Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les sénateurs Les Républicains s’apprêtent à déposer un projet de loi attaquant violemment les mineurs trans. Au programme, interdiction de traitement hormonal et de toute chirurgie avant 18 ans : en réalité les secondes sont très rares, et l’accès aux hormones est un véritable parcours du combattant. Mais ce n’est pas tout : ils veulent interdire tout changement de prénom et d’identité sociale ! Un texte aux fondements patriarcaux et rétrogrades, directement inspiré des propositions de Trump. Ils se servent des personnes mineures comme prétexte, mais qu’on se le dise : c’est bien toute possibilité de transition, enfant comme adulte, qu’ils aimeraient empêcher. Pour défendre l’ordre hétérosexuel et patriarcal de la société bourgeoise, les réactionnaires veulent contrôler les vies et les corps des personnes trans, comme ceux des femmes, des lesbiennes, des gays ou des bis. Bas les pattes : nos corps, nos choix !

Vendredi dernier, le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guérini, a annoncé la couleur de la réforme à venir. Alors que le gouvernement vient de voter 600 millions d’euros d’économies dans la santé en 2024, Guérini veut augmenter la rémunération des directeurs d’hôpitaux ! Selon lui, elle « ne permet pas suffisamment de valoriser l’exercice de fonctions ou responsabilités nouvelles ». Le ministère confirme, « il faut qu’un directeur d’hôpital puisse devenir demain préfet ». Il en irait de l’égalité des hauts fonctionnaires ! Alors, un pour tous, tout pour le directeur !

En 2019, La Poste prenait le contrôle de BRT, leader du colis en Italie. Cette filiale de La Poste a été attrapée par les autorités anti-mafia. Ainsi, La Poste sous-traitait à des boîtes peu scrupuleuses, qui ne versaient aucune cotisation sociale et exploitaient sans droit des milliers de travailleurs. L’enquête a révélé que La Poste – donneur d’ordre – pratiquait le travail forcé (!) et a été condamnée par la justice italienne à l’amende record de 176 millions euros. En France, La Poste a été condamnée récemment pour « devoir de vigilance ». Elle employait pour trier et distribuer les colis dans ses filiales des travailleurs sans-papiers, qui ne bénéficient d’aucun droit, ni du salaire minimum. Sous-traitance illégale, travail dissimulé, fraude fiscale et sociale, travail forcé : les méthodes de voyous du groupe La Poste dépassent les frontières.

Il aura fallu plusieurs décennies pour qu’une disposition européenne donnant des congés payés aux travailleurs en arrêt maladie passe dans le droit français. Les patrons peuvent être soulagés car quatre semaines de congés sur cinq seulement sont garanties. Ils vont donc continuer à sauver des milliards d’euros sur le dos des salariés malades, avec la complicité de l’État. Et ils n’auront même pas à rembourser tout ce qu’ils ont gratté jusque-là, car seuls les congés volés dans les trois dernières années (ou dans les trois années qui précèdent la fin d’un contrat de travail) feront l’objet d’une restitution. De très nombreux travailleurs ayant subi des pathologies lourdes ne pourront donc pas en bénéficier. Le droit est à l’image de cette société : dur avec les travailleurs et doux avec les patrons.

Il y a une « probabilité élevée » que 2024 affiche à son tour des températures inégalées, alors que l’année écoulée vient conclure une décennie de chaleur record, poussant la planète « au bord du gouffre », vient d’alerter l’Organisation météorologique mondiale, une agence de l’ONU. Son dernier rapport montre que des records ont été battus l’an dernier, voire dans certains cas pulvérisés, s’agissant des niveaux de gaz à effet de serre, des températures de surface, du contenu thermique (l’énergie absorbée et stockée) et de l’acidification des océans, de l’élévation du niveau de la mer, de l’étendue de la banquise antarctique et du recul des glaciers. N’en jetez plus ! Et pendant ce temps le système capitaliste continue d’aller de l’avant… droit dans le mur. Il est plus que temps de l’empêcher de nuire…

Dans la soirée de dimanche, un commissariat de la ville a été pris pour cible par une cinquantaine personnes qui ont lancé des tirs de mortiers d’artifice et de projectiles. Ces heurts sont intervenus quatre jours après le décès d’un jeune homme de 18 ans, Wanys, percuté par un véhicule de police sur son scooter à la suite d’un refus d’obtempérer. Sans un mot pour la jeune victime, le leader d’extrême droite Éric Zemmour a expliqué sans rire : « Il faut, dans un premier temps, que les policiers puissent se défendre. Il est absolument scandaleux qu’ils soient ainsi agressés, caillassés, blessés. Il faut prévoir une présomption de légitime défense », c’est-à-dire le droit pour les policiers de tirer d’abord et de se justifier ensuite. Et d’appeler par ailleurs à « cesser le harcèlement judiciaire à l’égard des policiers ». Un scoop : les flics seraient les innocentes victimes de la justice qui les harcèle au quotidien ! À part Zemmour et quelques autres de même acabit, personne ne s’en était aperçu. À l’évidence, le président de Reconquête a manqué sa vocation de comique.

Avec 4 728 malades recensés, le pays a enregistré un rebond des cas de tuberculose, en 2023, alerte Santé publique France, qui appelle à la vigilance à quelques jours de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, prévue le 24 mars. Si elle reste aujourd’hui exceptionnelle en France, avec moins de 10 cas pour 100 000 habitants, cette infection bactérienne, très contagieuse, s’empare des poumons et peut se propager au cerveau. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le département de Saine-Saint-Denis, le plus pauvre de la Métropole, est aussi celui qui recense le plus grand nombre de cas de tuberculose.

Lors de ses déambulations dans la cité phocéenne, le président de la République, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et de la secrétaire d’État à la Ville Sabrina Agresti-Roubachea, a été interpellé à de nombreuses reprises sur la situation à Gaza et la politique de Paris. « Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on fait pour la Palestine, M. Macron ? », s’est indigné un Marseillais en l’accusant de « verser de l’eau dans le sable » avec l’action humanitaire de la France dans la bande de Gaza. « Au nom de Dieu, ne laissez pas ces enfants mourir », a imploré une grand-mère en pleurs, en demandant au président de « faire quelque chose pour les Palestiniens ». Un habitant de la cité de la Castellane lui a reproché de pratiquer « deux poids, deux mesures » dans son action en Ukraine et à Gaza. Et la réponse lénifiante de Macron vantant son action diplomatique et l’aide humanitaire larguée par avion aux Gazaouis n’a pas convaincu grand monde.

Emmanuel Macron a effectué une visite surprise à Marseille, cité de la Castellane, pour le lancement de la première d’une dizaine d’opérations « Place nette XXL » qui devraient s’étendre sur plusieurs semaines en France. Pas avare de déclarations à l’emporte-pièce il a affirmé : « C’est une opération sans précédent que nous avons lancée, pour porter un coup d’arrêt aux trafics de drogue, assurer l’ordre républicain. » Pour l’occasion, 800 à 900 gendarmes, policiers et douaniers avaient été mobilisés pour quadriller ce quartier sensible. Mais, une fois le président parti, il y a de fortes chances que le trafic de drogue continuera. Car pour l’éradiquer il ne suffit pas de montrer ses muscles et de sortir les matraques, il faut aussi et surtout s’en prendre à la misère, au chômage, au mal logement et aux conditions sociales sur lequel il prospère. Mais là pas de plan XXL en vue…