Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Conseil économique, social et environnemental a publié le 8 octobre un rapport dénonçant de très nombreux dysfonctionnements dans le fonctionnement de la protection de l’enfance. Des juges finissent notamment par renoncer à prononcer des mesures de placement d’enfants pourtant victimes de violences, sachant d’avance qu’elles ne seront pas suivies d’effet par manque de moyens. Partout les travailleurs sociaux et les syndicats tirent la sonnette d’alarme : on ne fait plus en fonction des enfants mais des moyens… qui sont largement insuffisants ! Mais la seule chose que les pouvoirs publics augmentent, ce sont les suppressions de postes.

… d’après le bulletin du secteur social de Metz

Les responsables de l’entreprise d’aide à domicile O2 Moselle annoncent la fin du remboursement des frais kilométriques, sous couvert d’économies. Guillaume Richard, le patron du groupe, profite, lui, de 400 millions d’euros de bénéfices annuels. Mais ce sont les travailleuses, payées au Smic, qui doivent assumer ces « économies ». À la place, on leur propose de « gros » tickets restaurant, alors que 50 % de ces tickets sont payés par les salariées elles-mêmes. Les aides à domicile, qui parcourent des dizaines de kilomètres par jour pour se rendre d’un lieu de travail à un autre verraient ainsi leur labeur réduit à du bénévolat. Pour stopper une telle attaque et gagner une augmentation de salaire, elles ne pourront compter que sur leur mobilisation.

… d’après le bulletin du secteur social de Metz

Depuis un an, les urgences de l’hôpital de Carhaix (Finistère) sont « régulées » par manque de personnel. Cette « régulation » implique l’appel obligatoire au 15 en amont et la fermeture des urgences la nuit, les patients sont donc réorientés vers des hôpitaux à plusieurs heures de route, comme le CHU de Brest. Les conséquences peuvent être dramatiques. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 12 octobre devant l’hôpital pour réclamer la réouverture du service des urgences 24 heures sur 24.

De nouvelles visites de rongeurs dans nos locaux ont été signalées et photographiées par des collègues, tandis que dans les bus, ce sont plutôt des cafards. En attendant que l’hygiène dans l’entreprise ne soit plus une source de honte, Keolis compte peut-être tirer une fierté d’un prix de photographie animalière ! N’hésitez pas à nous envoyer vos plus beaux clichés sur Facebook (NPA Révolutionnaires Lyon).

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Pour désinvestir dans le ferroviaire et nous préparer à une nouvelle coupe budgétaire, le nouveau ministre des Transports a déclaré dans Le Monde qu’il préférait les cars comme « alternative au train ». Remplacer les trains par des cars, remplacer le fret par des camions… L’écologie selon le gouvernement.

La semaine dernière, Proxima, une boite montée il y a quelques mois, a annoncé avoir levé un milliard d’euros pour commander douze rames de TGV-M à Alstom, pour exploiter la LGV Atlantique à partir de 2028. Le même créneau que compte occuper la compagnie Le Train, qui se lancera sur des Nantes-Bordeaux et Rennes-Bordeaux à grande vitesse en 2026. La SNCF, pas en reste, a annoncé augmenter son offre annuelle de quatre millions de places par an d’ici 2026 sur la façade Atlantique. La direction, qui ferme les petites lignes et diminue les moyens alloués à tous les étages, a décidément les moyens de faire rouler plus de trains, quand il s’agit de garder ses parts de marché.

… d’après le bulletin SNCF Paris Sud-Ouest

Lundi 7 octobre, plusieurs centaines de cheminots se réunissaient devant le siège de la SNCF pour soutenir deux collègues, élus CSE, à qui l’entreprise veut faire payer leur engagement militant. Le secrétaire CGT du CSE central Réseau a reçu douze jours de mise à pied, tandis qu’un élu Sud-Rail au CSE Nord-Est-Normandie en a reçu cinq. La direction leur reproche notamment « l’instauration d’un climat de tension excessif. » Quand les patrons vont contre nos intérêts, on doit se défendre : ça n’a rien d’un crime. Abandon des charges contre nos collègues !

… d’après le bulletin SNCF Paris Saint-Lazare

Alors que le gouvernement taille à tout-va dans les budgets de l’éducation et de la santé, augmente les impôts et appelle la population « à faire des sacrifices », on apprend que celui de la présidence de la République va augmenter de 3 millions d’euros, celui de l’Assemblée nationale de 10,3 millions d’euros et celui du Sénat de 6 millions d’euros. On demande à la population de se serrer la ceinture mais, dans les palais de la République, on continue à faire la grande vie. L’austérité, c’est pour les autres…

1 500 opposants à la future ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) du Sud-Ouest se sont réunis ce week-end en Gironde, dans un campement à Lerm-et-Musset, un village situé à 75 kilomètres au sud de Bordeaux. L’opposition à la LGV est ancienne en Nouvelle-Aquitaine, mêlant élus et parlementaires locaux, habitants, sylviculteurs, viticulteurs, éleveurs et écologistes. Cette ligne doit raccourcir de 73 minutes le trajet en train entre Paris et Toulouse. Un embranchement à travers la forêt landaise doit, lui, rallier Dax à Bordeaux en vingt minutes de moins qu’actuellement et, à l’avenir, permettre des liaisons directes avec l’Espagne. Mais les opposants dénoncent un projet « mortifère », qui conduirait à l’artificialisation d’environ 5 000 hectares de terre. Ils prônent une rénovation des lignes ferroviaires existantes pour développer les « trains du quotidien » et critiquent l’imposition obligatoire d’une taxe spéciale à plus de 2 300 communes, proches du tracé, pour ce chantier qualifié de « pharaonique » (plus de 14 milliards d’euros) et cofinancé par l’État, les collectivités locales et l’Union européenne. Et qui fera les choux gras des grands groupes du BTP.