Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Seizième recours à l’article 49.3 depuis l’arrivée à Matignon d’Élisabeth Borne. La Première ministre a une nouvelle fois utilisé le 49.3 pour faire adopter sans débat le budget pour 2024. « Nous ne pouvons pas priver la France de budget » et « nous le pouvons d’autant moins que nous savons bien qu’il n’existe aucune majorité alternative capable de s’entendre autour d’un budget », a justifié la Première ministre lors d’une courte déclaration à la tribune de l’Assemblée, où elle a été huée à son arrivée. Et, une nouvelle fois, La France insoumise a répliqué par le dépôt d’une motion de censure. Comme d’hab… Le cirque parlementaire continue dans l’indifférence générale.

Pour avoir arboré des drapeaux palestiniens et des banderoles « Free Palestine » en tribune, des supporters du Celtic Glasgow ont vu leur abonnement suspendu. Le Celtic, c’est le club de football historique des ouvriers irlandais immigrés dans la très industrielle ville de Glasgow. Tandis qu’au pays, ils subissaient l’oppression de Sa Majesté (l’Irlande était une colonie), à Glasgow, ils se faisaient exploiter pour les profits du patronat britannique. Pas étonnant qu’ils éprouvent une certaine solidarité à l’égard des peuples qui subissent encore aujourd’hui les conséquences de l’impérialisme du Royaume-Uni. Cela rend les sanctions dont ils font l’objet encore plus révoltantes.

Remarquons au passage qu’en matière de colonialisme, la Palestine n’est pas la seule à souffrir du « diviser pour mieux régner ». Au fossé de sang creusé entre juifs et musulmans par l’armée britannique dans les années 1920-1930 (alors que les deux communautés vivaient en paix depuis des années) répond la séparation fratricide entre Irlande et Irlande du Nord au nom de la différence entre catholiques et protestants. La religion a de tout temps été instrumentalisée pour les intérêts des possédants et des impérialismes.

Des manifestants anti-monarchistes ont hué le roi Charles III à sa sortie du palais de Westminster alors qu’il venait de prononcer son premier discours du Trône. Arrivé en grande pompe à bord du carrosse d’or de la famille royale, le monarque, comme le veut la tradition, n’a fait que lire devant les parlementaires le texte rédigé par le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak. Il a ainsi confirmé « l’octroi de licences pour exploiter de nouveaux gisements de pétrole et de gaz afin d’aider le pays à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 sans ajouter de charges excessives aux ménages ». Une mesure qui, lors de son adoption il y a quelques mois, avait fait hurler les mouvements écologistes et les autres défenseurs de l’environnement. Pour un roi qui, depuis des décennies, a voulu se peaufiner l’image de « l’écolo de la famille royale » cela la fiche un peu mal. De plus, les jeunes étant de moins en moins monarchistes, cela explique aussi sans doute pourquoi des centaines d’entre eux se sont retrouvés devant le Parlement en scandant des slogans tels que « Pas mon roi » et « Quel gâchis ! ». Un crime de lèse-majesté qui a été largement relayé par les médias. Tout fout le camp !

Le 1er août dernier, la Première ministre, Giorgia Meloni, décidait de supprimer le « revenu de citoyenneté », l’équivalent dans la Péninsule du revenu de solidarité active (RSA) ici, alors que des centaines de milliers de familles le touchaient. Il s’agissait d’une prestation sociale destinée aux plus démunis d’un montant moyen de 550 euros par foyer, créée en mars 2019 par le Mouvement 5 étoiles. Les rares familles qui continuaient à le percevoir en seront privées définitivement à partir du 1er janvier prochain. Les plus pauvres n’auront qu’à se débrouiller et faire appel aux organisations caritatives. Un exemple dont s’inspirent sans doute Macron et Borne qui ont commencé ici à s’en prendre au RSA par la bande.

La 28e conférence des Nations unies sur le climat (COP 28) se tiendra du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle sera présidée par le sultan Al Jaber, ministre émirati de l’Économie et président de la compagnie pétrogazière Adnoc. Lors d’une conférence de presse il a annoncé la couleur : il va inviter à cette conférence les plus grandes banques et les plus grandes compagnies pétrolières et gazières de la planète « dans des proportions encore jamais vues » pour apporter les milliards de dollars qui manquent « afin de réussir la transition énergétique mondiale ». Et de déclarer fièrement : « Les décideurs du secteur financier seront avec nous… les personnalités du secteur technologique seront avec nous… les dirigeants de tous les secteurs industriels importants de l’économie mondiale seront avec nous. » Et, de plus, une gigantesque foire commerciale sera organisée en marge de la conférence. Bref, les principaux pollueurs de la planète seront au rendez-vous… pour sauver le climat. Une farce…

Selon Bruxelles, 80 % des habitats naturels (notamment tourbières, dunes et prairies) au sein de l’Union européenne sont dans un état de conservation « mauvais ou médiocre ». Pour y remédier l’exécutif bruxellois prépare une législation sur la préservation de la nature qui imposerait aux Vingt-Sept des mesures de restauration d’au moins 30 % des espaces abîmés d’ici 2030, 60 % d’ici 2040 et le reste en 2050. Y’a plus qu’à. Sauf que dans la pratique ça coince. Une des mesures envisagées – l’extension de zones « à haute diversité » (haies, étangs, arbres fruitiers…) sur 10 % des terres agricoles – a été abandonnée. La droite parlementaire – qui s’est fait la porte-parole des lobbies de l’agrobusiness et des gros agriculteurs – n’en voulait pas car cela menaçait, parait-il, les rendements agricoles. Alors, d’ici 2050, il y a de fortes chances que la « restauration de nature » reste un vœu pieux.

Il y a quelques années, le coureur cycliste Richard Virenque s’était fait pincer lors d’un contrôle antidopage. Il avait alors affirmé pour sa défense qu’il s’était fait doper « à l’insu de son plein gré ». La phrase était devenue célèbre comme évidence comique de la mauvaise foi. Eh bien le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, est en passe de devenir le Virenque du prétoire. Il est poursuivi devant la Cour de justice de la République pour conflit d’intérêt pour avoir fait poursuivre en tant que ministre quatre magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir lorsqu’il était avocat. Et sa défense est limpide : il ne savait rien et ce sont ses services et son administration qui ont engagé des poursuites. Sans doute à l’insu de son plein gré. Les juges ne seront sans doute pas dupes, mais il ne risque pas grand-chose. En effet, composée de trois magistrats professionnels et de douze parlementaires, la Cour s’est montrée dans le passé extrêmement clémente avec les ministres qui comparaissaient devant elle.

Il y a tout juste un mois la militante féministe iranienne, Narges Mohammadi, 51 ans, obtenait le prix Nobel de la paix pour son combat pour les droits des femmes dans son pays. Elle est l’un des principaux visages du mouvement « Femme, Vie, Liberté » déclenché en 2022 par la mort de Mahsa Amini aux mains de la police des mœurs. Condamnée l’an dernier à purger une longue peine à la prison d’Evin, à Téhéran, elle vient d’entamer une grève de la faim pour protester contre le manque de soin accordé aux détenus et l’obligation faite aux femmes de porter le voile. L’état de Narges Mohammadi est jugé préoccupant par ses proches selon lesquels elle a besoin d’une hospitalisation d’urgence. Ils se basent sur un électrocardiogramme réalisé par un médecin en prison. Mais il y a quelques jours, les autorités ont refusé de la conduire à l’hôpital… car elle ne portait pas le voile. Bien que malade, elle refuse de céder sur ses convictions.

Quelques centaines de jeunes militants juifs ont occupé lundi dans le calme la statue de la Liberté à New York pour exiger d’Israël un cessez-le-feu et la fin du « bombardement génocidaire de civils palestiniens à Gaza ». Vêtus de tee-shirts noirs frappés des slogans « des juifs demandent un cessez-le-feu maintenant » ou « pas en notre nom », ils ont déployé des banderoles « le monde entier regarde » et « les Palestiniens devraient être libres » au pied du socle de l’emblématique monument. Ce rassemblement s’est tenu à l’appel de l’organisation Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix) qui, le week-end précédent, avait organisé une manifestation massive dans les rues de Washington.