Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Samedi, pour accompagner ses discours va-t-en-guerre, Macron a annoncé une grande refonte du « service national universel » (SNU) pour « les besoins de la nation ». Il exclut un retour du service militaire obligatoire à l’ancienne, mais compte bien trouver une nouvelle formule martiale pour essayer d’embrigader les jeunes et les faire rentrer dans le rang !

Les chefs de l’armée veulent nous préparer à la « guerre de haute intensité ». Comme en 1914-1918 ? Cette guerre a tué un soldat français sur cinq et en a blessé deux sur cinq. Seuls deux « poilus » sur cinq en sont sortis physiquement indemnes – mais combien traumatisés ? On ne reverrait plus une boucherie pareille au 21e siècle ? Pas si sûr. La guerre de tranchées fait son grand retour depuis trois ans en Ukraine… Sans oublier Gaza enseveli sous les bombes israéliennes.

L’expression « dividendes de la paix » revient dans la bouche de tous ceux qui veulent nous faire passer à la caisse pour payer la course aux armements. Mais qui en France a vu son patrimoine augmenter de 439 % entre 2009 et 2020 ? Les milliardaires ! Qui a vu sa richesse augmenter depuis les années 1980 jusqu’à atteindre 56 % du patrimoine total ? Les 10 % les plus riches. Les mêmes feraient demain encore plus de fric avec les « dividendes de la guerre », laissant aux classes populaires les morts et les blessés ? Pas question de les laisser faire !

Comment s’est terminée la guerre franco-allemande de 1870 ? Par le soulèvement révolutionnaire de la Commune de Paris en mars-mai 1871. La Première Guerre mondiale ? Par la révolution russe de 1917 et une vague de révoltes sur la planète. Et après la Seconde Guerre mondiale ? Les Alliés auraient bien eu du mal à contenir la colère populaire sans l’aide de Staline et des partis qu’il contrôlait, mais n’ont pas pu empêcher la révolte des peuples coloniaux. Voilà la leçon du passé : la révolution avant la guerre, ça nous coûtera moins cher !

… prépare la guerre », dit un dicton actuellement ressassé par nos dirigeants. L’histoire démontre à peu près le contraire. Toutes les grandes guerres (14-18 et 39-45 entre autres) ont été précédées d’une période de réarmement intense. La seule de ces courses aux armements qui n’ait pas débouché sur la guerre qu’elle prétendait empêcher, c’est la course à l’arme nucléaire de la guerre froide (1947-1991). Qui prépare la guerre peut bien vouloir la paix, il finit le plus souvent par faire… la guerre qu’il a préparée !

En six mois, près de 42 000 Koweïtiens ont été déchus de leur nationalité. Depuis l’arrivée sur le trône en décembre 2023 du nouvel émir, Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, les arrestations d’opposants se multiplient. Il y a quelques mois a été publié un amendement législatif autorisant la déchéance de nationalité pour « turpitude morale ou malhonnêteté », ou pour des actions visant à menacer la sécurité de l’État, y compris des critiques à l’égard de l’émir ou de figures religieuses. Cette mesure prend aussi à l’heure actuelle un caractère sexiste et xénophobe car elle vise des femmes, à savoir des étrangères qui ont épousé des Koweitiens. Ces dernières étaient devenues koweïtiennes par mariage (le pays ne reconnaissant pas la double nationalité) mais se retrouvent maintenant apatrides. Elles n’ont plus accès aux soins hospitaliers gratuits et ne peuvent plus renouveler l’inscription de leurs enfants à l’école publique. Idem pour des membres de tribus nomades considérés comme « hostiles ». Sans compter les 100 000 « bidouns », des malheureux qui n’ont jamais pu prouver leur nationalité et restent dans les limbes juridiques depuis plusieurs générations avec un statut qui n’est ni celui des citoyens, ni celui des étrangers en situation légale. Au nom de ce statut, ils sont privés des droits sociaux, politiques et économiques accordés au reste de la population. À ce rythme, on peut se demander combien des cinq millions de Koweitiens auront toujours leur nationalité d’ici quelques années…

Saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne, le tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine) a enjoint le préfet de la région Bretagne, représentant de l’État, de prendre des mesures, dans un délai de dix mois, pour lutter contre les échouages d’algues vertes sur le littoral breton, une pollution (parfois mortelle) due à l’utilisation intensive d’engrais azotés et aux déjections des élevages géants, notamment porcins. De l’enfumage. Car il y a des décennies que les associations écologistes locales tirent la sonnette d’alarme et les autorités ne bougent pas, peu désireuses de contrarier les capitalistes du secteur agro-alimentaire. Et il y a peu de chances que ce jugement change quoi que ce soit.

La France insoumise a retiré en catastrophe un visuel appelant à des manifestations contre l’extrême droite et ses idées le 22 mars. L’affiche en question reproduisait le visage de Cyril Hanouna, la vedette raciste et sexiste des médias Bolloré. Sauf que la photo avait été retouchée et qu’elle ressemblait fortement aux caricatures anti-juives qui apparaissaient, sous l’Occupation, par exemple dans des films allemands comme « Le Juif Süss » ou l’exposition vichyste « Le Juif et la France ». Hanouna, qui s’est d’origine juive tunisienne, a porté plainte. Le député insoumis Paul Vannier a reconnu « une erreur » en expliquant que le visuel avait été produit par l’intelligence artificielle et plus précisément avec « le logiciel Grok, celui d’Elon Musk ». Mais si l’IA a pu réaliser l’image, il a fallu qu’au départ quelqu’un qui choisisse le logiciel, entre des mots-clés puis vérifie le produit final avant de le publier sur les réseaux sociaux. Bien entendu la droite, l’extrême droite, et même une partie de la gauche, ont sauté sur l’occasion pour accuser LFI d’antisémitisme en attaquant dans le même temps ses prises de position en faveur du peuple palestinien. Un amalgame nauséabond facilité cependant par les dérapages de LFI qui donne une fois de plus à ses adversaires des verges pour se faire battre.

Après avoir présidé une réunion des chefs d’état-major de nombreux pays d’Europe et d’ailleurs, Macron brosse dans le sens du poil les marchands d’armes et le fait savoir. Se sont donc retrouvés dans les salons du palais présidentiel les représentants de Dassault, Safran, Thales, Naval Group, etc. Et tous de saliver sur les heureuses perspectives que leur offre le président de la République grâce à des subventions et des commandes accrues de l’État dans le cadre de la prétendue « économie de guerre ». Et pendant ce temps, les services publics essentiels (notamment ceux de l’éducation et de la santé) continuent de tirer la langue. Comme le disait une chanson anti-militariste du début du 20e siècle plus que jamais d’actualité : « Au lieu d’ach’ter tant d’aéros, donnez du pain au populo ! »