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Brèves

L’actualité en bref

Un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a été refoulé à l’aéroport de Houston, au Texas, alors qu’il se rendait à une conférence sur l’espace. Il a subi un contrôle aléatoire à son arrivée, au cours duquel son ordinateur professionnel et son téléphone personnel ont été fouillés par le FBI qui aurait découvert des échanges avec des proches et des collègues très critiques de la politique de Trump à l’égard de la science. Ce qui n’est guère étonnant. Mais, selon les autorités américaines, ces messages « traduisent une haine envers Trump et peuvent être qualifiés de terrorisme ». D’où l’expulsion du scientifique du territoire américain. Bientôt va-t-on risquer la chaise électrique si on affirme que Trump est un crétin, inculte et mégalomane ?

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a déposé un nouveau recours pour réclamer la nullité du réquisitoire du parquet national financier de Paris exigeant qu’elle soit jugée pour corruption et trafic d’influence, au côté de l’ex-patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Un dossier judiciaire instruit depuis 2019 dans laquelle la ministre est soupçonnée, d’avoir perçu « en toute confidentialité, voire en toute opacité », 900 000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil inexistantes payées par une filiale de Renault-Nissan. Depuis des années, Dati a tenté, à plusieurs reprises, de faire annuler ces poursuites. Jusqu’ici sans succès, les éléments à charge étant accablants.

Les ministres de l’Économie et de l’Armée, Éric Lombard et Sébastien Lecornu, viennent d’avoir une nouvelle réunion à Bercy, avec des représentants des entreprises du complexe militaro-industriel et différents financeurs – banques, fonds d’investissement, assureurs, Caisse des dépôts, BPI France – pour dialoguer sur la meilleure manière de financer l’effort de guerre dont Macron nous rebat les oreilles. Une piste qui s’impose de plus en plus : s’attaquer, d’une façon ou d’une autre, aux 6 400 milliards d’euros qui se trouvent sur les livrets d’épargne, les assurances-vie et autres placements. En créant un nouveau fonds dédié et en forçant un peu la main, si besoin est, des titulaires de ces comptes. Une espèce de hold-up au nom, bien sûr, du « patriotisme ». Pas un sou pour la guerre !

Le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants du Conseil de l’Europe alerte sur la situation déplorable des prisons, centres de rétention administrative et locaux des forces de l’ordre en Guadeloupe et en Guyane. Les membres de ce Comité ont constaté de nombreux dysfonctionnements et se disent « préoccupés » par la surpopulation et la violence en prison, ainsi que par les conditions matérielles de détention. Ils regrettent également l’insuffisance de structures de soins psychiatriques adaptées aux besoins des patients hospitalisés sans consentement. Des conditions encore pires qu’en Métropole, ce qui ne peut étonner dans des territoires d’outre-mer traités comme des colonies.

Le collectif Restitution Afrique, composé de onze ONG actives au Ghana, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée, a porté plainte contre le milliardaire d’extrême droite et patron de presse Vincent Bolloré, devant le parquet national financier. Et de dénoncer les « liens étroits et assumés avec les élites politiques et économiques » de ces pays africains entretenus par le groupe Bolloré, ce qui aurait donné lieu à des faveurs et des pots-de-vin afin de s’enrichir sur le dos des populations locales. Bolloré avait notamment bâti sa fortune en obtenant dans cette région la concession d’une quinzaine de ports stratégiques qui employaient plus de 20 000 personnes dans une vingtaine de pays. Il finançait les campagnes électorales des dirigeants locaux, nommait des responsables politiques à la tête de ses filiales et se voyait attribuer des contrats publics sans appel d’offres. Le groupe a cessé ses activités en Afrique en 2022 mais Restitution Afrique lui demande de rembourser tout l’argent qu’il a volé. Vaste programme…

Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principale figure d’opposition au président turc Recep Tayyip Erdoğan, a été interpellé à son domicile. Il est accusé de « soutien à une organisation terroriste », selon le ministre de la Justice mais également de « corruption et d’extorsion ». Il est en outre désigné comme le chef d’une « organisation criminelle à but lucratif ». Plusieurs dizaines de ses collaborateurs, d’élus et de membres de son parti, le Parti républicain du peuple, sont également sous le coup de mandats d’arrêt. Cerise sur le gâteau, İmamoğlu s’est vu retirer son diplôme universitaire, ce qui lui interdit de se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en 2028. Erdoğan, dont la popularité est en berne du fait de la situation économique, fait le ménage à l’avance pour être sûr d’être réélu dans trois ans.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer vient d’annoncer des coupes importantes dans les aides pour les personnes en situation de handicap. Les mesures annoncées visent à économiser 5 milliards de livres (un peu moins de 6 milliards d’euros) afin de contribuer au financement de la politique de réarmement « face à la menace russe ». La suppression de cette allocation – destinée aux handicapés et supposée couvrir les coûts liés à leur état – va toucher 3,6 millions de personnes. Une députée travailliste, opposée à cette mesure, a accusé le gouvernement d’« équilibrer les comptes sur le dos des personnes malades et handicapées ». Bien vu. Que ce soit la droite au gouvernement, comme ici avec Bayrou, ou la gauche comme outre-Manche, ces politiciens ont la même démarche : faire payer aux plus modestes la politique de réarmement et les cadeaux aux industriels qui vont avec.

La direction statistique des ministères sociaux (Drees) vient de publier une étude sur le temps d’attente moyen passé aux urgences par des patients. Et, sans surprise, il ne cesse d’augmenter faute de moyens adéquats. En 2013 cette attente était de 2 heures 15 et elle est passée à 3 heures dix ans plus tard. Le calcul a été réalisé à partir de l’étude d’une journée ordinaire dans les 719 services d’urgences en Métropole rapportée à une journée ordinaire en 2013. Vu la politique actuelle du gouvernement dans le domaine de la santé, la situation va sans doute empirer dans les années qui viennent.

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a dénoncé « la méthode » du Premier ministre qui a déclaré qu’il était hors de question de revenir à la retraite à 62 ans. Et elle réclame « des nouvelles règles et des nouveaux sujets » de discussions entre les partenaires sociaux. Sinon son organisation quittera « le conclave », comme l’a déjà fait FO dès le départ et vient de le faire la CGT. Mais de là à travailler à une mobilisation générale de la classe ouvrière contre la réforme des retraites il y a un pas de géant qu’aucune des confédérations syndicales ne veut franchir. Pourtant il n’y a pas d’autre voie pour abolir cette réforme.