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Brèves

L’actualité en bref

L’excuse de minorité – « atténuation de responsabilité » dans le langage juridique – s’applique aux mineurs de 13 à 17 ans inclus considérés comme capables de discernement et reconnus coupable de « crimes, délits ou contraventions ». Elle stipule qu’ils ne peuvent écoper d’une peine de prison supérieure à la moitié de la peine requise pour une personne majeure. Cette législation, qui date de 1945, posait les grands principes modernes de la justice pénale des mineurs en soulignant que le but était d’abord de les protéger et de les éduquer avant même de les punir. Une avancée saluée à l’époque par les pédagogues et les juristes. C’est là-dessus que veut revenir Attal, qui multiplie les déclarations sécuritaires contre la jeunesse. Il a reçu, sans surprise, le soutien des Républicains et du Rassemblement national. Mais son efficacité a été immédiatement mise en doute par plusieurs magistrats. « Je ne pense pas qu’un jeune qui n’est pas dissuadé par la perspective d’aller en prison pendant deux ans et demi le sera davantage par le risque de prendre cinq ans », estime Myrtis Vinas-Roudières, juge des enfants à Bobigny et déléguée du Syndicat de la magistrature. Ce syndicat dénonce aussi dans un communiqué « la réactivation du fantasme de la “culture de l’excuse” » et fait valoir que « loin des représentations bien commodes d’une justice prétendument laxiste et dépassée […] la justice des mineurs s’est au contraire considérablement durcie ces dernières années », avec des peines d’emprisonnement de plus en plus sévères pour les jeunes. Mais Attal, pour flatter l’électorat de la droite extrême et de l’extrême droite, veut aller encore plus loin.

Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, a touché un salaire d’environ 4,5 millions en 2023. La rémunération du PDG est composée d’une part fixe (1,6 million d’euros) et d’une part variable (2,85 millions d’euros), de 75 000 euros de rémunération au titre du mandat d’administrateur et d’un peu moins de 17 000 euros d’avantages en nature notamment un véhicule de fonction. À ces sommes s’ajoute une « rémunération long terme » prenant la forme d’une « attribution d’actions de performance, pour une valorisation représentant 55 % de la rémunération globale maximum », soit 5,3 millions d’euros. De plus, Bompard détient un peu plus d’un million d’actions Carrefour, valorisées à environ 16,3 millions d’euros. Pendant ce temps les salariés du groupe sont payés au lance-pierre et tirent la langue.

Washington a mis son veto au Conseil de sécurité à l’adhésion des Palestiniens à l’ONU. Le projet de résolution présentée par l’Algérie qui recommandait cette adhésion a recueilli 12 votes pour, 1 contre et 2 abstentions (Royaume-Uni et Suisse). L’admission d’un État, à l’ONU doit recevoir une recommandation positive du Conseil, soit au moins 9 voix sur 15 en faveur, sans veto d’un membre permanent, puis être approuvée par l’Assemblée générale, à la majorité des deux tiers. Le vote sans surprise du représentant américain s’explique uniquement par le refus de son allié israélien de toute idée d’État palestinien. Et s’il arrive parfois à l’administration américaine d’évoquer une telle perspective, elle ajoute aussitôt qu’elle devra se faire en accord avec Israël, qui y est farouchement opposé. De ce point de vue la rhétorique de Biden tient du canular.

L’Union européenne vient d’imposer des sanctions contre quatre colons israéliens et deux groupes de militants « extrémistes » pour des violences commises contre des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem. Ces personnes et entités sanctionnées « sont responsables de graves violations des droits humains à l’encontre des Palestiniens », a déclaré le Conseil de l’Union européenne, l’institution qui représente les 27 États membres. Ces violations incluent « des actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que la violation du droit à la propriété et du droit à la vie privée et familiale des Palestiniens en Cisjordanie », a-t-il expliqué. Cibler quelques colons et certaines de leurs organisations permet à Bruxelles de désigner quelques boucs émissaires sans jamais mettre en cause l’État d’Israël et son gouvernement qui sont derrière ces violences, ces tortures et ces meurtres. Dernier exemple en date : à la mi-avril, des centaines de colons israéliens – protégés par l’armée – ont pris d’assaut, pendant trois jours, le village d’Al-Mughayyer, situé près de Ramallah, détruisant de nombreuses habitations, incendiant des voitures et faisant de nombreux blessés. On attend toujours une condamnation de l’Union européenne pour ces exactions et le gouvernement israélien qui les cautionne.

Quelques centaines d’automobilistes, qui s’étaient approvisionnés en essence ou gazole dans trois stations-services liées à des magasins E. Leclerc, se sont retrouvés face à de gros problèmes avec leur véhicule. Ils souhaitent être dédommagés des frais engagés, mais également connaitre les raisons de ces défaillances mécaniques. D’autant plus que de l’eau a été retrouvée dans les réservoirs, ajoutée au carburant. On ne sait toujours pas s’il s’agit d’un accident ou d’une arnaque locale, montée par de petits malins que les super-profits des compagnies pétrolière font rêver et qui voulaient avoir une (minuscule) part du gâteau. Gagne-petit…

Le 21 avril 1944, les femmes obtenaient le droit de vote. C’est le gouvernement provisoire de De Gaulle, à Alger, qui le leur octroyait alors que la Métropole était encore occupée par l’armée allemande. Elles obtenaient ce droit 153 ans après les hommes, qui étaient devenus citoyens de plein droit en 1791. La France suivait, avec beaucoup de retard, des pays qui l’avaient accordé beaucoup plus tôt comme la Nouvelle-Zélande (1893), l’Australie (1901), la Finlande (1906) ou la Norvège (1913). Mais si, depuis lors, les femmes ont arraché de nouveaux droits, notamment dans le domaine sociétal (égalité juridique dans le couple, divorce, garde des enfants, légalisation de l’IVG…) la lutte continue pour qu’elles obtiennent l’égalité réelle dans tous les domaines.

La ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire, veut obliger les grandes enseignes à signaler les produits vendus plus cher pour un contenu moindre, ce qu’on appelle la « shrinkflation ». « À partir du 1er juillet, quand des produits, alimentaires ou non alimentaires d’ailleurs, seront “shrinkflatés” […] il y aura une affichette dans le rayon durant deux mois », a-t-elle précisé. Sur cette affichette, sera écrit : « pour ce produit, la quantité vendue est passée de X à Y et son prix au kilo, gramme ou litre a augmenté de X % ou X € » a-t-elle élaboré. L’arrêté, « signé le 16 avril », est actuellement « sur la table du Premier ministre » et « devrait être publié au Journal officiel dans les jours qui viennent », a assuré la ministre. Pas de quoi effrayer la grande distribution. Il lui suffira de modifier les emballages et d’affirmer qu’il s’agit d’un produit différent pour passer entre les gouttes. Ce qu’elle fait depuis des années.

Une majorité de députés, appartenant à la droite et à l’extrême droite, viennent d’autoriser la présence, à titre dissuasif, de militants ou d’organisations anti-avortement au sein des cliniques et des centres médicaux qui délivrent les attestations médicales pour avorter. Cette décision donne un sérieux coup d’accélérateur à la volonté de la Première ministre, Giorgia Meloni, de réduire l’accès à l’IVG dans le pays en dissuadant les Italiennes par tous les moyens. Le vice-Premier ministre Antonio Tajani assure que la nouvelle mesure n’a pas pour objectif de faire changer la loi sur l’avortement adoptée en 1978, mais simplement de décriminaliser « ceux qui sont contre l’avortement ». Cerise sur le gâteau, cette mesure sera financée par le fonds de relance post-Covid de l’Union européenne, dont le pays est le plus grand bénéficiaire. Les partis de gauche et les associations féministes ont dénoncé « une gifle pour les femmes, leurs droits et leur autodétermination » et une « grave attaque contre la liberté des femmes ». C’est le moins que l’on puisse dire.

L’Œil du 20 heures, le magazine du journal télévisé de France 2, a consacré un reportage à l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan qui forme les élèves officiers de l’armée française. Et ce n’est pas triste. À partir de témoignages, les journalistes révèlent que sexisme et agressions sexuelles sont monnaie courante dans cette école, parait-il « prestigieuse », alors que la direction ferme les yeux. D’après une ancienne saint-cyrienne, le harcèlement toucherait aussi ceux qui tentent de dénoncer les dérives. « À l’école, les élèves les plus durs appellent ceux qui parlent aux femmes les “souzes”… Ça veut dire “sous-hommes” », raconte-t-elle. Un autre témoignage, écrit cette fois, explique : « Depuis l’automne, les choses se dégradent considérablement pour les femmes du bataillon. Sur 18 filles, deux sont en arrêt maladie, une a tenté de mettre fin à ses jours et deux autres ont vécu des agressions sexuelles. » En février 2016, un sous-lieutenant s’est suicidé d’une balle dans la tête. Une psychologue militaire l’avait rencontré auparavant et notait à son propos : « Il est assez réservé au départ et n’adhère pas forcément aux valeurs saint-cyriennes, surtout celles concernant le rejet des filles ou des étrangers par exemple. » En outre, la page Facebook Poupée de Cyr propose des t-shirts « PAC », autrement dit « Pute à cyrard », une injure pour désigner les compagnes des élèves. Sexisme, racisme, exaltation des valeurs pseudo-viriles, mépris pour les plus faibles, Saint-Cyr est un véritable cloaque. Invité à réagir sur les faits dénoncés dans cette enquête, le ministère des Armées dit découvrir la situation. Mais comment s’en étonner de la part d’une institution refuge de l’idéologie viriliste et dont la fonction est d’opprimer et de tuer ?