Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

« On tire la langue comme tout le monde », gémit le couple de politiciens corrompus Isabelle et Patrick Balkany sur C8. Isabelle, qui prétend ne gagner « que » 4 000 euros par mois (ce qui la place déjà dans les 15 % de Français les mieux payés…), n’arriverait plus à payer les factures d’eau et de fioul de sa « grande maison ». On est prêts à partager ses dépenses… à condition de partager ses millions planqués en Suisse.

Marion Maréchal, proche de Zemmour et qui conduira la liste Reconquête aux prochaines élections européennes, vient de s’indigner à propos de la chaine de télévision CNews. Pas pour ses dérapages racistes, sexistes, xénophobes et homophobes, pas non plus pour son assimilation de l’IVG à une maladie comparable au cancer ou au tabagisme, pas même pour l’affirmation selon laquelle les nazis auraient parqué les Juifs dans le ghetto de Varsovie dans « un geste hygiéniste pour les préserver du typhus ». Pour elle tout cela est de la petite bière. Non, ce qu’elle n’a pas supporté c’est que les dirigeants et les principaux journalistes de la chaîne aient été interrogés pendant plusieurs heures par les membres d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour examiner les attributions des fréquences des chaînes de la TNT dont les autorisations arrivent à échéance l’an prochain. Ces auditions ont été assimilées par la petite-fille de Le Pen à « un véritable procès de Moscou ». Pourtant l’équipe de CNews a été interrogée avec courtoisie et, de toute façon, ne risquait pas grand-chose, car leur patron, l’ultra-réactionnaire Vincent Bolloré, a toutes les chances de conserver en 2025 les fréquences de C8 et de CNews qu’il possède. Car dans notre société basée sur le fric on ne prive pas un patron milliardaire de ses hochets.

Les opposants au projet d’autoroute A69 Toulouse-Castres ont saisi en urgence la Cour européenne des droits de l’homme afin de faire cesser les méthodes employées par les autorités à leur égard. Ils dénoncent notamment le comportement des forces de l’ordre qui, pour déloger les manifestants accrochés dans les arbres, leur dénient l’accès à la nourriture et à l’eau potable, les privent de sommeil et les enfument. La Cour statuera lundi. Rappelons cependant qu’un envoyé spécial de l’ONU a dénoncé récemment ces méthodes… ce qui n’empêche nullement Darmanin et compagnie de continuer à les utiliser de plus belle. Et il en sera sans doute de même si elles sont condamnées par la justice.

C’est ce week-end qu’a été lancée la 39e campagne d’hiver des Restos du cœur, qui se terminera en avril. Ils envisagent de servir entre 165 et 168 millions de repas cette année. L’an dernier, ils ont assuré 35 % de l’aide alimentaire du pays, accueilli plus de 1,3 million de personnes (200 000 de plus en un an) dans 2 333 centres, aidé 126 000 enfants de moins de trois ans, grâce à l’action de 73 000 bénévoles et de 139 millions d’euros collectés auprès du public. Et ce sont plus de 100 000 personnes qui ont dû être refusées faute de moyens. Au 21e siècle, que ce soit une association comme les Restos (et d’autres) qui soit obligée d’intervenir pour aider les plus pauvres et pallier aux carences de l’État en dit long sur la réalité de la société capitaliste.

Nouveau cadeau de la macronie aux gros éleveurs. Le ministère de la Transition écologique a lancé une consultation sur un projet de décret qui permettrait à nombre de propriétaires d’élevages industriels de contourner l’évaluation environnementale préalable obligatoire à laquelle sont actuellement soumises leurs exploitations. En effet, les seuils applicables pour enclencher une telle évaluation seraient portés de 40 000 à 85 000 emplacements pour les volailles, de 2 000 à 3 000 pour les porcs de production et de 750 à 900 pour les truies. En deçà de ces seuils les évaluations se feraient au cas par cas. Un pas en arrière dans le domaine de la protection de l’environnement. Un de plus…

Lors du Salon de l’agriculture, Macron avait annoncé la mise en place de « prix planchers » censés protéger le revenu des paysans. Sa prise de position avait surpris tout le monde, car il avait toujours combattu cette revendication mise en avant par la Confédération paysanne et défendue au Parlement par la France insoumise. Bien mieux, Olivia Grégoire, sa ministre de la Consommation, affirmait que cette mesure « rappelait Cuba ou l’Union soviétique ». Ce qui n’a pas empêché Macron d’avaler son chapeau et de la reprendre à son compte sous la pression des paysans. Souvent Macron varie, bien fol est qui s’y fie…

61 millions d’électeurs étaient appelés à renouveler le Parlement mais aussi l’Assemblée des experts, chargée de désigner le guide suprême, la plus haute autorité de la République islamique. Si les autorités se sont félicitées de « la bonne » participation dans les 59 000 bureaux de vote, souvent installés dans des écoles et des mosquées, le suspense était nul. Et pour cause. Des dizaines de milliers d’opposants sont en prison et les islamistes « modérés » ont été largement écartés des scrutins et leurs candidatures invalidées. Autant dire que dans les futures assemblées, les islamistes les plus extrémistes vont se retrouver largement entre eux. Alors pourquoi se donner la peine d’organiser un tel scrutin ? Le principal enjeu est le taux de participation, car les autorités veulent montrer par ce biais au monde extérieur le pseudo-attachement de la population au régime. Elles ont du pain sur la planche. Lors des dernières élections, en 2020, selon les chiffres officiels, seuls 42,57 % des électeurs s’étaient officiellement déplacés, soit le taux le plus faible depuis la proclamation de la République islamique en 1979. Depuis, il y a eu le vaste mouvement de contestation qui a suivi le mort de Mahsa Amini en septembre 2022 et la désaffection croissante d’une large partie de la jeunesse à l’égard du régime. Alors il est probable que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei – qui a exhorté les Iraniens à participer à ces « élections fortes et ferventes » car « il est important de montrer au monde que la nation est mobilisée » – fera bidouiller les résultats si ces derniers ne lui conviennent pas. Mais cela ne trompera pas grand-monde. Quant aux groupes d’opposition ils ont tous appelé au boycott.

À Moscou, plusieurs milliers de ses sympathisants ont rendu un dernier hommage à Alexeï Navalny, le principal opposant à Poutine, décédé le 16 février dans la prison de l’Arctique où il purgeait une peine de 19 ans pour « extrémisme ». Sa veuve et leurs enfants, qui vivent en exil à l’étranger, n’étaient pas présents. La foule a applaudi la sortie du cercueil de l’église avant de se rendre en cortège au cimetière en criant « Non à la guerre ! ». Que des milliers de personnes se soient rassemblées malgré les menaces des autorités et de la police (45 d’entre elles ont été arrêtées) montre qu’il existe toujours des femmes et des hommes prêts à braver ouvertement le régime policier. Et cela – au-delà des idées de Navalny que nous ne partageons pas – est un signe d’espoir pour l’avenir.

L’élection partielle de Rochdale, une ville du nord-ouest de l’Angleterre non loin de Manchester, s’est transformée en un référendum pour ou contre les Palestiniens. En effet, le vainqueur de cette compétition électorale, George Galloway, du Parti des travailleurs de Grande-Bretagne, l’a emporté avec plus de 12 000 voix laissant loin derrière les autres candidats. Galloway avait entièrement centré sa campagne sur la solidarité avec les Gazouis et la dénonciation de l’agression israélienne. Quelques jours avant le scrutin, le candidat officiel travailliste, Azhar Ali, avait été suspendu par le dirigeant du parti, Keir Starmer, qui lui reprochait ses critiques à l’égard d’Israël, qualifiées en la circonstance de « complotistes ». Il faut dire que Starmer rivalise d’ardeur avec le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, dans son soutien à l’État sioniste. Cependant Galloway est loin de représenter une véritable alternative de gauche au Labour. En effet il a fait du maintien de l’ordre et de la défense de la famille traditionnelle ses chevaux de bataille. Comme Starmer.