Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

C’est le syndicat FSU Emploi qui a levé le lièvre. Alors que le gouvernement prévoit de supprimer plus de 1 600 postes à France Travail, dans le même temps l’agence de l’emploi va recruter un général d’armée pour piloter « les nouvelles forces spéciales » de l’établissement public et orienter les demandeurs d’emplois vers les métiers de la défense. L’organisation syndicale écrit notamment : « Dans un contexte de suppressions de postes, non-remplacements, surcharge de portefeuilles, épuisement professionnels, perte de sens, durcissement des sanctions, obligations toujours plus nombreuses, conditionnalité accrue des droits, on réduit les moyens humains d’accompagnement des 7,5 millions d’inscrit.es, mais on embauche un général ! On peut désormais parler de gestion disciplinaire du chômage, d’accompagnement à la mise au pas. » Et de conclure : « La hiérarchisation et la militarisation des sociétés ont toujours mené à la guerre pour maintenir un système capitaliste broyeur de vies au profit de quelques nantis. La FSU Emploi n’en veut pas. » Nous non plus !

L’ancien président Nicolas Sarkozy a demandé la confusion de ses peines dans les dossiers Bygmalion et Bismuth pour ne pas être à nouveau astreint au port d’un bracelet électronique a indiqué le parquet national financier. Sa demande doit être examinée par la justice le 23 février. Il a intérêt à faire vite. En effet, il doit comparaître à nouveau à partir du 16 mars devant la cour d’appel de Paris pour son procès dans le dossier du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. En première instance, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement, conduisant à son incarcération pendant trois semaines cet automne. Au rythme où vont les choses, Sarkozy sera bientôt forcé de se faire greffer une troisième cheville pour accueillir le nouveau bracelet que risquent de lui imposer les magistrats d’appel.

Le géant néerlandais de la technologie ASML est un rouage essentiel du secteur. En effet, les semi-conducteurs fabriqués à l’aide de ses machines de pointe sont utilisés dans nombre d’applications, des smartphones aux satellites en passant par l’IA. Dans un même élan, le groupe a annoncé un bénéfice record de 9,6 milliards d’euros pour 2025 (contre 7,6 milliards l’année précédente) et le licenciement de 1 700 de ses 44 000 salariés, principalement aux Pays-Bas et aux États-Unis. Ces annonces ont fait monter l’action ASML en flèche (+7,13 %) à la Bourse d’Amsterdam et enrichi d’autant les actionnaires. À plus long terme, ASML estime que l’expansion rapide du marché de l’IA fera grimper son chiffre d’affaires annuel entre 44 et 60 milliards d’euros d’ici 2030. Quant aux licenciés, ils comptent pour du beurre.

Dans un rapport publié un an après l’annonce du gel de l’aide humanitaire des États-Unis aux associations et autres entités impliquées dans les désastres planétaires, l’ONG Care alerte sur les dix « crises humanitaires oubliées » en 2025, très majoritairement en Afrique, touchant environ 43 millions de personnes. Parmi elles, le conflit en Centrafrique et la pire sécheresse en dix ans en Namibie. Ces crises sont fort peu médiatisées. Par exemple, 1 532 articles ont été consacrés à la République centrafricaine, où environ 2,4 millions de personnes sont « en situation d’urgence humanitaire », soit 63 fois moins que les 96 927 publications sur le mariage du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, à Venise en juin. À chaque média ses priorités. De plus, « en 2025, les plans humanitaires des Nations unies pour le Zimbabwe ou le Malawi n’étaient financés qu’à 14 % », souligne l’ONG, précisant qu’à ces « déficits structurels » s’ajoutent « des coupes budgétaires brutales décidées par les États-Unis et par une dizaine de pays européens, dont la France, qui ont entraîné une baisse de près de la moitié de l’aide humanitaire mondiale ». Les pays impérialistes augmentent sans cesse leurs budgets militaires et, dans le même temps, diminuent drastiquement l’aide consacrée aux plus démunis : une parfaite logique capitaliste.

C’est le patron de la Fédération bancaire française, Daniel Baal, (également dirigeant du Crédit mutuel) qui l’a annoncé fièrement au cours d’une conférence de presse. Au 30 juin 2025 les six plus grandes banques du pays (BNP Paribas, Crédit agricole, Crédit mutuel, Banque postale et Société générale) avaient accordé 45 milliards d’euros de financement aux entreprises d’armement tricolores, soit une hausse de 75 % depuis 2021 pour un premier semestre et 22 % de plus qu’au premier semestre 2024. À ce montant s’ajoutent 22 milliards d’euros d’investissement à destination d’autres entreprises d’armement situées à l’étranger. En résumé les établissements bancaires font leur beurre en prêtant aux marchands de canons qui eux-mêmes s’enrichissent grâce notamment aux subventions publiques et aux commandes de l’État. Et c’est le citoyen lambda qui, en bas de l’échelle, finance tout cela avec ses impôts.

Le groupe Auchan, qui appartient à la richissime famille Mulliez, souhaite se concentrer sur ses hypermarchés et entend céder 91 supermarchés à son concurrent du Groupement Mousquetaires (Intermarché). L’opération devrait permettre à Auchan, en difficulté actuellement, d’améliorer ses résultats et de faire baisser les prix dans ses supermarchés, de 6 à 8 %. Mais qu’en sera-t-il du personnel ? Là c’est le silence radio. Les syndicats veulent qu’Auchan s’engage à maintenir tous les emplois et tous les acquis sociaux mais n’ont obtenu aucune garantie pour l’instant. Dans ce genre de monopoly commercial, les perdants sont toujours les mêmes : les salariés.

Le maire de la ville de Milan, Giuseppe Sala, ne décolère pas. Il a appris que des agents de l’ICE, la sanguinaire police américaine de l’immigration, seront présents aux prochains Jeux olympiques qui se déroulent à Milan et à Cortina à partir du 6 au 22 février prochains. « Ces gens à ne sont pas les bienvenus et personne ne les a invités. C’est une milice qui tue » a déclaré Sala. Officiellement, l’administration trumpiste explique qu’ « aux Jeux olympiques, le service de sécurité intérieure de l’ICE soutiendra le Service de sécurité diplomatique du département d’État américain, ainsi que le pays hôte, afin d’évaluer et d’atténuer les risques liés aux organisations criminelles transnationales ». Les autorités italiennes ont d’abord nié la présence d’agents de l’ICE, puis ont tenté d’en minimiser le rôle, suggérant qu’ils n’aideraient qu’à assurer la sécurité de la délégation américaine, dont le vice-président américain J.D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, devant assister à la cérémonie d’ouverture. Mais d’ores et déjà des appels à manifester contre la présence de l’ICE ont été lancés dans le pays.

L’Association pour la santé des enfants a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour dénoncer « la carence grave de l’État dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés ». Dans sa requête, l’association demande notamment à l’État d’ordonner sous 24 heures le rappel de l’ensemble des laits infantiles contenant l’huile riche en acide arachidonique produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, utilisée par plusieurs producteurs de lait infantile. Elle demande également la « suspension immédiate et administrative des chaînes de fabrication des cinq usines concernées », citant notamment des usines des groupes Lactalis, Danone, Nestlé et Vitagermine. Déjà le 22 janvier dernier une autre ONG, Foodwatch, avait porté plainte contre X dénonçant les carences de l’État.

L’établissement d’enseignement catholique Notre-Dame de Bétharram, situé près de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, est, depuis des mois, au centre d’accusations d’agressions sexistes et sexuelles, voire de tortures et de viols, dont se sont rendus coupables certains enseignants. Pour calmer le jeu, il a d’abord changé de nom – il s’appelle désormais le Beau Rameau – et le Secrétariat général de l’enseignement catholique a finalement confirmé qu’il allait fermer d’ici trois mois… pour déménager dans une commune voisine. Et de promettre que ses pratiques délictueuses seront renvoyées « dans les oubliettes de l’histoire ». Sans doute. Sauf que le scandale de Bétharram a servi de révélateur. Les langues se sont déliées et plusieurs autres établissements catholiques sont dans l’œil du cyclone. Alors plutôt que cacher la poussière sous le tapis il faudrait mieux s’interroger sur le laxisme des autorités universitaires qui ne contrôlent ces établissements qu’épisodiquement, voire pas du tout, bien qu’ils soient financés en grande partie avec de l’argent public.