un actionnaire avait contesté devant les tribunaux une première rémunération de 56 milliards de dollars (plus de 48 milliards d’euros) attribuée à Musk et avait gagné. Cette histoire montre surtout que quelle que soit la situation financière de Tesla, le patron, lui, sait toujours s’en mettre plein les poches.

Plus de 170 États sont réunis à Genève jusqu’au 14 août pour tenter de parvenir à un accord mondial sur la pollution plastique. Une pollution qui, depuis l’extraction des matières premières, la fabrication, l’utilisation et la production des déchets fait plusieurs centaines de milliers de victimes chaque année, dont 35 000 parmi les ouvriers qui travaillent sur les sites de production des polymères. Mais le plastique étant devenu un véritable filon pour certains États pétroliers (Arabie saoudite, Iran) et les industriels du secteur, ces derniers ne veulent pas entendre parler de diminution de la production. Tout au plus sont-ils prêts à discuter du recyclage des déchets. La conférence précédente, qui s’était tenue à Busan, en Corée du Sud en décembre 2024, s’était soldée par un échec. Et il y a fort à parier qu’il en sera de même cette fois-ci.

Le Premier ministre veut, paraît-il, convaincre la population « en direct » des bienfaits de son projet de budget 2026 considéré par l’immense majorité des sondés (72 %) comme profondément injuste et inégalitaire. Pour ce faire, fatigué des questions embarrassantes que lui posent certains journalistes politiques, il a décidé de lancer une série de podcasts intitulée « FB Direct » où il va monologuer pour défendre sa tambouille. Pas sûr que cela soit suffisant pour tromper son monde et faire oublier son budget de classe, profondément anti-ouvrier et anti-populaire.

Un immeuble du centre ville, où se trouve la permanence de deux sénateurs démocrates, a été pris d’assaut par des manifestants dénonçant le soutien de ces élus à Israël et la situation dans la bande de Gaza. À l’initiative de l’association « Jewish Voice for Peace » (Voix juive pour la paix) les manifestants portaient des t-shirts sur lesquels on pouvait lire : « Laissez Gaza vivre » et « Les Juifs demandent de laisser Gaza vivre ». Ils ont ensuite participé à un « sit-in », s’asseyant dans le hall du bâtiment pour témoigner leur opposition avant finalement d’être dispersés par la police qui a procédé à une cinquantaine d’arrestations. Mais ils ont promis de recommencer.

La diffusion de trois vidéos, par le Hamas et le Djihad islamique, montrant deux otages israéliens, Rom Breslevski et Evyatar David, particulièrement affaiblis et décharnés, a suscité de nombreuses réactions. Que des organisations islamistes utilisent de telles images dégradantes dans un but de propagande ne peut que provoquer l’écœurement. Mais l’indignation sur commande de certains hommes politiques n’est pas neutre. Macron, par exemple, a fustigé la « cruauté abjecte » du Hamas. Mais on ne l’a jamais entendu s’élever contre la « cruauté abjecte » de Netanyahou qui réserve ce sort horrible non pas à deux mais à des centaines de milliers de Palestiniens. Netanyahou qui, de son côté, a demandé au Comité international de la Croix-Rouge de fournir « nourriture et traitement médical » aux otages israéliens alors que dans le même temps il affame la population gazaouie et la prive de tous soins médicaux. Alors les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique sont sans doute des individus sans scrupule mais nos propres dirigeants valent-ils vraiment mieux ?

La presse financière, et autre, s’est intéressée ces derniers temps au banquier et milliardaire Patrick Drahi et à son groupe, Altice, maison mère de l’opérateur Internet, fibre et téléphonie SFR. Il faut dire qu’Alice trimballe une dette colossale de 24 milliards d’euros et que sa restructuration pourrait entraîner des licenciements, notamment la vente de SFR. Par contre ce que l’on sait moins est que Drahi, qui a la double nationalité franco-israélienne, possède aussi en Israël une chaîne télévisée multilingue (anglais, français, arabe, hébreu), dénommée I24 news, qui diffuse à longueur d’antenne des reportages vantant la colonisation, l’action de l’armée israélienne à Gaza et le soutien à Netanyahu. Ce dont Drahi se vante fort peu ici.

Au moins 68 migrants sont morts noyés après que leur embarcation, qui faisait route vers l’Arabie Saoudite, a fait naufrage au large du Yémen. Le bilan pourrait s’alourdir compte tenu du fait que 74 personnes sont encore portées disparues. En tout l’embarcation transportait 154 Éthiopiens qui tentaient de gagner l’Arabie et les pays pétroliers du Golfe dans l’espoir d’y trouver du travail. Chaque année, des milliers d’exilés venant de pays comme l’Éthiopie, l’Érythrée et la Somalie, empruntent cette route, traversant la mer Rouge depuis Djibouti vers le Yémen, puis la Péninsule arabique. Selon l’Organisation internationale pour les migrants, il s’agit de l’une des « routes migratoires les plus fréquentées et les plus risquées au monde ». L’année dernière plus de 60 000 migrants sont arrivés au Yémen alors que plusieurs centaines d’autres se sont noyés. Et le bilan s’alourdit chaque jour.