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Brèves

L’actualité en bref

Le 25 janvier dernier, une adolescente de 15 ans s’est suicidée dans un hôtel d’Aubière, non loin de Clermont-Ferrand. Suivie depuis 2011 par l’aide sociale à l’enfance (ASE), elle avait été placée seule dans cet établissement hôtelier malgré les protestations des travailleurs sociaux qui soulignaient qu’elle avait besoin d’un accompagnement quotidien et d’une présence permanente. Pourtant la loi Taquet, votée en 2022, interdit cette pratique. Mais aucun décret d’application n’a jamais été pris par les pouvoirs publics, et sans décret d’application, nulle obligation d’appliquer la loi. L’adolescente était accompagnée depuis 2022 par l’association Alteris. Son directeur général, Pascal Bertocchi, décrit une enfant « extrêmement fragile » à la « situation complexe ». Son hébergement en hôtel avait été acté par le juge pour enfants et l’ASE. Et ce suicide n’est pas un cas isolé. En fait, faute de financer des structures d’accueil adéquates pour ces mineurs en grande difficulté, on bricole des hébergements d’urgence bon marché qui s’avèrent parfois fatals. Et, pendant ce temps, pas de problème de crédits lorsqu’il s’agit de financer des dépenses militaires.

Selon le rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre, qui vient de sortir, il y aurait actuellement 330 000 SDF, contre 143 000 en 2012. Le mal ne cesse de s’aggraver. En outre, 3 000 enfants dorment dehors tous les soirs et le nombre de ménages en attente d’un logement social n’a jamais été aussi élevé (2,42 millions). Quant à l’engagement d’Emmanuel Macron de 2017 à ne plus laisser un seul SDF dormir dehors, il a été remisé au magasin des (nombreuses) promesses non tenues. Dans le même temps, il y a quelque trois millions de logements vacants dans le pays que les pouvoirs publics se refusent de réquisitionner.

La juge d’un tribunal de l’État du Delaware, dans l’est des États-Unis, a tranché en faveur d’un actionnaire du constructeur automobile Tesla qui demandait l’annulation d’un plan de rémunération accordé en 2018 au patron Elon Musk, estimé à 56 milliards de dollars (près de 52 milliards d’euros), alors que ce dernier ne travaillait qu’à temps partiel pour Tesla et ne détenait que 22 % des actions. Ce qui, à l’évidence, n’était pas une raison suffisante pour lui pour ne pas se gaver. Cependant, l’homme le plus riche du monde peut se consoler de ce léger revers dans la mesure où sa fortune a encore augmenté et est désormais évaluée à 251 milliards de dollars (231 milliards d’euros). Un montant scandaleux et ahurissant lorsque l’on sait que dans le monde 736 millions de personnes (soit environ 10 % de la population) vivent en dessous du seuil de pauvreté.

La Sûreté générale libanaise a annoncé avoir entamé ses préparatifs pour réorganiser des convois de « retours volontaires » de Syriens dans leur pays, sans en préciser la date. Ce programme a été particulièrement actif de 2018 à 2022, et vise en théorie à « aider » les Syriens, réfugiés au Liban depuis le début de la guerre dans leur pays, à rentrer chez eux. Il a souvent été critiqué par des organisations internationales comme le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) ou Amnesty International qui y voient, non sans raison, des expulsions déguisées. Le dernier convoi, qui date de novembre 2022, n’avait attiré que quelques centaines de réfugiés alors que le gouvernement libanais ambitionnait, à l’époque, d’assurer le retour de 15 000 Syriens par mois. On est donc loin du compte. Aujourd’hui la crainte des ONG est que, faute de volontaires, les autorités procèdent à des retours forcés. Dans le même temps des Syriens continuent de fuir leur pays et l’armée libanaise a annoncé avoir arrêté 900 d’entre eux pour le seul mois de janvier alors qu’ils tentaient de franchir la frontière.

Les forces israéliennes ont envoyé mardi un commando déguisé en personnel médical et en civil dans l’hôpital Avicenne de Jénine pour exécuter dans leur lit à l’aide d’armes munies de silencieux trois hommes présentés comme des « terroristes », dont l’un, Mohammed Jalamnah, en lien avec le Hamas et les deux autres, les frères Ghazawi, avec le Jihad islamique. Tous se trouvaient en rééducation au troisième étage du bâtiment. L’un d’eux était complètement paralysé et tous les trois dormaient au moment de l’attaque. Encore un exploit de l’armée sioniste qui s’en prend systématiquement aux hôpitaux – en Cisjordanie comme à Gaza – et pratique les assassinats ciblés avec le soutien tacite de ses alliés occidentaux.

La Solideo, l’établissement public chargé de la construction et de la rénovation des infrastructures olympiques et paralympiques, a tenté de déterminer le nombre de travailleurs sans papiers employés en toute illégalité sur les chantiers des JO. Elle n’est parvenue qu’à une estimation, en dénombrant au moins 130 sur un total de 30 000 personnes. Une estimation très largement sous-évaluée. Car de son côté, une unité régionale de contrôle placée sous l’autorité du ministère du Travail, l’Uracti, a examiné la situation de 1 150 ouvriers sur les futurs sites des Jeux. Lors d’un contrôle d’ampleur sur le chantier du village des athlètes, en Seine-Saint-Denis, des inspecteurs du travail ont comptabilisé une dizaine de personnes en situation irrégulière sur une soixantaine contrôlées. Soit un ouvrier sur six, ce jour-là et sur ce site, c’est-à-dire plus de 16 %. Dans ce dossier les grandes entreprises du BTP donneuses d’ordre – Eiffage, Spie Batignolles et GCC – n’ont pas été inquiétés, car elles renvoient la balle à leurs sous-traitants qui ont eux-mêmes d’autres sous-traitants qui s’assoient sur le Code du travail. Un scandale qui dure depuis des années et sur lequel les pouvoirs publics, parfaitement au courant, ferment les yeux.

Valérie Pécresse, présidente Les Républicains de la région Île-de-France, a fait voter par la commission permanente du conseil régional le versement pour 2024 d’un acompte de 917 000 euros à l’établissement privé catholique Stanislas de Paris, dans la tourmente en ce début d’année pour ses pratiques ultra-réactionnaires (sexisme, propos anti-LGBT et anti-IVG, non-mixité, catéchisme obligatoire…) et qui fait l’objet de deux saisines de la procureure de la République de Paris. Au total la subvention finale devrait dépasser 1,3 million d’euros, c’est-à-dire qu’elle sera supérieure à celle de 2023 mais aussi aux obligations légales, pour aider un établissement déjà richissime. Pour sa défense elle a affirmé qu’elle ne faisait qu’appliquer la loi. Une loi qu’elle interprète de façon fort généreuse sans cacher son « soutien inconditionnel » à l’enseignement catholique. Et pendant ce temps l’enseignement public crie misère.

Chaque jour des dizaines de milliers de Palestiniens se massent au poste frontière de Rafah pour tenter de fuir les bombardements israéliens, sortir de la bande de Gaza et trouver refuge en Égypte. Ce qui semble impossible puisque la frontière est fermée… sauf si vous êtes prêts à payer entre 8 000 et 10 000 dollars (7 350 et 9 200 euros). Car, avec la complicité de certains hauts dignitaires du régime égyptien, un système de pots-de-vin a été mis en place qui, via de pseudo « agences de voyage », permet à ceux qui en ont les moyens de franchir le poste frontière. Ce que nient fermement les autorités du Caire mais qui est confirmé par plusieurs témoignages recueillis notamment par le quotidien israélien Haaretz et Le Soir de Bruxelles. Un moyen peu ragoûtant de spéculer sur la détresse humaine.

La défenseure des droits, Claire Hédon, a annoncé s’être auto-saisie de la question des 2 000 logements étudiants réquisitionnés pour accueillir les pompiers, les soignants, les forces de l’ordre et de la sécurité civile pendant les Jeux olympiques. De même, elle va se pencher sur l’évacuation forcée des sans-abri vers des centres d’hébergements pendant la même période. Depuis des mois, des associations solidaires accusent les pouvoirs publics de procéder à un véritable « nettoyage social » des rues de la capitale avant les compétitions sportives. Une situation qui, selon Hédon, « présente un risque pour le respect des droits et des libertés ». Un respect à géométrie variable pour nos gouvernants.