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Tunisie : Le président Kaïs Saïed veut se succéder à lui-même

Le président Kaïs Saïed, 66 ans, au pouvoir depuis 2019, a présenté officiellement sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 6 octobre. Depuis son coup de force de juillet 2021, lorsqu’il avait, après plusieurs mois de blocage politique, limogé le Premier ministre et gelé le Parlement avant de le dissoudre, il a accaparé peu à peu tous les pouvoirs. À l’été 2022, il a fait adopter une nouvelle Constitution par référendum instituant un nouveau système de deux chambres aux pouvoirs très limités, faisant passer le pays d’un régime parlementaire à un système ultra-présidentialiste. Dans le même temps, il a lancé de violentes campagnes racistes contre les immigrés d’Afrique noire présents dans le pays, restreint les libertés démocratiques et jeté nombre de ses opposants en prison. La semaine dernière, une trentaine d’ONG dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme, ont fustigé des « arrestations arbitraires » de candidats, une autorité électorale ayant « perdu son indépendance » et « une monopolisation de l’espace public » avec « l’utilisation des ressources de l’État pour favoriser un candidat au détriment des autres ». Ce que Saïed nie en bloc, affirmant que sa candidature s’inscrivait dans le cadre d’une « guerre de libération et d’autodétermination » visant à « établir une nouvelle république ». Ce ne sera pas le premier dictateur aux petits pieds à se prendre pour un « libérateur ».