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Brèves

L’actualité en bref

48 scientifiques et médecins avaient appelé le gouvernement à soutenir « Janvier sans alcool », une « opération qui consiste pour chacun […] à s’interroger sur la place que prend l’alcool dans sa vie et à relever le défi de ne pas en consommer pendant cette période, sur une base volontaire qui n’est ni normative, ni moralisatrice », soulignait leur lettre. Par la bouche d’Aurélien Rousseau, le ministre de la Santé, ils viennent de recevoir une fin de non-recevoir. Ce dernier s’est déclaré « pas convaincu » par cette campagne tout en promettant d’être « sobre » le mois prochain. Depuis son lancement en France il y a cinq ans, le « Janvier sans alcool » (équivalent français du « Dry January » anglo-saxon) a gagné en popularité, mais les associations du secteur regrettent le manque de soutien de l’État, qui permettrait selon elles de sensibiliser plus efficacement aux dangers de l’alcool, qui tue 45 000 personnes chaque année. Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a été accusé plusieurs fois de complaisance envers la filière de l’alcool notamment par des acteurs de la lutte contre les addictions. Et se joindre à cette campagne risquerait de lui aliéner les lobbies vitivinicoles. D’où son refus…

La Première ministre, Élisabeth Borne, a engagé, la responsabilité de son gouvernement sur le budget 2024, cette fois sur la partie « recettes », en invoquant l’article 49.3 qui permet son adoption sans débat. C’est la 21e fois qu’elle utilise cette tactique depuis son arrivée à Matignon. Aussitôt, là aussi comme d’habitude, la présidente du groupe La France insoumise a annoncé dans la foulée le dépôt d’une motion de censure qui n’a aucune chance d’être adoptée. Cela devient un peu lassant. Pour se justifier, Borne a dramatisé en affirmant que sans l’adoption du budget ce sont tout à la fois les services publics, la sécurité, la justice, l’armée et la transition écologique qui seraient menacés. Encore une fois le 49.3 aurait sauvé la nation et la République. Défense de rire…

C’est Charlotte Caubel, la secrétaire d’État à l’Enfance, qui l’a annoncé : le président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) vient d’être débarqué sans explication. Il s’agit d’Édouard Durand, un juge pour enfants très apprécié des associations du secteur pour son indépendance et son franc-parler. Le mois dernier, sous sa direction, la Ciivise avait publié – après trois ans d’enquête – un rapport explosif sur l’étendue du phénomène mais aussi sa prise en compte plus que défectueuse par les services publics et la justice. Une critique qui avait fait du bruit mais qui, à l’évidence, avait déplu en haut lieu. C’est la vieille tactique qui consiste à casser le thermomètre si l’on estime que la température qu’il indique n’est pas la bonne.

L’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza par 153 voix pour, 10 contre (dont Israël et les États-Unis) et 23 abstentions. Une résolution indicative et non contraignante dont bien entendu l’État hébreu ne tiendra aucun compte. Cependant les dirigeants américains ont profité de l’occasion pour faire semblant de s’offusquer de la violence de l’intervention israélienne. Joe Biden « s’est inquiété des bombardements indiscriminés » qui, selon lui, « minent la cause israélienne sur la scène internationale ». Quant au secrétaire d’État américain, Antony Blinken, il avait jugé « impératif » qu’Israël fasse de la protection des civils une priorité en croyant voir un « écart » entre l’intention proclamée de l’état-major israélien de protéger les civils et la réalité sur le terrain. Un « écart » qui n’existe bien sûr que dans son imagination. Une hypocrisie qui ne trompe pas grand monde, mais qui est destinée à relativiser la responsabilité de la Maison-Blanche dans le massacre en cours perpétré avec des armes made in USA.

À l’occasion d’un Forum de l’ONU sur les réfugiés qui se tenait à Genève, le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, a déclaré que le peuple libanais était « uni » dans son appel à la communauté internationale pour le rapatriement des réfugiés syriens présents dans le pays. « Les Libanais ne sont pas d’accord entre eux sur de nombreux dossiers, mais ils sont unis d’une seule voix pour demander à la communauté internationale de résoudre la question. » Dans un pays déchiré par les conflits religieux et claniques et en proie à une crise économique majeure, trouver des boucs émissaires « étrangers » est une vieille antienne qui fait toujours recette.

Encore un compromis parait-il « historique ». Les participants à la conférence de l’ONU sur le climat de Dubaï se sont mis d’accord sur une résolution finale qui ne règle rien mais ne braque personne. Si la sortie des énergies fossiles était une des principales questions en jeu, elle a été mise de côté face à l’opposition des membres de l’Organisation des pays exportateur de pétrole. Le texte final a évité le terme « sortir des énergies fossiles » en employant le verbe « s’éloigner de » qui n’engage à rien. De plus chaque pays ira à son rythme pour atteindre la neutralité carbone… en 2050. On a le temps de voir venir. La déclaration a été adoptée à l’unanimité par acclamations, comme l’avait été celle de la COP 21 de Paris en 2015… dont aucun objectif n’a jamais été atteint.

Grand défenseur de la sobriété écologique, Christophe Béchu, en charge de ce secteur au gouvernement, prêche surtout pour les autres mais très peu pour lui. Il emprunte systématiquement pour ses déplacements des avions d’affaires affrétés spécialement de Toulouse. Dans son numéro de décembre, le journal satirique La Topette, établi en Anjou, région d’élection du ministre, affirme qu’il a utilisé pas moins de six vols entre le 31 juillet et le 14 novembre représentant un bilan carbone de 23 tonnes. Rappelons qu’en 2022 le bilan carbone moyen annuel de chaque personne dans le pays s’est établi à 8 tonnes selon l’Agence de la transition écologique. Bref, Béchu est un des mauvais élèves de la classe. Mais comme il l’a déclaré, il « assume ». Une façon comme une autre de dire qu’il s’en fout.

Dans un avis qu’elle vient de publier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDCH) rappelle qu’un mineur décède de mort violente tous les cinq jours suite aux mauvais traitements de proches. Selon elle « les violences sur enfants restent encore insuffisamment considérées par les politiques publiques ». De plus ce chiffre « semble largement sous-estimé, tant les données sur ces morts violentes peinent à être établies avec précision ». L’instance appelle à l’action par de meilleurs recensements, repérages, préventions, informations, etc. À l’heure où le discours criminalise les parents dits « défaillants », la CNDCH insiste au contraire sur la nécessité d’aider les familles pour protéger les enfants. « Nombre de carences éducatives […] trouvent leur origine dans des situations de grande pauvreté », rappelle l’institution, qui juge « indispensable d’apporter aux familles une aide quant à leurs conditions de vie et de logement ». Il n’empêche qu’une société qui maltraite ses enfants est une société malade.

Parti de Suède le 27 octobre, le conflit social qui oppose Tesla aux mécaniciens de ses ateliers de réparation s’est étendu au Danemark et à la Norvège. Elon Musk, le patron américain du constructeur de voitures électriques, refuse toujours de signer la convention collective de ses salariés suédois qui fixe le salaire minimum de 130 mécaniciens de ses ateliers de réparation dans sept villes du pays. Par solidarité avec eux, une quinzaine de syndicats se sont joints au mouvement de grève à l’appel du syndicat IF Metall. Les dockers ont cessé de décharger les voitures, les transporteurs d’acheminer les véhicules, les électriciens de réparer les bornes électriques de recharge, les agents de ménage de nettoyer les halls d’exposition de la marque, et les ordures s’entassent devant les centres Tesla depuis que les éboueurs refusent de les ramasser. La poste suédoise a même rejoint cette grève solidaire, empêchant l’acheminement des plaques d’immatriculation, indispensables à la mise en circulation des nouvelles voitures. À l’autre bout de la chaîne, les concessionnaires ont cessé de proposer la marque à leurs clients et les taxis de Stockholm ont suspendu leurs achats de Tesla. Il faut rappeler que dans le pays 70 % des salariés sont syndiqués. Loin d’en rester là, « la grève de solidarité » s’est étendue aux pays voisins. La mise sur le marché de ses véhicules en Suède étant bloquée, Musk avait envisagé de faire acheminer ses voitures par le Danemark et la Norvège. Mais les dockers de ces trois pays ont eux aussi rejoint le mouvement. Jusqu’à présent le milliardaire n’a pas cédé mais il commence à être lâché par certains de ses actionnaires.