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Brèves

L’actualité en bref

Le nord de la bande de Gaza vit ses « heures les plus sombres », a affirmé Volker Turk, le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU faisant état de « plus de 150 000 morts, blessés ou disparus ». Il a jouté : « La situation s’aggrave de jour en jour de façon inimaginable. Les politiques et pratiques du gouvernement israélien dans le nord de Gaza risquent de vider la zone de tous les Palestiniens. Nous sommes confrontés à ce qui pourrait s’apparenter à des atrocités criminelles, incluant de possibles crimes contre l’humanité. » Dernier exploit de l’occupant sioniste : l’assaut contre l’hôpital l’hôpital Kamal Adwan, dans la ville de Jabaliya, où des centaines de personnes (soignants, patients, personnes déplacées des secteurs environnants qui avaient trouvé refuge dans l’établissement) ont été arrêtées. De son côté Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, a déclaré avoir perdu tout contact avec le personnel soignant de l’hôpital. Et, pendant ce temps, les massacres continuent avec la complicité de la plupart des grandes puissances occidentales.

La proportion de femmes tuées lors de conflits en 2023 a doublé par rapport à l’année précédente, selon le rapport de l’agence des Nations unies, ONU-Femmes. Il documente dans le détail la conséquence des guerres sur les femmes. Les violences sexuelles à leur égard en période de guerre sont en hausse de 50 %. « Les femmes continuent de payer le prix des guerres des hommes », a dénoncé la dirigeante d’ONU-Femmes Sima Bahous, parlant d’« une guerre plus large contre les femmes ». Le document pointe également les attaques contre les infrastructures de santé, notamment celles d’Haïti, du Mali, du Myanmar, du Soudan, d’Ukraine et de Palestine, privant « des millions de femmes de services vitaux, y compris en matière de sexualité et de procréation ». En outre, dans une douzaine de pays, on leur interdit l’accès à l’éducation. Et de noter qu’en Afghanistan et au Pakistan, des écoles accueillant des filles « ont été bombardées ou brûlées pour limiter leurs études » alors que dans d’autres pays, comme le Cameroun, la Colombie, le Soudan du Sud et le Soudan, des groupes armés « ont commis des violences sexuelles contre les filles et les femmes à l’école ou à l’université ». Et de conclure que « les structures sociales patriarcales oppressives et les préjugés de genre (entravent) la moitié de nos sociétés ».

Dans un geste de générosité digne de toutes les éloges, la maire de Paris, Anne Hidalgo, vient de faire don au musée olympique de Lausanne, en Suisse, de la combinaison de plongée qu’elle portait lors de sa baignade dans la Seine, le 17 juillet dernier. Trempette qu’elle avait effectuée, on l’apprit plus tard, dans une eau impropre à la baignade. Aux dernières nouvelles, le musée en question n’avait rien demandé et Hidalgo lui a un peu forcé la main pour qu’il accepte ce don prestigieux (du moins à ses yeux). Ce qui prouve deux choses : d’une part que l’édile parisien a la grosse tête (ce que l’on savait déjà), de l’autre le ridicule ne tue pas, même par noyade.

À l’occasion de la conférence internationale sur l’environnement (COP16), qui se déroule actuellement à Cali, la fondation Paix et réconciliation, une ONG locale, a voulu attirer l’attention sur le fait que le pays est le plus dangereux du monde pour les défenseurs de l’environnement. Elle a publié un rapport qui montre que, depuis 2018, 381 personnes ont été tuées pour leur rôle dans la protection de la nature. Parmi elles des militants écologistes, des chefs de tribus autochtones, des leaders paysans, etc. qui s’opposaient à de grands projets institutionnels, locaux ou fédéraux (exploitation minière ou encore barrages hydroélectriques), à la déforestation ou à la culture de la coca. Leurs assassins se recrutaient parmi les groupes armés qui tiennent le maquis, les forces de l’ordre ou les narcotrafiquants. Les deux tiers de ces meurtres n’ont jamais été élucidés et les autorités ne semblent pas pressées de découvrir les coupables. L’ONG a dédié ce rapport en « hommage à ceux qui ont tout donné, jusqu’à leur vie, pour défendre les marais, les landes, les forêts, les rivières et les espèces qui sont sur le point de disparaître ».

À la conférence internationale de soutien au Liban, qui a lieu à Paris, Macron a annoncé l’octroi d’aides financières au pays touché par des attaques israéliennes d’un montant de 800 millions de dollars et 200 millions supplémentaires pour les forces armées. Il a profité de l’occasion pour exiger « que le Hezbollah cesse ses […] frappes indiscriminées contre Israël ». Par contre il n’a rien exigé du tout de l’État sioniste, responsable de milliers de morts et d’un million de personnes déplacées au pays du Cèdre, se contentant de « regretter qu’Israël continue des opérations militaires ». Quant aux attaques contre la force de l’ONU (Finul), il a redit que « rien ne justifie que les Casques bleus fassent l’objet de quelque attaque que ce soit », sans citer les attaquants, les forces armées israéliennes. On a connu condamnation plus ferme. Une façon de laisser les mains libres à Netanyahou pour continuer ses massacres et ses destructions.

Trois policiers, en poste au commissariat de Vitry-sur-Seine, avaient profité de leurs patrouilles pour extorquer de l’argent aux vendeurs à la sauvette et avaient arrêté un adolescent sans motif. Les faits se sont produits entre la fin décembre 2023 et la fin février 2024. Finalement le tribunal correctionnel de Créteil n’a pas eu la main trop lourde puisqu’il a prononcé des peines de douze et dix-huit mois de prison avec sursis, accompagnées d’interdictions professionnelles. Comme dirait Retailleau, la justice est vraiment laxiste.

Les concours régionaux de « miss » continuent en vue de couronner la prochaine Miss France 2025. Une pratique d’un autre âge qui perpétue nombre de stéréotypes machistes et sexistes. Cerise sur le gâteau, certaines candidates sont, de plus, la cible d’attaques racistes véhémentes. C’est le cas de la nouvelle Miss Nord-Pas-de-Calais, Sabah Aib, 18 ans, qui a des origines algériennes du côté de son père et marocaines du côté de sa mère. Elle a expliqué : « Depuis que j’ai été élue… je fais face à une vague de haine raciste sur les réseaux sociaux en raison de mes origines. » Elle n’est pas la première candidate dans ce cas. En 2020, April Benayoum, alors Miss Provence, avait fait l’objet d’une vague de messages antisémites, après avoir révélé que son père était de nationalité israélienne et italienne. Ce genre de compétition cristallise décidément les préjugés les plus bas.

Tout à sa course derrière le Rassemblement national, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a déclaré dans la matinale de France Inter : « Nous nommerons un missi dominici », un poste dont le titulaire « aura cette obsession de faire avec des pays tiers, des pays d’origine, des pays de transit, des accords bilatéraux » afin de faciliter les expulsions d’étrangers. Au lieu d’employer simplement le mot « envoyé », Retailleau, sans doute pour tenter d’apparaitre cultivé, a préféré utiliser un terme latin datant de l’époque de Charlemagne et signifiant « envoyés seigneuriaux ». Mais c’est raté et il s’est emmêlé les pédales : « missi dominici » est la forme plurielle de « missus dominicus », et pour cause, les envoyés en question étant toujours deux au minimum. Non content d’enfreindre quotidiennement les droits humains, le ministre enfreint aussi la grammaire latine et, au passage, réécrit l’histoire carolingienne. Ce qui finalement est nettement moins grave… car le ridicule, lui, ne tue pas.

Dans la région de Florence, qui compte 8000 entreprises du textile employant plus de 40 000 travailleurs, plusieurs dizaines de sans-papiers de huit entreprises viennent de faire grève pendant une quinzaine de jours. Ils revendiquaient leur régularisation et le respect de la législation du travail. Celle-ci prévoit une durée maximum de 40 heures sur six jours. Or ces travailleurs devaient travailler 12 heures par jour et sept jours sur sept, sous peine d’être immédiatement renvoyés. À cela s’ajoutait la menace d’expulsion renforcée par la démagogie xénophobe du gouvernement Meloni. Pourtant, les patrons ont cédé : ils seront régularisés et bénéficieront des mêmes droits que les autres travailleurs. Ils ont montré que la lutte est possible, même dans des conditions difficiles.