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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, en visite dans l’île antillaise, a ordonné l’instauration pendant deux mois d’un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre, afin, selon lui, de lutter contre une flambée des violences sur le territoire. Cette mesure, qui entrera en application lors de la semaine du 22 avril, sera effective à partir de 20 heures chaque soir. Il a profité de l’occasion pour aller à la rencontre « des policiers et des gendarmes qui mènent actuellement une opération “Place nette” à Pointe-à-Pitre ». Au-delà des effets d’annonce, qui n’auront sans doute aucune influence sur la situation sociale locale et les violences, on peut noter que lorsqu’il s’agit de départements d’Outre-mer (Mayotte et la Guyane hier, la Guadeloupe aujourd’hui) sa politique répressive, notamment à l’égard de la jeunesse, n’hésite pas à violer les droits élémentaires de la population. Comme au « bon vieux temps » des colonies…

L’association Foodwatch, qui dénonce les fraudes dans l’industrie alimentaire, vient d’épingler trois marques qu’elles accusent de pratiquer la « cheapflation », c’est-à-dire d’avoir réduit ou supprimé des ingrédients pour des produits moins chers ou de moindre qualité dans leurs plats cuisinés ou leur boisson. Par exemple les poulets cordons bleus Le Gaulois contiennent 7 % de poulet et 40 % de fromage en moins mais leur prix a bondi de 22 % depuis avril 2022. Dans les hachés à poêler au jambon de Fleury Michon la proportion de viande est passée de 48 % à 35 %, et le poids du haché de 200 à 190 grammes alors que le prix au kilo grimpait de 23 % entre 2022 et 2024. Enfin le skier de la marque Siggi’s, une boisson lactée commercialisée par Lactalis-Nestlé, a vu la quantité de sucre diminuée et remplacée en partie par du sirop d’agave, moins cher, tout en augmentant le prix de 13 %. Et toutes ces manipulations se font aux dépens des consommateurs. Merci pour eux…

Le secrétaire général de la CGT du Nord, Jean-Paul Delescaut, a été condamné par le tribunal correctionnel de Lille à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». En cause, la publication d’un tract syndical paru trois jours après l’attaque du Hamas du 7 octobre, intitulé « La fin de l’occupation est la condition de la paix en Palestine ». Le texte diffusé par le syndicaliste était un message de soutien aux Gazaouis, trois jours après l’attaque sanglante du Hamas et la réplique aveugle d’Israël contre les habitants de l’enclave palestinienne. Des propos qui, selon le tribunal, « dédiaboliseraient les auteurs des attaques » et ne contiendraient « aucune condamnation explicite ou implicite des actes du 7 octobre ». Delescaut a fait aussitôt appel de ce jugement. Nous nous joignons à Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, pour dénoncer « un procès politique » et « un cap gravissime franchi dans la répression des libertés ».

Le 5 mars dernier les enseignants du lycée polyvalent de Cachan avaient exercé leur droit de retrait face à des conditions de travail dégradées en raison de l’état délabré de certains bâtiments. Les lycéens s’étaient mobilisés en soutien. Après une manifestation devant le lycée et l’intervention policière ce jour-là, la répression s’est abattue subitement le 17 avril, plus d’un mois après les faits ! Cinq lycéens ont été interpellés comme si c’était des terroristes : interpellation en mode GIGN à 6 h 15 du matin, porte défoncée, famille menottée. Il est reproché à un des lycéens d’avoir cassé la vitre d’une voiture de police municipale… Bientôt 48 heures de garde à vue pour ça !

Jeudi 18 avril, un rassemblement était organisé devant le commissariat de Villejuif (94) avec la présence de la famille, d’une élue municipale et du NPA.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a plaidé pour une « nouvelle approche » à l’égard de l’Afrique, notamment sur le dossier migratoire, lors d’une visite en Tunisie, la quatrième en moins d’un mois. Cette « nouvelle approche » consiste à trouver de nouveaux moyens d’empêcher les migrants d’atteindre les côtes européennes, et notamment italiennes. Elle a tenu à remercier le président tunisien Kaïs Saïed « pour le travail que nous menons ensemble dans la lutte contre les trafiquants d’êtres humains ». Plusieurs ONG internationales ont dénoncé à cette occasion une « régression croissante des droits humains dans le pays » depuis le coup de force de Saïed à l’été 2021 par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs. Les ONG pointent notamment du doigt des arrestations d’opposants, de syndicalistes et de journalistes. Quant aux migrants, souvent d’origine subsaharienne, ils sont privés de tous droits, pourchassés et parqués dans des camps. Ce qui n’empêche pas l’Union européenne de verser 150 millions d’euros au dictateur tunisien pour qu’il continue à jouer son rôle de garde-chiourme.

À l’occasion de la « Journée des prisonniers », des rassemblements ont eu lieu dans les grandes villes du territoire, notamment à Hébron, Jéricho, Naplouse et Ramallah. Cette journée résonne particulièrement cette année après l’arrestation de milliers de personnes supplémentaires ces derniers mois. Selon le Club des prisonniers, le nombre de détenus est passé à plus de 9 000 aujourd’hui, contre 5 200 avant le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas en Israël. Sur ce nombre, plus d’un millier sont incarcérés en « détention administrative », un régime permettant à Israël d’incarcérer des personnes sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Depuis le début de la guerre à Gaza, les autorités pénitentiaires israéliennes ont annoncé « l’état d’urgence en prison », qui s’est traduit par un durcissement des conditions de détention, dont la fin des visites au parloir. Ce n’est pas la première fois, ni, sans aucun doute, la dernière, que les autorités sionistes violent grossièrement les droits élémentaires des prisonniers palestiniens.

À 100 jours des Jeux olympiques, le plus grand squat de France – qui a abrité jusqu’à 450 migrants – a été évacué à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) dans la banlieue sud de Paris. L’opération, attendue depuis plusieurs jours, a incité de nombreux sans-abris, qui avaient trouvé refuge dans cette entreprise désaffectée, à quitter les lieux avant l’arrivée des 250 membres des forces de l’ordre déployés en nombre pour les déloger. Ils logeaient dans ces locaux depuis plusieurs mois pour certains, faute de trouver un logement dans le parc privé ou dans l’attente d’un logement social. Selon l’association United migrants, qui leur apporte régulièrement son aide, 80 % d’entre eux sont en situation régulière et beaucoup ont un emploi. Ce qui n’empêche évidemment pas les pouvoirs publics de vouloir les chasser de la région parisienne avant les Jeux olympiques.

C’est Mediapart qui le signale. Chaque jour, en Seine-Saint-Denis, une cinquantaine de femmes enceintes ne peuvent être prises en charge, faute de places suffisantes mises à disposition par le 115, qui gère l’hébergement d’urgence, et dorment à la rue, alors même qu’elles sont censées être prioritaires. Une situation qui perdure depuis des années. En 2017, les maternités de Seine-Saint-Denis avaient déjà effectué 246 signalements de patientes enceintes et à la rue. L’année suivante, en 2018, l’association Interlogement 93, qui gère le 115 dans le département, poussait un cri d’alerte face à une situation qui s’aggravait. Et aujourd’hui les choses en sont au même point.

Le débat sur la situation en Palestine organisée par l’association étudiante « Palestine libre » au cours de laquelle devaient prendre la parole Jean-Luc Mélenchon et l’avocate franco-palestinienne Rima Hassan a finalement été annulée par l’université de Lille où elle devait avoir lieu. « Les conditions ne sont plus réunies pour garantir la sérénité des débats », justifie l’université dans un communiqué, évoquant notamment la montée des « tensions internationales » après « l’escalade militaire intervenue les 13 et 14 avril au Moyen-Orient ». Mais, plus concrètement, les autorités universitaires ont cédé aux pressions de politiciens de droite – notamment la députée macroniste du Nord, Violette Spillebout, et le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui ont surjoué l’indignation face à un évènement qu’ils accusent de propager « l’antisémitisme le plus violent ». Ils ont été rejoints par le député socialiste Jérôme Guedj. Une nouvelle tentative d’interdire toute discussion publique sur la situation en Palestine.