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Brèves

L’actualité en bref

Place publique, le micro-parti de Raphaël Glucksmann, fait a rentrée politique ce week-end. Il organise, samedi 5 et dimanche 6 octobre, deux jours de conférences, de rencontres et de discussion dans la petite ville de La Réole, en Gironde. Il a convié à cette sauterie non seulement des personnalités de l’aile droite du Parti socialiste (Carole Delga, Karim Bouamrane, Benoît Payan ou Anne Hidalgo) mais également des anciens ministres de Macron comme Clément Beaune et Aurélien Rousseau. Le but de la manœuvre : obliger le Parti socialiste à rompre avec La France insoumise, considérée comme « trop à gauche », et construire une nouvelle force politique alliant socialistes et déçus du macronisme pour présenter un candidat « social-démocrate » à la présidentielle de 2027. Candidat qui pourrait être bien sûr… Raphaël Glucksmann. Beaucoup de bruit pour rien…

Sept militants et militantes, appartenant à différentes organisations politiques et associatives, ont été convoqués au commissariat de Hendaye sous le motif « d’aide en bande organisée à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière » sur le territoire. Il leur est reproché d’avoir, en mars dernier, profité de la Korrika, la course-relais pour la langue basque qui traverse les sept provinces basques de France et d’Espagne, pour faire franchir la frontière à un groupe de migrants dissimulés parmi les coureurs. Plus de 80 associations avaient appelé à un rassemblement pour les soutenir. Ils passeront en jugement en janvier prochain. Leur très juste ligne de défense : la solidarité avec les migrants et les réfugiés n’est ni un crime, ni un délit mais une action nécessaire et indispensable de solidarité.

Il aura fallu attendre onze ans pour que l’affaire Loïc Louise arrive devant la justice. Cet étudiant réunionnais de 21 ans est décédé suite à plusieurs décharges de taser alors que des gendarmes intervenaient à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) pour séparer un groupe de jeunes alcoolisés qui participaient à une bagarre lors d’une fête d’anniversaire, le 3 novembre 2013. Alors que Loïc n’était pas armé, il a reçu plusieurs impulsions électriques dans le thorax, une pratique considérée comme dangereuse. De plus, une fois au sol, il a été laissé sans soin pendant 20 minutes les gendarmes affirmant qu’ils avaient cru… qu’il dormait. L’auteur des tirs, qui a quitté depuis la gendarmerie, comparait simplement pour homicide involontaire, le délit de non-assistance à personne en danger n’ayant pas été retenu dans les chefs de poursuite. Mais demander une peine d’un an avec sursis pour la mort d’un homme dans ces conditions, ce n’est pas cher payé. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, va-t-il encore une fois s’en prendre « au laxisme de la justice » ? C’est peu probable.

« Dans certaines situations extrêmes, seul le rapport de force peut faire évoluer les choses. » Voilà pourquoi il envisage de « bloquer les approvisionnements ferroviaires, maritimes et routiers de la région capitale ». Qui est ce dangereux révolutionnaire ? Le président de droite du conseil départemental du Calvados, Jean-Léonce Dupont, en colère contre l’opposition de la présidente de la région Île-de-France à la ligne TGV devant relier Paris à la Normandie, cité par Ouest-France. À vrai dire, on voit mal les routiers, les dockers et les cheminots se soulever pour le droit… de gagner une demi-heure sur les 2 heures 15 que dure le trajet Caen-Paris, en payant le billet de train à trois chiffres au lieu de deux ! Mais si un tel mouvement se déclenchait, la classe ouvrière en lutte – de Normandie et d’ailleurs – ne tarderait pas à trouver des revendications un peu plus en rapport avec la vigueur des méthodes préconisées…

45 000 dockers, membres du syndicat International Longshoremen’s Association, sont entrés en grève, paralysant de nombreux ports de la côte Est (Boston, New York, Philadelphie, Baltimore, Savannah, Miami, Tampa ou encore Houston). Le mouvement, le premier de cette ampleur depuis 50 ans, a été lancé après l’échec des négociations avec l’organisation patronale pour mettre sur pied une nouvelle convention collective. Les points d’achoppement concernent notamment les salaires et l’automatisation qui s’est traduite, ces dernières années, par de nombreuses suppressions de postes et une aggravation des conditions de travail. Ils réclament aussi une augmentation de 77 % sur six ans pour conserver leur pouvoir d’achat face à l’inflation. La direction du syndicat se dit prête à « se battre aussi longtemps que nécessaire » pour obtenir satisfaction. Les dockers de la côte Ouest (notamment ceux des ports de Californie), couverts par une autre convention collective, ne sont pas concernés par le mouvement mais envisagent des actions de solidarité avec leurs camarades de la côte Est. Au Canada, les ports de Vancouver et Montréal sont déjà secoués par des mouvements sociaux depuis plusieurs jours, ce qui peut être un appui déterminant à la lutte des dockers américains. Vive la lutte internationale des travailleurs !

Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Michel Barnier, a annoncé que le salaire minimum (actuellement de 1 776,92 euros brut mensuel et de 1 398,69 euros net) allait augmenter de 2 % le 1er novembre. Cela a été interprété comme un geste social, un coup de pouce du gouvernement, cette augmentation étant prévue à l’origine le 1er janvier. De plus il a fait mine de s’étonner qu’« il reste dans notre pays des branches professionnelles dans lesquelles les minimas sont inférieurs au Smic, ce n’est pas acceptable et cela devra faire l’objet de négociations rapides ». Là il se moque carrément du monde. Il y a plusieurs décennies que cette situation existe et aucun gouvernement, de droite comme de gauche, n’a jamais voulu tordre le bras aux patrons récalcitrants pour les obliger à respecter le salaire minimum. Et Barnier fera la même chose. Mais, de toute façon, pour permettre de vivre un peu décemment, le Smic mensuel net ne devrait pas être inférieur à 2 000 euros.

Une capitulation en rase campagne. Le projet de loi constitutionnelle de dégel du corps électoral, voulu par Macron et qui avait mis le feu aux poudres sur le Caillou, ne sera pas soumis au Congrès a annoncé le Premier ministre. Il a donc de fortes chances de finir dans un tiroir. C’est ce projet qui avait provoqué au printemps dernier un véritable soulèvement populaire puisqu’il avait ouvertement pour but de minoriser la population kanak au sein du corps électoral au profit des « loyalistes », qui soutiennent l’impérialisme français. Dans la foulée, les élections provinciales seront reportées jusque fin 2025. Tout en défendant le droit du peuple kanak à l’autodétermination, il faut se battre pour obtenir la libération immédiate de tous les militants emprisonnés, notamment en métropole, et la fin des poursuites à leur encontre.

Jean-Marie Le Pen, 96 ans, est mis en examen dans le procès des assistants parlementaires des euro-députés du Front national (le prédécesseur du Rassemblement national) pour détournements de fonds publics et complicité. Mais du fait de son grand âge et de sa santé fragile, il a été dispensé de comparaître sur le banc des accusés. Sans doute pour meubler ses longs loisirs, il a été filmé dans sa maison de Reuil-Malmaison (Hauts-de-Seine) en train de chanter des chants nazis en compagnie d’un groupe de rock lyonnais, Match Retour, très populaire dans les milieux néo-nazis. Un des membres du groupe arborait pour l’occasion un tee-shirt qui mettait en valeur les jeunesses hitlériennes, trompettes et tambours à la main. Marine Le Pen a porté plainte pour exploitation d’abus de faiblesse, sous-entendant que la proximité de son père avec les néo-nazis pouvait s’expliquer par son gâtisme. C’est le contraire qui est vrai. En renouant avec les symboles du Troisième Reich, Le Pen père ne fait que renouer avec sa jeunesse quand, avec d’anciens membres de la Waffen SS, il avait fondé le Front national. On ne se refait pas…

Selon une enquête de l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi, le revenu moyen des livreurs a baissé depuis 2021, indépendamment de la plateforme qui les emploie. L’enquête est basée sur les chiffres publiés par les sociétés de livraison elles-mêmes. Depuis 2023, elles sont tenues de verser aux livreurs un revenu minimal horaire de 11,75 euros brut. Dans le détail et en prenant en compte les temps d’attente, les revenus horaires en 2023 étaient en moyenne de 16,8 euros brut chez Deliveroo et 14 euros chez Delicity, qui livrent des repas. Mais ils atteignaient seulement 10,1 euros chez Uber Eats (repas) et 11,3 euros chez Stuart (colis), soit moins que le Smic horaire fixé à 11,65 euros brut. Mais une fois cette rémunération touchée, les livreurs, qui sont considérés comme des « auto-entrepreneurs », doivent encore payer de leur poche leur véhicule et son entretien (scooter, vélo, vélo électrique), leur assurance et leurs cotisations sociales. Autant dire que leurs conditions de travail et de rémunération les classent parmi les catégories les plus exploitées de la classe ouvrière.