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Brèves

L’actualité en bref

Vanessa Mendoza Cortés, une psychologie andorrane de 43 ans, a comparu devant le tribunal de la principauté pyrénéenne pour « délit contre le prestige des institutions ». On reproche à cette militante féministe de l’association « Stop Violéncies Andorra » d’avoir dénoncé publiquement à l’ONU le fait que le droit à l’avortement est toujours strictement interdit dans ce mini-État de 80 000 habitants, à cheval entre la France et l’Espagne, même en cas d’inceste, de viol ou lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère. Vanessa et les autres féministes locales ont vainement interpellé sur le sujet le président de la République française – officiellement un des deux co-princes d’Andorre avec l’évêque espagnol d’Urgell – mais sans succès. Même fin de non-recevoir de la part du Quai d’Orsay. Macron est donc pour le droit à l’avortement de ce côté-ci des Pyrénées mais, de l’autre côté, il laisse les Andorranes se débrouiller dans l’illégalité.

Environ 30 000 enfants ont été vendus par l’Église catholique à l’insu de leur mère entre 1945 et les années 1980. C’est ce qu’a révélé le podcast de langue flamande Het Laatste Nieuws (Les dernières nouvelles) intitulé « Les enfants de l’Église », dans lequel des mères et des enfants adoptés ont témoigné pour la première fois. La pratique concernait la plupart du temps des jeunes femmes non mariées, parfois victimes de viol ou d’inceste, dont les parents voulaient cacher la grossesse. Ils se mettaient en relation avec des religieuses en contact avec des familles en attente d’adoption. Tout en s’excusant, l’épiscopat a tenu cependant à préciser : « Parler d’enfants achetés, nous n’acceptons pas l’expression… Les familles en attente d’adoption remerciaient les religieuses quand elles recevaient l’enfant […], elles contribuaient financièrement au fonctionnement des communautés religieuses. » De là à parler de trafic il n’y a qu’un pas que la Conférence épiscopale ne veut hypocritement pas franchir. Rappelons que dans d’autres pays, comme l’Espagne, l’Irlande ou le Canada, religieux et religieuses catholiques se sont livrés à ces pratiques infâmes pendant des décennies. Ce scandale avait déjà surgi en 2014-2015, lors d’une série d’auditions devant le parlement régional flamand. Il avait été alors question de milliers d’adoptions forcées pendant les décennies de l’après-guerre et de stérilisation forcée après l’accouchement. Mais la demande de commission d’enquête réclamée par les victimes était alors restée lettre morte. Peut-être en ira-t-il différemment cette fois-ci ?

Depuis le 7 octobre, le passage d’Erez entre Israël et Gaza est fermé, bloquant l’entrée du territoire gazaoui aux journalistes. C’est l’armée israélienne qui autorise ou interdit aux reporters de pénétrer dans l’enclave. Et, en cas de feu vert, cela doit se faire sous sa surveillance. Une curieuse conception de la liberté de la presse. Mais Clarissa Ward, de la chaine américaine CNN, a réussi à déjouer le protocole officiel. Et quelques heures lui ont suffi pour avoir un aperçu de l’état catastrophique de la bande de Gaza et de ses habitants. Concernant les dégâts matériels, « je peux honnêtement dire que je ne pense pas que nous en ayons jamais vu à cette échelle », estime-t-elle. Bâtiments soufflés, rues dévastées, jonchées de détritus et cernées d’eaux stagnantes à cause des récentes pluies, Difficile de contenir son émotion face aux lits d’hôpitaux occupés par de jeunes enfants gravement blessés, traumatisés, et des adultes mutilés, amputés. Dans ce reportage, le directeur de l’hôpital Al-Naqbi explique que l’établissement est ébranlé par une vingtaine de frappes aériennes chaque jour. En conclusion la journaliste donne la parole à une jeune femme de 20 ans, amputée d’une jambe qui constate : « Le monde ne nous écoute pas. Personne ne se soucie de nous, nous mourons depuis plus de 60 jours, à cause des bombardements, et personne n’a rien fait. »

À peine l’accord final de la COP 28, signé par près 200 États et appelant à « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergiques » avait-il été signé que le président qatari de la conférence, Sultan al-Jaber, annonçait qu’il allait poursuivre les investissements record de sa compagnie d’hydrocarbures dans la production de pétrole et de gaz. Dans le même temps, l’Agence internationale de l’énergie publiait son rapport annuel qui révélait que la planète n’avait jamais consommé autant de charbon qu’en 2023. La demande mondiale a atteint 8,53 milliards de tonnes, un record historique, essentiellement en raison de la forte hausse en Chine, en Inde et en Indonésie, pays qui n’ont pas l’intention de lever le pied. Mais rien n’est perdu. ll y aura une COP 29 l’an prochain en Azerbaïdjan, autre gros producteur de pétrole, à l’issue de laquelle sera adopté un nouvel « accord historique » qui comme d’habitude ne résoudra rien. Sale temps pour la planète…

Le 30 novembre derniern le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, roulait les mécaniques comme à son habitude lors d’une interview sur France Inter. Il affirmait : « Globalement, l’inflation aujourd’hui est vaincue et c’est un vrai succès économique. » Moins d’un mois plus tard la situation ressemble assez peu à celle décrite par le ministre. Une enquête de France Info, en collaboration avec France Bleu et le cabinet NielsenIQ, constate une hausse spectaculaire des prix pour les fêtes de fin d’année. Le total du même panier de course « spécial Noël » (dinde, foie gras, saumon, chocolats, champagne, etc.) pour six personnes est passé de 122,45 euros en 2022 à 144,36 euros cette année soit une hausse de près de 22 euros ou 18 %. L’inflation est peut-être vaincue mais, à l’évidence, elle n’est pas au courant.

Airbus a l’air de vraiment vouloir faire de l’A400M un avion de lutte contre les incendies de forêt : un kit prototype, capable de larguer 20 000 litres d’eau ou de retardant en un passage, continue à être testé. On le remplit au sol en moins de 10 minutes. Et en plus on peut l’installer sans modifier du tout l’avion. Au vu du dérèglement climatique et des méga-feux qui se généralisent, gageons que l’avion va voir son marché s’agrandir. Mais difficile d’oublier que cet avion a d’abord été conçu pour transporter des soldats et du matériel militaire, pour larguer des parachutistes. Bref, le pompier peut vite redevenir pyromane…

… d’après le bulletin d’entreprise Le Fil rouge (aéronautique, Toulouse)

Avec les suppressions de postes dans tous les domaines d’activité, la SNCF crée elle-même des inaptitudes, en rendant le boulot plus difficile. C’est le cas du travail dans les emprises ferroviaires qui, de plus en plus, se fait seul. Il suffit d’avoir un problème de santé empêchant d’être seul pour être rendu « inapte » par la réduction des effectifs qui supprime le binôme pourtant nécessaire pour travailler. Alors souvent la boîte pousse vers la « réforme », c’est-à-dire la cessation d’activité avec versement d’une pension anticipée… réduite de plusieurs centaines d’euros. Pour cela elle prononce une « inaptitude à tout emploi ». Mais à quel emploi rester « apte », quand la direction en supprime des milliers d’un côté et pourrit ceux qui restent de l’autre ?

… d’après le bulletin d’entreprise SNCF ateliers Quatre-Mares (Rouen)

Le dernier bilan de la guerre fait état de 18 787 Palestiniens tués depuis le début des combats alors que 50 897 personnes ont été blessées. Mais les troupes israéliennes ne se contentent pas de massacrer la population. Environ 50 000 habitations ont été détruites ou endommagées, soit 40 % du total. Un véritable « domicide ». De plus 22 % des terres arables ont été ravagées. Ces terres, dédiées à l’agriculture et au maraîchage, représentent 25 % du territoire gazaoui où s’est développée une agriculture semi-urbaine. Leur destruction est une perte vitale pour les habitants. À partir d’images satellite, la rédaction des Observateurs de France 24 et l’ONG Human Rights Watch ont pu identifier nombre de terrains agricoles qui ont été détruits par le passage de blindés et de bulldozers. Parmi eux des serres, des oliveraies et des champs. Tout est fait sciemment par Israël pour que la vie devienne impossible après la fin du conflit. Car comme l’a déclaré le ministre de la Défense israélien, le général Yoav Gallant : « Nous combattons des animaux et nous agissons en conséquence. » Un racisme débridé qui est devenu depuis longtemps la marque de fabrique du gouvernement Netanyahou.

C’est Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui l’a annoncé lors d’un forum international qui se tient à Genève : la population mondiale des réfugiés a doublé au cours des sept dernières années pour atteindre 36,4 millions de personnes. Le nombre de personnes déplacées par les conflits ou les aléas climatiques était, quand lui, de 114 millions à la mi-septembre. Grandi a profité de l’occasion pour lancer un appel aux pays donateurs, car il manque au HCR 400 millions de dollars (371 millions d’euros) pour boucler son budget 2023. Ce qui va l’obliger à licencier au moins 900 de ses 20 000 salariés. Les pays riches se font tirer l’oreille mais, dans le même temps, ils augmentent leur budget militaire de façon exponentielle. Un exemple parmi d’autres : le Congrès américain vient d’adopter un budget militaire faramineux de 886 milliards de dollars (806 milliards d’euros) pour 2024, en hausse de 3 % sur celui de 2023 qui était déjà un record. De l’argent il y en a pour les armes, mais pas pour les réfugiés et les déplacés.