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Brèves

L’actualité en bref

L’épidémie de choléra a fait 70 morts en deux jours à Khartoum. Selon le ministère de la Santé, l’épidémie ne cesse de progresser alors que la ville, en proie aux attaques incessantes de drones lancés par les rebelles des Forces de soutien rapide (FSR), est privée d’eau potable et d’électricité et a vu ses infrastructures médicales s’effondrer. Les FSR mènent, depuis plus de deux ans, une guerre sans merci contre l’armée régulière qui a fait plus de 20 000 morts et trois millions de déplacés parmi les civils. Chaque camp est soutenu par des puissances régionales concurrentes (Égypte, Émirats arabes unis, Russie, Iran, Turquie…) qui veulent instaurer leur contrôle sur les richesses du pays. Et la situation actuelle risque fort d’empirer… pour la population, pas pour les marchands de canon.

À l’occasion d’une marche des Fiertés, qui se déroule aujourd’hui 31 mai à Bordeaux (Gironde), le quotidien Sud-Ouest a interviewé Mathis Ott, le délégué interministériel à la lutte contre la racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Sous le titre « Une progression de la haine anti-LGBT » ce dernier cite des chiffres du ministère de l’Intérieur qui indiquent que l’an dernier les actes LGBTphobes ont encore augmenté de 5 %, après avoir déjà bondi de 13 % en 2023. 4 800 de ces actes ont été enregistrés en 2024 par les services de police et de gendarmerie, allant de l’insulte homophobe à l’agression physique. Et de noter que la transphobie progresse de façon inquiétante et que « les personnes trans sont aujourd’hui traitées comme pouvaient l’être parfois les homosexuels il y a quarante ans ». Un constat inquiétant.

Quatre femmes et trois fillettes sont mortes noyées dans un port de cet archipel lorsque leur embarcation, qui transportait près de 159 migrants, s’est renversée en arrivant à quai. Huit autres personnes ont été hospitalisées, dont trois sont dans un état grave, notamment une femme enceinte et un bébé de trois ans. Selon le rapport publié par l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en 2024 lors de la traversée de l’océan Atlantique entre les côtes nord-ouest de l’Afrique et les îles Canaries, porte d’entrée sur l’Espagne et l’Union européenne. Mais cela n’émeut guère cette dernière qui tente par tous les moyens de les repousser et de leur interdire son territoire.

Jeanne Barseghian, la maire Europe Écologie-Les Verts de la ville, s’est attirée les foudres de son opposition municipale en annonçant son intention de jumeler la capitale alsacienne avec le camp palestinien d’Aïda, près de Bethléem, en Cisjordanie occupée. Des liens existent déjà entre le centre culturel de ce camp et plusieurs associations strasbourgeoises qui avaient, en 2023, accueilli une troupe d’Aïda lors du festival Musica. Les opposants, essentiellement de droite mais pas seulement, ont reçu le soutien sans surprise des officines sionistes bien connues que sont le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Strasbourg est également jumelée, depuis plus de trente ans, avec la ville israélienne de Ramat Gan, même si depuis le début de la guerre de Gaza ces liens ont été mis en veilleuse.

Lors d’une conférence de presse tenue à Singapour, Emmanuel Macron a affirmé que la reconnaissance d’un État palestinien n’était « pas simplement un devoir moral, mais aussi une exigence politique ». Il a aussi appelé les Européens « à durcir leur position collective » à l’égard d’Israël si Netanyahou n’apportait pas « une réponse à la hauteur de la situation humanitaire à Gaza ». Près de150 États à travers le monde ont déjà reconnu sans condition l’État de Palestine et la France est, dans ce domaine, lanterne rouge. Depuis son élection Macron, n’a pas fait un pas dans ce sens. De plus demander au gouvernement israélien de faire preuve d’humanité alors qu’il poursuit sans relâche un génocide, c’est se moquer du monde. Une chose que le président fait très bien.

Au moins 44 personnes sont mortes ces dernières heures dans la bande de Gaza dans des attaques israéliennes. Dans le même temps, l’État sioniste a annoncé la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie occupée. Bezalel Smotrich, le ministre des Finances d’extrême droite raciste et suprémaciste, n’a pas caché qu’il s’agissait d’une étape en vue de l’annexion prochaine de ce territoire où quelque 500 000 Israéliens juifs vivent dans des colonies, créées en spoliant les habitants de leurs terres, au milieu de trois millions de Palestiniens. Selon des ONG de défense des droits humains et de lutte contre la colonisation, les faits accomplis sur le terrain n’ont jamais autant progressé que sous le gouvernement Netanyahou. Encore une fois massacres, colonisation et apartheid vont de pair.

Par 98 voix contre 51 les députés ont supprimé la disposition de la loi Climat et résilience qui créait des zones à faibles émissions (ZFE) dans les centres-villes. Initiées en 2019 pour limiter les émissions de particules fines émises par les automobiles les plus anciennes et les plus polluantes, ces zones, au nombre de 25, avaient comme inconvénient majeur de pénaliser en priorité les catégories les plus modestes de la population qui n’ont pas les moyens d’acheter des véhicules neufs ou moins polluants. Et, pour elles, rien n’était prévu. Le problème de la pollution de l’air est évidemment bien réel puisqu’on estime qu’elle à l’origine de près de 40 000 décès prématurés par an. Un début de solution serait de mettre à la disposition du public des systèmes de transport collectifs efficaces et gratuits. Ce qui inciterait beaucoup à ne pas prendre la voiture.

Le président de la République vient de faire savoir qu’il reprenait la main sur le dossier de la Kanaky après l’échec de Manuel Valls d’arriver à mettre d’accord les différentes communautés de l’archipel. L’Élysée a indiqué avoir invité l’ensemble des parties prenantes « à venir travailler à Paris à partir de la mi-juin, afin de clarifier les sujets économiques, politiques et institutionnels en vue de parvenir à un accord partagé sur l’avenir de l’archipel ». Le bla-bla habituel qui passe sous silence la question principale : celle de la reconnaissance du droit des Kanak à disposer d’eux-mêmes. Et pendant ce temps, la répression continue contre les militants indépendantistes dont des dizaines sont en prison et sept, dont leur leader Christian Tein, incarcérés en Métropole. Liberté pour la Kanaky, libération de tous les emprisonnés !

Les régions tropicales ont perdu l’an dernier 6,7 millions d’hectares de forêt primaire, une superficie équivalente à 18 terrains de football qui disparait chaque minute. Ce chiffre est en hausse de 80 % par rapport à 2023. C’est le plus haut depuis le début de la collecte des données en 2002 par l’observatoire de référence Global Forest Watch (Veille globale des forêts). Les forêts tropicales, les plus menacées, sont vitales pour la bio-diversité et leur capacité à absorber le carbone de l’air. Leur disparition est donc une catastrophe écologique due à des incendies, liés à la hausse globale des températures, mais aussi à une déforestation volontaire pour laisser place à des élevages de bovins et à la culture intensive du soja. C’est notamment le cas au Brésil qui a fait disparaître 2,8 millions d’hectares de forêts l’an dernier. La destruction de l’environnement continue de plus belle.