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Brèves

L’actualité en bref

Trois migrants ont été retrouvés morts au large de la Crète tandis qu’une opération de sauvetage se poursuit. Vingt autres migrants avaient été secourus dans la zone maritime de Kaloi Limenes par un navire commercial dépêché sur place. Les survivants ont indiqué qu’environ 50 personnes se trouvaient à bord de l’embarcation. Plusieurs dizaines sont toujours portées disparues. Par ailleurs, une seconde embarcation transportant une quarantaine de migrants a été repérée dans la zone, déclenchant une nouvelle opération de sauvetage. L’hécatombe continue. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), une agence de l’ONU, a recensé en 2025 107 personnes mortes ou disparues dans les eaux grecques. Cette hécatombe ne prendra fin qu’à la condition que l’Union européenne renonce à sa sordide politique anti-migrants qui oblige ces derniers à prendre de plus en plus de risques pour tenter de gagner le Vieux Continent.

La multinationale TotalEnergies était jugée cette semaine devant le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance en matière de risques climatiques. L’ affaire avait été portée en justice par quatre associations écologistes (Notre affaire à tous, Sherpa, ZEA, et France Nature environnement) ainsi que par la ville de Paris. Les plaignants accusaient le groupe gazier et pétrolier de ne pas avoir suffisamment pris en compte l’impact climatique de ses activités, notamment les émissions de gaz à effet de serre (GES), liées à l’utilisation de ses produits par ses clients. Ils soulignaient que TotalEnergies avait connaissance depuis les années 1970 des conséquences néfastes de ses activités sur le climat, mais que son modèle économique restait tourné vers les énergies fossiles, responsables de 70 % des émissions de GES. Le géant de l’énergie s’est contenté de plaider la bonne foi. Mais, chose inhabituelle, on a vu le ministère public, représentant l’État, le dédouaner en estimant que le réchauffement climatique est avant tout une responsabilité des États, et non des compagnies privées, et que la loi sur le devoir de vigilance ne s’applique pas directement au changement climatique. Une position plus radicale même que celle que défendait TotalEnergies. Le délibéré a été fixé au 25 juin prochain, mais il y a de fortes chances que la compagnie pétrolière puisse continuer de polluer avec le feu vert et le soutien de l’Élysée et de Matignon.

Les autorités françaises viennent de rendre à la Côte d’Ivoire le tambour parlant « Djidji Ayôkwé », un objet sacré de quatre mètres de long volé en 1916 à l’ethnie Ébrié pendant la colonisation avant d’être envoyé en France en 1929, exposé au musée du Trocadéro puis à celui du quai Branly. Cette restitution s’inscrit dans le cadre d’un processus initié par Paris en 2017 et qui a déjà permis le retour de plusieurs objets au Sénégal et au Bénin. Il reste dans les musées ou les collections privées des anciennes puissances coloniales des milliers d’objets culturels spoliés aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique et qui attendent toujours d’être restitués. Une rétrocession qui se fait au compte-gouttes.

Samedi 21 février, plus d’une centaine de soutiens à l’extrême droite, dont Thomas Rousseau, candidat Les Républicains aux municipales, étaient présents dans le centre-ville de Rennes pour rendre hommage à Quentin Deranque, mort il y a une semaine lors d’une rixe à Lyon. C’est le directeur d’une boîte de nuit qui se fait appeler le Jarl, figure de l’extrême droite locale, habituée au tabassage de jeunes de gauche, qui était à l’initiative du rassemblement qui se disait « pacifiste ». Quelques fascistes musclés et cagoulés ont donc pu tranquillement afficher des saluts nazis et autres provocations racistes, sous protection policière. La mort de l’un d’entre eux leur sert de prétexte et prépare le terrain à l’arrivée des politiques anti-ouvrières du RN. Les centaines de personnes présentes à la contre-manifestation ont eu raison de répondre par l’organisation collective aux idées pourries du Jarl et tous ceux qui marchent avec lui.

Après le petit Liam âgé de 5 ans, dont l’histoire a fait le tour du monde, la police de l’immigration américaine, la sinistre ICE, s’en ait pris cette fois à un enfant encore plus jeune. Alors qu’il souffrait d’une bronchite, après un mois de détention dans un centre de l’immigration, la police a expulsé Juan Nicolas, âgé de seulement deux mois, et sa famille. Elle avait été détenue dans le sud du Texas, où la santé du nouveau-né s’était dégradée. Il s’étouffait avec ses vomissements et souffrait de difficultés respiratoires. Trouvé inconscient, il avait été conduit en urgence à l’hôpital. Il en était ressorti quelques heures plus tard avant d’être expulsé et abandonné en territoire mexicain avec ses parents et sa petite sœur de 16 mois. La famille avait alors en poche moins de 200 dollars (170 euros). À travers le pays, l’affaire a fait les gros titres d’une partie de la presse et suscité colère et indignation.

Six militants européens, qui étaient venus dans le pays s’informer sur les conditions de détention des prisonniers politiques, ont été arrêtés à Istanbul. « La délégation internationale d’avocats, journalistes et militants des droits humains était arrivée le 18 février en Turquie », a déclaré Naim Eminoğlu, président de la section d’Istanbul de l’Association des juristes progressistes, qui assure leur défense. Selon lui, ils ont été immédiatement interpellés à leur arrivée. La police les a prévenus qu’ils étaient arrêtés pour être expulsés et leurs passeports ont été confisqués. Ils ont ensuite été transférés à la Direction des migrations, puis emmenés à l’aéroport. Ces militants étaient venus sur place dans le cadre d’une mission d’observation pour enquêter plus particulièrement sur le système carcéral dit « en puits », c’est-à-dire dans des cellules privées totalement de la lumière du jour, et sur l’isolement de certains prisonniers politiques. Des conditions inhumaines dont le régime est coutumier.

Lors du premier grand débat des élections municipales dans la cité phocéenne, organisé par BFMTV et le journal La Provence, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a revendiqué comme « valeurs » le triptyque « travail, famille, patrie », cher en son temps au régime de Vichy. Lorsque, sur le plateau, on lui fait remarquer qu’il s’agit d’un slogan du maréchal Pétain elle répond : « Oui, mais ce sont mes valeurs. J’assume mes valeurs. » Un appel du pied à peine déguisé à l’électorat du Rassemblement national dont elle dit partager « les préoccupations ». Mais surtout une grossière manœuvre électorale pour la candidate soutenue par le camp macroniste (Renaissance, MoDem, Horizons) et Les Républicains et qui, dans les sondages, arrive loin derrière le candidat d’extrême droite, le député RN Franck Allisio. Lui piquer quelques voix vaut bien de reprendre à son compte une idéologie nauséabonde. Comme le dirait Macron on peut, en même temps, être centriste et un peu facho sur les bords. L’important est d’être élue.

Après le départ de Jean-Marc Morandini, condamné dans des affaires de pédophilie, et la démission consécutive de Sonia Mabrouk, CNews, la chaîne du très droitier Vincent Bolloré, continue sur sa lancée raciste et xénophobe. Pour meubler les trous laissés par les partants, et à partir du 23 février, les téléspectateurs auront droit du lundi au jeudi à une nouvelle émission au titre évocateur : 100 % Frontières. Elle sera notamment animée par un certain Erik Tegnér, par ailleurs directeur de la rédaction du média en ligne Frontières. Ce média affiche très clairement son positionnement identitaire et ses opinions sexistes, homophobes, islamophobes. et anti-migrants. N’en jetez plus ! Erik Tegnér a déjà été l’objet de signalements à l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, pour des propos à caractère antisémite tenus sur le plateau de CNews, et a déjà été condamné pour « injure publique à caractère racial ». La galaxie Bolloré continue de recruter ses animateurs et ses journalistes dans les caniveaux d’extrême droite.

Alors que s’ouvre le Salon de l’agriculture, la ministre en charge de ce secteur, Annie Genevard, a déclenché une procédure de licenciement à l’encontre de la directrice de l’Agence bio qui dépend de son ministère. Déjà à la mi-janvier le Sénat avait voté la suppression des crédits de l’Agence bio (2,9 millions d’euros), estimant que ses missions pouvaient être reprises par d’autres opérateurs. Le gouvernement ne s’était pas opposé à cette délibération et avait jugé « pertinente » cette proposition susceptible de « rationaliser la dépense publique ». Tout cela à la grande satisfaction des lobbies de l’agrobusiness et de la FNSEA qui estiment que toute mesure en faveur de l’écologie et du bio est un frein à leurs juteuses affaires.