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Brèves

L’actualité en bref

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a annoncé la constitution d’une liste « Alliance rurale » qu’il conduira aux élections européennes du 9 juin 2024. Officiellement, promis-juré, cette liste sera « apolitique ». Sauf que Schraen ne cache pas sa proximité avec Emmanuel Macron et que, de plus, figure sur sa liste un lobbyiste, Thierry Coste, familier lui aussi du chef de l’État. De là à penser qu’il s’agit ni plus ni moins d’un sous-marin lancé par l’Élysée dans le but de grappiller des voix des électeurs ruraux du Front national et des Républicains afin de faire monter un peu la liste macroniste il n’y a qu’un pas… facile à franchir.

Un sujet du dernier numéro du magazine télévisé Envoyé spécial sur France 2 s’intitulait « Sans-papiers mais pas sans travail » et s’intéressait à ces salariés qui travaillent, paient leurs impôts, cotisent à la Sécurité sociale, mais sont toujours considérés comme « illégaux » par la police et la justice. On estime entre 400 000 et 1 million le nombre de ces travailleurs sans papiers qui sont employés dans les services à la personne, dans l’arrière-cuisine des restaurants, dans la filière agricole, sur les chantiers du bâtiment, chez les artisans… Les journalistes ont pris comme exemple une auxiliaire de vie d’origine camerounaise en France depuis dix ans. Sans titre de séjour, il est en théorie illégal de l’embaucher, mais elle a signé un CDI il y a trois ans sous son vrai nom. Chaque jour, elle prend soin d’une dizaine de personnes dépendantes. Dans ce secteur des services à la personne, où 25 000 postes sont à pourvoir, les femmes sans papiers sont très nombreuses. En travaillant de 9 heures à 19 heures, six jours sur sept, elle gagne 1 700 euros net par mois. Elle paie des cotisations sociales et des impôts, mais n’a droit ni à la Couverture médicale universelle, ni à la carte Vitale. Elle reste clandestine aux yeux de la préfecture, qui lui a délivré une obligation de quitter le territoire français. La seule façon de résoudre ce genre de situation ubuesque et profondément injuste, qui concerne un grand nombre de travailleurs, est de lutter pour la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, et pas seulement ceux dans les métiers « en tension ».

Le ministre de l’Économie veut prendre à bras-le-corps « la simplification administrative ». Non pour faciliter la vie des retraités, chômeurs, familles nombreuses ou sans papiers qui ne savent souvent plus où donner de la tête pour satisfaire les demandes multiples et variées des administrations. Vous n’y êtes pas. Comme il l’a déclaré au Parisien : « Les entreprises n’en peuvent plus de la paperasse… Il faut des mesures drastiques de simplification. » Bien dit. Ou plutôt bien redit. Car la même chose avait été tout aussi fortement martelée en 1976 par Raymond Barre lors de son arrivée à Matignon (« la simplification des procédures sera un souci permanent pour le gouvernement »), en 1997 par le président Chirac qui annonçait « des mesures drastiques de simplification », puis en 2015 par François Hollande qui promettait « un choc de simplification ». Deux ans plus tard, Édouard Philippe, devenu Premier ministre, annonçait une mesure révolutionnaire : pour toute norme nouvelle adoptée, deux normes anciennes devraient être supprimées. Ce qui ne fut jamais appliqué. Ce qui fait que, dans son dernier rapport, le Conseil national d’évaluation des normes note, pour la période 2019-2022 « une inflation normative préoccupante » qui a coûté l’an dernier la bagatelle de 2,5 milliards d’euros aux seules collectivités locales. Autant dire que Le Maire va avoir du boulot, d’autant plus que l’explosion du nombre de normes est intrinsèquement liée au fonctionnement de la bureaucratie de l’État bourgeois, à tous les niveaux.

Dans un rapport qui vient de paraître, Amnesty international recense une quarantaine de cas de viols et de violences sexuelles sur des détenus arrêtés lors du soulèvement « Femme, vie, liberté » qui a suivi la mort de Mahsa Amini en 2022. L’ONG a recueilli quarante-cinq témoignages glaçants dont ceux de 26 hommes, mais aussi de sept mineurs, dont des enfants de 12 ans. Ces tortures, indique le rapport, ont pour but « d’instiller la peur et de leur infliger des traumatismes durables » afin de les dissuader de participer à de futures manifestations ou à d’autres actes de résistance, comme d’ôter son voile en public dans le cas des femmes. Les viols et violences sexuelles ont eu lieu « dans des centres de détention et des fourgons de police, ainsi que des écoles ou des immeubles résidentiels illégalement utilisés comme des lieux de détention ». Et ils sont justifiés par les ayatollahs. En 1986, interrogé sur l’utilisation massive du viol dans les prisons, le guide suprême Khomeini avait répondu : « Oui ! De tels viols sont essentiels pour empêcher ces femmes anti-islam d’entrer au paradis. Si elles sont exécutées vierges, elles entreront au paradis. Donc les viols sont extrêmement importants pour empêcher ces éléments d’entrer au paradis. » Si une telle barbarie montre un autre aspect du visage répugnant du régime des ayatollahs, il faut rappeler pour mémoire que sous le régime précédent, celui du très moderniste et pro-occidental chah Mohammad Reza Pahlavi, les prisonniers politiques n’ont pas non plus été épargnés par la pratique du viol comme arme d’intimidation en prison.

Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports en commun dans la région parisienne, constate « une nouvelle dégradation du service de transports inquiétante ». Cinq lignes de métro et trois RER ont été particulièrement « en grande difficulté » au mois d’octobre, note-t-elle. Les lignes 3, 6, 7, 8 et 13 connaissent une ponctualité à l’heure de pointe inférieure à 85 %, tout comme les RER B et D. En attendant, les voyageurs font l’expérience quotidienne de conditions déplorables dans des métros et trains plus que bondés. Valérie Pécresse, la très droitière (LR) présidente de la région et d’IDFM, « rappelle à la RATP la nécessité de remonter la pente et de réussir à faire rouler l’ensemble des trains commandés » et exige des opérateurs qu’ils remédient aux « causes structurelles liées avant tout à la gestion des ressources humaines ». Mais pour les membres de « Stop galère », un collectif composé des élus régionaux de gauche, de syndicats et d’associations d’usagers, ce sont « les choix de gestion de Valérie Pcresse (qui) ont provoqué une crise inédite des transports franciliens ». Et de citer les « économies au détriment de la qualité de service, les retards d’investissements structurants, les promesses non-tenues… ». Bref, Pécresse est en grande partie responsable de la situation qu’elle dénonce.

Fort marri de voir que la France ne figure qu’à la 23e place dans le monde au classement international Pisa, qui évolue les performances des élèves de 15 ans dans des domaines comme la lecture ou les mathématiques, le ministre de l’Éducation nationale, Gariel Attal, fait feu de tout bois. Il a annoncé d’un coup une reforme du brevet et du bac, le retour du redoublement, l’instauration de groupes de niveaux au collège, etc. Tant les syndicats d’enseignants que les associations de parents d’élèves ou les experts en matière d’éducation sont plus que sceptiques sur l’efficacité de telles mesures vu les classes surchargées et le manque criant d’enseignants. Dans le même temps, l’OCDE faisait savoir qu’en France le pourcentage des élèves scolarisés dans des établissements touchés par le manque de professeurs était passé de 17 % en 2018 à… 67 % en 2022 et qu’un élève d’un milieu défavorisé à dix fois plus de risques de se retrouver en difficulté qu’un élève de milieu favorisé. Des constatations qu’Attal a oublié de commenter.

Les services de police et de gendarmerie procèdent chaque année en France à quelque 47 millions de contrôles d’identité, selon une estimation de la Cour des comptes. Dans le détail, 20 millions de contrôles d’identité, dont 8,3 dans le cadre d’un contrôle routier, ont été réalisés par la gendarmerie, 27 millions, dont 6,6 millions sur les routes, par les policiers. Cette estimation a été jugée « vraisemblable » par la police, la gendarmerie et la préfecture de police de Paris. Le flicage de la population par ce biais bat donc son plein. Pourtant le recours systématique aux contrôles d’identité est dénoncé par plusieurs ONG et des travaux de chercheurs, qui les jugent inefficaces dans la lutte contre la délinquance et porteurs de discriminations. Sur ce dernier point d’ailleurs, en octobre dernier, le Conseil d’État, saisi par plusieurs ONG, avait reconnu que « la pratique des contrôles au faciès » existait bel et bien et « constituait une discrimination » pour les personnes qui les subissaient. Mais il s’était déclaré incompétent pour contraindre l’État à modifier de fond en comble sa « politique publique ». En d’autres termes la plus haute juridiction administrative ne pouvait rien faire contre le racisme systématique de la police et de la gendarmerie. On s’en doutait un peu…

À l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a annoncé la dissolution du groupuscule d’extrême droite « Division Martel ». Ses militants s’étaient illustrés dans la nuit du 25 au 26 novembre à Romans-sur-Isère où ils s’étaient rendus dans le quartier de la Monnaie, d’où étaient issus plusieurs des jeunes en cause dans la mort de Thomas, 16 ans, poignardé en marge d’un bal dans le village de Crépol. Leur but était d’en « découdre ». Mais lorsqu’on découvre dans le décret de dissolution que ce « groupement propage des idées justifiant la discrimination et la haine envers les personnes étrangères ou les Français issus de l’immigration, notamment par leur assimilation à des délinquants ou des criminels » on croit lire, à quelques détails prêts, le programme que défendent dans ce domaine pêle-mêle à droite Éric Ciotti et les Républicains, à l’extrême droite Marine Le Pen, Zemmour ou Marion Maréchal et, au gouvernement, Gérald Darmanin. Mais pour empêcher ceux-là de nuire, il faudra plus qu’un décret.

On nous l’avait annoncé et justifié à l’avance, le groupe Suez a lancé sa grande campagne publicitaire. Sur Internet, dans la presse ou sur grandes affiches, on pourrait imaginer que Suez est le bienfaiteur du genre humain : transformer les déchets créés par l’activité humaine en solutions à nos besoins énergétiques, super ! C’est la simplification à l’extrême du concept d’économie circulaire qu’on nous a déjà servi en interne. Au lieu de dépenser des sommes folles dans des publicités de ce genre, les Veolia, Suez ou Saur devraient assurer un accès aux services publics à tous : c’est leur rapacité qui est responsable du manque d’eau en Guadeloupe ou à Mayotte.

… d’après le bulletin d’entreprise Suez PSO