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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est félicité de la venue dans le pays de 1 750 membres des forces de sécurité intérieure provenant d’une quarantaine de pays à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques. « C’est normal d’avoir des policiers, des gendarmes, des agents de sécurité civile, des démineurs de pays étrangers, pour aider au plus grand événement du monde, les Jeux olympiques d’été », a poursuivi le ministre sur Franceinfo. Et les Jeux terminés, Darmanin les remerciera sans doute pour leur professionnalisme. Quant aux milliers de travailleurs étrangers sans papiers qui ont travaillé sans relâche sur les chantiers olympiques pour qu’ils soient prêts à temps, il est plus probable qu’ils reçoivent au final non les félicitations du ministre mais une obligation de quitter le territoire.

C’est ONG Oxfam France qui le dit dans un rapport intitulé « Changement climatique : nous ne sommes pas prêt.es » qui compile des dizaines d’études sur le réchauffement : face à ce phénomène, riches et pauvres ne sont pas égaux. Selon Quentin Ghesquiere, auteur du rapport, « en Europe les 20 % les plus riches sont plus adaptés que les 20 % des plus pauvres ». Et il poursuit : « L’État, dans ses plans d’adaptation, ne prend pas du tout en compte le fait que le changement climatique ne touche pas les personnes de la même manière. » Pour un logement menacé « par des inondations ou des vagues de chaleur », il se demande comment font « les personnes qui ne sont pas propriétaires, ou qui n’ont pas les moyens ». Le rapport estime que la moitié de nos droits fondamentaux, comme l’accès à la santé ou au logement, sont menacés. Une constatation pertinente. Oxfam plaide donc pour affecter plusieurs dizaines de milliards d’euros de mesures publiques pour s’adapter dès aujourd’hui, un plan qui serait financé… par une fiscalité plus juste. Mais compter sur l’État pour prendre au sérieux le réchauffement climatique ou instaurer une fiscalité équitable est du domaine du rêve.

La Commission de régulation de l’énergie a annoncé que le gouvernement avait finalement renoncé à appliquer une augmentation de 1 % des tarifs de l’électricité prévue pour le 1er août prochain, après celle déjà appliquée en juillet. Une décision largement politique a concédé à mots couverts le ministère des Finances qui a déclaré : « Manifestement, augmenter à l’été pour (éventuellement) rediminuer au début de l’année prochaine, ce n’est pas acceptable et cela ne s’inscrit pas dans l’objectif, on peut le dire, d’apaisement sur le sujet du prix de l’énergie qui a été assez marqué dans les campagnes électorales qui viennent de se passer. » En langage clair : la claque électorale reçue par le camp présidentiel aux Européennes et aux législatives a fait réfléchir à deux fois Bruno Le Maire avant de décréter une nouvelle hausse de l’électricité impopulaire. Une mesure « de bon sens » a abondé, sans rire, Roland Lescure, le ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’énergie, mesure qui n’était pourtant pas à l’ordre du jour avant les élections. Comme quoi une dérouillée électorale a parfois du bon… sens.

À treier jours de l’ouverture des Jeux olympiques et en présence de nombreux journalistes et de chaines TV, la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a tenu à se baigner dans la Seine, grillant ainsi la politesse à la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui devrait le faire le 17 de ce mois. Cette bataille d’ego parfaitement ridicule a, parait-il, pour but de démontrer la propreté des eaux du fleuve et inciter les Parisiens à piquer une tête. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Car, au cours des derniers mois, la Seine n’a été propice à la baignade que quelques jours fin juin. Entre temps, les fortes crues et une pollution persistante ont amené à annuler plusieurs répétitions ds futures compétitions olympiques. Mais Hidalgo a fait de cette baignade un argument en faveur du futur renouvellement de son mandat à la tête de la capitale. Comme aurait pu l’écrire Guillaume Apollinaire : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine et les bactéries faut-il qu’il m’en souvienne. ». 

Selon l’Insee, 11,7 % des personnes interrogées déclarent avoir dû, en 2023, se priver de chauffage et 12,3 % ne pas avoir eu les moyens de manger régulièrement un plat protéiné (viande, poisson ou équivalent végétarien). « Les taux de privations liées à la consommation de protéines et de chauffage ont presque doublé depuis 2014 : en France métropolitaine, seule 6 % de la population manquait alors de moyens pour se chauffer, et seule 7 % était privée de viande ou d’un équivalent végétarien », estime le rapport de l’institut de statistiques. Si ce sont celles qui ont le plus augmenté d’une année sur l’autre, ces deux catégories ne sont pas celles qui frappent le plus grand nombre. Toujours en tête de classement, ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 100 euros concerne 28,4 % des personnes et 24,1 % d’entre elles ne peuvent se payer une semaine de vacances dans l’année. Face à cette situation, l’augmentation des salaires, retraites et minima sociaux est plus qu’urgente. 

Parcoursup est un site Web créé en 2018 et destiné à recueillir et gérer les vœux d’affectation des futurs étudiants de l’enseignement supérieur. Le système était censé fluidifier les inscriptions et mieux répondre aux attentes en toute impartialité. Dans la pratique, on est loin du compte. Des jeunes par dizaines de milliers sont laissés sur le carreau chaque année ou contraints d’accepter des formations qu’ils n’avaient pas choisies. En 2024, selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, 85 020 candidats n’ont pas d’offre d’affectation à ce jour, sur un total de 848 917 inscrits, soit plus de 10 %. Parmi ces candidats figurent 40 379 lycéens, 26 882 étudiants en demande de réorientation et 17 759 candidats scolarisés à l’étranger. À plusieurs reprises tant la Défenseure des droits que la Cour des comptes et le Conseil constitutionnel ont dénoncé le manque de transparence d’une application qui, à travers l’application d’algorithmes plus ou moins obscurs, défavorise les jeunes issus des milieux populaires et des établissements considérés comme « à problèmes ». Un système de classe…

Nouveau massacre de Gazaouis. Au moins 71 Palestiniens ont été tués et 289 autres blessés dans une frappe israélienne sur le camp de personnes déplacées d’al-Mawasi, dans le sud de la bande de Gaza. Pourtant le camp se trouvait dans un endroit que l’occupant avait qualifiée de « zone humanitaire sûre » pour inciter les civils à s’y réfugier. Pour justifier cette nouvelle tuerie, l’armée israélienne dit avoir visé deux hauts dirigeants du Hamas et d’autres « terroristes [qui] se cachaient parmi des civils ». On connait la chanson. Lorsque l’occupant sioniste bombarde une école ou un hôpital c’est pour tuer « des terroristes » en sachant que pour lui tout Palestinien est un terroriste en puissance. En fait, Netanyahou et ses amis reprennent à leur compte la célèbre formule du légat du pape, Arnaud Amaury, qui lors du siège de Béziers en 1209 répondait à ceux qui s’inquiétaient d’un massacre qui toucherait toute la population civile : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a décidé très discrètement – contrairement à son habitude – d’abaisser le taux du livret d’épargne populaire (LEP) de 5 à 4 %. Le nouveau taux entrera en vigueur le 1er août. Il avait été déjà abaissé de 6 à 5 % le 1er février dernier. Ce produit d’épargne très réglementé est accessible sous conditions de revenus. Actuellement, des LEP sont détenus par 11,4 millions de foyers aux faibles revenus. Sa baisse risque d’affecter nombre de familles. Le Maire a agi sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, un monsieur qui, comme lui, n’a pas les fins de mois difficiles. L’un et l’autre mettent en avant le recul de l’inflation pour justifier cette décision. Or, si l’inflation a reculé en termes généraux, elle reste forte sur les produits de première nécessité et impacte les plus modestes. Mais de cela ces messieurs s’en moquent. 

Selon une enquête intitulée Niveau de vie et pauvreté en 2022, que vient de publier l’Institut national de la statistique, 14,4 % de la population se trouvait en situation de pauvreté. C’est à dire que 9,1 millions de personnes disposaient de revenus mensuels inférieurs au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian, soit 1216 euros net pour une personne seule. Les 20 % des personnes les plus modestes percevaient 8,7 % de la masse totale des niveaux de vie et les 20 % les plus riches 38,3 %, c’est à dire près de quatre fois et demi plus. On n’a pas encore les chiffres pour 2023 mais il y a peu de chances que depuis les choses se soient améliorées.