Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Après une semaine de « bras de fer » entre le gouvernement italien d’extrême droite de Giorgia Meloni et Carlos Tavares, PDG Stellantis, champion du financement des profits par les contribuables de tous les pays, ce dernier vient d’obtenir 950 millions d’euros de subventions. Il y a quelques jours, Meloni affirmait : « La fusion entre PSA et FCA a caché une prise de contrôle française du groupe historique italien Fiat […] les choix industriels de Stellantis prennent davantage en compte les exigences françaises. » 750 000 véhicules produits en Italie, elle en veut un million. Tavares lui répond : « Nous fabriquons des voitures électriques en Italie. Mais le gouvernement ne soutient pas la vente de ces véhicules. » Le gouvernement d’extrême droite s’exécute et lâche les subventions sans aucune garantie de sauvegarde du moindre emploi ou site. Quel que soit le pays, et indépendamment de sa couleur politique, la seule « patrie » des gouvernements sont les bénéfices net des grandes entreprises.

Face à la presse, Carlos Tavares s’est vanté de la bonne santé de Stellantis et a évoqué la possibilité du rachat d’un autre groupe en difficulté : Renault, Ford ou General Motors. Pour acquérir Renault, il se positionne comme le meilleur acheteur, car il n’est pas le seul sur le coup, Volkswagen et le constructeur Geely-Volvo le seraient aussi. Dans ce Monopoly géant entre charognards, il est de bon ton de se montrer sans pitié, les actionnaires adorent ça… mais aussi de raconter n’importe quoi aux journalistes pour se faire remarquer. Ces guerres entre capitalistes se font surtout avec la peau des travailleurs menacés de perdre leur emploi.

Fin janvier il y a eu 500 grévistes à PSA Caen, 500 à PSA Hordain, 200 et 150 grévistes à PSA Sochaux, ces derniers jours les débrayages se sont multipliés après celui de PSA Poissy du 15 janvier. Les grévistes se battaient contre les deux semaines de congé en été, pour trois semaines minimum et pour que la quatrième semaine reste à disposition des salariés et pas du patron. Finalement, sur plusieurs sites la direction a reculé en accordant trois semaines, et a cédé sur la quatrième. Sur certains sites le bras de fer continue. Ce qui est sûr, c’est que cette vague de débrayages et de colère a fait peur à la direction, mais on sait aussi qu’elle va revenir à la charge en 2025 et 2026. On l’attend de pied ferme.

Le 3 février, l’armée américaine a pris pour cible 13 sites militaires des rebelles houthis au nord du Yémen. Et cela, 24 heures après une série de frappes contre les forces iraniennes et les milices qu’elles soutiennent en Syrie et en Irak. Biden et les militaires américains prétendent sans rire que ces frappes visent à maintenir la stabilité dans la région face aux attaques de navires de commerce en mer Rouge. Plutôt que de paix, ils se préoccupent davantage de ne pas laisser leurs adversaires grignoter leur zone d’influence et perturber leurs affaires, quitte à rendre la mer Rouge… de sang.

Au grand dam d’une partie du monde des affaires, aucune candidature d’opposition ne s’élève contre Biden, que les sondages donnent perdant contre Trump en octobre prochain. Le premier, détesté par les travailleurs que l’inflation enfonce dans la pauvreté ainsi que par la jeunesse pour son soutien à la politique génocidaire de Netanyahou, a écrasé la primaire démocrate en Caroline du Sud. Le second, qu’on ne présente plus, se targue d’être le premier républicain à gagner successivement les deux primaires de l’Iowa et du New Hampshire, décisives pour la suite des élections. Belle démocratie !

D’anciens responsables des services du renseignement serbe ont été acquittés du meurtre du journaliste Slavko Curuvija, après près de 25 ans de procédure, un verdict dénoncé par la famille, les proches et les ONG. Slavko Curuvija, propriétaire et rédacteur en chef de deux journaux indépendants, était l’une des voix critiques les plus influentes dans la Serbie des années 1990. Il avait été abattu de treize balles devant son domicile à Belgrade le 11 avril 1999. La Serbie était alors sous les bombes de l’Otan. Quelques jours avant son assassinat, les médias pro-gouvernementaux avaient qualifié le journaliste de 49 ans de « traître » et l’avaient accusé d’être en faveur de la campagne de bombardement. En première instance l’ancien chef du renseignement, Radomir Marković, et un autre haut responsable, Milan Radonjić, avaient été condamnés à 30 ans de prison. Deux autres membres importants des services de sécurité, Ratko Romić et Miroslav Kurak, avaient reçu eux 20 ans de prison chacun. Mais le procureur et la défense avaient fait appel. Et finalement ils ont été acquittés après une procédure qui a duré près de 25 ans. Cet acquittement « représente un coup dur pour la lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes dans les Balkans », a déclaré Pavol Szalai, représentant de l’ONG Reporters sans frontières dans la région. Rappelons que les meurtres de deux autres journalistes, Milan Pantić, assassiné en 2001, et Dada Vujasinović, tuée en 1994, sont restés impunis à ce jour.

Des centaines de manifestants, venus de tout le pays en pick-up, camionnette ou camping-car se massent à la frontière mexicaine dans le but d’empêcher le passage des migrants venus du Mexique à travers le Rio Grande. Ils s’identifient à des « combattants de Dieu ». Scandant le slogan « Reprenons notre frontière », ils entendent camper autour des villes frontalières. Ils brandissent de nombreuses banderoles en soutien à Donald Trump et on peut lire sur l’une d’elles : « Le paradis a des murs, l’enfer a des frontières ouvertes » en allusion au mur de séparation entre les États-Unis et le Mexique. Des milliers de migrants traversent ce fleuve chaque mois, entreprenant de longs voyages depuis l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud à la recherche de meilleures conditions de vie aux États-Unis. C’est, selon l’ONU, une des routes migratoires les plus dangereuses du monde.

Plus de 500 élus locaux, personnalités politiques nationales et députés européens s’insurgent dans une tribune publiée par Mediapart du sort « ignominieux » réservé aux figures palestiniennes qui, depuis la France, s’évertuent à défendre la justice et la paix. Ils écrivent notamment :

« Insultes, diffamation, menaces de mort, tentatives d’intimidation, pression sur les employeurs ou les partenaires : depuis des semaines, les élu·es et militant·es de la cause palestinienne sont la cible d’attaques délétères et racistes visant à disqualifier leurs voix et leurs combats. Le sort réservé aux figures palestiniennes qui, depuis la France, s’évertuent à défendre la justice et la paix durable en Palestine, est particulièrement ignominieux.

Rima Hassan est l’une de ces figures. Depuis le 7 octobre 2023, la juriste franco-palestinienne, qui a fondé l’Observatoire des camps de réfugiés (OCR), subit un véritable acharnement de la part d’organisations et de personnalités pro-israéliennes. Chacune de ses prises de position déclenche un tombereau d’insultes et de menaces. Des soldats des forces d’occupation coloniales sont allés jusqu’à inscrire, à plusieurs reprises, son patronyme sur des bombes israéliennes.…

Nous ne sommes pas dupes : en s’en prenant à Rima Hassan, et d’autres voix palestiniennes qui s’élèvent pour dénoncer l’oppression et les massacres orchestrés par l’État colonial israélien, c’est l’ensemble de la cause palestinienne qui est visée. Ce que l’on veut faire taire c’est la Palestine, et toutes les voix qui la défendent… »

Le Larousse définit « la priorité » comme « le fait pour quelque chose d’être considéré comme plus important que quelque chose d’autre ». Mais chez Attal, presque chaque jour a sa priorité différente. Le Hufftington Post s’est amusé à lister les « priorités » annoncées par le Premier ministre depuis sa nomination le 9 janvier dernier. Il s’est d’abord défendu d’abandonner l’Éducation nationale, dont il a géré le portefeuille quelques mois seulement. « Je le dis d’emblée mesdames et messieurs, j’emmène avec moi ici, à Matignon, la cause de l’école » avait-il garanti en réaffirmant que l’école est « la mère de nos batailles ». Trois jours plus tard, il réitère sa promesse lors de la passation de pouvoir avec Amélie Oudéa-Castéra et à l’issue de son premier déplacement dans une école des Yvelines. « L’école sera une priorité absolue. » Mais le 26 janvier, il annonce sur un barrage d’agriculteurs :« On a décidé de mettre l’agriculture au-dessus de tout. » Le 31 janvier, devant le Parlement, il assure cette fois : « Le premier de mes combats restera celui du travail. » Et demain ce sera peut-être la santé, l’environnement, l’industrie, le logement, etc. Il assure à chaque fois que son « cap est clair » mais ses priorités affichées changent chaque jour. Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent !