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Brèves

L’actualité en bref

Éric Zemmour et Marion Maréchal, deux figures du parti d’extrême droite Reconquête, se sont déplacés respectivement en Israël pour le premier, et en Arménie pour la seconde, pour y défendre la « civilisation judéo-chrétienne » qui serait mise en danger, selon le duo infernal, par les musulmans, d’une part les Azéris qui ont attaqué les Arméniens chrétiens, d’autre part les Palestiniens qui s’en prennent aux Juifs israéliens. De son côté le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, parle du risque de guerre généralisée qui opposerait « le Croissant aux Croisés ». En fait cette crise fait remonter à la surface les idées les plus réactionnaires, dignes du Moyen Âge, qu’alimente un monde capitaliste pourrissant.

Le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a suspendu le permis d’aménager d’une mégabassine, celle de Priaires sur la commune du Val-du-Mignon, dont les travaux ont commencé. Il a estimé qu’il y avait un conflit d’intérêt pour la maire, Marie-Christelle Bouchery, qui avait signé le permis d’aménager… alors qu’elle était une des principales bénéficiaires de cette retenue d’eau. Une petite victoire pour les opposants aux mégabassines, qui dénoncent la confiscation des réserves d’eau par une minorité d’agriculteurs. Et ils ont déjà réussi à faire annuler quinze projets dans la région Nouvelle-Aquitaine.

Le ministre des Transports, Clément Beaune, se lamente à longueur de tweets et d’interviews dans les médias sur les attaques dont il est l’objet de la part des opposants à la future autoroute A69 Castres-Toulouse dont il est un farouche défenseur. Il a affirmé au journal Le Parisien recevoir « chaque jour entre 2 000 et 3 000 messages à ce sujet » la plupart étaient de plus « insultants, agressifs, voire violents et directement menaçants », parfois même « homophobes et antisémites ». Et par qui sont-ils rédigés ? Selon lui « principalement par des militants soi-disant écologistes, radicaux et déchaînés ». Le tout sans avancer aucune preuve. Par contre il est pris en flagrant délit de mensonge lorsqu’il affirme qu’il existe une très large majorité d’élus locaux favorable au projet. Mi-octobre, 160 d’entre eux, originaires du Tarn et du Lot-et-Garonne ont signé une pétition dans le Huffington Post, demandant l’arrêt et l’abandon du projet et rappelant que lors d’une consultation des maires du Tarn concernés seuls 21 % s’étaient montrés favorables au projet. Cette opposition, ainsi que celle d’un comité scientifique et d’une bonne partie de la population locale, n’empêche pas Beaune d’aller de l’avant. Droit dans le mur…

« L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles », affirmait le socialiste allemand August Bebel dénonçant en son temps ceux qui masquaient leur racisme anti-juif par un pseudo anti-capitalisme assimilant la population juive aux Rothschild et autres gros capitalistes. Aujourd’hui, alors que plus 800 actes antisémites auraient été enregistrés en trois semaines en France depuis le début du conflit israélo-palestinien (recensés par un gouvernement d’autant plus vigilant qu’il est tout dévoué à la politique colonialiste de Netanyahou), on pourrait dire que « l’antisémitisme, c’est l’anti-impérialisme des imbéciles ». Affirmer sa solidarité pleine et entière avec le peuple palestinien n’a rien à voir avec le fait d’assimiler tous les Juifs, en Israël et ailleurs, au gouvernement raciste et ségrégationniste israélien, et de les rendre responsables des massacres perpétrés à Gaza. C’est le sionisme que nous combattons, dont les bombardements d’aujourd’hui montrent le visage monstrueux. Comme toutes les formes de racisme, l’antisémitisme doit être combattu ici et maintenant et rien de ce qui se passe au Moyen-Orient ne peut le justifier.

L’avocate et défenseure des droits humains, Nasrin Sotoudeh, a été arrêtée après avoir assisté à l’enterrement d’Armita Garawand, une lycéenne tombée dans le coma dans le métro après avoir été agressée par la police des mœurs. « Mon épouse a été arrêtée lors des funérailles avec de nombreux autres participants », a indiqué Reza Khandan, ajoutant que maître Sotoudeh avait été « violemment battue ». L’agence officielle Fars a annoncé que l’avocate avait « été arrêtée et remise à l’autorité judiciaire » pour « ne pas avoir porté le voile » et « perturbé la sécurité mentale de la société ». Âgée de 60 ans et lauréate en 2012 du prix Sakharov du Parlement européen qui récompense des défenseurs des droits humains, Nasrin Sotoudeh a été arrêtée à plusieurs reprises ces dernières années. Elle avait été incarcérée en 2018 après avoir défendu une femme arrêtée pour avoir manifesté contre l’obligation du voile. En 2019, elle avait été condamnée à 12 ans de prison « pour avoir encouragé la corruption et la débauche ». Mais toutes ces condamnations ne l’ont pas découragée à poursuivre son combat.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le quartier général de l’armée à Tel-Aviv pour exiger la fin de l’offensive israélienne dans l’enclave palestinienne aux cris de « Cessez-le-feu ! Cessez-le-feu ! ». « Nous souffrons tous et nous portons le deuil des morts et des otages du 7 octobre, a témoigné Noa Levy, une manifestante, mais nous portons aussi le deuil des innombrables morts à Gaza. Et les gens continuent à mourir encore et encore là-bas, tous les jours. » Les manifestants craignent que les otages aux mains du Hamas deviennent aussi des victimes collatérales du conflit. Des voix certes minoritaires mais qui montrent que des Israéliens ne se laissent pas tous entraîner dans la folie meurtrière et belliciste de leur gouvernement.

Le Hamas affirme détenir entre 200 et 250 otages à Gaza. Il propose de les échanger contre les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Mais combien sont-ils ? En juillet, l’ONU estimait leur nombre à 5 000, dont 160 enfants et 1 100 personnes en détention administrative, c’est-à-dire détenues sans charges et sans procès pour une période indéfinie. Mais au cours des deux dernières semaines, l’armée israélienne a multiplié les raids et les arrestations de masse en Cisjordanie occupée. Aujourd’hui le nombre de détenus a grimpé à plus de 10 000, selon Qaddoura Farès, chef de la Commission pour les affaires des prisonniers qui dépend de l’Autorité palestinienne. Cette commission dénombrait 1 680 personnes arrêtées depuis l’assaut du 7 octobre, dont 80 % placées en détention administrative. Ce chiffre inclut « les personnes qui ont été arrêtées à leur domicile, à des checkpoints, et des personnes qui se sont rendues après avoir été menacées de voir des membres de leur famille pris en otage ». Outre les difficultés des détenus à rencontrer leurs avocats et leurs familles, la commission dénonce des conditions de détention aggravée par des coupures de l’électricité dans les cellules pendant de longues heures, le recours à la confiscation des denrées alimentaires des cantines et la réduction des repas à deux par jour, des attaques brutales par les forces armées spéciales avec coups, bombes assourdissantes ou gaz lacrymogènes, et la privation de soins médicaux et de transfert vers les hôpitaux… Enfin selon le quotidien israélien Haaretz, le Parlement, la Knesset, a par ailleurs approuvé un projet de loi réduisant encore l’espace de vie minimum de 3,5 mètres carrés alloué à chaque prisonnier, avec des matelas à même le sol s’il n’y a pas de lit disponible.

L’ONG Save the Children (Sauvez les enfants) alerte sur le nombre d’enfants morts à Gaza. Selon elle, depuis le 7 octobre, 3 195 enfants ont été tués par les bombardements de l’armée israélienne. Et de constater : « Le nombre d’enfants tués à Gaza en seulement trois semaines a dépassé le nombre annuel d’enfants tués dans les zones de conflit du monde depuis 2019. » À ce chiffre il faut ajouter 33 enfants tués en Cisjordanie et 29 en Israël même. Un bilan édifiant, qui s’alourdit chaque jour, à mettre au crédit du gouvernement israélien et des grandes puissances qui le soutiennent, dont la France.

Macron continue sa tournée de commémorations, de pince-fesses protocolaires et autres cérémonies du même type pour faire parler de lui. Cette fois il a profité de l’inauguration de la « Cité de la francophonie », à Villers-Cotterêts (Aisne), pour se lancer dans une violente diatribe contre… l’écriture inclusive au moment même où le Sénat commençait l’examen d’une proposition de loi visant « protéger la langue française des dérives de l’écriture dite inclusive ». Une réforme orthographique prônée notamment par des mouvements féministes qui s’élèvent contre certaines règles comme celles qui affirment qu’au niveau des accords grammaticaux le masculin l’emporte sur le féminin ou que le masculin doit toujours être utilisé pour le neutre (il pleut). Le président affirme que la langue française « ne va pas céder aux airs du temps ». Il a la mémoire courte. Car depuis 1635 et la création de l’Académie française, supposée être gardienne de la langue, cette dernière n’a cessé d’évoluer tant dans son vocabulaire que dans son orthographe.