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Brèves

L’actualité en bref

« Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ». Cette phrase, tirée d’une pièce de théâtre à succès de l’époque nazie et qui fut reprise ensuite par Baldur von Schirach, le chef des jeunesses hitlériennes, revient aujourd’hui d’actualité. En effet à défaut d’arme de poing, le shérif de Washington sort décret sur décret contre la culture : interdiction de livres à l’école, de 200 mots dans le vocabulaire scientifique et des sciences sociales, suppressions de programmes de recherche, licenciements de chercheurs… Et il vient de décider de reprendre le contrôle des établissements dépendant de l’Institution Smithsonian, à savoir dix-neuf musées et neuf centres de recherche situés en majorité dans la capitale fédérale mais aussi à New York. Il les accuse de mener un « endoctrinement idéologique » subversif et racial. Parmi les musées visés : le Musée d’histoire naturelle, la Galerie nationale d’art, mais aussi le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaines. Désormais, il ne leur sera plus possible d’aborder des sujets comme l’esclavage, la ségrégation ou la lutte pour les droits civiques… La barbarie est de retour.

Un tremblement de terre exceptionnel, de magnitude 7,7, vient de frapper le pays mais aussi la Thaïlande et une partie de la Chine. Des centaines d’immeubles et de maisons se sont effondrés, les routes ont été rendues impraticables, l’eau et l’électricité souvent coupées. Le bilan provisoire est actuellement de plus de 1 700 morts et 3 500 blessés, sans compter des milliers de disparus. Cette catastrophe survient dans un pays très pauvre, aux moyens de secours notoirement insuffisants et, de plus, en proie à une guerre civile, qui depuis février 2021, oppose la junte militaire au pouvoir à des groupes armés de l’opposition. S’il est impossible d’empêcher les catastrophes naturelles, leur bilan en pertes de vies humaines est démultiplié dans des pays appauvris par une exploitation éhontée par le colonialisme d’abord, puis par l’impérialisme, et dirigés par des dictatures féroces.  

 

Le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, va quitter ses fonctions le 14 avril prochain pour aller pantoufler à la Société générale. C’est la banque qui a annoncé la nouvelle en précisant que le bras droit de Macron rejoindra le groupe bancaire en tant que directeur général adjoint et membre du comité exécutif. Il amènera bien entendu avec lui son précieux carnet d’adresses et ses réseaux. Kohler fait, en quelque sorte, le chemin inverse de Macron qui était passé de la banque Rothschild à la présidence. Un nouvel exemple des relations symbiotiques entre le grand capital et le pouvoir.

Une marche de solidarité avec la Palestine est organisée aujourd’hui à Paris avec départ à 14 heures de la gare de l’Est. Elle vise à commémorer « La Journée de la terre » en souvenir de grandes manifestations et des grèves qui eurent lieu le 30 mars 1976, d’abord en Galilée puis dans le Néguev parmi les Arabes israéliens, et ensuite à Gaza et en Cisjordanie, pour protester contre la confiscation de 2 500 hectares de terres arabes au profit de la colonisation sioniste. L’armée intervint contre les manifestants et la répression se solda par six morts, une centaine de blessés et des centaines d’arrestations. Depuis, ce jour est célébré comme un symbole de la lutte des Palestiniens pour leurs droits. Une lutte qui se poursuit aujourd’hui malgré les bombes et la répression.

Alors que Bayrou et son gouvernement sont bien décidés à mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale l’interdiction du voile islamique pour les sportives, Mediapart vient de révéler le contenu d’un rapport officiel réalisé par les services du ministère de l’Intérieur en 2022 et qui démontre qu’il n’y a pas de phénomène de radicalisation dans le sport. Ce travail détaillé, fourni par l’Institut des Hautes études du ministère de l’Intérieur, a mobilisé une dizaine de chercheurs, qui ont croisé des données fournies par les services de renseignement et plus d’une centaine d’entretiens menés auprès de 32 fédérations sportives. Sa conclusion : il n’existe pas de « phénomène structurel, ni même significatif de radicalisation ou de communautarisme dans le sport ». En tout et pour tout, 62 structures seraient concernées sur les plus de 360 000 associations composant le tissu sportif, soit 0,02 % du total. Un épiphénomène qui bat en brèche les postures islamophobes des Retailleau, Darmanin, Ciotti, Valls et autres Le Pen. Ce qui ne les empêche pas de continuer leur campagne contre les sportives voilées.

Depuis le 18 mars, l’armée israélienne a rompu la trêve et repris ses raids sur Gaza. À l’heure actuelle le bilan est de 830 morts et plusieurs milliers de blessés parmi la population gazaouie. Quant au bilan total depuis le début de la guerre il s’élève à plus de 50 000 morts, à 70 % des civils, près de 10 000 disparus et 113 000 blessés. Il faut ajouter la famine, le manque d’eau et d’électricité et la destruction des structures médicales. Et certains font mine de s’interroger pour savoir s’il s’agit « vraiment » d’un génocide. La réponse est cent fois oui.

L’information est passée largement inaperçue mais le sommet international « Nutrition for Growth » (Alimentation pour la croissance) s’est déroulé à Paris les 27 et 28 mars. À l’ordre du jour : la malnutrition qui touche environ 3 milliards de personnes dans le monde, avec des impacts particulièrement sévères sur les enfants et les personnes âgées. À cette occasion l’ONG Action contre la faim a rappelé qu’un enfant meurt de faim toutes les 11 secondes. Et que font les dirigeants de la planète face à cette hécatombe ? Pas grand chose ! Ils comptent surtout sur les bénévoles et les « généreux donateurs » privés pour régler la question. D’ici 2030 le Fonds d’alimentation pour l’enfant (Child nutrition fund) espère collecter 2 milliards de dollars (1,85 milliard d’euros) pour répondre aux besoins urgents des femmes et des enfants vulnérables. Une goutte d’eau lorsque l’on sait que depuis le début de la guerre, l’Ukraine a reçu plus de 276 milliards d’euros d’aides militaires, financières et autres des Occidentaux. À chacun ses priorités.

 

Le tribunal correctionnel de Dar El Beida a condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars (3 470 euros) l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal (75 ans), détenu depuis novembre 2024. Il a été reconnu coupable d’atteinte à l’intégrité du territoire algérien pour avoir repris à son compte, dans la revue d’extrême droite Frontières, la position du Maroc sur l’appartenance d’une partie de l’Ouest algérien au royaume chérifien. Nous ne partageons en rien les positions et les opinions de Sansal qui est devenu, au cours des années, l’Arabe utile d’une partie de la droite et de l’extrême droite dont il cautionne les postures anti-islam et anti-migrants. Et ce n’est donc pas étonnant que Macron, Bayrou, Retailleau, Attal et Le Pen aient volé à son secours. Mais condamner un écrivain pour ses idées n’est pas acceptable. C’est cependant devenu une pratique courante du régime du président algérien Tebboune, qui fait déjà croupir plus de 215 prisonniers d’opinion dans ses geôles.

Emilio Meslet, journaliste à L’Humanité a été interdit de couvrir la pseudo « Conférence internationale contre l’antisémitisme » qui s’est tenue à Jérusalem les 26 et 27 mars, un évènement auquel avaient été invitées nombre de figures de l’extrême droite européenne dont Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen. Le retrait de son accréditation lui avait été annoncé sans explication au dernier moment, juste avant son départ pour Israël. Rien de très étonnant dans tout cela puisque Netanyahou s’attaque systématiquement aux médias qui critiquent sa politique, comme le quotidien israélien de centre-gauche Haaretz et la chaîne de télévision locale Channel 12 qui sont devenues les bêtes noires de son gouvernement.