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Brèves

L’actualité en bref

L’État a été condamné à nouveau par le Conseil d’État pour n’avoir pas suffisamment lutté contre la pollution de l’air qui montre des dépassements significatifs de certaines normes à Paris et Lyon. Il devra s’acquitter de deux astreintes de cinq millions d’euros pour les deux semestres allant de juillet 2022 à juillet 2023. Rappelons qu’en octobre 2022, le Conseil d’État avait déjà condamné l’État à payer une astreinte record de 20 millions d’euros, pour son incapacité à ramener les niveaux de pollution de l’air au-dessous des seuils réglementaires sur l’ensemble du territoire. L’État paye d’autant plus facilement qu’il ne s’agit pas de son argent mais du nôtre. Pendant ce temps, la pollution continue de plus belle. Un rapport de l’Agence européenne de l’environnement vient de révéler que la pollution de l’air aux particules fines a provoqué la mort de 253 000 personnes dans l’Union européenne en 2021.

Arnaud Rouger, directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP) était auditionné devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les « défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport ». Il a confirmé la fin de l’opération maillots arc-en-ciel portés par les joueurs sur les terrains depuis trois saisons lors des matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 pour lutter contre l’homophobie. Et il a ajouté : « Faire la promotion de l’homosexualité, c’est pas notre boulot. » Les propos du directeur général ont été taclés par Sabrina Sebaihi, rapporteuse de la commission où il était entendu. « Je condamne les propos homophobes tenus par le directeur général de la LFP lors de son audition. Parler de “promotion de l’homosexualité” montre un réel défaut de compréhension de l’homophobie et du travail colossal qui reste à faire pour avancer sur cette question. » Ces propos avaient aussi fait bondir les associations de défense des droits LGBT+. Avec des dirigeants comme Rouger l’homophobie a encore de beaux jours dans le sport.

Bruno Le Maire est à l’offensive contre l’assurance chômage. Depuis plusieurs jours, le ministre de l’Économie répète à l’envi que l’« État providence » est trop généreux et doit être remis à plat afin d’arriver au plein emploi en 2027. Il vient donc de suggérer une mesure qui contribuerait, selon lui, à atteindre cet objectif : abaisser la durée d’indemnisation des chômeurs de plus de 55 ans. Les spécialistes doutent que cela fasse reculer le chômage, mais ce sera autant de pris dans la poche des chômeurs âgés.

La direction de l’information de la chaîne publique francophone TV5 Monde a publié un communiqué à propos de l’interview d’un des porte-parole de l’armée israélienne, Olivier Rafowicz, par le journaliste Mohamed Kaci. L’entretien s’était déroulé en direct, le 15 novembre, lors du journal quotidien 64’, Le Monde en français. Le porte-parole militaire était questionné sur l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, notamment celle menée dans l’hôpital Al-Shifa. Le journaliste avait poussé son interlocuteur dans ses derniers retranchements. Ce qui ne lui a pas plu, pas plus qu’à la direction de l’information de TV5Monde, qui, dans un communiqué, a estimé que les propos de M. Kaci donnaient « l’impression […] que les modalités d’intervention de l’armée israélienne étaient équivalentes à la stratégie du Hamas, organisation considérée comme terroriste par de nombreux États ». La section du Syndicat national des journalistes de la chaîne a déploré le communiqué de la direction, estimant que celui-ci « ressemble à un désaveu » de Mohamed Kaci. Même soutien exprimé par la section SNME-CFDT qui affiche sa « totale solidarité » envers M. Kaci et poursuit : « Il n’est pas admissible de considérer qu’un journaliste est partisan quand il pose une question qui dérange son interlocuteur », plaide le syndicat, qui juge que « leur confrère a respecté la charte de déontologie de la profession ». Plus d’une centaine de collaborateurs de la chaîne ont signé une lettre de soutien à leur confrère qui est convoqué par la direction des ressources humaines de la chaîne pour un rendez-vous en vue d’une possible sanction, mardi 28 novembre.

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, membre du parti Likoud du Premier ministre, vient de proposer de sanctionner le quotidien Haaretz qu’il accuse de « saboter l’effort de guerre » et d’être « le porte-parole enflammé des ennemis d’Israël ». Les sanctions consisteraient à priver le quotidien de centre-gauche de toute publicité et de toute annonce légale en provenance du gouvernement et de ses agences. Haaretz jouit en Israël d’une réputation comparable à celle de quotidiens comme Le Monde en France, El País en Espagne ou The Guardian au Royaume-Uni. Très critique à l’égard de Netanyahou, il s’est cependant rallié à l’union sacrée après le 7 octobre tout en dénonçant régulièrement les exactions de l’armée et des colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et parfois aussi à Gaza. Mais surtout, partisan d’un cessez-le-feu dont Netanyahou ne veut pas entendre parler, il abrite en son sein des journalistes ouvertement pacifistes et anti-apartheid comme Gideon Levy et Amira Hass. Ce qui, pour l’extrême droite, équivaut à une trahison.

Invité sur France Inter, l’animateur de télévision Arthur s’est indigné que la France n’ait toujours pas rendu un hommage solennel à la quarantaine de victimes franco-israéliennes de l’attaque du Hamas du 7 octobre. Il a aussitôt reçu le soutien de Marine Le Pen. Par contre, ni l’un ni l’autre n’ont eu le moindre mot pour les victimes civiles de Gaza dont le nombre avoisine désormais les 15 000. Il faut dire que tant l’habitué des émissions télé que la dirigeante d’extrême droite sont de chauds soutiens d’Israël. Ceci explique cela.

Une deuxième enquête pour viols sur mineurs a été ouverte à Paris contre l’écrivain Gabriel Matzneff, déjà mis en cause pour pédophilie après les révélations en 2020 de l’éditrice Vanessa Springora dans son livre, Le Consentement. Ces nouvelles investigations ont été lancées le 23 octobre après un courrier d’une femme au parquet, affirmant qu’elle a été violée par l’écrivain dès l’âge de quatre ans jusqu’à ses treize ans. Cela pourrait paraître un fait divers malheureusement banal si Matzneff n’avait longtemps bénéficié d’une tolérance, voire de complicité, d’une partie de l’intelligentsia et des médias. Il s’était lui-même revendiqué publiquement « pédophile », racontant longuement et avec force détails, dans de nombreux ouvrages, ses relations avec des mineurs et son goût du tourisme sexuel en Asie. Depuis, il a dit « regretter » ses pratiques pédophiles passées, tout en faisant valoir qu’« à l’époque jamais personne ne parlait de crime ». Mais heureusement les temps ont (un peu) changé.

À huit mois des Jeux olympiques de Paris, la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a annoncé sa volonté de promouvoir l’activité physique comme « grande cause nationale » en 2024. L’objectif : éloigner les adultes et les enfants des écrans en les incitant notamment à pratiquer 30 minutes d’activité physique au quotidien. L’idée est de « démultiplier les occasions de faire du sport tous ensemble », a-t-elle expliqué. Dix millions d’euros de budget sont prévus pour ce plan, dont la moitié consacrée… à la communication. « C’est de l’argent jeté par les fenêtres. En termes de retombées, c’est peu évident que ce soit très conséquent », déplore Michaël Attali, spécialiste de la question et professeur à l’université de Rennes 2. « Cet argent aurait pu être utilisé, par exemple, en le fléchant auprès d’associations, de structures qui peuvent être des clubs ou autres, avec des gens formés pour accueillir un public motivé pour faire des activités physiques. » Et d’ajouter : « Trente minutes d’activité physique par jour, ça relève quand même beaucoup de l’injonction. Lorsqu’on dit aux Français de ne plus fumer ou de moins boire, le font-ils ? Ça fait cinquante ans qu’on le sait, ce genre d’injonction a peu d’impact si ce n’est pas intégré dans des dispositifs de suivi, d’accompagnement des gens. En fait, comme souvent avec ce gouvernement, on est sur des effets d’annonce. » Bien vu !

Dans son étude annuelle, France, portrait social, qui vient de paraître, l’Insee détaille les impacts économiques de la fiscalité et de l’inflation. Sans surprise, l’étude montre que la hausse des revenus ne permet pas de compenser les dépenses supplémentaires liées à l’inflation pour les foyers les plus modestes. En effet, pour ces deniers, 60 % de la hausse des dépenses concernent des besoins dits « primaires », tels que l’alimentation, le chauffage, l’électricité et les carburants. Les mesures du style « bouclier fiscal » ne compensent les hausses de prix que pour 40 %. Le reste est supporté plein pot pour les ménages. Conséquence : les 10 % les plus modestes connaissent une perte de 7,4 % de leur niveau de vie tandis que chez les 10 % les plus riches, il progresse de 0,4 %. Les gagnants sont toujours les mêmes.