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Brèves

L’actualité en bref

Emmanuel Macron a adressé ses « plus vives félicitations » et ses « meilleurs vœux de succès » au président Abdelmadjid Tebboune pour sa réélection, avec un score record de 95 % des voix. Un des deux autres candidats en lice, Abdelaali Hassani, président du très islamiste et peu contestataire Mouvement de la société pour la paix, a dénoncé « une fraude », « une mascarade » et des « faux chiffres ». Il a notamment mis en cause le taux de participation qui ne s’établissait qu’à 26 % à 17 heures (soit sept points de moins qu’à la même heure en 2019) pour bondir miraculeusement à plus de 48 % trois heures plus tard, les autorités ne publiant aucun chiffre précis, mais se basant sur une mystérieuse « moyenne » établie par la préfecture. Dans ces conditions on se demande pourquoi Tebboune s’est donné la peine d’organiser une élection. Peut-être pour avoir le plaisir d’être félicité par un autre combinard nommé Macron ?

L’affaire n’est pas banale. L’armée israélienne a reconnu que le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’était arrangé pour faire fuiter dans la presse internationale des documents attribués au Hamas mais qui avaient, auparavant, été falsifiés par ses soins. Le but était de convaincre l’opinion publique qu’il avait raison de refuser tout accord avec le mouvement islamiste. Ces documents, présentés comme « secrets » ont été mentionnés notamment par l’hebdomadaire Jewish Chronicle au Royaume-Uni et le quotidien Bild en Allemagne. Selon les médias israéliens, l’armée a lancé une enquête interne sur cette affaire. Venant de Netanyahou, cette attitude ne peut étonner, lui qui est habitué à mentir à chaque occasion. Mais que l’armée le mette en cause n’est sans doute pas étranger au fait que, depuis des mois, il est à couteaux tirés avec le ministre de la Défense, Yoav Gallant, ce dernier très proche de la ligne de Washington en faveur d’un cessez-le-feu.

Le jury du festival international de photo-journalisme Visa pour l’image 2024 a décerné sa plus haute distinction, le Visa d’or news, au photographe palestinien de l’Agence France-Presse, Mahmud Hams, pour son travail sur Gaza. Ce dernier, âgé de 44 ans, travaille pour l’AFP depuis 2003 et a dû se réfugier au Qatar en février dernier. Le Visa d’or de la ville de Perpignan Rémi Ochlik, du nom d’un jeune photographe de guerre français décédé en Syrie en 2012, a été attribué à un autre photographe palestinien, Loay Ayyoub, pour son travail dans l’enclave palestinienne pour le Washington Post. Signalons que le maire Rassemblement national de Perpignan, Louis Aliot, a refusé de lui remettre ce prix, jugeant le photographe « trop proche du Hamas ». Il aurait sans doute préféré que soit choisi un photographe glorifiant les massacres de l’armée sioniste en Palestine occupée.

En 2017, afin de favoriser les affaires fiscales du club de football du Paris Saint-Germain (PSG), propriété de l’émir du Qatar, lors du transfert pour 222 millions d’euros de la star brésilienne Neymar, en provenance du FC Barcelone, Gérald Darmanin, alors ministre chargé des Comptes publics, était intervenu. Il voulait contenter la direction du PSG qui souhaitait ne payer aucun impôt ni cotisations sociales sur ce transfert. Et elle obtint satisfaction. Pour mener à bien la négociation, Darmanin utilisa comme intermédiaire son collaborateur Jérôme Fournel, que Michel Barnier vient de désigner… comme son nouveau directeur de cabinet. Un juge d’instruction s’intéresse désormais à Darmanin et à Fournel pour savoir si cette opération de fraude pour faire une fleur au souverain qatari a, de plus, donné lieu à un trafic d’influence. Lorsqu’il s’agit de faire plaisir aux très riches, ministres et hauts fonctionnaires sont le petit doigt sur la couture du pantalon.

Dans le cadre du dispositif « Classe défense et sécurité globale », partenariat entre les ministères des Armées et de l’Éducation nationale, le lycée polyvalent La Briquerie de Thionville se vante d’être la vitrine du fabricant d’avions de chasse Dassault. Lundi 14 octobre, une cabine de Mirage 2000 sera exhibée dans l’établissement. L’occasion pour le vendeur d’engins de morts de faire sa promo et de capter l’attention des jeunes en tentant de faire oublier à ces derniers, ainsi qu’au personnel, l’état déplorable des écoles, collèges et lycées. Car mieux vaut de la poudre à canon plutôt que des embauches de profs, d’AED et d’AESH, au lieu de la mise en place de dispositifs adaptés aux besoins des élèves ou bien la construction et la restauration de locaux un tant soit peu acceptables ! Le mois dernier, la France a vendu douze avions Rafale à la Serbie. Notre impérialisme se plaît à étaler le spectacle macabre d’une industrie de l’armement biberonnée à coup de budgets faramineux. En trois ans, les effectifs des « classes de défense » ont doublé, passant de 6 000 à 12 000 depuis 2021 : démonstration de la volonté de l’État de mettre la jeunesse au pas et de la bassiner de propagande militariste. C’est là un moyen supplémentaire pour le capitalisme français de rappeler, avec le SNU, le tri social scolaire et les réformes du lycée professionnel, qu’avec lui les jeunes, plus encore ceux des quartiers populaires, ne devraient se soumettre qu’à l’exploitation du monde du travail et aux horreurs de la guerre.

Un an après le séisme qui avait fait 3 000 morts et détruit 50 000 habitations, l’immense majorité des sinistrés vit dans des tentes et baraquements de fortune, où ils ne sont guère protégés de la grande chaleur et du froid à venir. La région montagneuse, déjà isolée et très pauvre, a donc vu son sort se dégrader encore. Comme toujours hélas après ces catastrophes et l’élan de solidarité des premiers temps, les promesses des gouvernants ont du mal à se concrétiser rapidement… faute de moyens mais surtout faute de réelle volonté politique.

Au moins 37 personnes ont perdu la vie dans la Manche cette année en tentant de rejoindre les côtes britanniques, dont au moins douze la semaine dernière. Gérald Darmanin parle d’un « terrible naufrage ». Pourtant, c’est la politique de répression policière sur le littoral français « qui conduit à des incidents et à des drames […] à répétition » comme le rappellent les associations d’aide aux migrants, notamment parce que les routes ont toujours plus longues pour éviter les contrôles. Dans la Méditerranée comme dans la Manche, les frontières continuent de tuer en silence.

Le 5 septembre, la direction de l’usine Yvel à Bezons dans le Val d’Oise, qui fabrique des verrous de camions, a annoncé la fermeture du site. Ce sont 58 salariés et une dizaine d’intérimaires qui se retrouveront à la porte. Et ils sont loin d’être seuls. MA France, sous-traitant de Stellantis à Aulnay-sous-Bois (93), Renault Alpine F1 à Viry-Châtillon (91), trois sites de Valéo : les annonces de fermeture, « plans de compétitivité » (traduire : « de licenciement ») ou de réduction d’effectifs tombent chaque semaine dans la métallurgie, et pas seulement. Face à cette hécatombe, il ne suffira pas de lutter chacun dans son coin. Pour répondre à cette offensive patronale, nous devons nous coordonner et lutter ensemble pour nos emplois et un avenir digne !

Mercredi 4 septembre, les ouvriers de l’usine Audi de Bruxelles se sont mis en grève, dès la réouverture de l’usine après la fermeture de l’été. Une grève pour réagir aux menaces de fermeture de ce site de 3 000 salariés que fait peser le groupe Volkswagen depuis juillet. Et une manifestation à Bruxelles aux côtés d’autres travailleurs du secteur de l’automobile est déjà annoncée pour le 16 septembre.