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Brèves

L’actualité en bref

Depuis des semaines des associations d’aide aux précaires dénoncent la politique qui consiste à chasser les pauvres et les précaires des rues de la capitale pendant les Jeux olympiques de Paris. Interrogée sur ce sujet dans l’émission Complément d’enquête, sur France 2, la ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra, a nié cette réalité en affirmant qu’il s’agissait simplement de mettre en œuvre une « politique d’hébergement d’urgence (qui) vise à répartir l’effort sur différents territoires ». Elle répondait sur ce point au maire d’Orléans qui s’inquiétait de l’arrivée dans sa ville de centaines de migrants et de SDF qui seraient, selon lui, déplacés discrètement par les autorités depuis Paris avant le début des épreuves olympiques. Bien au-delà du cas d’Orléans, ce sont pourtant des centaines de sans-abri qui ont été éloignés de Paris par les autorités ces derniers mois. De nombreuses associations et ONG ont alerté sur cette politique à l’œuvre dans la capitale, dénonçant notamment « des évacuations qui se font parfois sans aucune solution de relogement et d’hébergement ». Mais la ministre n’est pas au courant…

Avec 76 766 détenus au 1er mars pour 61 629 places opérationnelles, la surpopulation carcérale a atteint un niveau sans précédent dans le pays, selon des chiffres publiés par le ministère de la Justice. Cela contraint notamment 3 099 détenus à dormir sur un matelas posé à même le sol de leur cellule. La densité carcérale globale s’établit à 124,6 % mais dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines, elle atteint 148,7 %. Elle atteint ou dépasse même les 200 % dans douze établissements ou quartiers. Ce qui n’empêche pas les tribunaux d’envoyer chaque jour de nouvelles personnes en détention. En un an, la population carcérale a ainsi augmenté de 6,1 %. Le tout répressif, notamment à l’égard des jeunes des quartiers, sous couvert de lutte contre la délinquance, est en réalité une arme dans la guerre de classe menée par l’État contre les couches populaires.

On y est. C’est le 31 mars qu’entre en application le doublement des franchises médicales et de la participation forfaitaire, non remboursable par les mutuelles. Les patients devront désormais acquitter un euro au lieu de cinquante centimes par boite de médicament et les actes paramédicaux, deux euros pour les actes et consultations des médecins, les examens et les analyses de biologie médicale. Quant aux transports sanitaires, la franchise s’établira à quatre euros. C’est un impôt déguisé qui va permettre à l’État de nous faire les poches à hauteur de 850 millions d’euros. Une fois de plus…

TotalEnergies vient de célébrer ses cent ans d’existence en sablant le champagne au château de Versailles. 2023 a été pour le groupe pétrogazier une année faste puisqu’il a engrangé un bénéfice net record 19,8 milliards d’euros, soit une hausse de 4 % par rapport à 2022, déjà une année hors normes. Son PDG, Patrick Pouyanné, a mis ce résultat en lien avec « la croissance des hydrocarbures, en particulier du gaz naturel liquéfié et de l’électricité ». Le même jour ce fleuron mondial de la pollution et de l’évasion fiscale a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris à verser 15 000 euros à l’ONG Greenpeace France qu’il avait accusée faussement de « diffusion d’informations trompeuses » en novembre 2022 pour avoir remis en cause les chiffres diffusés par l’entreprise concernant son bilan carbone et son mode de calcul. Greenpeace estimait que ses vraies émissions de gaz à effet de serre étaient en fait quatre fois plus importantes que celles officiellement annoncées. Une pratique habituelle chez TotalEnergies.

Deux sites d’investigation, Disclose et Marsactu, ont dénoncé la vente à Israël de composants pour des pièces de cartouches. Selon ces sites, « la France a autorisé, fin octobre 2023, la livraison à Israël d’au moins 100 000 pièces de cartouches pour des fusils mitrailleurs susceptibles d’être utilisés contre des civils à Gaza ». Ils décrivent, photos à l’appui, « de petites pièces métalliques servant à relier entre elles des balles de fusils mitrailleurs » et permettant « des tirs en rafale ». C’est la société Eurolinks qui envoie ces munitions au groupe israélien IMI Systems depuis le port de Marseille. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, n’a pas nié ce contrat et ces livraisons mais a affirmé, sans rire, que la licence d’exportation « ne concerne que la réexportation vers des pays tiers » et « ne donne pas droit à l’armée israélienne d’utiliser ces composants », notamment dans la bande de Gaza. Et si elle passe outre, Lecornu lui fera les gros yeux ? Une menace qui fait trembler l’état-major de Tsahal.

L’association 60 millions de consommateurs alerte sur la présence de résidus de pesticides et de molécules « cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction » dans plusieurs références de salades vendues en supermarchés. L’association a passé au crible vingt-six salades en sachets : des laitues classiques et iceberg ainsi que des mâches. Ce type de salades déjà découpées, lavées et prêtes à la consommation, sont particulièrement appréciées des consommateurs, si bien que sept foyers sur dix en achètent. Or, sur les 26 références analysées, dont certaines bio, seulement cinq n’ont présenté aucune contamination aux pesticides. Pour le reste, une moyenne de 3,8 résidus de pesticides été détectée par salade contaminée venant de 28 molécules différentes. Dans tous les cas, il est recommandé de relaver la salade avant de la consommer. Cela retire une partie des résidus, mais pas tous car « certains ne sont pas solubles dans l’eau ». Bon appétit quand même…

Le secrétaire général et l’assistance administrative de l’union départementale CGT du Nord ont comparu devant le tribunal correctionnel de Lille pour « apologie du terrorisme ». En octobre dernier, dans la foulée de l’attaque du Hamas en Israël et aux premiers jours des bombardements de Tsahal sur Gaza, l’union départementale avait publié un tract de soutien à la cause palestinienne dans sa lutte « contre l’État colonial d’Israël » et estimait que les massacres commis par le Hamas le 7 octobre avaient pour toile de fond « les horreurs de l’occupation illégale (qui) se sont accumulées » en Palestine depuis 75 ans. La police, puis la justice, ont considéré que « le tract avait une forme d’apologie du terrorisme et d’appel à la haine ». D’où les poursuites engagées qui se placent dans la droite ligne de la politique de criminalisation des pouvoirs publics contre toutes celles et ceux qui soutiennent les Palestiniens. D’ailleurs, selon le ministre de la Justice, plus de 600 procédures judiciaires similaires ont été lancées contre des associations, des partis ou de simples militants depuis le début de la guerre à Gaza.

L’Assemblée nationale a approuvé une proposition de résolution qui « condamne la répression sanglante et meurtrière des Algériens commise sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon le 17 octobre 1961 », au cours de laquelle entre 300 et 400 manifestants pacifiques sont morts, certains matraqués puis jetés dans la Seine. Ces victimes faisaient partie des centaines de milliers d’Algériens exécutés par l’impérialisme français en Algérie et en Métropole entre 1954 et 1962. Il aura fallu 63 ans pour que soit enfin reconnu cette boucherie, niée pendant des décennies par les autorités. Et encore s’agit-il d’une reconnaissance a-minima, du bout des lèvres pourrait-on dire, qui n’a été votée que par 67 députés contre 11 au sein d’une Assemblée nationale aux bancs clairsemés. Quant au souhait des députés de voir inscrit « une journée de commémoration (de ce) massacre à l’agenda des journées nationales et cérémonies officielles » il a toutes les chances de demeurer un vœu pieux.

La Timac Agro fabrique des engrais chimiques sur plusieurs sites et appartient à une multinationale, le groupe Roullier. À Saint-Malo, ses conditions de travail difficiles et dangereuses. C’est aussi un très gros pollueur. Elle avait déjà été condamnée le 18 janvier pour un accident du travail survenu à un ouvrier qui avait eu le bras broyé dans un silo. Condamnation qui faisait suite à plusieurs autres dont une après un accident mortel à Bayonne, où un ouvrier avait été brûlé à l’acide en février 2016.

Cette fois, c’est pour pollution, concernant les sites de Saint-Malo et de Tonnay en Charente-Maritime, qu’elle a été sanctionnée par le tribunal de Brest le 27 février. À Saint-Malo, la condamnation concerne notamment des rejets d’ammoniac à des taux dix fois supérieurs à ceux autorisés ! Ce qui entraîne la multiplication des particules fines dans l’air et l’acidification des sols. En Charente, la Timac rejette, entre autres, de l’azote, de l’acide chlorhydrique et du phosphore. Sans oublier les tonnes de nitrate d’ammonium qu’elle stocke dans une zone urbanisée – le produit qui a causé la terrible catastrophe de Beyrouth en 2020.

Il aura fallu des années à quatre associations pour obtenir enfin cette condamnation de la Timac, car sa tactique est de faire traîner par tous les moyens possibles, en jouant sur son influence régionale et ses relations. Elle écope de 127 000 euros d’indemnités à leur verser. Une goutte d’eau pour une multinationale comme le groupe Roullier qui réalise quatre milliards de chiffre d’affaires par an. Pourtant les patrons de la Timac n’acceptent pas cette condamnation et continuent à nier les effets néfastes de leurs émissions sur la santé des habitants et l’environnement. C’est ainsi qu’ils ont osé faire appel de la décision de justice le 27 mars dernier. La lutte des habitants va donc continuer pour défendre leur santé.