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Brèves

L’actualité en bref

Alors que le gouvernement continue d’annoncer des coupes claires dans les budgets sociaux et s’en prend toujours plus au pouvoir d’achat des classes populaires, le récent rapport d’une commission sénatoriale dévoilant que l’État verse chaque année plus de 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises a jeté un froid. Car il serait facile de piocher dans cette manne pour trouver les 44 milliards d’euros qui manquent pour boucler le budget de l’an prochain. Comme il n’en est pas question Bayrou a envoyé en première ligne ses chevau-légers pour tenter de contrer l’information. En mai déjà le ministre du Budget, Éric Lombard, ne parlait « que » de 150 millions d’euros. Puis Clément Beaune, le Haut-commissaire au plan, nommé par l’actuel exécutif, vient de sortir une note d’analyse qui ramène le niveau de ces aides à 112 milliards d’euros. Cette note prend bien en compte les aides budgétaires, les aides fiscales, les aides financières, mais ne retient qu’une petite partie des exonérations de cotisations sociales (3,2 milliards sur les 73,8 milliards qu’elles représentent au total). De plus il propose d’abandonner le terme « aide » car , selon lui, « une “aide” n’est pas un “cadeau”, car si les pouvoirs publics en décident, c’est bien pour poursuivre des objectifs de politique publique ». Mais une politique publique ouvertement orientée pour satisfaire les besoin des grandes entreprises, pas celles de la population. Mais ce que soit 211, 150 ou 112 milliards cela reste de l’argent pris dans la poche du contribuable.

Rachida Dati, la ministre de la Culture du gouvernement Bayrou et candidate à la mairie de Paris l’an prochain, et l’homme d’affaires libanais Carlos Ghosn, ex-patron du groupe Renault Nissan, vont bien comparaître en justice pour corruption et trafic d’influence. C’est ce qu’ont confirmé des sources judiciaires auprès de l’Agence France Presse. Il s’agit de l’aboutissement d’une enquête lancée depuis 2019 par le Parquet national financier. Dati, à l’époque députée européenne, aurait profité de ses fonctions pour mener des actions de lobbying – contre rémunération – au profit du groupe automobile. Encore un exemple des liaisons douteuses entre le monde politique et celui de l’entreprise.

La pétition contre la loi Duplomb  dépasse désormais les 1,5 million de signatures. Cette initiative entend protester notamment contre la réintroduction, grâce à cette loi, d’un insecticide tueur d’abeilles et dangereux pour la santé humaine. Les défenseurs du texte législatif sont tous montés au créneau en affirmant que les signataires de la pétition étaient « mal informés », donc manipulés. Le premier à s’exprimer a été l’auteur de la loi, le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, qui a déclaré au micro de Sud Radio : « On commence par la désinformation et la peur. Une fois qu’on a bien fait peur, on culpabilise les Français et une fois qu’on les a culpabilisés, on leur interdit. » Il a été suivi par la ministre pour l’Égalité hommes-femmes, Aurore Bergé, qui a affirmé : « Je pense qu’à force de désinformation massive, d’instrumentalisation massive, c’est assez légitime qu’il y ait beaucoup de Français inquiets et sans doute plus d’ailleurs que ceux qui ont signé la pétition peut-être. » Et le duo a été rejoint par Marine Le Pen qui a conclu :  « Nous refusons que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement ». Et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit. La loi Duplomb a été votée en toute connaissance de cause pour complaire à l’agro-business et lever certaines contraintes sanitaires dans l’agriculture au détriment de la santé publique. Et ce qui inquiète les politiciens de droite et d’extrême droite c’est qu’un nombre grandissant de personnes – de mieux en mieux informées – prennent conscience des enjeux écologiques auxquels est confrontée la société. 

Avec le plein soutien de Benyamin Netanyahou, Trump a décidé que les États-Unis allaient se retirer de l’Unesco, l’organisation des Nations Unies pour la science, la culture et l’éducation, à la fin de l’année car, selon le locataire de la Maison Blanche, elle ferait preuve de parti pris contre Israël, notamment pour son action à Gaza, la destruction de centaines d’établissements scolaires, les assassinats ciblés d’enseignants et le massacre de dizaines de milliers d’élèves. Déjà en décembre 2018 Trump avait pris la même décision pour les mêmes raisons, décision annulée par la suite sous Joe Biden en juin 2023. Mais aujourd’hui la plupart des grandes organisations internationales, de nombreux pays, des centaines d’ONG diverses et des centaines de millions de personnes sont horrifiées, à travers le monde, par les massacres des Gazaouis par l’armée israélienne. Et le départ de Trump de l’Unesco ne changera rien à cette réalité. 

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a eu des mots très durs contre le budget 2026 concocté par François Bayrou. Après avoir rencontré la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, elle a déclaré, en parlant notamment de la réforme de l’assurance chômage voulue par l’exécutif, « ce serait un carnage total pour les demandeurs d’emploi ». Va-t-elle pour autant lancer un appel à la mobilisation pour contrer ce budget anti-ouvrier ? Faut pas rêver ! Car elle a ajouté aussitôt : « On a fait valoir nos arguments, rendez-vous fin août – début septembre, toutes les possibilités d’action sont sur la table, on décidera à la fin de l’été. ». Et les autres confédérations syndicales ne semblent guère plus empressées à préparer les luttes.

Les malversations financières sont devenues monnaie courante dans la formation d’extrême droite qui collectionne les casseroles dans ce domaine. Cette fois ce sont Marine, Marie-Caroline et Yann, les trois filles et héritières de Jean-Marie Le Pen, le défunt fondateur du Front National (devenu depuis lors le Rassemblement national), qui ont été condamnées par le Tribunal de l’Union européenne à rembourser plus de 300 000 euros au Parlement européen pour des dépenses non-justifiées facturées par leur géniteur entre 2009 et 2018. Les faits avaient été mis à jour par l’Office européen de lutte anti-fraude. Une énième affaire de détournement de fonds publics, pour un parti désormais bien rodé à l’exercice.

De violents affrontements ont opposé à Epping, au nord ouest de Londres, des policiers qui protégeaient un hôtel abritant des migrants à des manifestants racistes rassemblés à l’instigation de l’extrême droite. Les tensions avaient démarré quelques jours auparavant après l’inculpation d’un demandeur d’asile de 38 ans accusé d’avoir tenté d’embrasser une adolescente de 14 ans, ce qu’il a nié quand il a été présenté au tribunal. « Renvoyez-les chez eux », « Sauvons nos enfants », ont scandé des manifestants devant l’hôtel. « Expulsons les criminels étrangers », « Défendons nos filles », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants qui s’en sont également pris à une cinquantaine de militants du collectif  « Debout contre le racisme » venus apporter leur soutien aux migrants. Et cette atmosphère délétère est entretenue par le gouvernement travailliste lui-même qui, ces dernières semaines, a multiplié les déclarations contre les immigrés. 

Un mois après la guerre de 12 jours menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël, Téhéran a annoncé que les discussions sur le nucléaire iranien allaient reprendre le 25 juillet avec la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, tous signataires de l’accord conclu en 2015 qui prévoyait d’importantes restrictions au programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions de l’ONU. Mais il y a une bonne dose d’hypocrisie dans cette négociation. Paris, Londres et Berlin, qui ont refusé de condamner les récentes attaques israéliennes et américaines contre l’Iran, n’ont jamais eu un mot pour dénoncer le fait qu’au Moyen-Orient un seul pays possède des ogives nucléaires, Israël, qui de plus a toujours refusé d’adhérer à l’accord international sur la prolifération de l’arme nucléaire… sans faire l’objet pour autant d’aucune sanction. Et ce malgré le fait que ce soit l’État sioniste qui mette à feu et à sang la région et menace ses voisins. 

La Coalition de la flottille de la liberté a dénoncé des tentatives pour nuire à la mission du navire humanitaire le Handala qui transporte des vivres et des médicaments à destination de Gaza et qui a quitté dimanche le sud de l’Italie. Mais, quelques heures avant le départ, l’équipage a été confronté à deux incidents graves : une corde avait été sciemment enroulée autour de l’hélice et une livraison étiquetée comme de l’eau contenait en fait un produit chimique corrosif, blessant des membres de l’équipage qui souffrent de brûlures. Malgré tout le bateau a pu prendre la mer. Rappelons qu’il y a sept semaines un précédent bateau humanitaire, le Madleen, avait été arraisonné de force par la marine israélienne et ses douze occupants emprisonnés trois jours avant d’être expulsés du pays.