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Brèves

L’actualité en bref

Pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plus de 50 000 personnes ont défilé à Paris, 4 000 à Nantes, plus de 6 000 à Marseille, entre 10 et 15 000 à Lyon… pour dénoncer les féminicides, les violences sexistes et sexuelles, défendre les droits menacés des personnes trans, exprimer leur colère légitime contre la montée de régimes réactionnaires et autoritaires en Europe et partout dans le monde. Des manifestants de tout âge dénonçaient la montée des extrêmes droites, les massacres en Palestine, les atteintes aux droits des femmes de l’Argentine de Milei à la Hongrie d’Orbán, des États-Unis de Trump à la France de Macron.

Un petit air de printemps politique… qui donne envie de continuer de se mobiliser, toutes et tous ensemble, contre ce monde d’oppression et d’exploitation !

Un homme a escaladé samedi la célèbre tour Élisabeth de Londres (plus connue sous le nom de Big Ben), en brandissant un drapeau palestinien et un keffieh. Alors qu’il avait été repéré par la police dès le matin, il se trouvait toujours en place en début d’après-midi. Big Ben surplombant le Palais de Westminster, où siège le Parlement britannique, le quartier a été bouclé provoquant d’importants embouteillages. L’homme, dont l’exploit s’est répandu sur les réseaux sociaux, a déclaré qu’il entendait non seulement soutenir le peuple palestinien mais aussi protester contre les arrestations brutales dont font l’objet celles et ceux qui participent pacifiquement à des actions de solidarité. Il a notamment mentionné le cas des « 18 de Filton », des activistes du groupe Action Palestine, incarcérés et en détention provisoire dans l’attente de leur procès pour s’être introduits en août dernier dans les locaux de la société Elbit System à Filton, près de Bristol, affirmant qu’elle fournissait des armes à Israël… avec l’approbation bien sûr du gouvernement britannique.

À l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes, Le HuffPost a eu l’idée de rechercher quand était apparu le mot « féministe » dans notre vocabulaire. Il semble qu’il ait été utilisé pour la première fois en 1872 sous la plume d’Alexandre Dumas fils. Il l’emploie comme une insulte pour stigmatiser les hommes qui soutiennent le mouvement des suffragettes qui luttait pour que les femmes aient le droit de vote. Selon l’écrivain, très misogyne, les hommes en question ne pouvaient être que « féminisés ». Bref, pas de vrais « mecs » ! Dix ans plus tard, la journaliste Hubertine Auclert est la première à réemployer le terme « féministe » dans ses articles. Mais, cette fois-ci, il définit celles et ceux qui luttent pour améliorer la place des femmes dans la société. Et, en quelques années, les termes « féminisme » et « féministe » s’exportent pour être repris partout dans le monde. Aujourd’hui ils dérangent encore les machistes et sexistes de tout poil, et parfois même leur font peur. Ce qui est une bonne chose.

Dans un rapport publié à l’occasion de la 109e édition de la Journée internationale des droits des femmes, l’ONG Oxfam pointe « le retard pris par la France » dans pratiquement tous les domaines des droits des femmes. Et de rappeler qu’Emmanuel Macron avait érigé l’égalité femmes-hommes au rang de « grande cause nationale » de son quinquennat, le 25 novembre 2017 au palais de l’Élysée. Une promesse qu’il avait réitérée en 2022 au début de son second mandat. Et depuis : rien. Comme l’avait noté en janvier dernier la Cour des comptes, la politique macroniste en ce domaine peinait à produire des « effets probants ». Ou, dit moins diplomatiquement, elle n’avait eu pratiquement aucun effet. Mais c’est un domaine, comme beaucoup d’autres, où les promesses de Macron ne trompent plus grand nombre.

La cour d’appel a condamné l’entreprise Toray, spécialiste de la fibre carbone dont l’usine se trouve à Abidos, non loin de Pau, à réintégrer Timothée Esprit, un militant cégétiste, membre de la direction fédérale de la CGT chimie, auquel elle reprochait son engagement en faveur du peuple palestinien. Il avait été licencié en mai 2024 pour avoir partagé sur sa page Facebook une photo de soutien à la Palestine sur laquelle on pouvait voir des hommes armés. La cour a ordonné sa réintégration, soulignant que l’entreprise avait violé les protections légales dont bénéficient les représentants du personnel n’ayant pas obtenu l’autorisation préalable de l’inspection du travail pour procéder à son licenciement. Une petite victoire contre les pressions de toutes sortes auxquelles sont soumis nombre de militants syndicaux qui soutiennent les Gazaouis.

À l’appel de la CFDT, une centaine de salariés de Carrefour, venant de magasins répartis dans tout le pays, se sont rassemblés devant le tribunal judiciaire d’Évry (Essone) pour soutenir une action en justice contre la mise en location-gérance de 39 nouveaux magasins par la direction du groupe. 4 300 emplois sont en jeu. Ce système de location-gérance permet à Carrefour de transférer les contrats de travail à un employeur locataire-gérant, tout en conservant les actifs des murs et du fonds de commerce. Depuis 2018, 344 magasins (95 hypers et 249 supers) et leurs 27 000 salariés ont été ainsi externalisés. Selon Erwan Le Roux, délégué syndical interviewé dans L’Humanité : « Ce système est un plan social déguisé. Les salariés perdent énormément d’avantages sociaux lorsqu’un magasin passe en location-gérance. Nous avons calculé qu’ils perdent 2 500 euros à l’année entre les primes de vacances, les intéressements, l’augmentation de la mutuelle… » Il faut ajouter les suppressions d’emplois et l’intensification du travail, les locataires-gérants voulant rentabiliser à tout prix leur investissement sur le dos des salariés. Bref, un sale coup pour le personnel concocté par Alexandre Bompard, le PDG du groupe.

Derrière le slogan « Stand up for science » (Levez-vous pour la science), des rassemblements et manifestations divers ont eu lieu dans des universités et centres de recherche, dans 32 villes des États-Unis. Un mouvement soutenu dans de nombreux pays, dont en France, par des universitaires, du personnel de la recherche et des scientifiques. Son but est de mobiliser contre l’administration Trump qui veut licencier de très nombreux chercheurs et chercheuses des agences fédérales, notamment celles dédiées à la santé ou à l’environnement, effectuer des coupes budgétaires dans les organismes scientifiques et effacer des bases de données, notamment sur le climat, le genre, les vaccins… C’est le sénateur républicain Ted Cruz, un des acolytes de Trump, qui est à la manœuvre. Il a publié une liste de 3 400 projets d’études accusés de « promotion de la diversité », de « propagande néomarxiste » et de « wokisme » qu’il souhaite supprimer. Une politique qui ne peut étonner venant de la part de politiciens dont beaucoup de partisans sont persuadés que la terre est plate, que le monde a été créé en six jours, que le soleil tourne autour de notre planète, que la théorie de l’évolution de Darwin est inspirée par le diable et que le réchauffement climatique est une invention de Pékin. L’obscurantisme au pouvoir…

Après Bernard Arnault, le PDG de LVMH, c’est au tour d’un autre milliardaire, le franco-libanais Rodolphe Saadé, d’être reçu par Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. PDG de CMA CGM, troisième transporteur mondial par containers, il a annoncé un investissement massif de 20 milliards de dollars aux États-Unis dans des infrastructures et des terminaux logistiques pour le transport maritime avec, parait-il, la création de 10 000 emplois à la clé. Ce qui lui a valu les chaudes félicitations du président américain. Autant dire qu’il y a peu de chances que les stations radio et TV que Saadé contrôle (BFMTV et RMC, I24 News) mais aussi les quotidiens comme La Provence, Corse Matin ou La Tribune soient très critiques de Washington à l’avenir. Le fric d’abord…

Les éditions de Futuropolis viennent de publier une bande dessinée écrite par le journaliste David Servenay et illustrée par Jacques Raynal. Elle revient sur l’enlèvement à Paris, puis l’assassinat, de Mehydi Ben Barka, à l’époque principal opposant au roi du Maroc Hassan II. Arrêté le 29 octobre 1965 par des policiers français devant la brasserie Lipp, dans le sixième arrondissement, on ne le reverra jamais plus. Selon toute probabilité, il fut livré aux services secrets marocains, puis torturé et exécuté. Son corps ne fut jamais retrouvé. Très tôt les juges d’instruction se heurtèrent à de nombreux blocages, venant tant des gouvernements français successifs que des autorités marocaines qui refusèrent toujours d’exécuter les mandats d’arrêt à l’encontre de leurs agents secrets impliqués dans l’affaire. Un scandale d’État qui lève un coin du voile sur les liens qui unissaient des policiers des deux pays, des truands et des personnalités du palais royal chérifien. Un joli panier de crabes.