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Brèves

L’actualité en bref

L’Unédic vient de sortir une « étude d’impact » sur les conséquences des mesures envisagées par le gouvernement : passage de la durée requise pour ouvrir des droits à 9 mois de travail sur une période de 18 mois, durée d’indemnisation ramenée à 12 mois. Cumulées, ces mesures pénaliseraient tous les travailleurs, qu’ils soient en intérim, CDD ou CDI. Le passage à 12 mois d’allocations par exemple : c’est 6 milliards d’euros sur le dos de 45 % des allocataires !

Présentant les 92 propositions de son programme pour les élections européennes, Marion Maréchal a défendu l’idée d’encercler l’Union européenne d’une « triple frontière » pour stopper la prétendue « invasion migratoire » qui n’existe que dans ses fantasmes. Elle préconise donc « la fin de la libre circulation pour les extra-Européens, le blocus militaire naval en Méditerranée » et une « frontière au-delà de nos frontières, à travers les accords de coopération avec les pays du pourtour méditerranéen pour lutter contre l’émigration ». Bref une Europe avec un peu plus de murs, de barbelés et de camps d’internement. Charmante perspective. Dans le même temps Eurostat, l’organisme de statistiques de la Commission européenne, évaluait qu’en 2022, 5 millions de personnes avaient migré vers l’Union européenne, soit 0,6 % de la population totale. On a connu des invasions plus massives…

Lorsqu’il avait supprimé l’impôt sur la fortune, en 2018, Macron avait juré que c’était « une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés ». Et il poursuivait qu’il s’agissait « d’encourager l’investissement en direction de l’économie réelle, de la recherche, des usines, de la production ». Six ans plus tard le bilan est accablant. Non seulement, selon la Cour des comptes, on a enregistré aucun signe de ruissellement de cette richesse vers l’économie réelle mais, de plus, affirme un autre organisme officiel, le Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, la suppression de l’ISF représente en moyenne chaque année un manque à gagner de 4,5 milliards d’euros pour les finances publiques. Aujourd’hui la concentration des richesses entre un petit nombre de mains (et de poches) est beaucoup plus prononcée qu’au début des années 2010 : 0,1 % des foyers fiscaux, au nombre de 40 000, ont concentré 62 % des dividendes versés chaque année et 0,01 %, soit 4 000 foyers, 33 % à eux seuls. Quant aux plus-values immobilières elles ont été captées à 70 % là encore par 4 000 foyers, souvent les mêmes que les précédents. Pour les plus riches tout baigne.

Des dizaines de vols ont dû être annulés samedi à l’aéroport de Munich, le deuxième en Allemagne par sa fréquentation, investi tôt le matin par des militants pour le climat. Last Generation, qui a revendiqué l’action, est une organisation connue pour organiser des manifestations spectaculaires, comme se coller à des routes très fréquentées. Ses militants ont forcé le passage en coupant une clôture, entraînant l’annulation de 61 décollages et atterrissages. Last Generation a accusé sur X le gouvernement allemand de ne pas en faire assez pour décourager le recours à l’avion et ses émissions dommageables pour le climat. « Il est absurde que les gens soient plus susceptibles de pouvoir se payer des vols que des voyages en train », a déclaré un porte-parole du groupe. Et de poursuivre : « La responsabilité en incombe au gouvernement : il subventionne les vols alors que les chemins de fer sont coupés à l’os. » Ce qui est vrai… et pas seulement en Allemagne.

Selon le Réseau de solidarité contre l’occupation de la Palestine (Rescop) le gouvernement de Pedro Sánchez a refusé en 48 heures l’autorisation d’accoster à deux navires chargés d’armes à destination d’Israël. Le premier, le Marianne Danica, battant pavillon danois, avait demandé l’autorisation de faire escale dans le port de Carthagène avec à bord 27 tonnes d’explosifs venant de Madras, en Inde, à destination de Haïfa. Le second était un porte-containers, le Borkum, immatriculé à Antigua-et-Barbuda, un micro-État antillais, qui transportait un chargement militaire destiné au port israélien d’Ashdod, situé à une trentaine de kilomètres de la bande de Gaza. Le Rescop s’est réjoui dans un communiqué qu’« en 48 heures, deux navires transportant des armes à destination d’Israël n’ont pas transité par notre territoire grâce à la pression sociale ». De son côté, Jose Manuel Albares, le chef de la diplomatie espagnole, a déclaré : « À l’avenir le ministère des Affaires étrangères rejettera systématiquement ces escales pour une raison évidente. Le Moyen-Orient n’a pas besoin de davantage d’armes, il a besoin de plus de paix. »

La barbarie continue. Sept personnes, cinq hommes et deux femmes, ont été pendues selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Parvin Moussavi, 53 ans, mère de deux enfants, a été exécutée à la prison d’Urmia (nord-ouest) avec cinq hommes, tous condamnés pour trafic de drogue. À Nishapur (est), une femme de 27 ans, Fatemeh Abdullahi, a été pendue pour le meurtre de son mari qui était aussi son cousin. L’IHR affirme avoir comptabilisé 223 exécutions cette année, dont au moins 50 au cours du seul mois de mai. La République islamique exécute le plus de femmes dans le monde, selon des groupes de défense des droits humains, qui affirment que beaucoup sont victimes de mariages forcés ou abusifs. En 2023, au moins 22 femmes y ont été exécutées, le nombre le plus élevé de ces dix dernières années. L’IHR conclut que les condamnés à mort sont « les victimes bon marché de la machine à tuer de la République islamique, qui vise à semer la peur auprès de la population pour prévenir de nouvelles manifestations ».

Illan Pappé est un écrivain israélien dont la réputation dépasse largement les frontières de l’État sioniste. À la fin des années 1980, il fut le fer de lance de ce que l’on a appelé les « Nouveaux historiens » qui dynamitèrent la version officielle de l’histoire de la Palestine en montrant que l’expulsion et l’oppression des Palestiniens furent inscrites très tôt dans le projet sioniste. Juif, israélien, anti-sioniste et soutien des Palestiniens, Pappé dérange. Et pas seulement l’establishment israélien. Il a en effet été arrêté par le FBI à son arrivée à l’aéroport de Détroit, dans le Michigan. Il a lui-même ironisé sur son compte Facebook : « Saviez-vous qu’un professeur d’histoire âgé de 70 ans menaçait la sécurité nationale des États-Unis ? » Interrogé pendant deux heures il s’est vu confisquer son téléphone portable. On lui a notamment posé des questions sur ses amis arabes et musulmans aux États-Unis et sur les relations qu’il entretenait avec eux. « Je sais, a dit Pappé, que beaucoup d’entre vous ont vécu une expérience bien pire, mais sachant que la France et l’Allemagne ont refusé l’entrée au recteur de l’université de Glasgow parce qu’il était Palestinien, Dieu sait ce qu’il va se passer ensuite. » Et de conclure : « La bonne nouvelle, c’est que des mesures comme celle-ci sont prises par les États-Unis ou les pays européens sous la pression du lobby israélien ou d’Israël lui-même, et cela sent la panique et le désespoir en réaction au fait qu’Israël soit devenu un État paria avec tous les implications d’un tel statut. »

Depuis le début de l’année, près de 16 000 migrants africains sont arrivés aux Canaries, soit une augmentation de près de 370 % par rapport à la même période en 2023. Les candidats au départ embarquent clandestinement sur des pirogues en bois, à moteur, qui peuvent atteindre une vingtaine de mètres mais ne sont pas adaptées à des trajets en haute mer. Ils veulent gagner ces îles, distantes de 1 700 kilomètres des côtés sénégalaises et qui appartiennent à l’Espagne, car cela leur ouvre la perspective de gagner ensuite les pays de l’Union européenne. Ils partent clandestinement du Sénégal, de Gambie, de Côte d’Ivoire et d’autres pays voisins. Et les morts sont nombreux : vingt-six migrants partis de Guinée ont péri au large du Sénégal dans le naufrage de leur embarcation ces jours derniers. En février, plus de vingt corps avaient été récupérés sur une autre plage sénégalaise, après le naufrage d’une pirogue en mer. Selon les témoignages des rescapés, près de 300 personnes avaient pris place à bord. Les survivants avaient évoqué des dizaines de disparus. Et cette hécatombe s’amplifiera tant que l’Union européenne continuera de fermer ses frontières, obligeant les migrants à emprunter des itinéraires dangereux au péril de leur vie.

Alors qu’on a célébré le 17 mai la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie les statistiques du ministère de l’Intérieur révèlent que dans l’Hexagone les atteintes envers les personnes LGBTI+ ont augmenté de 13 % en 2023 par rapport à 2022, avec même un bond de 19 % pour les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Au total, 4 560 infractions contre les lesbiennes, gays, bi, trans et intersexes ont été enregistrées l’an passé : 2 870 crimes ou délits et 1 690 contraventions (qui sont à 94 % liées à des injures). Les crimes et délits (diffamation, agressions, menaces, harcèlement, etc.), déjà en hausse de 13 % en 2022, bondissent de 19 %, tandis que les contraventions, qui avaient baissé de 9 %, progressent cette fois de 4 %. Depuis 2016 on a constaté chaque année une augmentation constante des actes anti-LGBTI+. Un fléau qui s’amplifie et qui doit être combattu bec et ongles.