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Brèves

L’actualité en bref

Les bénéficiaires de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) sont-ils contrôlés sur la base d’un algorithme qui discrimine les plus précaires ? C’est ce qu’affirme La Quadrature du Net, une association de défense des libertés numériques qui explique : « Les dirigeants de la Cnaf profitent de l’opacité entourant l’algorithme pour nier son fonctionnement délibérément discriminatoire. » Dans sa lutte contre la fraude aux aides sociales, la Cnaf, qui gère les caisses d’allocations familiales, utilise depuis le début des années 2010 un algorithme pour identifier des bénéficiaires à risque et récupérer des « indus », c’est-à-dire des trop-perçus. Or, après avoir bataillé plusieurs années avant d’obtenir le feu vert de la Commission d’accès aux documents administratifs, La Quadrature du Net a publié deux versions de l’algorithme, celle utilisée entre 2010 et 2014 et celle utilisée entre 2014 et 2018, qui prouvent noir sur blanc que la Cnaf utilise des critères qui sont ouvertement discriminatoires envers les personnes touchant de faibles revenus, celles au chômage, les bénéficiaires d’aides sociales, celles résidant dans des quartiers défavorisés, et les familles monoparentales. Face à cette réalité, défense plutôt faiblarde du directeur général de la Cnaf, Nicolas Grivel, qui affirme que l’algorithme ne cible « pas forcément les personnes les plus pauvres mais celles dont les revenus varient »… Mais, dans les faits, ces deux catégories recouvrent souvent les mêmes personnes : les précaires.

Selon les données officielles qui viennent d’être publiées, l’inflation a atteint près de 62 % sur un an en novembre. Quoique élevés, les chiffres officiels sont contestés par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation, qui estiment la hausse des prix à la consommation à 129,27 % sur la même période, soit plus du double. Pour la faire baisser, la Banque centrale a fait remonter son taux directeur de 8,5 % à 40 % dans le but avoué de faire ralentir la consommation. Et il devrait encore progresser de 5 % le 21 décembre prochain. Une mesure qui touche en priorité les plus pauvres, incapables désormais de se procurer les produits de première nécessité devenus hors de prix. Conséquence : on estime que désormais plus du tiers des 89 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Alors que la Conférence des Nations unies sur le climat bat son plein, le quotidien britannique The Guardian a diffusé une vidéo dans laquelle le président émirati de la COP 28 estime qu’il n’existe « aucune étude scientifique » montrant qu’une élimination progressive des énergies fossiles permettrait de limiter le réchauffement à 1,5 °C et qu’une telle élimination pourrait « renvoyer le monde à l’âge des cavernes ». Ces propos ont été tenus le mois dernier lors d’un échange avec l’ex-présidente irlandaise et ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Mary Robinson, à l’occasion d’un forum en ligne sur le changement climatique. Des scientifiques interrogés par The Guardian ont dénoncé des commentaires « incroyablement inquiétants » et « à la limite du déni climatique ». Avec de tels défenseurs du climat la planète est mal barrée.

Israël « fait des efforts » pour minimiser les pertes civiles à Gaza, pour preuve, l’État sioniste a publié en ligne une carte des lieux où les civils pouvaient se rendre pour trouver refuge et fuir les combats. « Il n’y a pas beaucoup d’armées modernes qui feraient ça », a indiqué sur la chaine américaine ABC John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche qui a ajouté : « Nous pensons qu’ils ont été réceptifs à nos messages sur le fait d’essayer de minimiser les pertes civiles. » En termes de cynisme et de foutage de gueule Kirby fait fort. D’abord, l’armée israélienne bombarde le sud de la zone, la même où elle avait demandé à la population civile de se réfugier lorsqu’elle a attaqué au nord la ville de Gaza. Ensuite, la publication en ligne des lieux de bombardement est du bluff car, privés d’électricité, les Gazaouis n’ont plus Internet et donc ne peuvent pas lire cette carte. Et vu que le carnage (près de 16 000 morts et 40 000 blessés à ce jour) continue, chaque jour plus sanglant, on se demande ce qui serait arrivé si les dirigeants israéliens n’avaient pas été réceptifs aux messages de Washington.

Après le rejet de la proposition des parlementaires du groupe Les Républicains de supprimer l’Aide médicale de l’État (AME) (la couverture santé des personnes en situation irrégulière), Élisabeth Borne avait annoncé la création d’une mission confiée au républicain Patrick Stefanini et à l’ancien ministre socialiste Claude Evin et chargée de déterminer si « des adaptations » de l’AME sont nécessaires. Ils viennent de répondre par l’affirmative en remettant leur rapport. Un de plus. Car depuis sa création en juillet 1999 l’AME a déjà fait l’objet de modifications en 2002, 2005, 2007, 2008, 2011, 2012 et 2019. D’où le surnom ironique que lui ont donné les ONG du secteur « de milliard le plus scruté de la dépense publique ». En effet si ce milliard d’euros représente moins de 0,5 % du budget de l’Assurance maladie, il est régulièrement attaqué et remis en cause par la droite, notamment dans le cadre de ses campagnes anti-migrants. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête.

Logement : inégalités à tous les étages : ce premier rapport consacré au logement par Oxfam dresse le constat d’un creusement des inégalités dans l’accès à un logement abordable et rénové. Un chiffre éloquent : environ 3,5 % des propriétaires détiennent la moitié du parc immobilier locatif du pays. Et de pointer du doigt un désengagement progressif de l’État, qui « a ouvert la voie au secteur privé et aux investisseurs financiers ». En 20 ans, les prix des biens immobiliers ont augmenté « quatre fois plus vite que les revenus ». Premier poste de dépense contrainte des familles, le logement est passé d’une part de 9,5 % du revenu brut des ménages en 1960 à 23 % aujourd’hui, voire 32 % pour les plus modestes. Pour affronter cette situation, Oxfam réclame l’inscription du droit au logement dans la Constitution, l’abolition des niches fiscales qui existent dans ce secteur, donner plus de pouvoirs aux maires en matière de foncier et d’immobilier, etc. Des mesures qui seraient sans doute utiles mais qui ne règleront pas le problème de fond : tant que le logement sera considéré comme une marchandise, sa concentration aux mains des plus riches se poursuivra. La seule solution serait d’abolir la propriété privée du logement et d’en faire un bien public et social ouvert à tous.

Le mouvement de retournement des panneaux à l’entrée des communes devient viral : plus de 10 000 ont été retournés. Les agriculteurs manifestent par cet acte leur exaspération contre la multiplication des normes environnementales et administratives combinée aux exigences de productivité de la filière.
Que la FNSEA, ce syndicat qui défend bien plus les géants de l’agrobusiness au niveau national et européen que les petits producteurs, ait lancé ce mouvement est une illustration de ce monde à l’envers. C’est plutôt la domination du capitalisme sur nos champs qu’il faudrait renverser.

Les États français et britannique veulent construire un nouveau centre de rétention administrative (CRA) à Dunkerque. Les CRA sont des prisons de fait où sont enfermées et maltraitées les personnes sans papiers dans l’attente de leur expulsion. Ce projet s’inscrit dans les logiques racistes et sécuritaires de l’ensemble des pays européens, qui dépensent des milliards d’euros dans la militarisation des frontières, le flicage et le harcèlement des migrants.

L’agence de notation Standard&Poor’s a maintenu la « note » de la France, ce qui est supposé rassurer les « investisseurs » sur la sécurité de leurs placements. Bruno Le Maire était bien plus inquiet de ce verdict de l’agence que de la situation des classes populaires. Et il a promis de réduire la dette publique.

Sauf que tout l’argent emprunté et qui a gonflé la dette, nous n’en avons guère vu la couleur ! Pendant la pandémie, les milliards ont coulé à flots dans les caisses d’Air France, des groupes automobiles, d’Airbus, tandis que la part consacrée à soutenir les salaires a été marginale. Et ce ne sont ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les transports en commun qui ont bénéficié des cadeaux du gouvernement, bien au contraire. Mais c’est bien vers les travailleurs que le gouvernement, et les patrons, se tournent pour nous faire rembourser leurs dettes ! Notre pouvoir d’achat ne fait que baisser, tandis que les marges des grosses entreprises ont explosé. Après avoir réduit les droits et indemnités des chômeurs, le gouvernement veut maintenant s’en prendre aux droits au chômage des séniors.

Ne nous y trompons pas : sans un mouvement d’ensemble pour stopper leur machine infernale, les Macron et autres Bruno Le Maire vont continuer à nous faire payer tous les milliards offerts aux entreprises et qui ont surtout alimenté les dividendes records versés aux actionnaires.