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Brèves

L’actualité en bref

Le 27 février dernier le tribunal administratif avait mis un coup d’arrêt à la construction de l’autoroute A69 qui devrait relier Toulouse (Haute-Garonne) à Castres (Tarn). Un chantier contesté depuis le début par nombre de riverains et d’associations écologistes et qui a déjà causé des dégâts irréparables. Le jugement n’avait rien de surprenant puisque depuis des années la justice a mis en cause l’utilité de cette future autoroute et souligné qu’il y avait aucune raison impérative d’intérêt public majeur justifiant les atteintes à l’environnement occasionnées par le chantier. Ce qui n’empêche pas l’État de faire de nouveau appel à cette décision en volant au secours des bétonneurs.

La mortalité infantile en France a connu une stagnation préoccupante ces dernières années, entraînant une chute significative dans le classement européen. En 2022, le taux de mortalité infantile était de 4,5 ‰ chez les garçons et 3,7 ‰ chez les filles, plaçant la France au 23e rang sur 27 États de l’Union européenne, alors qu’en 1990 elle était en tête du classement. Ce taux est supérieur à la moyenne européenne, qui est de 3,5 ‰ pour les garçons et 3,0 ‰ pour les filles. Par exemple, la Suède affiche un taux de mortalité infantile de 2,5 ‰, presque deux fois inférieur à celui de la France. Une douzaine de pays européens ont des taux inférieurs à 3 ‰. Les causes de cette situation dramatique : la difficulté d’accès aux soins pour nombre de femmes, la détérioration de la qualité de la prise en charge hospitalière et la détérioration des conditions de vie de nombreuses familles. Tout ça à mettre sur le compte de la politique des gouvernants.

Le géant de la sidérurgie ArcelorMittal vient d’être mis en examen par le parquet de Marseille pour avoir exposé la population de la région de Fos-sur-Mer à des rejets de polluants illégaux, dont certains sont cancérogènes. Cette décision fait suite à plus de vingt ans de lutte des riverains de son aciérie locale. En 2022, par exemple, l’usine a connu 240 jours de pollution atmosphérique excessive, représentant les deux tiers de l’année. Outre ces rejets illégaux, ArcelorMittal est accusé d’avoir manipulé les résultats de ses contrôles pour minimiser les quantités de polluants rejetés, les anomalies constatées par les techniciens étaient minimisées sous pression hiérarchique. L’usine a été perquisitionnée. Mais il y a de fortes chances que, comme tous les patrons pollueurs, l’aciériste s’en tire avec une simple amende. Bref une tape sur les doigts.

Jeudi dernier était organisé au Centre ambulatoire de santé mentale un job dating pour « explorer toutes les pistes pour attirer des talents » selon les mots mêmes de l’organisatrice. Une centaine d’entretiens ont été menés pour répondre aux 60 postes vacants sur les plus de 120 structures de soins dépendant du CHAI. Croit-on sérieusement qu’il suffirait « porter un autre regard sur la psychiatrie » ? Ou bien la dégradation des conditions de travail des collègues et d’accueil des patients depuis des années explique-t-elle le nombre de postes vacants ? Si nos métiers veulent être « attractifs », comme on dit dans les hautes sphères, il faudrait commencer par augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail. Bref, nous écouter.

… d’après le bulletin CHAI Saint-Égrève

Sur les hébergements d’urgence migrants de Moselle on ne compte plus les descentes, expulsions, assignations à résidence, contrôles aux faciès, tant ceux-ci se sont généralisés ces derniers mois. Même sur les gros centres où les interventions étaient compliquées par la solidarité, les services de police se sentent pousser des ailes. La police aux frontières (PAF) vient désormais chercher directement les familles pour les amener dans l’avion. Et la police nationale fait du zèle : elle se poste, tôt le matin et tard le soir, devant les foyers pour contrôler au faciès et organiser la rétention des travailleurs et travailleuses sans-papiers. Dans ce climat, seules l’intensification des solidarités entre les travailleurs et la mobilisation du secteur peuvent mettre un coup d’arrêt aux velléités policières et aux politiques racistes.

… d’après le bulletin Secteur social Metz

Primark est un magasin de vêtements hard-discount installé à Mulhouse depuis deux ans.
Samedi 22 mars, sous la bannière de la CGT, une vingtaine de salariés sur 70 embauchés, principalement des jeunes femmes, ont cessé le travail durant trois heures. Elles se tenaient à l’entrée du magasin, avec tracts, banderole, (« non à l’esclavagisme ! »), sono et drapeaux, dans une chaude ambiance, pour dénoncer le management toxique qui y règne : « Pressions constantes, harcèlement moral, climat de peur et d’intimidation permanent. » « Retenues de paie illégales, heures supplémentaires non ou mal payées. » décrivent leur tract.

Elles ont pu interpeler directement le directeur, qui se tenait à quelques mètres pendant le débrayage, accompagné d’un huissier : « Peut-être trouvez-vous qu’on n’est pas nombreux, mais ce n’est qu’un début ! Nous ne nous laisserons pas faire, nous reviendrons, et nous gagnerons ! »

Depuis plusieurs jours des manifestations de grande ampleur se déroulent dans le pays pour réclamer la libération d’Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan. Elles ont gagné les deux tiers des provinces et provoqué des centaines d’arrestations. La plus importante a eu lieu à Istanbul où, malgré le blocage des ponts et de certaines avenues pour empêcher les gens de manifester, le rassemblement a regroupé 300 000 personnes. « Ne te tais pas sinon ce sera bientôt ton tour ! », ont scandé les manifestants, brandissant des pancartes « N’ayez pas peur, le peuple est là » et « Droit, loi, justice ». Plusieurs incidents ont éclaté entre manifestants et policiers, durant lesquels ces derniers ont fait usage d’importantes quantités de gaz lacrymogène et de canons à eau, notamment à Izmir et à Ankara. Ce sont les plus importantes manifestations en Turquie depuis 2013.

Après avoir fait voler en éclats la trêve conclue avec le Hamas à Gaza, Israël menace de faire de même avec celle signée le 27 novembre dernier pour mettre fin à deux mois de guerre ouverte entre l’État sioniste et le Hezbollah, retranché au Liban. L’armée israélienne a lancé plusieurs dizaines de frappes en territoire libanais tout en continuant d’occuper cinq positions dans le sud du pays qu’elle aurait dû évacuer depuis longtemps. Dans le même temps elle poursuit l’annexion complète du plateau syrien du Golan, et continue d’évacuer de forces des camps de réfugiés palestiniens en Cisjordanie en laissant ses colons commettre des exactions quotidiennes. Quant aux Gazouis, ils continuent à mourir sous les bombes et le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, n’a pas caché la volonté d’Israël d’annexer purement et simplement une partie de ce territoire palestinien en en chassant les habitants. Une politique guerrière, colonialiste, xénophobe et annexionniste mise en œuvre avec le plein soutien de l’impérialisme américain et qui ne peut conduire qu’à de nouvelles guerres et de nouveaux massacres.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, juge que désormais l’antisémitisme est « résiduel » à l’extrême droite et qu’il a désormais muté vers l’extrême gauche. Il profite de l’occasion pour clouer au pilori les anti-sionistes et ceux qui soutiennent la cause palestinienne, qui seraient tous et toutes peu ou prou antisémites. Malheureusement pour lui, une étude publiée en juin dernier par la Commission consultative des droits de l’homme donne une image un peu différente de la réalité. Si elle confirme bien l’existence de « l’antisémitisme à la gauche de la gauche et notamment chez les proches des Insoumis, et des écologistes », elle précise cependant que cet antisémitisme est « sans comparaison avec celui observé à l’extrême droite et chez les proches du Rassemblement national ». Le positionnement politique « des antisémites ainsi définis continue à battre des records à droite et plus particulièrement à l’extrême droite ». Donc c’est tout sauf « résiduel ». Ce qui n’empêche évidemment pas de combattre aussi avec véhémence l’antisémitisme lorsqu’il se manifeste, malheureusement, chez des gens qui se disent de gauche.