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Brèves

L’actualité en bref

À l’initiative de l’ONU, experts et dirigeants internationaux se retrouvent à Séville pour une conférence sur le financement du développement, mis à mal par les crises mondiales et les coupes budgétaires. Les États-Unis ont décidé de la boycotter. Ce conclave se déroule alors que l’aide au développement des pays les plus pauvres est dans une situation dramatique. Selon l’ONU, il manque chaque année 4 400 milliards de dollars (3 800 milliards d’euros) pour tenir les engagements de financement. Et si Trump a coupé de 83 % la contribution américaine au fonds de financement, Paris, Londres et Berlin n’ont pas été en reste et ont aussi réduit leurs aides en ces temps où la priorité est donnée à l’économie de guerre. Résultat : l’endettement public des pays les plus pauvres à triplé en 15 ans et 3,3 milliards d’habitants vivent dans des États dépensant plus pour rembourser leur dette que pour la santé ou l’éducation de leur population. Bienvenue dans le monde capitaliste.

Christophe Gleizes, 36 ans, un journaliste français spécialiste de football, a été condamné à sept ans de prison ferme. Il s’était rendu dans le pays en mai 2024 pour écrire un article sur le club de foot de la Jeunesse sportive de Kabylie. Arrêté peu après à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire, il était accusé d’« être entré dans le pays avec un visa touristique » mais aussi d’« apologie du terrorisme » et de « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». L’ONG Reporters sans frontières a indiqué que « ces dernières accusations sont sans fondement et totalement réfutées ». En fait, Gleizes est une nouvelle innocente victime de la gué-guerre diplomatique que se livrent Paris et Alger depuis des mois. Reporters sans frontières demande sa libération immédiate.

La ministre du Travail et de l’Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet, a confirmé qu’aurait lieu « prochainement » la conférence pour définir l’avenir du système social. Elle a notamment déclaré : « Nous préparons actuellement une grande conférence sociale rassemblant responsables politiques, économistes et partenaires sociaux, pour tracer collectivement l’avenir de notre modèle. » Mais ces mots ronflants cachent mal une réalité plus sombre : la mise en cause du financement et du niveau de couverture offert par le système de protection sociale. Il s’agit en fait de satisfaire l’exigence du patronat qui réclame à cor et à cri la baisse de ses cotisations sociales en trouvant des alternatives au financement (TVA sociale, retraites par capitalisations..) mais aussi en excluant de la couverture sociale « des risques dits universels, santé, dépendance, famille ». Bref, une façon de porter atteinte à nouveau aux droits de la population travailleuse.

C’est sur fond de grève du personnel de l’audiovisuel public que les députés ont rejeté le texte défendu par la ministre de la Culture, Rachida Dati, qui prévoyait de regrouper Radio France, France Télévisions et l’Institut national de l’audiovisuel au sein d’une holding baptisée France Médias. Une réforme vue avec scepticisme par les spécialistes alors que les salariés et leurs syndicats étaient unanimement contre ce projet qui risquait de se traduire par des licenciements massifs et la tentative de mise au pas des rédactions. Mais le texte n’est pas enterré pour autant. Il doit aller maintenant au Sénat pour une seconde lecture. Et, à terme, Dati ne désespère pas de le voir adopter. Mais les salariés de Radio France et de France Télévisions restent plus que jamais mobilisés pour lui faire échec.

Alors que le pays est plongé dans une chaleur accablante, et que dans bien des salles de classe la chaleur dépasse les 35 °C, la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, a écarté d’un revers de main toute fermeture anticipée des établissements scolaires. Il faut bien que les écoles gardent les enfants pour que les parents puissent aller travailler ! Le ministère a préféré publier une série de recommandations auxquelles les enseignantes et enseignants n’auraient pas pensé, comme « dans la mesure du possible, utiliser des salles à l’ombre » ! Des recommandations bien éloignées des problèmes réels : plusieurs campagnes syndicales ont révélé l’ampleur de l’inadaptation du bâti scolaire. Huit établissements sur dix sont des bouilloires thermiques, et devraient être rénovés pour pouvoir respecter les normes de performances énergétiques.

Comme chaque année, les épreuves orales du bac de français vont avoir lieu dans des conditions désastreuses. Les examinateurs doivent quelquefois faire passer jusqu’à 16 candidats par jour, l’épreuve durant au total 50 minutes. Souvent, il n’y a pas de salle dédiée à la préparation, les examinateurs doivent donc en même temps faire passer les candidats, et surveiller le candidat suivant qui prépare. Donc pas de possibilité de sortir même pour aller aux toilettes ! Souvent, les pauses méridiennes durent une heure, mais c’est sans compter que les plannings ne tiennent pas compte des candidats qui disposent de tiers temps (temps plus long pour préparer en raison d’un handicap). Donc, lorsqu’à 11 heures, trois candidats disposant de tiers temps sont convoqués en même temps, il n’y a pas de pause pour manger… Et lorsque certains profs osent se plaindre, le plus souvent les chefs les traitent comme des moins que rien ! Assez !

Près de cinq ans après les violences qu’avait subies le producteur de musique d’origine martiniquaise, Michel Zecler, les juges d’instruction ont renvoyé en justice quatre policiers qui avaient participé à son agression le 21 novembre 2020. Ce jour là, sous prétexte d’un défaut de port de masque anti-Covid et d’une « odeur de cannabis », les policiers étaient entrés de force dans son studio d’enregistrement du 17e arrondissement et l’avaient violemment frappé à coups de pied et de matraque, proférant en outre des injures racistes. La scène avait été filmée par une caméra de vidéo surveillance et relayée par le média en ligne Loopsider. De retour au commissariat, les matraqueurs avaient rédigé un procès-verbal bidon. Les policiers ont été mis en examen pour violences volontaires, faux en écriture publique et violences aggravées. Mais la justice, bonne pomme, n’a pas retenu contre eux le caractère raciste évident de ce passage à tabac. 

L’Assemblée de Corse, à majorité autonomiste, a adopté une résolution à l’initiative de sa présidente, Marie-Antoinette Maupertuis, intitulée « Soutien au peuple palestinien et violations du droit international par l’État israélien dans la bande de Gaza ». Un texte à portée essentiellement symbolique qui reconnaît « l’existence de l’État de Palestine, conformément aux dispositions antérieures de l’ONU ». Mais aussi un joli pied-de-nez à Macron qui se hâte lentement pour prendre position sur la question. En fait rien ne change vraiment. Rappelons qu’en 2014 l’Assemblée nationale avait voté un texte demandant déjà à l’exécutif, dirigé alors par le « socialiste » François Hollande, de « reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ». Et depuis ? Rien. Les Palestiniens attendrons encore dix ans…

Près de 200 000 personnes ont défilé à Budapest dans une ambiance festive à l’occasion de la marche des Fiertés en bravant l’interdiction décrétée par le très réactionnaire Premier ministre, Viktor Orbán qui, ces derniers temps, a multiplié les mesures répressives à l’encontre de la communauté LGBT+. Des délégations étaient venues de toutes les régions du pays, mais aussi d’autres pays européens, pour affirmer leur solidarité. Orbán, devenu la coqueluche de l’extrême droite européenne, mène depuis des années une attaque systématique contre les migrants, la communauté gay, la justice mais aussi la liberté de la presse et les droits démocratiques. La marche des Fiertés est une réponse populaire à ces attaques.