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Brèves

L’actualité en bref

Dans une lettre envoyée au ministre du Travail, les syndicats CGT, FSU, SUD et CNT protestent contre un décret pris le 31 octobre, et passé largement inaperçu, qui met les inspecteurs du travail chargés de contrôler les compagnies aériennes et les infractions au Code du travail sous la tutelle de la direction générale de l’Aviation civile (DGAC). Dans la pratique cela signifie que les inspecteurs du travail ne pourront plus intervenir librement pour faire respecter la législation sans autorisation préalable de l’Aviation civile. Ce décret prévoit aussi de codifier les règles relatives à la durée du travail, aux repos, aux congés et plus généralement au statut social des personnels navigants. Ni les syndicats d’inspecteurs du travail, ni ceux des pilotes, des hôtesses et des stewards n’avaient été prévenus par cette nouvelle législation, et encore moins consultés. Un texte qui va contribuer à la dérégulation de ce secteur, à la grande satisfaction des patrons du transport aérien.

Un homme de 75 ans a porté un coup de cutter à la gorge d’un jardinier qui travaillait à Villecresnes, dans le Val-de-Marne, après avoir proféré des insultes racistes à son encontre. La victime, un homme de 29 ans d’origine algérienne, avait garé sa camionnette de jardinage dans une impasse. L’agresseur, qui estimait que le véhicule gênait le passage, s’est précipité sur lui en criant « espèce de sale bougnoule, je suis chez moi alors tu dégages ! » Il a été interpellé et placé sous contrôle judiciaire mais laissé en liberté sans interdiction de porter une arme. Un fait divers qui illustre la persistance du racisme anti-arabe et islamophobe dans le pays ainsi que la mollesse de réaction des autorités.

Avec 56 % des voix et plus de 14 millions de votes, le politicien d’extrême droite Javier Milei a remporté les élections en Argentine. Ce score est avant tout le résultat du désastre social en cours et du profond rejet du gouvernement péroniste dont la politique d’austérité, sous les ordres du FMI, n’a fait que plonger dans la pauvreté plus de 40 % de la population. Il faudra voir jusqu’où Milei, qui n’a pas de relais propres au Congrès, pourra appliquer son programme réactionnaire, répressif et anti-ouvrier. Car pour avancer vers la privatisation complète de la santé ou de l’éducation, pour approfondir la précarisation du travail ou pour revenir sur le droit à l’avortement, Milei devra aussi faire face à de fortes réactions populaires. Il a pu faire des voix, une autre paire de manche sera d’affronter une révolte sociale.

Meloni, la dirigeante d’extrême droite de l’Italie, a annoncé, le 6 novembre, un nouveau plan pour pourrir la vie des migrants qui fuient misère, guerre ou répression. Après un accord avec la Tunisie en juin, c’est maintenant l’Albanie qui sera chargée de prendre en charge – et de refouler ! – une partie des migrants interceptés en Méditerranée. Plusieurs ONG ont sonné l’alarme face aux risques sur les droits humains (on se rappelle des cas d’esclavagisme en Libye). Mais qui sait jusqu’où iront le cynisme et l’inhumanité de ces dirigeants européens ?

Pour satisfaire les patrons de l’aéronautique, le gouvernement veut restreindre le droit de grève des aiguilleurs du ciel. Pour répondre à cette attaque, ils font grève lundi 20 novembre. Oui, l’arme des travailleurs, c’est la grève !

Il y a un an, Rodolphe Saadé reprenait le journal régional La Provence au terme d’une longue bataille avec Xavier Niel. C’est la promesse de ne pas supprimer d’emplois qui avait favorisé cette reprise. Mais, ce n’est pas un scoop, les promesses de milliardaires n’engagent que ceux qui y croient. Le patron de la CMA-CGM a donc annoncé la suppression de soixante-et-un postes, dont trente de journalistes, pour remettre les comptes à l’équilibre d’ici un an. Jeudi 17 novembre, la rédaction du journal s’est lancée dans une grève reconductible pour maintenir les emplois.

Le gouvernement français enchaîne les discours de façade sur le sujet mais les violences produites par l’oppression des femmes, enracinées profondément dans notre société et qui ne peuvent que nous diviser, ne diminuent pas. Pourtant, les discriminations sociales quotidiennes qui précarisent, les viols et les féminicides ne sont pas des fatalités : exprimons-le haut et fort samedi prochain en manifestant !

Les rassemblements du 20 novembre organisés dans les grandes villes de France et du monde pour les victimes de la transphobie sont l’occasion de clamer haut et fort qu’une autre société est possible, dans laquelle les personnes trans ne sont pas mises à la porte par leur famille, privées de travail et d’accès correct aux soins, voire agressées et tuées. En somme, une société libérée de l’oppression où chacun puisse vivre comme il l’entend.

Le gouvernement autrichien vient d’annoncer des mesures destinées « à réhabiliter et dédommager les personnes inquiétées par la justice jusqu’en 2002 en raison de leur orientation sexuelle ». Et ce malgré le fait que depuis 1971 les relations entre personnes du même sexe avaient été dépénalisées. Les vieilles habitudes répressives ont la vie dure. Ces mesures devraient permettre à 11 000 personnes de voir leur peine annulée. De plus chacune d’entre elles recevra 3 000 euros auxquels s’ajouteront 1 500 euros pour chaque année passée derrière les barreaux. Mieux vaut tard…