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Brèves

L’actualité en bref

Le 5 janvier dernier, la Cour d’appel de Paris rendait un non-lieu dans l’affaire du chlordécone, blanchissant ainsi ceux qui avaient fabriqué, puis répandu ce pesticide utilisé entre 1972 et 1993 dans les bananeraies. Il a peu à peu infecté les sols et les cours d’eau, contaminé les patates douces et les ignames mais aussi les produits de la pêche, les bovins et les volailles. Aujourd’hui, on estime que 90 % des Antillais sont contaminés par ce poison qui a continué à être utilisé longtemps après que sa dangerosité en tant que produit cancérogène a été reconnue. La population des Antilles ne décolère pas et demande à ce que les responsables de ce scandale sanitaire soient condamnés et qu’ils indemnisent leurs victimes. C’est un minimum.

Armita Garawand, une lycéenne de 16 ans, est décédée après être restée 28 jours dans le coma à l’hôpital Fajr de Téhéran. Les autorités ont affirmé que l’adolescente d’origine kurde avait été victime d’une « chute de tension » dans le métro avant de perdre connaissance. Mais, selon des ONG, la lycéenne a été grièvement blessée lors d’une agression de la part de membres de la police des mœurs, chargés de faire appliquer l’obligation pour les femmes de porter le voile en public. Cette affaire intervient un peu plus d’un an après le décès de Mahsa Amini dont la mort, dans des circonstances similaires, avait déclenché un vaste mouvement de protestation qui avait duré plusieurs mois.

Alors que Gaza se meurt sous les bombes, en Cisjordanie occupée les colons continuent d’expulser la population arabe de ses terres. Selon les Nations unies, plus de 500 Bédouins palestiniens ont été chassés de chez eux ces dernières semaines. Ils ont trouvé refuge dans la ville chrétienne de Taybeh. Plusieurs de leurs maisons ont été incendiées par les colons qui ont agi en toute impunité sous l’œil de soldats israéliens qui ont laissé faire. Ces nomades sédentarisés ont dû fuir en quelques heures. Ils ont emporté avec eux leur seule richesse, leur bétail. Certains d’entre eux ont filmé les colons en action et ont transmis ces images à des journalistes, en les postant en outre sur les réseaux sociaux. À Wadi Al-Sik, un Bédouin a montré aux équipes du 20 Heures de France 2 les emplacements des communautés arabes récemment expulsées. Et contre ces violations flagrantes du droit international, on attend toujours les protestations indignées du Quai d’Orsay. Et elles ne sont pas pour demain.

Selon l’ONU, depuis le 7 octobre dernier, 45 % des habitations ont été « détruites ou endommagées » et 1,4 million de personnes déplacées. De son côté l’Unicef estime que plus de 200 établissements scolaires ont été endommagés – soit environ 40 % du total des établissements scolaires de la bande de Gaza – dont une quarantaine très gravement. S’ajoutent à cela 7 000 Palestiniens tués dont quelque 2 900 enfants et plusieurs dizaines de milliers blessés ou disparus. Pendant ce temps, seuls 84 camions d’aide humanitaire ont pu pénétrer dans l’enclave alors que pour répondre aux besoins de la population il en faudrait au moins une centaine par jour. Un massacre qui s’accomplit au grand jour avec l’aide directe des États-Unis, qui ont augmenté leurs livraisons d’armes à l’État sioniste, et indirecte des grandes puissances occidentales qui continuent de fermer les yeux sur ce nouveau génocide.

Avec ses appellations prestigieuses, le Médoc, dans le Bordelais, fait figure de fleuron du luxe. Château Mouton Rothschild, Château Latour, Château Margot, Château Lafite-Rotschild… ces appellations connues des amateurs de bordeaux font partie des 18 grands crus classés qui font la gloire de Pauillac… et la fortune des propriétaires de ces châteaux. Dans la région, ils appartiennent soit à des grandes familles, soit à des géants de l’industrie du luxe ou à des assurances : Pinault, Bouygues, Axa ou encore Allianz. Mais une enquête du magazine télévisé Envoyé spécial révèle que la vigne a contribué à l’appauvrissement du territoire en faisant disparaitre nombre d’autres activités économiques. À Pauillac, la ville principale de la région, elle représente pratiquement la seule possibilité d’emploi – mais celui-ci est précaire. Et comme l’a montré une étude de l’Insee, la capitale du bon vin est aussi celle d’un « couloir de pauvreté » qui relie la pointe du Médoc à Agen, dans le Lot-et-Garonne. Pauillac et son centre historique ont des allures de ville fantôme. Seule la boutique du Secours populaire ne désemplit pas. Contre quelques euros, elle propose colis alimentaires, vêtements ou meubles, notamment aux retraités qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts avec leurs maigres retraites. Pendant les vendanges, elle fait face à un surplus d’affluence du fait des saisonniers employés dans les vignobles pour des salaires de misère. Ici aussi l’accumulation de la richesse va de pair avec celle de la pauvreté.

Depuis la crise des Gilets jaunes, les lanceurs de balles de défense utilisés par la police et la gendarmerie ont été montrés du doigt pour avoir provoqué nombre de blessures graves (éborgnements, doigts arrachés, fractures du crâne, enfoncement de la cage thoracique…), voire mortelles, chez des centaines de manifestants. Ces engins tirent des balles en caoutchouc qui atteignent leurs cibles à plus de 250 kilomètres à l’heure. Et les choses risquent d’aller de mal en pis. En effet le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il réduisait de dix à trois mètres la distance autorisée pour faire usage de cette arme. Ce qui la rendra d’autant plus létale qu’il s’agira pratiquement d’un tir à bout portant. Une fois n’est pas coutume le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie a fait savoir son désaccord et conseille toujours de conserver distance minimum de dix mètres « par principe de sécurité et de déontologie ». Voilà des contestataires d’un genre nouveau que Darmanin ne va pas tarder à faire rentrer dans le rang.

Les 2 000 étudiants qui se feront expulser de leur logement du Crous pour les Jeux olympiques peuvent s’estimer vernis : la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, leur a promis en dédommagement deux places offertes pour une épreuve olympique et… 100 balles ! Si les JO de l’indécence existaient, ce gouvernement serait médaille d’or, haut la main.

Selon l’enquête de l’ONG FairSquare, à Dubaï des ouvriers ont travaillé sous 42 °C pour que les bâtiments destinés à accueillir la COP 28 en novembre prochain soient prêts à temps. Une journée de cette Conférence des parties doit justement traiter de l’impact du changement climatique sur la santé (au travail ?). Non seulement ces grand-messes internationales sont inutiles, mais elles se tiennent dans des conditions révoltantes !

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, appuyé par Élie Cohen, son ministre des Affaires étrangères, a réclamé la démission d’Antonio Guterres, le secrétaire général de cette organisation, l’accusant d’être « compréhensif face au terrorisme et aux meurtres du Hamas ». En fait un grossier prétexte puisque Guterres a condamné à plusieurs reprises et sans équivoque « les actes terroristes horribles et sans précédent du Hamas ». Mais ce que reproche l’État sioniste à cette personnalité onusienne est d’avoir déclaré : « Je suis profondément inquiet concernant les claires violations du droit international humanitaire que nous voyons à Gaza » en ajoutant que les attaques du Hamas « ne s’étaient pas produites en dehors de tout contexte ». C’est-à-dire, pour être plus clair, qu’elles avaient pour arrière-fond plusieurs décennies d’apartheid, de nettoyage ethnique, de colonisation, de confiscation de terres, de destruction de maisons, de déplacements de population et de crimes contre des civils palestiniens. Une vérité largement documentée que nos dirigeants politiques et autres « amis d’Israël » se refusent pourtant à admettre.