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Brèves

L’actualité en bref

Selon une étude de l’Assurance maladie et de Santé publique France, les pathologies psychiatriques, notamment des retards mentaux ou affectifs, sont plus fréquentes chez les deux à trois millions d’enfants les plus modestes. Les enfants vivant sous le seuil de pauvreté sont trois fois plus souvent hospitalisés pour des problèmes psychiatriques que les autres. Cette étude a recensé des millions d’actes médicaux réalisés en 2018 chez tous les enfants de moins de 18 ans du pays, soit 13 millions personnes. Chez les deux à trois millions d’enfants qui bénéficient de la couverture maladie universelle (CMU), réservée aux plus modestes, certaines pathologies reviennent plus souvent que chez les autres. « Sur les dix maladies les plus fréquentes observées, six sur dix étaient psychiatriques, notamment des retards mentaux ou des retards affectifs », précise le docteur Philippe Tuppin, de l’Assurance maladie. Et de conclure que la précarité, notamment au niveau du cadre de vie, joue un rôle important sur la santé mentale des enfants les plus pauvres.

Une femme sans domicile fixe d’une soixantaine d’années a été retrouvée morte à Carpentras. La victime était à terre, recouverte de couvertures, lorsque les pompiers sont intervenus alertés par des passants. Depuis dix ans, elle était suivie par Rhéso, une association vauclusienne qui accompagne des personnes en situation d’isolement ou de fragilité sociale. Qu’une femme à la rue puisse mourir de froid au 21e siècle, dans un pays dit économiquement « avancé », est une condamnation sans appel de la société qui est la nôtre.

Selon une étude menée par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) et intitulée « Bouge ton Crous », 19 % des étudiants ne mangent pas à leur faim. Cela concerne en priorité les étudiants boursiers (28 % sont dans ce cas) mais également les non-boursiers (16 %, soit un sur six). Car malgré un repas à 3,30 euros dans les restaurants universitaires pour les non boursiers et un tarif d’un euro pour les boursiers et étudiants précaires, ils jugent les tarifs trop élevés. Un étudiant non boursier sur cinq (19,1 %) renonce à y manger en raison du coût. Ce qui les amène à sauter plus de trois repas par semaine. Et selon l’étude, la moitié des étudiants (49 %) n’ont pas les moyens d’acheter des fruits et légumes frais chaque semaine. 41 % des étudiants interrogés affirment avoir besoin de se salarier à côté de leurs études, faisant de la précarité, selon le syndicat, le premier facteur d’échec académique. Enfin 35 % des étudiants qui se salarient travaillent plus de 12 heures par semaine.

Finalement, c’est Gabriel Attal qui remplace Élisabeth Borne au poste de Premier ministre. Ce jeune loup aux dents longues a commencé sa carrière de politicien à gauche en intégrant à 23 ans le cabinet de Marisol Touraine, la ministre de la Santé de François Hollande. Depuis, il est devenu un fidèle de Macron, ci-devant brièvement ministre de l’Éducation, où il a eu le temps de s’illustrer avec le service national universel (SNU), l’abaya et l’uniforme à l’école. Bien réac, poussant dans le sens de la droite et de l’extrême droite, comme son maitre : un adversaire déclaré de notre camp social.

Borne a cédé la place à Attal, se disant « fière du travail accompli », c’est-à-dire des réformes contre le monde du travail qu’elle a fait passer par vote ou 49.3. Ce qu’elle appelle son « combat », mené sans relâche, c’est de nous avoir imposé de travailler deux ans de plus, d’avoir sabré les budgets de l’école, de la santé, du logement, de s’être attaquée aux indemnités des chômeurs et aux travailleurs étrangers. Bref, une servante du patronat que personne ne regrettera dans le monde du travail.

Une frappe israélienne a causé la mort de deux journalistes : Hamza al-Dahdouh, fils de Waël al-Dahdouh, chef du bureau d’Al Jazeera (déjà endeuillé par l’assassinat de son épouse, de deux de ses enfants et de son petit-fils), et Moustafa Thuraya, collaborateur de l’Agence France-Presse. Un troisième journaliste qui voyageait avec eux, Hazem Rajab, a été grièvement blessé. Deux morts qui s’ajoutent aux quelque 100 autres journalistes tués à Gaza. « Une hécatombe », dénoncée par Reporters sans frontières (RSF). Rappelons que le ministre israélien Benny Gantz, membre du cabinet de guerre, avait déclaré il y a quelques semaines, que les reporters gazaouis ayant couvert l’attaque du 7 octobre seraient considérés comme des terroristes. De son côté, le député du Likoud, Danny Danon, avait même suggéré d’établir au sein de l’Agence de sécurité intérieure d’Israël une liste des journalistes à « éliminer ». Ce que RSF avait déjà dénoncé comme un « appel au meurtre » qui s’est matérialisé sur le terrain. De son côté, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, en visite dans la région, a quant à lui qualifié la mort des deux journalistes de « tragédie inimaginable »… tout en continuant à soutenir la guerre menée par Israël.

Les autorités iraniennes poursuivent leur lutte contre la multiplication des actes de désobéissance de la part des femmes refusant le port du voile. Une jeune activiste kurde, Roya Heshmati, a été condamnée à 74 coups de fouet et une amende pour « atteinte aux mœurs publiques » pour avoir posté une photo cheveux découverts sur les réseaux sociaux. Pour faire bonne mesure, l’autorité judiciaire iranienne a ajouté que sa peine est due au fait « qu’elle a reçu de l’argent de la part de groupes basés à l’étranger pour se montrer sans voile en public ». Car, pour les ayatollahs, se faire photographier sans voile ne peut bien évidemment résulter que d’un complot international. Ces derniers mois, de plus en plus de femmes sont apparues sans voile dans les lieux publics, notamment après le mouvement de contestation déclenché par la mort en détention en septembre 2022 de Mahsa Amini arrêtée pour infraction au code vestimentaire. Face à ces actes de désobéissance sur le port du voile, les autorités ont tenté de durcir le ton, en annonçant davantage de contrôles, notamment à l’aide de caméras, et en arrêtant des actrices posant sans hijab sur les réseaux sociaux. Pourtant, dans les rues de certaines grandes villes du pays, les cafés et les restaurants, les Iraniennes continuent courageusement de désobéir.

La ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a tenu à faire savoir qu’elle avait appelé son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian pour exhorter « l’Iran et ses affidés » à cesser « immédiatement » leurs « actions déstabilisatrices » au Moyen-Orient. On pourrait croire naïvement que la principale « action déstabilisatrice » dans la région est la guerre menée depuis octobre par Israël contre les Gazaouis et que Colonna devrait la condamner et demander à l’État sioniste de l’arrêter « immédiatement ». Mais pas question pour elle de le faire car, au-delà de quelques déclarations lénifiantes sur un éventuel cessez-le-feu, elle est pleinement dans le camp des massacreurs israéliens qui ont déjà fait plus de 23 000 morts et des centaines de milliers de blessés et de déplacés.

À 200 jours des Jeux olympiques, Macron a appelé la population à faire du sport « chaque jour ». Dans une courte vidéo publiée sur X (ex-Twitter) il apparaît, gants de boxe noués sur l’épaule, en tenue de sport et un sac de frappe en arrière-plan. Ce nouveau Battling Macron, qui n’a pas peur du ridicule, s’improvise coach sportif le temps de son court message en souhaitant « une grande mobilisation nationale cette année ». Nous aussi d’ailleurs. Mais une grande mobilisation nationale pour défendre les retraites, les salaires et les conditions de travail.