Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La locomotive du TGV spécial qui transporte les parlementaires européens entre Bruxelles et Strasbourg a pris feu en gare de Strasbourg jeudi dernier. Il y a eu une explosion, puis un gros nuage de fumée et le train a été évacué. L’électricité a été coupée et une bonne partie de la circulation a été bloquée le temps de régler le problème. L’an dernier, un problème d’aiguillage envoyait les parlementaires à Disneyland par erreur. À Strasbourg, ils ont carrément eu droit au son et lumière. Avec tout ce qu’on fait pour eux, bizarre qu’ils continuent à voter tant de lois pour démanteler le chemin de fer.

… d’après le bulletin SNCF secteur de Strasbourg

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de publier un rapport sur les perspectives énergétiques mondiales. On y apprend qu’en 2023, « les énergies fossiles ont répondu à 80 % de la demande mondiale en énergie », contre 83 % douze ans plus tôt, soit une légère baisse en pourcentage. Mais qui cache une hausse considérable en valeur absolue, de 25 % en dix ans, de la consommation d’énergies provenant du charbon, du pétrole ou du gaz, et d’émission de gaz à effet de serre. Les catastrophes climatiques, inondations, sécheresses, cyclones et incendies vont donc continuer à se multiplier… jusqu’à ce qu’on se débarrasse du capitalisme !

Mercredi 16 octobre, l’État a signé un accord avec la grande distribution et les armateurs prétendant diminuer de 20 % les prix de l’alimentaire sur l’île… qui sont 40 % plus élevés qu’en métropole. De plus, cette baisse ne serait qu’une « moyenne » et concernerait seulement 6 000 produits sur 40 000. Vent debout contre cette mesquine demi-mesure, Rodrigue Petitot, un des leadeurs du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéennes (RPPRAC) a déclaré : « On est ultradéterminés. On maintient les blocages, on maintient tout. Le combat, c’est jusqu’à obtenir gain de cause. » La lutte continue !

Dans la presse et dans la bouche des chefs on entend parler de « surembauche » et de « 10 000
embauchés en trop ». Mais qui seraient ces 10 000 ? La soi-disant « bureaucratie » chez les cols blancs, sous-entendu les inutiles. Ceux qui, parait-il, ne travailleraient pas et qui seraient trop payés ? Mais si on devait faire un classement, plutôt que de nous diviser entre « cols bleus » et « cols blancs », on pourrait commencer par ceux qui bossent : les ouvriers, les ingénieurs, les techniciens, les employés des bureaux… et ceux qui ne font rien : les actionnaires ! Oui, il y aurait du ménage à faire de ce côté-là !

… d’après le bulletin L’aile rouge (Airbus, Toulouse)

Dans les Pyrénées-Atlantiques, le projet BioTJet vise à produire du bio-kérosène (dit carburant d’aviation durable) à partir de la biomasse provenant, entre autres, des forêts des Pyrénées. L’association de défense des forêts « Canopée » estime qu’il faudrait récolter 400 000 tonnes de bois par an pour faire tourner l’usine. Raser des forêts pour faire voler des avions, l’écologie 2.0 à la sauce capitaliste…

… d’après le bulletin L’aile rouge (Airbus, Toulouse)

Le projet de loi de finances présenté vendredi dernier n’épargne pas le social. Les crédits diminuent de 2,35 milliards pour le « travail, emploi et administration des ministères sociaux », de 5 milliards pour les collectivités territoriales (120 millions en moins, par exemple, pour le département de l’Isère). Le syndicat patronal Nexem, qui regroupe les employeurs du social et du médico-social, s’alarme du refus des Agences régionales de santé ou des départements de financer les primes Ségur. Mais ce sont ces mêmes employeurs qui appliquent l’austérité en licenciant comme à Don Bosco, à l’Association des paralysés de France ou à la Protection judiciaire de la jeunesse. Les licenciement se succèdent dans le secteur, une lutte unifiée s’impose pour les interdire.

Constitué depuis un an à Paris, le collectif des jeunes du parc de Belleville s’est de nouveau mobilisé le weekend dernier. Leur action a permis d’obtenir la mise en place d’hébergements immédiats pour 200 jeunes et 10 familles. À Lyon, l’association Droit au logement 69 appelle également à la mobilisation vendredi 18 octobre devant l’hôtel de ville de Lyon pour exiger la réalisation des promesses de relogement faites au printemps par l’adjointe à la mairie. Après avoir envoyé deux fois la police pour expulser les gymnases occupés par un collectif de femmes sans-abri, la mairie avait en effet assuré que des places d’hébergement seraient proposées.

… d’après le bulletin du secteur social Grenoble

La mobilisation continue parmi les salariés de l’association bretonne Don Bosco dont 55 sont menacés de licenciement. Après la manifestation réussie du 16 septembre, le conseil départemental avait annoncé une aide d’un million d’euros… pour réduire les 1,8 million de déficit, mais les licenciements sont maintenus. La CGT et Sud appelaient donc à une nouvelle manifestation mercredi 16 octobre.

À l’Association des paralysés de France (APF), ce sont jusqu’à 431 emplois qui sont menacés par le plan de retour à l’équilibre annoncé jeudi 26 septembre. Annoncé à 37,7 millions d’euros, le déficit est le résultat des coupes budgétaires, que le gouvernement prévoit de poursuivre, mais aussi de la rapacité des grands groupes qui sous-traitent aux travailleurs et travailleuses handicapés. APF Entreprises compte 50 entreprises adaptées (EA) et établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat). Des milliers de salariés qui travaillent notamment pour General Electric, EDF, La Poste ou Spartoo. Les profits réalisés par ces grandes entreprises permettraient largement de maintenir l’emploi et d’améliorer les conditions de travail et de salaire !

… d’après le bulletin du secteur social Grenoble

La lutte contre la pauvreté dans le monde ne montre plus de signe de progrès depuis plusieurs années et la proportion des personnes sous le seuil de pauvreté reste équivalente à ce qu’elle était en 1990, vient de révéler un rapport publié par la Banque mondiale. Il estime à près de 720 millions le nombre de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars (moins de 2 euros) par jour. L’Afrique subsaharienne concentre 60 % des plus pauvres, soit près de 390 millions de personnes. Le taux de pauvreté y atteint 35 %. La Banque mondiale rappelle que l’ONU s’est fixée comme objectif d’éliminer la grande pauvreté dans le monde d’ici 2030. Un objectif qui n’a aucune chance d’être atteint. Afin d’inverser la tendance, l’institution appelle l’ensemble des gouvernements à mieux cibler les aides afin de les réserver aux plus pauvres, à favoriser l’investissement dans l’éducation et la recherche et développement ainsi qu’à envisager des impositions qui tiennent mieux compte des revenus. Autant de vœux pieux qui n’ont aucune chance de voir le jour. Car notre époque est caractérisée par le pillage du tiers-monde par les grandes puissances, la priorité accordée aux budgets militaires et les guerres qui ravagent la planète. Pour mettre fin à la pauvreté, c’est ce monde-là qu’il faudra changer.