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Brèves

L’actualité en bref

Lors d’un déplacement en Aveyron Emmanuel Macron a déclaré qu’il fallait empêcher l’implantation du loup dans les zones où il y a du pastoralisme et il a insisté sur la nécessité d’autoriser leur abattage pour limiter leur développement dans ces régions. Des propos applaudis par la FNSEA mais dénoncés par les défenseurs de la biodiversité, tels que France Nature Environnement, qui les qualifient de «  populistes » soulignant que le loup est une espèce protégée et que ses attaques ont diminué ces dernières années. Il faut rappeler qu’il existe aujourd’hui dans l’Hexagone un millier de loups qui font beaucoup moins de dégâts aux troupeaux que les 10 000 chiens errants, souvent abandonnés, qui s’attaquent aux ovins et aux caprins. Mais pour co-exister avec le loup il faudrait faire des efforts, aider les éleveurs à installer des barrières électrifiés, à se doter de chiens de grande taille genre Patou (berger des Pyrénées) pour protéger les troupeaux, voire recruter des volontaires pour aider les bergers. Mais comme cela à un coût Macron préfère avoir recours à la gâchette. Un vrai écolo, on vous dit.

Pendant l’été plus d’un million et demi de travailleurs saisonniers sont employés dans tout le pays dans des secteurs comme l’hôtellerie-restauration, l’agriculture, le bâtiment et travaux publics, etc. Dans un rapport qu’elle vient de publier, la Cour des comptes estime que 400 000 d’entre eux ne sont pas logés dans des conditions décentes, voire livrés à eux-mêmes. Avec 250 000 saisonniers la Nouvelle Aquitaine est la région qui en emploie le plus. Or il manque au moins 50 000 places pour les loger dont entre 672 et 1 000 dans l’île de Ré en Charente Maritime, 1 400 dans la Communauté d’agglomération du Pays Basque dans les Pyrénées Atlantiques, entre 2 400 et 3 250 sur le littoral des Landes. En Gironde, les propriétaires des grands domaines les embauchent via des intermédiaires peu scrupuleux qui les logent parfois dans des squats ou des bidonvilles, comme à Libourne et Bordeaux. Mais de cela les patrons s’en lavent les mains.

Le Premier ministre travailliste, Keir Starmer, s’est félicité d’un « durcissement » dans les pratiques des forces de l’ordre françaises pour intercepter les migrants embarquant sur des bateaux dans le Nord-Pas-de-Calais pour rejoindre l’Angleterre. Des images diffusées vendredi sur la BBC, tournées sur une plage, montrent des policiers bien de chez nous entrant dans l’eau peu profonde pour atteindre un bateau pneumatique chargé de migrants, parmi lesquels des enfants. Et les flics crèvent l’embarcation à coups de couteaux. Un exploit qui méritait bien les félicitations de Starmer qui a fait de la lutte anti-migrants un des buts prioritaires de son gouvernement.

L’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes, créée en 1946) forme 100 000 travailleurs par an dans ses 150 centres dans toute la France. Mais cette utilité doit être rentable et le gâteau de la formation professionnelle livré au privé (dans les Hauts-de-France par exemple, c’est toute la filière « transports » qui a été démantelée et reprise par le privé). Les gouvernements successifs ont réduit les subventions publiques et mis en place des appels d’offres. En 20 ans, le nombre de salariés est passé de 12000 à 6000… La petite musique de suppression supplémentaire de 210 millions de financement, voire de l’Afpa elle-même, courait donc depuis quelques semaines. La mobilisation a été à la hauteur : entre 55 et 70 % de grévistes au niveau national et un rassemblement (avec la présence de Sophie Binet) puis un départ en manifestation de 700 grévistes à Paris en direction du ministère du Travail. Une délégation a été reçue : de nouvelles suppressions d’effectifs (1500 d’ici 2028) et des fermetures de centre annoncées. La mobilisation devra continuer à la rentrée !

Les sénateurs ont adopté jeudi une proposition de loi visant à autoriser certains établissements – comme les boulangeries, les fleuristes ou les boucheries – à faire travailler leurs salariés le 1er mai – jour chômé et férié – à condition qu’ils soient volontaires et payés le double d’une journée ordinaire. Un texte soutenu par la droite, l’extrême droite et la macronie mais vivement combattu par la gauche et l’intersyndicale au complet (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) qui dénoncent une régression sociale inacceptable et une brèche dans le droit du travail. Le texte va être ensuite examiné par l’Assemblée nationale avec une seule lecture, car le gouvernement l’a fait bénéficier d’une procédure accélérée pour le rendre applicable dès l’an prochain. Reste à savoir ce que vont faire les directions syndicales pour mobiliser les travailleurs afin de le rendre inopérant.

Après l’affaire des assistants parlementaires européens, le Rassemblement national et plusieurs de ses alliés au Parlement européen sont cette fois-ci soupçonnés de diverses irrégularités financières pour un total de plus de 4,3 millions d’euros sur la période 2019-2024. La plus grande partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen, à savoir son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighild Blanc. Le RN et ses alliés sont par ailleurs incriminés pour de multiples dons à des associations n’ayant « aucun lien » avec leurs activités politiques à Bruxelles. « Le Parlement européen me cherche des noises matin, midi et soir », a dénoncé Le Pen qui, encore une fois, se pose en innocente victime. Pas sûr que cela soit suffisant pour amadouer les juges.

Les chiffres que vient de communiquer le ministère de l’Intérieur indique une hausse aussi importante qu’inquiétante des actes antimusulmans enregistrés ente janvier et mai 2025. Sur les cinq premiers mois de l’année, 145 actes ont été recensés, contre 83 en 2024 sur la même période. Les atteintes aux personnes ont augmenté de 209 % à 99 au total, contre 32 faits recensés sur la même période de 2024 et elles représentent plus des deux tiers des actes anti-musulmans. Du côte des actes antisémites, on en a dénombré 504 depuis le début de l’année contre 662 pendant la même période de 2024 soit une baisse de 24 %. Ils restent toutefois en augmentation de 134 % par rapport à janvier-mai 2023 et sont majoritairement (64 %) des atteintes aux personnes. L’ensemble de ces chiffres est bien sûr sous-évalué nombre de personnes victimes d’actes racistes ne portant pas plainte, surtout dans les milieux modestes. Mais, malgré tout, ils reflètent l’ambiance délétère qui existe dans le pays, alimentée par les saillies anti-musulmanes d’une bonne partie de la classe politique et la poursuite des massacres à Gaza.

Dans une tribune parue dans Le Figaro, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a proposé de stopper les « subventions publiques » pour l’éolien et le photovoltaïque et de tout concentrer sur le nucléaire. Au passage il s’est en pris aux idées « des Tartuffe de l’écologie politique ». Il s’est attiré aussitôt les foudres de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, qui a dénoncé sur des propos complètement « irresponsables ». Même son de cloche chez son collègue de l’Industrie, Marc Ferracci, mais aussi chez Macron qui n’a pas du tout apprécié la sortie de Retailleau. Mais ce dernier savait très bien que cette prise de position allait faire le buzz Et c’est bien pour ça qu’il l’a faite. Car cette histoire renforce un peu plus son image de représentant d’une droite dure, décomplexée et réactionnaire qui lutte aussi bien contre les migrants, les jeunes des banlieues et les féministes que contre les idées écologistes. C’est sa façon de préparer la prochaine présidentielle.

Mieux vaut tard… Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé saisir le comité de déontologie de la Chambre haute, alors que la justice a ordonné la comparution prochaine du sénateur centriste Joël Guerriau devant un tribunal. Il est accusé d’avoir drogué chez lui la députée Sandrine Josso afin de commettre une agression sexuelle. Mis en examen depuis novembre 2023, Joël Guerriau a été suspendu par son parti, Horizons, et par son groupe parlementaire, Les Indépendants. Mais interpellé notamment par la victime et son avocat, Larcher avait refusé de prendre parti en renvoyant la balle… au Conseil constitutionnel. Finalement, après plus d’un an et demi de tergiversations il s’est décidé à agir… lentement. Dans un communiqué il explique qu’« il reviendra au prochain Bureau, sur le fondement d’éléments objectifs transmis par la justice et dont il ne disposait pas à ce stade, de se prononcer sur une sanction disciplinaire à l’encontre du sénateur ». Ce n’est pas une malheureuse tentative de viol qui va troubler le train de sénateur du président Larcher, un habitué de l’omerta.