Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR, ne sait plus quoi inventer pour flatter sa clientèle électorale réactionnaire. Après avoir proposé de déporter à Saint-Pierre-et-Miquelon les personnes sous OQTF (obligation de quitter le territoire français), il s’en prend au RSA dont il veut limiter la durée à deux ans. Il a ainsi déclaré dans une interview au Parisien qu’un bénéficiaire du RSA, avec trois enfants, percevrait 2300 euros par mois, soit plus qu’un salarié gagnant 3000 euros brut à qui il reste 2200 euros après déduction des diverses charges. Or non seulement sa comparaison est absurde, mais ses chiffres sont faux. Un bénéficiaire du RSA avec trois enfants perçoit 1422 euros, selon les barèmes officiels de la CAF. Une fois de plus, un politicien n’hésite pas à mentir grossièrement pour s’en prendre aux sans-emploi sous prétexte de faire des économies. Ça ne lui viendrait évidemment pas à l’esprit de faire des économies sur les subventions distribuées généreusement à des patrons qui licencient l’année suivante sans les rembourser.

Friedrich Merz, leader de la droite allemande (CDU-CSU), a été investi chancelier après que son parti est arrivé en tête aux dernières élections. Ultraconservateur déclaré, il a toujours fait état de convictions antiféministes et transphobes. Il a également mené sa campagne électorale en se positionnant contre les migrants et les immigrés, allant jusqu’à voter au Parlement un texte avec le parti d’extrême droite AfD. Il prévoit de baisser les impôts sur les bénéfices des sociétés, une relance économique qui passe par des politiques favorables aux entreprises et maintient le fonds spécial de 500 milliards d’euros destiné à arroser le patronat. Il gouvernera dans le cadre d’une coalition avec le SPD social-démocrate du précédent chancelier, Olaf Scholz, sauf que cette fois, c’est le leader de la droite qui tient les rênes à la place de celui de la gauche… En Allemagne, la gauche et la droite ne prennent même plus la peine de se succéder, ils gouvernent ensemble, tous d’accord pour servir les capitalistes contre les travailleurs.

Amazon France a lancé les « festivités » pour son 25e anniversaire, à grand coup de promotions et de publicités. 25 ans d’exploitation acharnée et de salaires de misère ; 25 ans d’accidents, de blessés et de morts ; 25 ans de turn-over permanent et d’ouvriers usés en quelques mois ; 25 ans à ignorer les normes écologiques, le Code du travail et les impôts, appuyé sur une batterie d’avocats ; 25 ans de profits record surtout, 17 milliards de dollars rien qu’au premier trimestre, en hausse de 9 % par rapport à l’an dernier. Pour fêter ça et en guise de cadeau, préparons leur une belle mobilisation collective, grève et blocage en bonus !

… d’après le bulletin Amazon Bretigny

Amazon exerce une pression sur les tiers vendeurs pour les entreprises de livraison pour maintenir ses profits, et prépare ses clients à des prix plus élevés. La faute à qui ? Aux barrières douanières de Donald Trump, le nouveau meilleur ami du PDG d’Amazon, Andy Jassy, et de son principal actionnaire, Jeff Bezos. Ceux-ci ont même annoncé vouloir faire apparaître le coût des tarifs douaniers pour les clients. Mais voilà que la porte-parole du gouvernement Trump a promptement dénoncé un « acte politique et hostile ». Et hop, petit café entre Trump et Bezos, et le projet est retiré. Les salariés et clients paieront les augmentations, et basta ! Car guerre commerciale ou guerre tout court, ce ne sont jamais les généraux qui meurent, trop occupés à manger des petits fours.

… d’après le bulletin Amazon Bretigny

L’administration américaine va cesser d’alimenter la base de données de référence recensant les catastrophes climatiques aux États-Unis et leur coût. Cette décision est motivée « en raison de l’évolution des priorités, des mandats statutaires et des changements de personnel ». Depuis 1980 jusqu’en 2024, ce pays a subi, d’après cette base de données, 403 catastrophes climatiques d’un coût total de 2900 milliards de dollars (environ 2500 milliards d’euros). Mais pour Trump et ses partisans climato-sceptiques, à quoi bon s’intéresser aux catastrophes générées par la crise climatique, puisque celle-ci ne serait qu’une « fake news » ?

Sa ville natale, Chicago, aura donné plusieurs gloires avant lui : Barack Obama et… Al Capone. Un fidèle serviteur de l’impérialisme et un truand. Rien de bien recommandable pour ce numéro 14 nouvellement promu. Le Léon nouveau n’était pas le choix préféré de Trump : un peu court pour lui donner l’absolution. Mais quand même, son intronisation aura généré du positif : la fumée blanche est sortie au moment du discours de Macron, toujours ça de gagné !

Le 6 mai 2025, s’est tenue dans le Grand Théâtre de Tours la troisième édition tourangelle de la Nuit du Bien commun. Ce gala de charité etait organisé par l’association du patron milliardaire et mécène de l’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. À l’intérieur, un parterre bien choisi de personnalités des droites, catholiques intégristes et d’associations proches de ces dernières. Dehors, plus de 400 manifestantes et manifestants scandaient des slogans antifascistes ! La municipalité de gauche ferait mieux de répondre aux revendications des musiciennes et musiciens de l’orchestre symphonique de l’Opéra et de rétablir son budget plutôt que d’accueillir cette clique au service du capitalisme !

Le 8 mai 1945, des milliers d’Algériens manifestaient pour réclamer l’indépendance. En quelques jours, plus de 10 000 d’entre eux furent assassinés. La « France libre » du général de Gaulle, qui vantait la victoire de la « démocratie » sur l’Allemagne nazie, déchaîna une répression coloniale impitoyable, cautionnée par un gouvernement à participation socialiste et communiste. L’aviation a rasé plusieurs villages alors que le ministre de l’Air, Charles Tillon, était membre de la direction du PCF. L’Humanité dénonça à l’époque les manifestants algériens comme des « éléments fascistes ». L’impérialisme, même baptisé « démocratique », ça a toujours été la barbarie.

L’État est sur la sellette devant le tribunal de Paris pour sa responsabilité dans la mort de Nathalie Debaillie. En 2019, cette mère de famille avait été assassinée par son ex-compagnon, après avoir pourtant alerté vainement à plusieurs reprises la police sur les menaces de mort dont elle était l’objet. Enlevée sur son lieu de travail avec la complicité de trois hommes, elle avait été enfermée dans le coffre d’une fourgonnette avant d’être bâillonnée, ligotée puis séquestrée. Là, dans une baignoire, elle fut sauvagement égorgée au cutter. En mars de cette année-là, Nathalie avait porté plainte au commissariat de Lille pour menaces de mort réitérées. Accompagnée d’une amie, elle avait fait écouter aux policiers un enregistrement où des proches de son ex-compagnon lui confiaient qu’il recrutait des hommes de main et se procurait des armes pour s’en prendre à elle. Et que fit la police ? Rien. Un policier lui expliqua sans rire : « Rassurez-vous, c’est un escroc. Un escroc, ça ne passe pas à l’acte. Faites attention, mais bon, vous ne risquez pas grand-chose. » Peu après elle était assassinée. Encore une fois la parole d’une femme victime de harcèlement n’avait pas été prise en compte par la police.