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Brèves

L’actualité en bref

Dans son dernier rapport la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDH) est relativement optimiste puisqu’elle reconnaît une amélioration de la tolérance envers les minorités en France en 2024. Et cette tolérance est plus forte chez les jeunes générations que chez les anciens. Elle note également la corrélation entre les différentes formes de racisme car « plus on rejette les immigrés, plus on rejette les personnes perçues comme juives, musulmanes, ou les personnes LGBTI ». Enfin, en ce qui concerne l’islamophobie, elle rappelle que « contrairement aux idées reçues, s’agissant du sentiment anti-musulman, les personnes qui sont hostiles aux musulmans sont aussi les moins attachées à la laïcité, à l’égalité entre les hommes et les femmes, et les plus critiques envers l’homosexualité ». En résumé toutes les formes de racisme et de discrimination sont liées et on ne peut pas lutter contre l’une sans lutter contre les autres.

Le Parlement a validé un projet de loi permettant d’envoyer à l’étranger des millions de tonnes de gaz carbonique (CO2) dans le but ultime de les enfouir dans des sites de stockage situés notamment sous les océans. Le gaz est au préalable capté puis comprimé et liquéfié avant d’être exporté. Le gouvernement y voit parait-il un moyen d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Il s’agit de s’asseoir sur la Convention de Londres (1972), un texte international sur la prévention de la pollution, qui prévoit une interdiction de principe de toute exportation de déchets en vue de leur élimination en mer. Faute de vouloir s’attaquer au cœur du problème – diminuer les émissions de CO2, notamment dans l’industrie – on préfère planquer les déchets sous le tapis. Vive l’écologie made in Macron !

L’inspection générale des affaires sociales accuse le groupe privé La Maison bleue, qui détient 600 crèches à travers tout le pays, de défaillances en matière de qualité d’accueil des enfants, de fausses déclarations, d’anomalies financières, et aussi la mise sous pression d’un personnel en nombre insuffisant. En avril, Libération avait publié une enquête sur les structures de La Maison bleue, rapportant notamment des témoignages de parents dont les enfants avaient été maltraités. Ces groupes se font de l’argent à la fois sur le dos des familles, de la Caisse d’allocations familiales et des services sociaux des communes mais aussi de leur personnel qu’ils exploitent jusqu’à l’os. C’est le social à la mode du privé.

C’est Mediapart qui a révélé l’information. Le retour de Jean-Marc Morandini à Europe 1, une station radio du groupe Lagardère, détenue par le milliardaire Vincent Bolloré, pose quelques problèmes à la direction. En effet l’animateur a été condamné plusieurs fois pour harcèlement sexuel et corruption de mineurs et il lui est interdit de travailler à leur côté. Or la station accueille actuellement de nombreux élèves de seconde qui viennent y effectuer un stage obligatoire. Leurs familles ont exprimé leur inquiétude sur la présence dans les locaux de Morandini. Pour leur part, les élus du Comité social et économique et les délégués syndicaux ont demandé à la direction des précisions quant à l’organisation prévue « afin de rassurer les salariés et les familles de ces adolescents ». La direction a répondu avoir anticipé la situation afin que les stagiaires et Morandini ne se croisent jamais. Tout ça parce que le très réac Morandini est revenu récemment en grâce auprès de Bolloré qui insiste pour le maintenir à tout prix à l’antenne…

Réunis au Canada, les principaux pays impérialistes de la planète, réunis au sein du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), ont exprimé leur soutien à Israël dans son agression contre l’Iran. Bien mieux, ils ont affirmé que l’Iran est la principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région. Pas un mot sur le terrorisme à grande échelle que l’État sioniste met quotidiennement en œuvre à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie , au Yémen et, bien sûr, en Iran. Et pour cause. Ces opérations militaires ne font que conforter l’emprise de l’impérialisme sur le région. Et les appels à la désescalade ne sont que pure hypocrisie.

Alors que, par le biais des préfets, le ministère de l’Intérieur a fait retirer le drapeau palestinien qui flottait aux frontons de certaines mairies de gauche, notamment à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), ou Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), Christian Estrosi, maire de droite (Horizons) de Nice, a déployé le drapeau israélien depuis le 7 octobre 2023 en soutien à l’État sioniste. Et l’autorité préfectorale n’a pas bronché pendant un an et demi. Nouvel exemple du deux poids, deux mesures. Le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, arrivé il y a un mois, s’est finalement réveillé et a demandé le retrait du drapeau israélien au nom du « principe de neutralité du service public ». Estrosi a déclaré qu’il ne se plierait pas à cette décision. Sans grand risque puisqu’il a l’appui de ses amis du gouvernement.

Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre des Transports, Philippe Tabarot, a demandé l’immobilisation immédiate de toutes les Citroën C3 et DS3 de 2014 suite à un nouvel accident mortel survenu le 11 juin à Reims, où une femme de 37 ans a perdu la vie à cause du déploiement défectueux de l’airbag de sa voiture. Tous les véhicules de ce type sont interdits de rouler jusqu’à leur réparation. Depuis 2016, au moins 20 personnes ont été tuées en France par l’explosion de leur airbag et plusieurs dizaines d’autres à l’échelle internationale. Les constructeurs automobiles connaissaient depuis longtemps la dangerosité de cet airbag qui équipe une vingtaine de marques. Mais il était bon marché. Et, encore une fois, la rentabilité a pris le pas sur la sécurité.

Une étude, réalisée par le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) et de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), montre une multiplication par dix des affaires de prostitution des mineurs. traitées par les services de police et de gendarmerie. On est passé de 21 affaires en 2015 à 226 en 2024. Les personnes mineures sont à 87 % de nationalité française, « souvent victimes de violences dans l’enfance non judiciarisées, en rupture familiale, déscolarisées, en fugue ou placées en foyer ». Les foyers de l’aide sociale à l’enfance (ASE) sont particulièrement pris pour cibles par les proxénètes. Ils prennent contact avec leurs victimes « de plus en plus souvent » en ligne, même si « une grande partie des recrutements se fait par le biais de proches, de groupes d’amis, dans des foyers ou au sein des quartiers ». Une situation qui reflète à la fois une société qui part à la dérive et le désengagement grandissant de l’État face à l’enfance en danger.

Juste avant la dernière réunion du conclave sur les retraites, qui réunit depuis des mois organisations patronales et certaines confédérations syndicales, Bayrou a fait une nouvelle proposition : accorder une prime à celles et ceux qui accepteraient de travailler au-delà de 64 ans. Ils toucheraient alors en prime une partie de leur retraite en même temps que leur salaire. Mais même cette « concession » est déjà enterrée. Le fait marquant, c’est plutôt la capitulation des CFDT, CFTC, CGC sur les 64 ans en échange de miettes que le patronat ne veut même pas accorder. Une sinistre plaisanterie. La plupart des salariés attendent la retraite avec impatience pour souffler un peu après une vie passée à trimer. Alors pas question pour eux de partir en retraite à 64 ans, voire au-delà.