Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

C’est l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui l’affirme : les femmes gagnent en moyenne nettement moins que les hommes (−21,8 %). La dernière étude, qui porte sur l’année 2024, montre que dans le privé ce revenu annuel, qui prend en compte la rémunération nette tirée de l’ensemble des activités salariées, s’élève à 22 060 euros pour les femmes, contre 28 220 euros pour les hommes, soit un écart de plus 6 000 euros annuels. L’écart de salaire s’explique aussi en grande partie par la « ségrégation professionnelle » qui fait que les femmes exercent souvent des métiers moins rémunérateurs que les hommes. Les premières représentent ainsi 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein, mais elles occupent seulement 1 % des postes les mieux rémunérés. À temps de travail identique, l’écart au détriment des femmes était donc de 14 % en 2024, contre 22,1 % en 1995. À ce rythme, il faudra 54,5 années avant que cet écart moyen – dû en grande partie aux métiers moins rémunérateurs et aux temps partiels davantage exercés par les femmes – ne soit entièrement résorbé. Mais les travailleurs, et surtout travailleuses, n’attendront pas encore un demi-siècle pour faire triompher l’égalité salariale femmes-hommes.

Le budget 2026 introduit une contribution financière, due par la partie qui introduit une nouvelle instance. Il faudra donc débourser 50 euros pour saisir un tribunal judiciaire ou le conseil des prud’hommes. Le seul moyen d’y échapper est de bénéficier de l’aide juridictionnelle, encore faut-il y avoir accès. Un nouvel obstacle pour les travailleurs qui dénoncent des licenciements abusifs et toutes les magouilles du patronat. Le gouvernement et les patrons veulent gêner les travailleurs quand ils se défendent, mais notre meilleure défense, c’est notre solidarité.

L’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, avait jeté un pavé dans la mare en janvier dernier en affirmant, chiffres à l’appui, dans Libération que plus de 13 000 foyers très fortunés ne payaient aucun impôt sur le revenu. Et il vient de remettre le couvert sur RTL en précisant que ce chiffre de 13 000 contribuables est un minimum qui pourrait monter jusqu’à 100 000. Ces foyers fortunés non-imposables sur le revenu profitent, en toute légalité, des différents mécanismes d’optimisation fiscale spécialement conçus pour les plus riches. Si le gouvernement cherche de l’argent pour boucler son budget, il sait où le trouver.

C’est le ministère de la Santé qui l’annonce. La toxine céréulide, au cœur de la vague actuelle de rappels de laits infantiles, a pour la première fois été identifiée chez un bébé hospitalisé en France après consommation d’un produit impliqué. Mais, selon le ministère, cela serait insuffisant pour établir un lien de cause à effet. La présence de céréulide avait déjà été signalée voici une dizaine de jours en Belgique chez huit nourrissons. L’extrême réserve des autorités médicales de l’Hexagone dans cette affaire contraste avec les critiques virulentes lancées par les associations de défense de l’enfant et d’autres ONG contre les entreprises alimentaires impliquées dans ces empoissonnements. Depuis fin novembre, début de l’alerte sanitaire, le ministère de la Santé s’est bien gardé de mettre en cause les grands groupes comme Nestlé, Lactalis ou Danone, leur décernant même un certificat de bonne conduite pour leur réactivité. Idem pour les associations de pédiatres, financées en partie par les mêmes groupes. Petites compromissions entre gens de bonne compagnie.

Le groupe SEB, spécialiste des cocottes minutes et du petit électroménager – et qui possède également les marques Tefal, Rowenta et Moulinex – a annoncé qu’il va supprimer jusqu’à 2 100 postes dans le monde, dont 1400 en Europe et 500 en France. L’objectif de ce qui est présenté comme un « plan rebond » est de réaliser 200 millions d’euros d’économies annuelles. Et de mettre en avant le fait que le groupe d’électroménager a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires en recul de – 1,2 %. Sans trop insister sur le fait que, dans le même temps, son bénéfice net a fait un bond de 5,6 %, soit 245 millions d’euros. En fait, il s’agit, ni plus ni moins, de licenciements boursiers destinés à faire monter la valeur de l’action. Et cela n’a pas tardé. Le jour même de l’officialisation de ce plan d’économie, la Bourse de Paris a réagi favorablement à cette annonce et le cours de l’action SEB a bondi de 10 % dès les premières heures de cotation.

Adopté au Sénat en novembre 2025, l’examen du projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale a débuté à l’Assemblée nationale. Le gouvernement entend récupérer au moins deux milliards d’euros, grâce à un arsenal législatif renforcé. Mais, pur hasard évidemment, la fraude fiscale ne concerne qu’un tiers des articles. Les 18 000 super-riches qui ne paient pas d’impôt sur le revenu et ceux qui ont fait de l’évasion fiscale une spécialité peuvent continuer de dormir tranquilles. Par contre le volet social occupe plus des deux tiers des articles et prévoit notamment des mesures comme la suspension immédiate des allocations chômage aux demandeurs d’emplois en cas d’« indices sérieux » de fraude. En résumé un texte qui vise et stigmatise les plus pauvres. Une vieille habitude du gouvernement.

L’ex-ministre de la Culture, Rachida Dati, a quitté le gouvernement pour se consacrer à la campagne des municipales à Paris où elle est candidate. Elle n’a donc pas pu mener à bien son projet de réforme de l’audiovisuel public qui consistait à créer une holding regroupant France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel et qui se serait traduit par des centaines de licenciements. Une réforme qui avait suscité la colère du personnel et des syndicats qui avaient multiplié les grèves. Pour l’instant le projet est mis de côté, mais pas abandonné. Véritable serpent de mer, il figurait déjà dans le programme de Macron lors de l’élection présidentielle de 2017 mais n’a jamais été inscrit au calendrier parlementaire. Mais la droite et l’extrême droite, qui y sont favorables, pourraient bien le ressortir de leur chapeau un jour ou l’autre.

C’est par un simple message sur X que la députée d’extrême droite de la Drôme, Lisette Pollet, a annoncé qu’elle se séparait de son collaborateur Vincent Claudin suite aux révélations de Mediapart de tweets antisémites, racistes et xénophobes rédigés par ce dernier et faisant l’apologie du nazisme. Claudin se présentait également comme un des meilleurs amis de Quentin Deranque, le militant néo-fasciste lyonnais tué lors d’affrontements avec des antifascistes. Mais la parlementaire du Rassemblement national n’est pas tirée d’affaire pour autant. En effet, l’Humanité a révélé en juillet dernier qu’une autre de ses collaboratrices, Clotilde Guéry, était une militante d’un groupuscule identitaire, Auctorum. Au Rassemblement national, on a beau chasser les idées fachos, elles reviennent toujours au galop.

L’Inde et Israël sont déterminés à « s’opposer côte à côte » au « terrorisme dans le monde », a affirmé sans rire le Premier ministre indien, Narendra Modi, en achevant une visite de deux jours à Jérusalem durant laquelle il s’est longuement entretenu avec Benyamin Netanyahou. Une telle déclaration prêterait à sourire si elle n’était pas tragique. Car les deux premiers ministres sont unis dans leur haine commune des musulmans, assimilés peu ou prou à des « terroristes ». Netanyahou le montre chaque jour en Cisjordanie, à Gaza, au sud Liban ou en Syrie. Quant à Modi, à la tête d’un parti hindouiste intégriste, il n’a cessé depuis son arrivée au pouvoir de pratiquer à l’égard des musulmans de son pays – une minorité forte de près de 200 millions de personnes – une politique de persécution faite d’exclusions légales, de discriminations quotidiennes, de marginalisation socio-économique et de recours à des conversions forcées. Quant aux milices hindouistes à ses ordres, elles sont responsables de dizaines de pogroms anti-musulmans dans tout le pays qui ont fait des milliers de victimes. Dans leur genre, les deux compères sont donc de vrais spécialistes du terrorisme qu’ils pratiquent assidûment.