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Brèves

L’actualité en bref

Interrogé, lors d’une conférence de presse, par un journaliste qui lui demandait si, à son avis, Benyamin Netanyahou, faisait assez d’effort pour parvenir à un accord sur la libération des otages, le président Joe Biden a répondu laconiquement « non ». Ce qui a été interprété par une partie des médias comme un signe que Washington faisait monter la pression sur le Premier ministre israélien pour qu’il parvienne à un accord avec le Hamas. C’est prendre ses désirs pour la réalité. Si Biden voulait que Netanyahou cède, il lui suffirait d’arrêter du jour au lendemain les livraisons massives d’armes à l’état sioniste sans lesquelles la poursuite de la guerre de Gaza sera impossible. Mais pas question pour l’impérialisme américain d’affaiblir, même un peu, son principal allié au Moyen-Orient. Il préfère le titiller à l’aide de petites phrases sans conséquence…

Le géant des confiseries Ferrero vient d’annoncer la commercialisation d’une version vegan de sa pâte à tartiner aux noisettes Nutella dans plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique et l’Italie. Le nouveau « Nutella Plant Based » (Nutella à base de plantes) sera une alternative sans lait écrémé du produit courant, reconnaissable à son couvercle de couleur verte, censé indiquer qu’il sera non seulement végétalien mais aussi plus écolo. Cependant les nutritionnistes font remarquer que bien que produit sans protéine animale, ce Nutella vegan n’est pas pour autant plus vert, ni meilleur pour la santé. En effet il contient toujours autant d’huile de palme, dont la production a des conséquences désastreuses en termes de déforestation, mais qui, en outre, risque aussi, en cas de consommation excessive, d’augmenter le « mauvais » cholestérol en raison de sa haute teneur en acides gras saturés. Enfin, cerise sur le gâteau, le fabricant a indiqué que ce Nutella végétal n’est par ailleurs « pas consommable pour les personnes allergiques aux protéines de lait » puisqu’il est « fabriqué dans un établissement manipulant du lait ». Bon appétit quand même…

Le ministre délégué aux Transports, Patrice Vergriete, s’est félicité du bilan du passe rail, avec plus de 235 000 abonnements mensuels pour les jeunes de 16 à 27 ans. Ce passe leur a permis de voyager en trains régionaux (TER) on Intercités sans limitation en juillet et août pout 49 euros par mois. Les TGV, y compris les Ouigo, leur étaient interdits. Lors du lancement du dispositif, début juin, le gouvernement avait tablé sur un objectif de 700 000 abonnements. Mais, au lieu de se demander pourquoi un tel objectif n’a été atteint qu’au tiers et de rechercher les obstacles, notamment économiques, qui ont empêché nombre de jeunes d’adhérer au dispositif, le ministre démissionnaire préfère s’auto-congratuler. On a les victoires qu’on mérite.

Une embarcation avec plus de 60 migrants à bord s’est disloquée à cinq kilomètres au large du cap Gris-Nez (Pas-de-Calais) mardi alors qu’elle tentait de gagner les côtes britanniques. Un premier bilan fait état de 12 morts et de deux disparus. Les survivants ont été pris en charge par les secours à Boulogne-sur-Mer. À cette occasion Charlotte Kwantes, de l’association d’aide aux migrants Utopia 56, a dénoncé une politique de répression policière sur le littoral français « complètement inefficace […] qui conduit à des incidents et à des drames […] à répétition » et d’ajouter : « Ça fait deux mois et demi qu’il y a quasiment toutes les semaines des morts dans la Manche. » Entre le 12 et le 19 juillet, six migrants sont morts dans trois naufrages distincts sur des embarcations surchargées : quatre le 12 juillet, une femme érythréenne le 17 puis un homme le 19. Fin juillet, une femme de 21 ans est décédée, écrasée sous le poids d’autres passagers d’un canot surchargé et deux autres migrants ont perdu la vie dans un naufrage le 11 août, au large de Calais. Avant le naufrage de mardi, 25 personnes sont mortes dans ces traversées depuis le début de l’année 2024, dépassant largement le bilan de l’année 2023 établi à 12 décès. Ce qui n’empêche pas les autorités françaises et britanniques de multiplier les mesures pour tenter d’empêcher les migrants de traverser le bras de mer, les forçant à prendre de plus en plus de risques.

D’après des documents internes que s’est procuré le média en ligne Mediacités, France Travail va augmenter de 400 millions d’euros le recours à la sous-traitance, créant un marché d’un milliard d’euros au bénéfice du secteur privé. Parallèlement, l’accompagnement des demandeurs d’emploi sera limité dans le temps, et ceux-ci ne pourront plus se défendre avant d’être sanctionnés. D’une durée de six mois, ce parcours concernerait entre 700 000 et 900 000 demandeurs d’emploi chaque année. À 448 euros la facture par usager, le montant total oscillera entre 313 et 403 millions d’euros par an. Actuellement expérimenté dans plusieurs agences, ce dispositif a déjà coûté 36 millions d’euros à France Travail. Dans un communiqué, le syndicat SNU‐FSU de l’entreprise estime que 6 285 conseillers supplémentaires pourraient être recrutés au niveau national avec la même enveloppe. De son côté, citant un rapport de la Cour des comptes, le député socialiste Arthur Delaporte a dénoncé « une gabegie d’argent public » et ajouté « un euro dépensé dans la formation privée est moins efficace qu’un euro dépensé pour le service public de l’emploi, car l’accompagnement par les acteurs privés est de moins bonne qualité que celui qui peut être fait par le service public ». Ce dont le gouvernement se moque.

La centrale syndicale, la Histadrout, surtout implantée dans le secteur public, avait lancé lundi une grève générale pour dénoncer « l’abandon des otages » par le gouvernement. Bien qu’un tribunal ait déclaré la grève « politique » et « illégale » et que les bureaucrates syndicaux l’aient arrêtée à la mi-journée, des centaines de milliers de travailleurs ont suivi le mouvement, rejoint par des associations pacifistes et l’Association médicale israélienne. La veille, des manifestations massives avaient déjà eu lieu à Tel Aviv, à Jérusalem et dans nombre d’autres villes suite à l’annonce de la mort de six nouveaux otages à Gaza. Nombre de manifestants – ainsi que les familles des otages – reprochent à Netanyahou de les avoir abandonnés et de refuser tout accord de cessez-le-feu avec le Hamas pour des raisons purement politiciennes, notamment la survie de son gouvernement et la crainte, s’il perd le pouvoir, de se retrouver devant les tribunaux et de devoir répondre devant la justice de délits multiples allant d’enrichissement illégal et de corruption à faux et usage de faux. Le fait qu’une fraction croissante de la population israélienne s’oppose à la guerre est un fait positif, même si seule une minorité des pacifistes fait le lien entre les massacres de Gaza et la politique d’apartheid et d’oppression des Palestiniens menée par l’État sioniste depuis des décennies.

L’AfD (Alternative pour l’Allemagne) est devenu le premier parti d’extrême droite à remporter un scrutin régional depuis la Seconde Guerre mondiale. La formation raciste et anti-migrants s’est largement imposée aux élections en Thuringe et talonne également les conservateurs en Saxe. Ces scores, vus comme « historiques » dans ces deux régions de l’est du pays, infligent un nouveau camouflet à la coalition d’Olaf Scholz composée des sociaux-démocrates, des Verts et des sociaux-libéraux. L’AfD surfe depuis des mois sur les sentiments anti-migrants, relancés de plus belle par le triple meurtre au couteau imputé à un réfugié syrien. Dans ces deux Länder, l’AfD obtient environ un tiers des suffrages auxquels il fait ajouter les 10 % obtenus par une nouvelle formation populiste, le BSW, qui a séduit par son discours virulent contre l’immigration mais aussi appelé à mettre un terme aux livraisons d’armes à l’Ukraine, une position populaire dans ces régions de l’ex-RDA (Allemagne de l’Est) où la peur de la guerre reste profondément ancrée. Jusqu’à présent la seule réponse de la gauche social-démocrate (créditée de 7 à 8 % des voix dans ces scrutins) à cette poussée de l’extrême droite a été de faire de la surenchère anti-migrants et de refuser de discuter de son appui inconditionnel à l’Ukraine. Une façon de laisser le champ libre aux pires ennemis de la classe ouvrière.

Un procès hors norme vient de s’ouvrir devant la cour criminelle du Vaucluse : celui de 51 hommes accusés d’avoir violé une femme, droguée par son mari. Ce dernier se retrouve aussi sur le banc des accusés. Pendant dix ans, il avait recruté des inconnus sur Internet pour abuser de son épouse après l’avoir endormie avec des anxiolytiques. Le procès va durer quatre mois et la victime a refusé le huis clos pour montrer comme « des hommes ordinaires » (cariste, intérimaire, officier chez les pompiers, infirmier, entrepreneur ou journaliste, célibataires, mariés ou divorcés, pères de famille, etc.) pouvaient sciemment participer à des crimes sexuels en affirmant, pour certains d’entre eux, avoir simplement pris part « aux fantasmes d’un couple libertin ». C’est finalement le 2 novembre 2020 que l’épouse apprendra de la bouche des policiers qu’à 68 ans, malgré 50 ans de vie commune, elle ne savait rien de son mari. C’est aussi une famille de trois enfants et cinq petits-enfants qui se retrouve pulvérisée. Et j’ai cessé de t’appeler papa deviendra le titre du livre d’une des filles du couple, Caroline Darian. Celle-ci transforme le choc en combat et accepte de revenir longuement dans les médias et dans son livre sur l’affaire avec un seul but, que cela serve aux autres. Car la soumission chimique qu’a subie sa mère est selon elle « un fléau de société », encore largement méconnu et délaissé par les pouvoirs publics, qu’elle dénonce avec son association M’endors pas. Un combat qui mérite d’être mieux connu.

L’alliance des partis indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, le Front de libération national kanak et socialiste (FLNKS) vient de désigner Christian Tein comme son nouveau président. Ce dernier est détenu en métropole depuis le 23 juin. En tant que porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), il est accusé d’être responsable des troubles dans l’archipel qui avaient fait onze morts. Or les troubles en question étaient directement liés non seulement au passage en force et sans consultation d’une réforme électorale qui marginalisait la population kanak, mais aussi, et surtout, à l’envoi sur place de forces de police et de gendarmerie qui reçurent l’appui des milices armées loyalistes d’extrême droite. Dans ce contexte, désigner Tein à la tête du FLNKS est une façon de dire à Paris que le peuple kanak ne baisse pas les bras.