Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La victoire de Donald Trump, élu président des États-Unis, se traduira par la poursuite des attaques contre les classes populaires dont le pouvoir d’achat a déjà été miné par l’inflation. Le racisme et le sexisme décomplexé de sa campagne annoncent des agressions contre les femmes et les travailleurs migrants et, au-delà, contre tous les travailleurs. Les Démocrates, au pouvoir pendant quatre ans, n’ont rien fait pour aider le monde du travail. Ils ont soutenu le génocide à Gaza. Leur défaite n’est pas celle des travailleurs. L’avenir, aux États-Unis comme ailleurs, se jouera par la lutte de classe.

Une étudiante d’une université de Téhéran, harcelée et exaspérée par des vigiles affiliés aux gardiens de la révolution, s’est déshabillée et déplacée en sous-vêtements dans la rue avant d’être arrêtée. Elle aurait été placée en hôpital psychiatrique, mais on ne connaît pas son sort avec certitude pour le moment. Cet internement montre une fois de plus le caractère répressif et odieusement sexiste du régime des ayatollahs. Nous devons apporter notre solidarité à cette étudiante comme à toutes les femmes iraniennes qui luttent pour leurs droits. Mais cette solidarité n’a rien à voir avec l’indignation hypocrite des médias et des politiciens qui ne s’intéressent au sort des femmes que lorsqu’elles vivent dans des États musulmans en conflit avec l’impérialisme occidental. On ne les entend jamais protester de la même façon sur la condition des femmes d’Arabie saoudite, dont le roi a été reçu en grande pompe par Macron. Et encore moins sur celui des femmes de Gaza qui luttent sous les bombes pour tenter de sauver leurs enfants…

La direction de Michelin a annoncé la fermeture, avant 2026, de ses sites de Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan), mettant en avant l’effondrement des ventes des pneus pour camions et camionnettes. Plus de 1 200 salariés sont concernés par ces suppressions d’emplois. Le président du groupe de pneumatiques a promis de ne laisser « personne au bord du chemin ». On n’a plus qu’à le croire sur parole ! De son côté Michel Barnier a fait mine de se fâcher : « J’ai le souci de savoir ce qu’on a fait dans ces groupes de l’argent public qu’on leur a donné. Je veux le savoir. » Il connait la réponse : l’argent a abouti dans la poche des actionnaires. Mais l’État n’a pas l’intention d’intervenir pour contrarier la rentabilité de Michelin. Les ouvriers de Michelin ont commencé à se mettre en grève. Une lutte dont l’objectif devrait être de coordonner l’action des travailleurs de toutes les entreprises qui licencient, avec pour exigence le partage du travail entre toutes et tous sans réduction de salaire.

C’est en fait 2 400 emplois (au lieu des 2 000 supposés à l’origine) qui vont être supprimés dans le groupe de distribution Auchan dans les mois qui viennent. Trois hypermarchés sont concernés, respectivement situés à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), à Woippy (Moselle) et à Bar-le-Duc (Meuse), un supermarché à Aurillac et six magasins d’ultra-proximité. Le patron du distributeur, Guillaume Darasse, a eu le culot de déclarer à plusieurs médias que « la baisse des coûts est un moyen, pas une finalité ». En résumé les dégraissages prévus sont un moyen d’augmenter les bénéfices, d’engraisser les actionnaires et de mettre du beurre dans les épinards de la richissime famille Mulliez, propriétaire (entre autres) d’Auchan. Une logique que doivent combattre les travailleurs en s’opposant à tous les licenciements.

Une quarantaine de militants pro-palestiniens du collectif Stop génocide ont occupé pendant une heure le hall du siège parisien la Fédération française de football à Paris pour demander l’annulation du match France-Israël, prévu le 14 novembre 2024 au Stade de France. Ils ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Non au match France-Israël », « Ligue des champions du génocide », et d’autres demandant à la Fifa, la fédération internationale, de bannir Israël. Deux délégués du collectif devaient être reçus plus tard par un dirigeant fédéral. En septembre déjà, la rencontre à domicile de la Belgique contre Israël en Ligue des nations avait été délocalisée dans la ville hongroise de Debrecen et s’était jouée à huis clos, après le refus de plusieurs villes belges d’accueillir cette rencontre, craignant des débordements. Le 10 octobre enfin, lors de la troisième journée de la Ligue des nations, le match aller Israël-France avait également été délocalisé en Hongrie, à Budapest. On peut bien sûr regretter que les footballeurs israéliens paient la politique de leur gouvernement, mais, d’un autre côté, continuer à jouer au foot comme si de rien n’était alors qu’un génocide se commet à Gaza ne peut provoquer que la colère et l’indignation.

Benyamin Netanyahou a décidé de limoger le ministre de la Défense, Yoav Gallant, et de le remplacer par un de ses fidèles, Israël Katz. Cependant, cette annonce n’est pas vraiment une surprise. Cela fait des mois que des divergences sur la façon de mener la guerre à Gaza avaient fait surface. S’ils sont aussi bellicistes l’un que l’autre, Gallant, militaire de formation, a dit et répété que la question de Gaza ne pourrait se régler uniquement par la force et qu’il faudrait trouver une solution politique. Une idée dont ne veut pas entendre parler Netanyahou dont les partisans prônent une annexion pure et simple du territoire gazaoui à Israël. Mais la position de Gallant était plus en phase avec celle de Washington. D’où la possibilité de le voir devenir, aux yeux de l’impérialisme américain, une carte de rechange à Netanyahou. En le limogeant, le Premier ministre israélien se positionne comme incontournable dans tout règlement. Pour combien de temps ?

C’est aujourd’hui que s’ouvre, au Palais des expositions des Pins maritimes de la capitale algérienne, le 27e Salon international du livre. Et si un des thèmes retenus est « L’histoire et la mémoire », les organisateurs semblent avoir une idée approximative de l’histoire et la mémoire sélective. En effet, ils ont annulé sans explication leur invitation aux éditions Gallimard. Il ne faut pas être grand clerc pour voir que cette mesure est directement liée au fait que la maison d’édition parisienne a publié en août dernier un roman de l’auteur franco-algérien Kamel Daoud qui vient d’obtenir le prix Goncourt. L’ouvrage en question, Houris, raconte la « décennie noire » des années 1990 pendant laquelle le pays fut en proie à une guerre civile qui opposa les forces de l’ordre aux islamistes et qui fit 200 000 morts, principalement des civils. Mais, à travers des lois dites d’amnistie, les autorités ont toujours manifesté leur volonté d’étouffer le souvenir de cette période sanglante. C’est pourquoi Daoud et son éditeur ne sont pas les bienvenus de l’autre côté de la Méditerranée.

Ces derniers mois, en production, les appels à volontaires pour faire des samedis ou des heures supplémentaires faisaient rage. On nous annonçait des prévisions de vente à la hausse au point de menacer nos congés de fin d’année. La rage, c’est nous qui l’avons maintenant ! Car, ces heures en plus ont été l’occasion pour la direction de donner un congé (définitif celui-là) à nos collègues intérimaires de l’équipe de nuit. Si ces samedis peuvent donner l’impression de booster un peu les salaires, ils sont surtout un moyen de précariser davantage les travailleurs ! Sans parler de la fatigue occasionnée et de la vie familiale et sociale qui en prend un coup. Maintenant que nos collègues ont été virés comme des kleenex et que nous sommes épuisés, rappelons-nous que notre combat est celui de la lutte pour l’embauche de tous les précaires et l’augmentation des salaires, non celui de se faire exploiter un jour de plus par semaine !

… d’après le bulletin BioMérieux

Pas de surprise, pas de fausse note, les résultats du troisième trimestre pour BioMérieux sont annoncés en hausse avec un résultat opérationnel estimé entre + 12 et + 15 %. Alors pourquoi la direction nous joue-t-elle les violons lors des NAO ? Au vu des résultats de cette année, il va lui falloir un orchestre symphonique ! En tout cas, pour que les NAO ne se déroulent pas comme sur du papier à musique, avec une fin en decrescendo courue d’avance, il va nous falloir montrer que pour arracher de vraies augmentations de salaire, nous sommes capables de jouer notre propre musique : celle de la grève !

… d’après le bulletin BioMérieux